Le Zéro et l'Infini

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Le Zéro et l'Infini
Image illustrative de l'article Le Zéro et l'Infini
Couverture de la première édition américaine.

Auteur Arthur Koestler
Version originale
Titre original Sonnenfinsternis
Éditeur original Macmillan
Langue originale Allemand
Pays d'origine Royaume-Uni
Date de parution originale 1940
Version française
Traducteur Jérôme Jenatton
Éditeur Calmann-Lévy
Collection Pérennes
Date de parution 1945
Nombre de pages 247
ISBN 9782702135624
Chronologie
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Attention : Le titre d'affichage «<i>Le Zéro et l&#39;Infini</i>» remplace l'ancien titre d'affichage «<i>Le Zéro et l'Infini</i>». Le Zéro et l'Infini (Darkness at Noon) est un roman d'Arthur Koestler. Écrit entre 1938 et 1940[1], il est publié pour la première fois au Royaume-Uni en 1941, ensuite en France en 1945. Le roman fut originellement écrit en allemand et traduit en anglais par la maîtresse de Koestler, Daphne Hardy Henrion.

Résumé[modifier | modifier le code]

Accusé de s'être opposé au gouvernement, Roubachof est arrêté et jeté en prison. Ancien apparatchik et figure de premier plan de la Révolution russe, il est confronté à un système répressif auquel lui-même a collaboré durant sa carrière politique.

Le roman retrace au moyen d'analepses le parcours de cet ancien dignitaire jusqu'à son arrestation. Ses propres réflexions sur son passé et les interrogatoires auxquels il est soumis vont notamment l'amener à prendre conscience de la « fiction grammaticale », le « je », délaissé au profit du « nous » dans une société totalitaire où l'individu est considéré comme quantité infinitésimale par rapport à la collectivité, quantité infinie.

L'homme est un « zéro » puisqu'il doit faire « abnégation volontaire » de soi, il n’existe que comme la partie d’un tout « une multitude d’un million divisé par un million » et doit être au service du tout. La révolution n’a que faire de la morale : « le seul critère moral est l’utilité sociale », la seule « éthique politique » est « la fin justifie les moyens ». Les valeurs du gouvernement sont l’utile et la logique aux dépens de l’humain et du juste.

En prison, le personnage Roubachof se prête à une réflexion à la conclusion surprenante, qui débute sur la complexification de l'économie depuis l'expansion du chemin de fer. Dans une démocratie, en période d'élection, le citoyen, l'érudit comme le paysan, avec sa vision très partielle de l'économie nationale, est quand même appelé à se prononcer sur la capacité d'un candidat à comprendre et contrôler ce système toujours plus complexe. Si bien que le citoyen devient de plus en plus incompétent dans l'exercice de sa démocratie. Et de conclure que dans ce cas inéluctable, la solution la plus sensée est le totalitarisme.

Hongrois d'expression anglaise, Koestler peint l'individu aux prises avec les systèmes politiques modernes. Roubachof a été arrêté, car sa position ne correspond plus à l'évolution du Parti communiste, qui le condamne pour insoumission à la nouvelle doctrine politique.

Une critique du stalinisme[modifier | modifier le code]

Derrière le flou relatif de la narration perce évidemment une réalité historique particulière : l'URSS stalinienne des années 1930 : les procès de Moscou, les Grandes Purges (1937-1938), un parti devenu machine totalitaire... ainsi qu'une réalité historique plus générale : la mise en place du totalitarisme et de sa vision inhumaine de l'individu. Arthur Koestler, lui-même ancien communiste et resté profondément socialiste tout au long de sa vie, figure parmi les premiers intellectuels à dénoncer le détournement de la révolution socialiste à une époque où l'URSS est érigée en « paradis terrestre » par de nombreux penseurs et intellectuels occidentaux de gauche, où toute critique est dénoncée comme une manœuvre réactionnaire[2].

En France, malgré un indéniable succès d'édition, rares sont ceux qui, comme Francine Bloch, prennent publiquement la défense du roman.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À une époque où l'URSS est une alliée du Troisième Reich.
  2. Voir par exemple l'accueil réservé au Retour de l'U.R.S.S. d'André Gide.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]