Le Vieux qui lisait des romans d'amour

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Vieux qui lisait des romans d'amour (Un viejo que leía novelas de amor) est un roman chilien de Luis Sepúlveda, publié originellement en espagnol en 1992 et traduit la même année par François Maspero pour les Éditions Métailié.


Le cadavre d'un homme est retrouvé sur une pirogue, en pleine forêt amazonienne, et les habitants d'El Idilio accusent aussitôt les indiens. Antonio José Bolivar reconnaît pourtant là l'œuvre d'un félin. Ce passionné de romans d'amour va s'enfoncer dans la forêt, à la poursuite de la bête.

Résumé[modifier | modifier le code]

Lorsque les habitants d'El Idilio, petite ville d'Amazonie, découvrent dans une pirogue le cadavre d'un homme blond assassiné, ils accusent les Indiens (les Shuars) de meurtre. Le maire, surnommé « la limace », est l'un des plus virulents accusateurs. Seul Antonio José Bolivar, un vieil homme, déchiffre dans la blessure l'attaque d'un félin et fait l'hypothèse - qui se révélera juste - qu'il s'agit de la vengeance d'une femelle envers les chasseurs qui ont sans doute tué ses petits et son mâle.

L'auteur évoque ensuite la vie d’Antonio José Bolivar Proano. À 13 ans, il se marie avec Dolores Encarnacion del Santisimo Sacramento Estupinan Otavalo. Ils partent en Amazonie. Dolores y meurt de la malaria.

Antonio devient ensuite l'ami des Shuars. Ils vivent paisiblement jusqu'à ce que des Blancs investissent la forêt et tuent deux Shuars dont Nushiño, l'ami d'Antonio. Ce dernier retrouve le meurtrier de son ami et lui ôte la vie avec son fusil. Il est alors chassé de la tribu pour ne pas avoir tué le Blanc selon la coutume des Shuars: avec une sarbacane et des fléchettes au curare, condamnant ainsi l'esprit de Nushiño à errer entre le monde des morts et des vivants. Antonio part pour El Idilio. C'est là qu'il découvre les romans d’amour.

Un matin de pluie, on entend des cris. Un deuxième homme est victime du félin. Le maire d’El Idilio organise une expédition dans le but de le tuer. Mort de peur, il finit par demander à Antonio de traquer seul la bête. Antonio accepte. Il la cherche pendant plusieurs heures, la trouve - c'est effectivement une femelle -, et dans une clairière il voit son mâle à l’agonie. Antonio comprend qu’il doit l’achever.

Il se réfugie ensuite sous une vieille pirogue. La femelle vient le provoquer : il la blesse, elle s'éloigne, puis il sort de la pirogue. Elle revient à la charge, et au moment où elle bondit sur lui, il tire deux coups de chevrotine. Elle meurt. Il pleure, jette l’animal dans le fleuve Amazone et jette son fusil. Ayant honte de son acte, et pris par la mélancolie, il repart lire ses romans d'amour dans sa cabane pour oublier la "barbarie des hommes".

Les personnages[modifier | modifier le code]

  • Antonio José Bolivar Proaño : le héros du récit qui va chasser la femelle jaguar.
  • Dolores Encarnacion : la femme de Antonio José Bolivar morte dans le récit avant la première page; nous savons peu d'elle hormis les souvenirs que nous transmet son mari.
  • Nushiño : l'ami de Antonio José Bolivar, qui meurt tué par un chercheur d'or.
  • Le maire, dit « la limace » : surnommé ainsi à cause de sa transpiration.
  • Le docteur Rubincondo Loachamin : dentiste, il apporte des romans d'amour à Antonio José Bolivar.
  • La femelle jaguar
  • Les Shuars : peuple d'Amazonie qui adopte Antonio et lui apprend la vie dans la jungle ; boucs-émissaires accusés de tous les meurtres, ils sont très respectueux de la jungle et de la nature.
  • Les Jivaros : indigènes rejetés du peuple des Shuars car avilis et dégénérés par les habitudes des "Apaches", autrement dit les Blancs.

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Le roman a été adapté au cinéma en Australie par Rolf de Heer en 2001. Intitulé The Old Man Who Read Love Stories, Richard Dreyfuss tient le premier rôle et est accompagné, entre autres, par Timothy Spall et Hugo Weaving. D'après les critiques, les personnages sont très bien représentés.

Passage important du livre[modifier | modifier le code]

Tout au long du livre, on peut deviner le caractère d'Antonio José Bolivar. À la dernière page, après qu'il a tué la femelle jaguar à l'aide d'une carabine, une phrase résume bien son esprit: "Antonio José Bolivar ôta son dentier, le rangea dans son mouchoir et sans cesser de maudire le gringo, responsable de la tragédie, le maire, les chercheurs d'or, tous ceux qui souillaient la virginité de son Amazonie, il coupa une grosse branche d'un coup de machette, s'y appuya, et prit la direction d'El Idilio, de sa cabane et de ses romans qui parlaient d'amour avec des mots si beaux que, parfois, ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes." Il est le mieux placé pour attraper la femelle qui tuait les hommes, de par sa connaissance de la forêt et des animaux, sa patience, son intelligence et sa faculté d'anticiper. Mais tuer l'animal qui est son égal, qui n'a lui-même tué que pour se venger des hommes qui ont massacré ses petits, reste pour lui immoral et dégoûtant.

Publications en français[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]