Le Val Fourré

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Vue générale du Val Fourré

Le Val Fourré est une zone à urbaniser en priorité sur la commune de Mantes-la-Jolie : 8 200 logements ont été construits de 1959 à 1977, sous la direction des architectes-urbanistes : Raymond Lopez, Henri Longepierre et M. Gojard.

La population du Val Fourré était de près de 25 000 habitants lors du début de sa construction.

Actuellement zone franche urbaine, après de nombreuses démolitions, le Val Fourré compte 6 100 logements.

La population du Val Fourré est d'environ 21 000 habitants en 2006 [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début des années 1950, est décidé l'extension de la ville à l'ouest, au lieu-dit du Val Fourré à l'emplacement de l'ancien aérodrome de Gassicourt, pour répondre à une forte demande de logement. Le 3 août 1959 est signé le décret portant la création de la ZUP du Val Fourré. Cette idée ayant été préférée par la municipalité de l'époque en lieu et place du principe de ville nouvelle choisi par l'État. Le projet est confié aux architectes-urbanistes Raymond Lopez et Henri Longepierre qui décident d'y appliquer les principes de la Charte d'Athènes afin d'y construire un quartier révolutionnaire avec des constructions modernes et des appartements spacieux et confortables. Construit à partir des années 1960 (les premiers bâtiments commencent à sortir de terre dès l'année 1963), le Val Fourré est l'un des grands ensembles français les plus représentatifs de la pensée urbaine et architecturale de cette époque.

Le Val Fourré est divisé en plusieurs secteurs dont les noms rendent hommage à des personnes illustres de différents domaines : les Peintres, les Médecins, les Explorateurs, les Aviateurs, les Musiciens, les Inventeurs, les Écrivains et les Physiciens. Un grand centre commercial est implanté au cœur du quartier qui ne vit pas le jour sous sa forme initialement prévue.

Mais très vite, ce projet, réalisé sans l'aide de l'État, tourne au cauchemar. En refusant que la ville nouvelle du Mantois se réalise sous le contrôle et la responsabilité de l'État, le mantois ne va pas bénéficier de transports modernisés, d'équipements sociaux, de loisirs et de sport, de zones d'activités attractives, de cycles universitaires payés par l'État. Très vite, des problèmes financiers liés aux investissements nécessaires pour acquérir les terrains du Val Fourré et les viabiliser se posent. La vente des logements prévus ne suffisent pas, les investisseurs privés ne se bousculent pas, les zones d'activités restent vides ou presque. Jean-Paul David, maire de l'époque, sera mis devant plusieurs choix : soit augmenter le nombre de logements en densifiant en surface et en hauteur en privilégiant les HLM, seuls bailleurs qui acceptent d'investir car ils ont de gros besoins, soit augmenter les taxes, soit différer les équipements publics non obligatoires (sauf les écoles). En habillant ses décisions de diverses manières, acculé financièrement, Jean-Paul David, sera contraint d'utiliser tous les choix. Le Val Fourré va passer des 5000 logements prévus à 8200, en 1977 et ce parce que la nouvelle équipe municipale de gauche arrêtera la construction de 5 tours entre autres sinon on atteignait les 10 000 logements. Les équipements publics ne sont pas à la hauteur de la population : 2 gymnases, une piscine en termes de loisirs, une maison de quartier (la Pagode) et un centre social. Une densification trop importante de logements dans sa partie nord (quartiers des Peintres et des Médecins), un quartier excentré et mal connecté au centre-ville, apparition du chômage, exode des familles des grands ensembles (cadres moyens) vers les zones pavillonnaires, arrivée d'une nouvelle immigration plus rurale non politisée ou syndiquée (kurdes, maliens, sénégalais, marocains du sud) puis le regroupement familial des immigrés au milieu des années 1970 qui remplace les familles dans les grands ensembles sans tenir compte de leurs spécificités et besoins (familles nombreuses, ne parlant pas le français ne connaissant pas le mode de vie urbain et européen…) va augmenter tous les problèmes qui aboutiront à la dérive de ce quartier à partir de la fin des années 1970.

Pauvreté économique, difficultés sociales et erreurs urbanistiques eurent comme conséquence les émeutes urbaines de 1991. Le quartier du Val Fourré a concentré jusqu'à 28 000 habitants avant les premières démolitions de tours entamées dès 1992, sous le mandat Paul Picard (maire de 1977 à 1995).

  • 26 septembre 1992 : démolition des quatre tours des Écrivains, remplacées par une pépinière d'entreprise.
  • le 1er octobre 2000 : démolition des deux tours Millet, remplacées par le square des Peintres.
  • le 1er juillet 2001 : démolition des deux tours Sully, remplacées par la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), le centre des finances ainsi qu’un immeuble comprenant des logements et un hôtel.
  • le 20 novembre 2005 : démolition des deux tours Ramon. Des logements sont en projet sur l'emplacement des deux tours.
  • le 2 juillet 2006 : démolition des trois tours Degas, remplacées par le Pôle nautique de Mantes-en-Yvelines (en construction) qui devrait ouvrir ses portes en 2010.

Le quartier du Val Fourré souffre de sa position « au bout de la ville ». Ce quartier n’est pas traversé, il est contourné. Dès 1992, Mantes-la-Jolie devient un site pilote de la politique de la ville. Dès lors, le Val Fourré va bénéficier de fonds importants de l'État, puis de l'Europe avec la mise en place du Programme d'Initiative Communautaire Urban (PIC Urban). Ce programme vise, par diverses mesures, à favoriser le développement économique et social. Ainsi depuis 1992, les programmes successifs aboutirent à la démolition de treize tours d'habitation et de plusieurs barres de logements, soit environ 2.200 logements, afin de pouvoir remodeler les espaces publics et créer de nouvelles rues traversant les très grands îlots du Val Fourré. L’objectif est d’ouvrir le quartier sur la Seine au nord et sur le quartier de Gassicourt à l’est.

En 2009, la ville célèbre les cinquante ans de l'acte de naissance du Val Fourré en organisant une table ronde, en présence d'Henri Longepierre, ainsi que des balades urbaines dans le quartier. La chapelle Saint-Jacques accueille une exposition intitulée « Mantes : 80 ans d'histoire urbaine » qui retrace l'évolution de la ville à travers des photographies d'époque et des documents graphiques issus des archives de la ville.

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Zus : Le Val Fourré, Insee

Mantes et Mantes-la-Ville de 1789 à nos jours, Troisième partie, 50 ans d'histoire, 1939-1989, GREM (Groupe de recherches et d'éditions mantaises), 1993, 663 p. Tourisme en Mantois, GREM (Groupe de recherches et d'éditions mantaises), 1996, 224 p. De la cité médiévale vers l'agglomération moderne. Mantes, Paul Moscet, 1960, Imprimerie mantaise, Mantes, Photographies Studio Bertin, 145 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Picard, Mantes-la-Jolie, carnet de route d'un maire de banlieue 1977-1995, Syros,‎ 1995, 163 p. (ISBN 2-841-46205-6 et 978-2-841-46205-6, OCLC 260102559)
  • Jean Bailleau, Marc Delacotte, Paul Jolas et al., Mantes et Mantes-la-Ville de 1789 à nos jours : Troisième partie, 50 ans d'histoire, 1939-1989, Mantes, Groupe de recherches et d'éditions mantaises,‎ 1990, 663 p. (ISBN 978-2-854-80450-8, OCLC 762474725).
  • Tourisme en mantois, Mantes-la-Jolie (Bibliothèque Georges-Duhamel, 78200, GREM (Groupe de recherches et d'éditions mantaises),‎ 1996, 224 p. (ISBN 2-854-80821-5)
  • De la cité médiévale vers l'agglomération moderne. Mantes, Paul Moscet, 1960, Imprimerie mantaise, Mantes, Photographies Studio Bertin, 145p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]