Le Vagabond des étoiles

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Le Vagabond des étoiles
Image illustrative de l'article Le Vagabond des étoiles

Auteur Jack London
Genre Fantastique
Version originale
Titre original The Star Rover
Éditeur original The Macmillan Co
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 1915
Version française
Traducteur Paul Gruyer et Louis Postif
Lieu de parution Paris
Éditeur Georges Crès et Cie
Date de parution 1925

Le Vagabond des étoiles (titre original : The Star Rover) est un roman fantastique de l'écrivain américain Jack London, publié en 1915 aux États-Unis et en Angleterre (en Angleterre sous le titre The Jacket)[1] (littéralement : La Camisole). En France, il a paru pour la première fois en 1925[2]. Il est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de l'auteur[réf. nécessaire].

Présentation[modifier | modifier le code]

Jack London ne cessera de dénoncer la brutalité des prisons. Et pour cause : il a lui-même été enfermé pour vagabondage, au pénitencier du comté d'Erié, à Buffalo, dans l'État de New York. Il écrira dans son roman autobiographique Les Vagabonds du rail :

« La manière dont sont traités les hommes est tout simplement une des très moindres horreurs impubliables du pénitencier du comté d'Erié. Je dis "impubliables" mais je devrais plutôt dire "impensables". Elles étaient impensables pour moi jusqu'à ce que je les voie, et pourtant je n'étais pas une poule mouillée ; je connaissais déjà les aléas du monde et les horribles abysses de la déchéance humaine. Il faudrait lâcher une boule de plomb très lourde pour qu'elle atteigne le fond de l'océan, soit le comté d'Erié, et je ne fais qu'effleurer légèrement et facétieusement la surface des choses telles que je les ai vues là-bas. »

Résumé[modifier | modifier le code]

En Californie, enfermé dans la Prison d'État de San Quentin, le professeur Darrel Standing attend son exécution. Sur ses huit années d'incarcération, il en a passé cinq dans les ténèbres d'un cachot surnommé la « mort vivante », pour rébellion. Il y a subi le supplice de la camisole de force.

Pour échapper à cette situation intenable, et suivant le conseil d’un codétenu avec lequel il communique par tapotements contre le mur, il pratique l'auto-hypnose, et s'évade par la pensée. Ce procédé lui permet de revivre, tour à tour, certaines de ses vies antérieures. Il devient tout d'abord le comte Guillaume de Sainte-Maure, bourgeois de Paris sous le règne de Louis XIII, puis il prend les traits d'un jeune enfant assistant au massacre d'une caravane de pionniers par les Indiens et les mormons, épisode historique connu sous le nom de Massacre de Mountain Meadows.

Il devient ensuite Adam Strang, robuste marin hollandais faisant partie d'un équipage qui fait naufrage au large de la Corée. Il fera la rencontre de la princesse de Corée, qui deviendra sa femme. Il sera aussi un matelot viking, Ragnar Lodbrog, qui deviendra légionnaire romain et sera envoyé en Judée. Il y fera la rencontre de Ponce Pilate, alors procurateur de Judée, juste avant que ce dernier ordonne l'exécution de Jésus de Nazareth. Il sera encore Daniel Foss, rescapé du naufrage de son navire et vivant sur une île déserte, tel Robinson Crusoé. Enfin, il découvrira l'aube de l'humanité, s'étant réincarné en tant qu'homme des cavernes.

Analyse[modifier | modifier le code]

Ce roman est à la fois un livre engagé, réaliste, et héritier direct du J'accuse d’Émile Zola, dénonçant le système carcéral américain. Passant sans arrêt du réalisme au fantastique, ce livre est à la fois un procès contre l'univers carcéral et un hommage à l'imaginaire.

Considéré comme son dernier acte de militant socialiste, on l'interprète comme son testament littéraire et philosophique.

Répercussions[modifier | modifier le code]

La parution de son roman a créé un mouvement d’une telle ampleur que l’usage de la camisole de force a été supprimé pour les détenus de droit commun aux États-Unis. Le roman fut surtout à l’origine d'une réforme des prisons en Californie.

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

  • 2005 : The Jacket, film américain de John Maybury, avec Adrien Brody, Keira Knightley, Daniel Craig.
    Bien que le scénario soit de Marc Rocco and Tom Bleecker, et que le roman de Jack London n'est pas mentionné, le réalisateur a déclaré que le film est « une adaptation libre d'une histoire vraie qui est devenue une histoire de Jack London[3]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Date des premières éditions américaines et anglaises des récits de Jack London
  2. Notice n°: FRBNF30830047 de la Bibliothèque nationale de France (catalogue général)
  3. « Full Mental Jacket », The Irish Times Weekly Guide to Entertainment,‎ 2006-09-13 (consulté le 2006-09-13). Citation du réalisateur Maybury: "'I know you think it is a load of Hollywood nonsense,' he says amiably, 'but it is in fact loosely based a true story that became a Jack London story.'"

Sources[modifier | modifier le code]

sites Internet
livre