Le Tronquay (Eure)

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Le Tronquay
Mairie-école du Tronquay et son monument aux morts.
Mairie-école du Tronquay et son monument aux morts.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Andelys
Canton Lyons-la-Forêt
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Lyons-la-Forêt
Maire
Mandat
Dominique Drony
2014-2020
Code postal 27480
Code commune 27664
Démographie
Population
municipale
494 hab. (2011)
Densité 26 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 25′ 37″ N 1° 28′ 46″ E / 49.4269444444, 1.47944444444 ()49° 25′ 37″ Nord 1° 28′ 46″ Est / 49.4269444444, 1.47944444444 ()  
Altitude Min. 85 m – Max. 179 m
Superficie 19,06 km2
Localisation

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Le Tronquay

Le Tronquay est une commune française située dans le département de l'Eure en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

C'est une petite commune située dans le pays de Lyons-Andelle à un peu plus de 100 km de Paris et 30 km de Rouen, dans la forêt de Lyons, la plus grande hêtraie d'Europe. Située sur le plateau limité par l'Andelle et la Lieure, le bourg se trouve à la limite Sud du territoire communal. La commune est occupée par deux zones importantes de forêt, l'une à l'Ouest, l'autre au centre-Nord.

Le Tronquay possède plusieurs lieu-dit et fermes :

  • Les Célestins. Le fief de la Rosière prit le nom des Célestins au milieu du XVIe siècle, lorsque Jeanne Havart[1], épouse de Guillaume V de Bricqueville[2], le vendit aux Célestins de Rouen. A la disparition du couvent des Célestins en 1783, les biens furent réunis au Séminaire Saint-Nicaise de Rouen.
  • Les Cornets
  • La Grand Fray. Fief en 1579 de Philippe d'Alcrippe.
  • La Motte. Élevée selon la tradition lors de la guerre de Cent Ans par les Anglais, elle se composait d'une butte et d'une fortification.
  • Le Fresnay. Au XVIIIe siècle, le Fresnay appartenait en partie à M. de la Garenne.
  • Les Landez
  • Les Callouettes
  • Les Brûlins. Ce nom semble indiquer qu'un incendie aurait détruit une partie de la forêt sur laquelle le nouveau fief allait être installé. L'existence du fief est attesté en 1588. Le propriétaire, Martin Anquetil, procureur du roi au Parlement, demande la construction d'un colombier à pied. À la fin du XVIe siècle, début XVIIe siècle, il passe à la famille Hallé. Milieu XVIIe siècle, il devient la propriété de Robert Dieupart, pour appartenir à M. de Limoges au XVIIIe siècle.
  • Le Bâtiment. Le manoir est un logis du XVIIIe siècle et appartenant à cette époque à la famille de Limoges[3], dont deux membres furent abbés de l'Isle-Dieu.
  • La Garenne. Triège[4] sis au Fresnay, propriété de Thomas d'Aussy, sieur de la Garenne, anobli en 1643. Le manoir appartient en 1753 à la famille Lefranc d'Assignies. La chapelle du XVIIe siècle est aujourd'hui détruite.
Communes limitrophes du Tronquay[5]
Croisy-sur-Andelle La Haye La Feuillie
Vascoeuil,
Les Hogues
Tronquay[5] Lorleau
Lyons-la-Forêt

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le lieu est mentionné sous la forme latinisée Troncheium vers 1188.

La présence de l'article indique qu'il ne s'agit pas d'une formation très ancienne, romane en tout cas : on y reconnait le mot tronc, attesté pour la première fois chez Wace en 1155 (trunc), c'est-à-dire de façon quasiment contemporaine à « Tronquay ». Ce terme est issu du gallo-roman *TRUNCU qui remonte au latin truncus « tronc, souche »[6].

Le second élément est le suffixe masculin bien connu -ay (parfois graphié -ey ou -et) et qui « sert généralement à désigner un ensemble d'arbres appartenant à la même espèce » (cf. Le Quesnay, Le Saussay, etc.), sa forme féminine -aye a donné le suffixe moderne -aie (cf. chênaie, saulaie, etc.). Il remonte au gallo-roman -ETU / -ETA.

Il est parfois attesté avec la phonétique plutôt picarde de Tronquoy en 1321 (cartulaire de l'abbaye de l'Isle-Dieu) à Le Tronquoy en 1754 (dictionnaire des postes), -oy étant la forme correspondant à -ey / -ay, plus répandue en Picardie et en Wallonie (cf. Le Quesnoy, Le Sauchoy).

La commune est enfin dénommée officiellement en 1828 Tronquai-en-Lions[7].

La signification exacte du toponyme n'est pas claire « l'endroit où il y a des troncs d'arbre »[8], c'est-à-dire, peut-être, une « troncaie » au sens de futaie, même suffixe -aie[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vitrail nord du chœur de l'église Saint-Ouen de 1877 qui montre l'archevêque de Rouen délivrant par le privilège de la Fierte Saint-Romain les habitants du Tronquay, emprisonnés à Rouen après la mort du capitaine de la Fontaine du Houx.
  • D'après les recherches faites par un des curés du Tronquay, la commune a vu son origine à la fin du XIe, début XIIe siècle.
  • Autrefois, l'église du Tronquay relevait de l'abbaye de L'Isle-Dieu[10]. Une charte du XIIe siècle parle de l'« ancien et du nouveau territoire du Tronquay ». En 1206, Mathieu du Tronquay donna plusieurs pièces de terre à cette abbaye, qui possède le patronage de l'église. D'autres familles firent aussi des dons à cette abbaye et le roi Louis VIII de France donna un bois en 1226 où les religieux ont construit une grange[11], aujourd'hui détruite. Le fief du Tronquay appartient de 1411 à 1421 à la famille de Beauvais, puis à celle d'Estouteville en 1438.

La guerre de Cent Ans

  • Pendant la guerre de Cent Ans, le Tronquay s’est trouvé sous occupation anglaise. C’est de cette époque que daterait la motte. Les habitants du Tronquay étaient devenus très malheureux, d’une part des soldats anglais, et d’autre part à cause de la rapacité des chanoines de Rouen, jamais satisfaits. Il y eut des protestations de la part de la population. Finalement, un arrangement a pu être trouvé.

Le privilège de Saint-Romain

  • Les paroissiens du Tronquay se défendent en demandant que tout homme d’armes possède un ordre du roi par écrit s’il veut séjourner et loger avec ses troupes sur le territoire de la paroisse (1640)[12]. Le sieur de la Fontaine du Houx est passé outre cet ordre. Il s’installa le 23 avril 1642 dans le pays et pilla le presbytère et d’autres maisons, ainsi que l’église. Devant la demande des habitants de présenter l’autorisation du roi, le capitaine de la Fontaine du Houx lança ses soldats contre la foule. Beaucoup furent tués, des soldats aussi et leur capitaine. Le père de la Fontaine du Houx, le chevalier de Fours prit 18 ou 20 habitants en otage et les autres en résidence surveillée. Ceux qui ont pu fuir se sont réfugiés dans la forêt. Pendant deux ans, la situation stagne, quand les gens du Tronquay ont tourné leur regard vers l’église de Rouen et choisirent d’avoir recours au privilège de Saint-Romain. 15 habitants se constituèrent prisonniers dans la prison de Rouen. Après étude de leur cas, ils furent tous libérés, le privilège de Saint-Romain fonctionna en leur faveur (5 mai 1644 et 18 mai 1644) [13].
Église Saint-Mathurin des Hogues

La séparation avec Les Hogues

  • Le défrichement de la forêt se prolonge jusqu'au cours du XVIIIe siècle. À cette époque, c'est Monsieur de Belle-Isle qui devint seigneur et patron honoraire du Tronquay. Plus tard, le Tronquay devint propriété royale, puis du Comté d'Eu et du duc de Penthièvre, dernier seigneur du Tronquay.
  • En 1787, Le Tronquay se scinda en deux : Le Tronquay et Les Hogues (pour des raisons d'éloignement). Au début du XXe siècle, il y avait plusieurs sabotiers ainsi que 15 cafés.

Aujourd'hui

  • Ce petit village paisible garde deux écoles primaires (regroupement scolaire avec les communes environnantes), un garage et des artisans. La fête patronale Saint Ouen se fait tous les troisièmes dimanches de juin.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Nicolas François Delarue    
    Pierre Vincent Boissel    
    L. Dubosc    
    P. Damours    
    Louis Dupuis    
    Pierre Séverin Boullenger    
    Pierre Louis Jumelin    
    Gobert    
    Frédéric Morin    
    François Bavant    
    Louis Touchard    
    Leroux    
1995 mars 2014 Marcel Le Roy UMP[14] docteur en médecine
mars 2014 en cours Dominique Drony    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 494 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 471 1 392 1 395 1 331 1 225 1 317 1 249 1 194 1 207
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 097 1 059 977 911 880 817 805 723 662
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
603 577 546 488 492 510 465 474 460
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
464 392 403 372 410 391 449 469 485
2011 - - - - - - - -
494 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2004[16].)
Histogramme de l'évolution démographique


  • 1786 = 3000
  • 1787 = 1027[17]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • église paroissiale Saint Ouen (XIIe siècle-XVIe siècle-XVIIe siècle), en rangée de briques et de grès, sacristie en brique de 1776 ;
  • plusieurs fermes-manoirs ;
  • monument celtique dit de la Pierre Tournante[18] ;
  • motte dite la Butte aux Anglais[19] (près du hameau de la Motte). Les Anglais avaient élevé une butte cernée par un fossé, pour servir de fortification et d'observatoire de la route reliant Rouen à Gournay.

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Liste des curés du Tronquay[modifier | modifier le code]

  • 1254 - Anfroid
  • 1574 - François Cellier
  • XVIe siècle - Le Mire
  • 1640 - Élie Delamare
  • 1672 - Antoine Le Danois
  • 1687 - Tubeuf
  • 1691 - André de Caumont[20]
  • 1713 - Pierre Duval
  • 1729 - Nicolas de Caumont
  • 1786 - Gontier
  • 1808 - Nicolas Robine
  • 1860-1890 - A. Delarue[21]
  • 1905-1950 - Abel Cluzeau[22]
  • 1960-1994 - Haffray, également curé des Hogues

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. dame d'Aussebosc, fille de Georges Havart, vicomte de Dreux, sénéchal héréditaire du Perche et de Antoinette d'Estouteville, de la ligne d'Estouteville
  2. Maison de Bricqueville
  3. Possessionnée à Vascoeuil, elle a donné les marquis de Saint-Saëns.
  4. Un triège défini une surface de forêt ou un lieu-dit [1].
  5. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  6. étymologie de tronc
  7. Dictionnaire topographique de la France, noms de lieux anciens et modernes
  8. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Éditions Charles Corlet/Presses Universitaires de Caen, 1993, ISBN 2-905461-80-2, p. 260.
  9. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard 1981. p. 202.
  10. Jadis très influente ; c'est aujourd'hui une grande ferme entre Vascoeuil et Perruel. L'abbaye de l'Isle-Dieu nommait le curé de la paroisse.
  11. (fr) « Le Tronquay (Eure) » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur Quid. Consulté le 15 février 2010
  12. Des Andelys au Havre : illustrations de Normandie
  13. Liste des 15 habitants : Jacques Brémontier, 49 ans du Tronquay ; Jean Brémontier, 14 ans de Lorleau ; Étienne Anquetil, 46 ans, drapier au Tronquay ; François Lorgery, 45 ans, tonnelier ; Paul Mesnager, 42 ans, tisserand ; Pierre Oliefve, 40 ans, geôlier à Lyons ; Georges Delamare, 35 ans, laboureur ; Pierre Lorgery, 31 ans, sabotier ; Nicolas Boissel, 38 ans, batteur en granges ; Étienne Mabire, 25 ans, du Tronquay, avironnier à Rouen ; Noël Delamare, 36 ans, charron ; Louis Brémontier, 33 ans, tabellion ; Jean Drouet, 22 ans, laboureur ; Nicolas Brémontier, 24 ans ; Jean Picart, 44 ans, toilier.
  14. Annuaire des mairies de l'Eure
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  17. juste après la séparation avec Les Hogues
  18. Pierre à légende du département de l'Eure
  19. La Butte aux Anglais
  20. Armorial général de France (édit de novembre 1696) : généralité de Rouen. Tome 2 par G.-A. Prévost sous la dir. de C. d'Hozier. En 1689, il était prieur claustral de l'abbaye de l'Isle-Dieu.
  21. Sa tombe, l'une des dernières autour de l'église, se trouve derrière de transept nord.
  22. Il repose dans le cimetière, devant la croix.
  23. Entrée à l'Académie le 2 janvier 1833[2]
  24. Précis analytique des travaux de l'Académie
  • Service régional de l'inventaire de Haute-Normandie, Le Tronquay.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]