Le Troisième Homme sur la montagne

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Le Troisième Homme sur la montagne

Titre original Third Man on the Mountain
Réalisation Ken Annakin
Scénario Eleanore Griffin
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1959
Durée 105 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Troisième Homme sur la montagne (Third Man on the Mountain) est un film américain réalisé par Ken Annakin et produit par Walt Disney Productions, sorti en 1959. Il est adapté d'un roman de James Ramsey Ullman, intitulé Banner in the Sky.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un célèbre alpiniste, le capitaine John Winter, souhaite escalader un sommet difficile, la Citadelle. Il se rend dans un petit village mais aucun guide ne souhaite l'accompagner. Un jeune garçon suisse, Rudi Matt, dont le père est mort durant une tentative d'ascension de la Citadelle, est déterminé à l'accompagner, avec l'aide de son oncle. Winter parvient à engager un guide d'un village voisin et concurrent, Emile Saxo. La cordée de quatre personnes s'engage alors dans l'ascension du sommet encore inviolé.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin[1], Dave Smith[2], John West[3] et IMDb[4]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source : Leonard Maltin[1], Dave Smith[5], John West[3] et IMDb[4]

Sorties cinéma[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database[6].

Origine et production[modifier | modifier le code]

Le film est basé sur un fait réel au sujet d'un célèbre alpiniste et d'un jeune garçon suisse dont le père est mort durant une ascension, tous deux déterminés à escalader le Cervin ici rebaptisé la Citadelle[1]. La production du film découle, comme le rappelle le réalisateur Ken Annakin, d'une passion de Walt Disney pour la Suisse qui était la destination estivale de Disney plusieurs années de suite[1],[5],[7]. Une autre preuve de cette passion réside dans l'attraction Matterhorn Bobsleds ouverte le 14 juin 1959 à Disneyland et qui est une reproduction au 1/100e du Cervin[8].

Le producteur Bill Anderson précise qu'il venait de lire le roman Banner in the Sky (1954) de James Ramsey Ullman et découvert en parallèle un film de Gaston Rébuffat[9], à priori Étoiles et Tempêtes (1955), film en couleur primé au festival de Trente. Anderson présente les deux à Walt Disney qui lui demande en retour d'en faire un film[9].

Pré-production[modifier | modifier le code]

Walt Disney demande à Anderson de partir au Royaume-Uni pour lancer la production d'une adaptation de Banner in the Sky mais le studio Walt Disney British Films est fermé depuis 1952 et l'ensemble du personnel est parti[9] à la fin de la production de Robin des Bois et ses joyeux compagnons. En 1957, Anderson s'installe donc en Angleterre, pays où il n'était jamais allé, fonde un nouveau studio et embauche de nouveaux employés, Walt Disney ayant refusé de délocaliser d'autres employés[9]. L'un des premiers employés est le réalisateur Ken Annakin qui est rapidement envoyé en Californie pour travailler sur le film[9].

En pré-production, Ken Annakin a passé trois mois à Burbank avec Walt Disney (et son équipe) pour concevoir l'histoire et les storyboards, avant d'être initié à l'alpinisme pendant une semaine par l'alpiniste français Gaston Rébuffat[10]. En Californie, Annakin rencontre les acteurs Sean Connery et Janet Munro sur le tournage de Darby O'Gill et les Farfadets (1959) et Walt Disney lui prête sa loge sur le champs de course de Pasadena[9].

Tournage[modifier | modifier le code]

Vue du Cervin avec l'arête du Hörnli qui sépare la face nord (à droite) de la face est (à gauche).

Le film a été en partie tourné à Zermatt, en Suisse[11] pour les scènes du village[12] et ses alentours durant le printemps et l'été 1958[7] sous la direction de Gaston Rébuffat[1]. Rébuffat a réalisé les prises de vue dans les hauteurs, le reste de l'équipe, acteurs compris, n'ayant aucune connaissance des techniques d'escalade[10]. Une grande partie des scènes en extérieur a été tournée avec des doublures filmés par Rébuffat mais quelques-unes, peu dangereuses ont été réalisés avec les vrais acteurs après deux semaines d'apprentissage de l'alpinisme[10],[12]. La production a requis l'usage de mulets et parfois d'hélicoptères pour acheminer le matériel[10]. Une équipe de 170 personnes a été constituée pour tourner le film en Suisse[3]. Plusieurs mois de tournages ont été nécessaires en raison du mauvais temps et aussi de pouvoir filmer les quatre saisons[9]. Afin d'éviter de bloquer la production à cause d'une tempête, l'équipe essayait d'avoir quatre sites de tournage disponibles en même temps parfois distant de 50 milles (80,4672 km)[9]. Finalement le tournage sur site a duré trois mois[9] mais non consécutifs.

Selon les souvenirs d'Annakin, une des scènes les plus difficiles en termes d'ingéniosité est celle de James MacArthur et Janet Munro marchant dans un pré de fleurs jaunes[10]. Les fleurs n'étaient écloses que durant une semaine et la surface qu'elles recouvraient était assez faible, l'équipe a donc pris soin d'écraser un minimum de fleurs et changer régulièrement de place pour pouvoir continuer le tournage[10]. Pour Annakin, Walt Disney était préparé à laisser à ses équipes autant de temps que nécessaire afin d'obtenir un résultat satisfaisant, alors que dans les productions plus récentes, les responsables financiers sont réticents à tout élément amenant un possible dépassement de budget[13]. Selon Annakin, l'acteur le plus réticent à faire de l'escalade était Herbert Lom dont était justement celui du meilleure grimpeur[12]. Devant son refus de grimper, l'équipe de tournage a du construire des échafaudages au point de se faire haïr par l'équipe et les acteurs[12]. Annakin précise qu'on ne voit jamais les pieds de Lom sauf les pieds de ses doublures[12].

Filmés à Zermatt, les décors sont parfois réels comme la maison de Rudi Matt construite au XVe siècle parfois fictifs[12]. Les scènes de la place centrale du village utilisent ainsi un lieu délabré qui a été aménagé avec des fleurs, un drapeau, une nouvelle maçonnerie et une fontaine par le décorateur John Howell[12]. Les danseurs vu dans le film sont des figurants venus des villages alentours avec leurs propres costumes[12].

Le reste de la production a été tourné en studio à Londres[14]. Ainsi, Annakin a constaté que certains décors peints par Peter Ellenshaw étaient plus convaincants pour montrer des profondeurs que les décors réels souvent perturbés par des éléments comme les nuages, des ombres ou rebords[13].

Walt Disney est venu durant le tournage en Suisse et a passé trois semaines de vacances[12] Toutefois il était accompagné de plusieurs membre du studio dont le publicitaire Leonard Shannon[12] D'autres célébrités sont aussi venus sur place et certains apparaissent dans le film[12]. James Ramsey Ullman, l'auteur du roman Banner in the Sky qui a inspiré ce film fait une brève apparition dans le film mais aussi Helen Hayes, la mère de James MacArthur[5],[13],[15],[15].

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Juste avant la sortie du film, l'émission Walt Disney Presents (sur ABC) du 6 novembre 1959 est consacrée à la promotion du film avec un documentaire intitulé Perilous Assignment[16].

Le Time évoque le film comme un « Tom Sawyer dans les Alpes », la meilleure description possible selon Maltin[10],[5]. La qualité du film réside aussi dans son réalisme, qui est même plus que du réalisme puisqu'il se déroule dans le véritable décor, le Cervin[10]. Le magazine Variety attribue au film les qualités des films qui emmène le spectateur à s'agripper à son siège en raison des hautes altitudes et de l'action[13]. Bosley Crowther du New York Times apprécie les magnifique décors et l'esprit d'aventure mais est réticent sur le reste[13]. Anderson associe les mauvais résultats du film aux scènes d'escalade car dès les premiers tests les femmes ne regardaient pas l'écran pour ces scènes, ce qui représente souvent un tiers du public[15]. Lilian Disney aurait même demandé lors d'un visionnage d'être prévenue quand l'escalade serait finie[15].

Par la suite, il a été diffusé à la télévision dans l'émission Walt Disney Presents diffusée sur ABC en deux épisodes sous le titre Banner in the Sky, le 17 février et le 24 février 1963[5],{{}}[17]. Le film a été édité en vidéo en 1986[5].

Analyse[modifier | modifier le code]

Le film se démarque des autres productions Disney par son tournage en décor réel très dispendieux, puisque réalisé en Suisse[1]. Pour Maltin, c'est une histoire émouvante et rafraîchissante à la fois pour son décor et les qualités humaines[10]. Pour John West, le film est superbe et de qualité sous toutes les coutures, un scénario excellent, un jeu d'acteur brillant et des paysages à couper le souffle[3]. L'histoire est celle d'un acte d'héroïsme intemporel et du parcours initiatique d'un jeune garçon vers l'homme adulte[3]. West ajoute que l'ensemble de la distribution est bonne mais la malicieuse Janet Munro jouant la jolie Lizbeth Hempel et Laurence Naismith dans le rôle du guide de montagne se démarquent du lot[3]. Pour West, le film semble authentique car la majeure partie est réellement authentique[3]. Dans le film et selon les propos du personnage de Winter, le jeune Rudi est le véritable héros qui en sauvant Emil Saxo surpasse l'exploit du capitaine Winter et l'oncle de Rudi qui ont atteint le sommet[10].

Selon Annakin, Le Troisième Homme sur la montagne est le film préféré de Walt Disney parmi les quatre qu'il a réalisé pour le studio[15]. Plusieurs auteurs, dont Michael Barrier, attribuent au film l'inspiration de l'attraction Matterhorn Bobsleds à Disneyland[5],[14], mais la production du film étant concomitante de celle de l'attraction, voire postérieure, il semble plus juste d'y voir une source commune et non un lien de causalité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 162.
  2. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 131
  3. a, b, c, d, e, f et g (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 200.
  4. a et b (en) Le Troisième Homme sur la montagne sur l’Internet Movie Database
  5. a, b, c, d, e, f et g (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 551
  6. (en) Third Man on the Mountain - Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  7. a et b Michael Barrier - European Journal - III. Zermatt
  8. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 355
  9. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 201.
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 164.
  11. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 163.
  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 202.
  13. a, b, c, d et e (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 165.
  14. a et b (en) Michael Barrier, The Animated Man: A Life of Walt Disney, p. 267.
  15. a, b, c, d et e (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 203.
  16. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 359.
  17. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 361.

Liens externes[modifier | modifier le code]