Le Terroriste (film, 1963)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le film de Gianfranco De Bosio. Pour le film d'Edward Yang, voir Le Terroriste (film, 1986).

Le Terroriste

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Gian Maria Volonté et Raffaella Carrà dans une scène du film

Titre original Il Terrorista
Réalisation Gianfranco De Bosio
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie, Drapeau de la France France
Genre Film de guerre, Dramatique
Sortie 1963
Durée 100 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Terroriste (titre original : Il Terrorista) est un film italien réalisé par Gianfranco De Bosio sorti en 1963. Ce film s'inspire de faits personnels et authentiques vécus par le réalisateur.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Venise, hiver 1943. La Résistance italienne prépare un attentat contre le siège de la Kommandantur allemande. Un homme surnommé l'Ingénieur y joue un rôle déterminant... Bien que « l'explosion soit meurtrière, l'acte, en définitive, doit être considéré comme une réussite relative : une prostituée vénitienne y laisse la vie tandis que le commandant en réchappe ; et le lendemain, les autorités réagissent en menaçant de fusiller des otages. » (Freddy Buache in: Le cinéma italien 1945-1990, Éditions L'Âge d'Homme)

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Le Terroriste, seule et unique réalisation notable de Gianfranco De Bosio, est le « premier film qui ébranle le mythe de l'unité de la Résistance italienne » (Anne Kieffer, in Dictionnaire mondial des films, Éditions Larousse). C'est pourquoi, il « provoqua », en son temps, « un débat par son approche lucide et peu conventionnelle de la résistance au fascisme. » (Lorenzo Codelli, notule biographique consacrée à G. De Bosio, in Dictionnaire du cinéma, Éditions Larousse)

Anne Kieffer ajoute : « Le choix volontaire du site incertain de Venise amplifie symboliquement l'analyse et la charge du poids de l'Histoire. N'est-ce pas dans une ville aussi monumentalement figée dans le passé que s'élaborent les bases fondamentales de la future République italienne ? » (op. cité)

Freddy Buache définit la problématique du film ainsi : « De Bosio (...) montre l'enchaînement de la violence (terreur et contre-terreur) sans pour autant ouvrir un débat moral à ce sujet. Il refuse l'abstraction et propose une analyse dialectique de la situation. » (op. cité) Ce que paraît confirmer le réalisateur lui-même lorsqu'il dit : « La Résistance italienne (1943) est analysée avec l'esprit de 1963. » Le titre du film le suggère d'ailleurs nettement. De Bosio poursuit : « Pendant la résistance, nous étions guidés par des espérances immenses, qui ont été déçues, mais il faut continuer à lutter et ne pas s'arrêter à ces déceptions. » (in : Cahiers du cinéma no 171, oct. 1965)

Freddy Buache estime, de son côté, que, si : « sur le fond, le film n'impose pas de conclusion, (il) laisse entendre, en un style dépouillé, d'une netteté de gravure, sans hésitation ni repentir, que peuvent se produire des "moments" où l'initiative individuelle doit perturber la politique politicienne. » (in : Le cinéma italien 1945-1990)

Le Terroriste est donc tout à la fois « un film d'action et de réflexion sur la Résistance, dans une Venise hostile et glauque, et une œuvre d'intelligence et de sensibilité. » (Emile Breton, Dictionnaire des cinéastes, Microcosme/Seuil)

Le point de vue du réalisateur[modifier | modifier le code]

« Je n'ai pas voulu écrire une histoire spécifiquement italienne mais traiter un cas général, valable dans tous les pays et placé au centre du problème des rapports entre l'action et la morale, entre l'action politique pure et l'activité de guerre et de résistance. Je n'ai pas voulu faire une épopée révolutionnaire mais plutôt un film de réflexion idéologique et morale. (...) J'ai connu un membre d'un GAP (Groupe d'action partisane) qui préconisait un attentat par jour. Mais j'ai tenté de présenter Braschi, l'ingénieur simplement comme un homme : je suis contre le "héros positif". » (Entretien de Gianfranco De Bosio avec Marcel Martin, Les Lettres Françaises, 6/06/1964)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Actualité de la Résistance et de l'antifascisme, par Gianfranco De Bosio (traduction : Alfredo Maria Turbanti) (Études cinématographiques, no 33, 1970)

Liens externes[modifier | modifier le code]