Le Temps d'un week-end

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Temps d'un week-end

Titre original Scent of a Woman
Réalisation Martin Brest
Scénario Giovanni Arpino (roman)
Bo Goldman (adaptation)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1992
Durée 157 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Temps d'un week-end (Scent of a Woman) est un film américain de Martin Brest sorti en 1992.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Dans un état de l'est des États-Unis, Charles, un étudiant pauvre et timide originaire de l'Oregon est boursier (scholar on the foundation) au college de Baird, établissement très cher et huppé qui prépare les fils de famille de l'establishment à entrer à la prestigieuse université Harvard. Pour gagner le prix de son voyage en Oregon pour les prochaines vacances de Noël, Charles travaille à la bibliothèque, et effectue d'autres petits travaux. Il répond à une demande de services : il s'agit de garder une personne « à mobilité restreinte » pendant le week-end de Thanksgiving. En fait, il s'agit d'une famille qui veut partir de chez elle pour échapper pendant quelques jours à la cohabitation avec l'oncle de la femme. Cet oncle est le lieutenant-colonel Slade, à la retraite, aveugle, passablement ingérable et carburant au Jack Daniel's. Il eut son heure de gloire comme officier de commandos au Viêt Nam, puis comme agent des services secrets sous le président Lyndon Johnson, et a apparemment fait siennes les manières brutales et le langage ordurier du successeur de J.F. Kennedy.

Dès que la famille est partie, Slade révèle à Charles, médusé, qu'il a ses propres plans pour Thanksgiving et il embarque aussitôt son jeune garde pour New York. Dans l'avion, Slade révèle à Charles qu'il est un womanizer (un coureur), que pour lui rien ne vaut la femme, dont il analyse les parfums, et qu'il célèbre en une tirade lyrique inspirée du Cantique des cantiques. Ils descendent au Waldorf-Astoria, se font tailler deux costumes sur mesure et sur place, et en avant la grande vie : limousine, restaurant de grand luxe (l'Oak Room du Plaza Hotel, où l'on enfile une veste à Charles, en pull-over et terrifié de voir que le hamburger-frites vaut 24 $). Le colonel aime les femmes raffinées, et faute de les voir, les choisit au nez, qu'il a très fin (d'où le titre anglais, Scent of a Woman). Vêtu de neuf et accompagné de Charles, il rend visite à son frère ainé, et perturbe complètement le repas rituel de Thanksgiving, qui voudrait qu'une cohésion familiale et l'abolition des différents. Charles apprend lors de ce repas que Slade est devenu aveugle par accident, en manipulant des grenades alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool.

Ils se rendent le lendemain dans un bar-salon de danse du palace, Slade arrive à faire servir une bière à Charles, en prétendant que c'est son fils et qu'il a 23 ans. Il entraine dans un tango (sur l'air de Por una Cabeza) une inconnue, qu'il a choisie en identifiant la subtile fragrance de son savon de toilette. Le soir, Slade va voir une prostitué pendant que Charles l'attend dans la limousine.

Le lendemain matin, Charles découvre le colonel en plein accès dépressif, qui lui demande de prendre son ticket d'avion et de le laisser seul pour qu'il puisse se suicider. Il l'en dissuade en lui proposant une virée en voiture. Ils se rendent dans une agence Ferrari. Slade impressionne et séduit le vendeur (« They call me Grey Ghost also… » : « On m'appelle Flèche Argentée moi aussi… »), lui glisse 2 000 dollars pour obtenir l'autorisation d'essayer un des modèles exposés, et les voilà dans une Ferrari Mondial, un cabriolet rutilant. Charles conduit à petite vitesse et fait grincer la boite de vitesses tandis que Slade ronge son frein. Slade décide de conduire à son tour la voiture. D'abord roulant au pas dans une rue déserte de Brooklyn en suivant les indications de Charles, puis accélère. Il obtient de Charles tétanisé qu'il le guide pour virer aux intersections, fait crisser les pneus en dérapant. Mais la sirène d'une voiture de police les oblige à s'arrêter. « I'll do the talking » (« C'est moi qui parle ») dit Slade à Charles ; il entreprend de circonvenir le policier en présentant le jeune homme comme « son fils, un amoureux de la vitesse, trop jeune pour conduire lui-même et qui lui a demandé de pousser une pointe », et en parlant du Viêt Nam au policier de la route, qui les laisse après des conseils de modération.

Après ces exploits, suivis par l'étudiant avec une impuissance tantôt fébrile, tantôt amusée, tantôt angoissée, le colonel, qui a rempli ses objectifs, rentre à l'hôtel et envoie Charles chez Dunhill pour qu'il lui achète deux cigares. Arrivé dans le hall de l'hôtel, Charles, mû par un pressentiment, remonte rapidement dans la chambre, et découvre le colonel en train de revêtir son uniforme d'apparat : il s'apprête à utiliser son arme de service pour se suicider. Charles arrive encore à dissuader le colonel de se tuer.

Mais le jeune homme traine aussi un autre immense souci : il doit comparaitre devant un conseil de discipline spécial et soit dénoncer trois de ses condisciples qui ont ridiculisé le directeur du collège, soit oublier son avenir, aux mains de ce directeur qui avait d'ailleurs cherché à acheter Charles, en lui proposant un marché : son inscription à Harvard contre les noms des coupables.

Remettant à plus tard son suicide, le colonel ramène l'étudiant devenu son ami au campus de Baird, et lui fait ses adieux. Charles n'a que le temps de se préparer à affronter le conseil de discipline, réuni devant toute l'école au complet. Il est seul face au directeur hypocrite et vindicatif, qui accable Charles et réclame son exclusion, exonérant les héritiers des dynasties fortunées qui financent l'école. Mais soudain le colonel apparait, et prend la défense de Charles. Avec aplomb, fort de son expérience de meneur de jeunes hommes au Viêt Nam, il rappelle à la future élite intellectuelle, économique et sociale des États-Unis (et à ses formateurs) la valeur de l'intégrité et de l'honnêteté. Il obtient l'acquittement de Charles, et la semi-condamnation (au bénéfice du doute) des coupables. Après la marche triomphale de l'acquitté et de son défenseur (qui séduit au passage la jeune professeur de sciences politiques, enthousiasmée par sa plaidoirie) sur le campus, les derniers plans montrent le retour du colonel chez lui : il tend la main à ses neveux et nièces, et leur offre de faire la paix.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Al Pacino obtint l'Oscar du meilleur acteur en 1992 pour sa prestation dans le rôle de l'officier aveugle.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le Temps d'un week-end est le remake du film italien Parfum de femme (Profumo di donna) de Dino Risi en 1974, avec Vittorio Gassman, d'après le roman de Giovanni Arpino, Il Buio e il miele.
  • Erreur de traduction : lors de la scène de tango que le lieutenant-colonel Slade (Al Pacino) va danser avec Donna (Gabrielle Anwar), celui-là demande à son aide Charlie (Chris O'Donnell) quelques informations sur la piste de danse. Charlie répond, dans la version originale, « the floor is twenty [20] by thirty [30] », ce qui a été traduit au doublage par « vingt par trente mètres » alors que le spectateur découvre sur son écran une piste assez réduite. Le « 20 par 30 » de la version originale doit se comprendre « 20 par 30 pieds », ce qui fait une surface d'environ 6 mètres sur 9, plus cohérente avec l'image.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]