Le Suquet

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Articles principaux : Cannes et Histoire de Cannes.
Le Suquet
Le Suquet dominant le Vieux-Port de Cannes.
Le Suquet dominant le Vieux-Port de Cannes.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Ville Cannes
Géographie
Coordonnées 43° 33′ 03″ N 7° 00′ 42″ E / 43.550912, 7.011552 ()43° 33′ 03″ Nord 7° 00′ 42″ Est / 43.550912, 7.011552 ()  
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Le Suquet

Le Suquet (/sykɛ/, « tertre » en provençal), parfois nommé Mont-Chevalier, est le plus ancien quartier de Cannes, sa « vieille ville », située sur une colline à l'ouest de la baie, au-dessus du Vieux-Port.

De la préhistoire à la période moderne[modifier | modifier le code]

Le château médiéval et la tour du XIe siècle.

La colline du Suquet est à l'origine de la ville de Cannes. Dès l'Antiquité des peuplades ligures occupent le site, qui constitue une position stratégique, pour y installer un oppidum dominant à la fois la baie et l'intérieur des terres. Culminant à 66 m, c'est ce lieu élevé de peuplement originel qui donnera son nom à la commune, le terme ligure Canoa signifiant « hauteur » ou « piton ».

Au Moyen Âge, le pouvoir des comtes de Provence s'appuie sur les fortifications qui servent autant à se garantir d'attaques venues de la mer qu'à montrer sa puissance aux populations et à la noblesse locale, peu enclines à accepter l'ordre féodal[1]. Parmi ces places fortes, se trouve, au sommet de la colline du Suquet, un Castellum Marcellini (« château de Marcellin »). Guillaume Ier le Libérateur, après sa reprise en main du comté de Provence, donne, en 960, ce qui n'était encore qu'un très modeste castrum à Rodoard[2], chef d'une branche de la puissante famille de la maison de Grasse, avec le fief d’Antibes dont Cannes fait partie, en récompense de sa fidélité.

Vers l’an 1030, Guillaume-Gruette, fils aîné de Rodoard, entre dans les ordres et cède une partie de ses terres à l’abbaye de Lérins. L'acte de donation est en même temps l'acte de création du territoire qui deviendra la commune de Cannes. Il fait mention d'un château sur la colline du Suquet, au centre d'une nouvelle agglomération qui se développe[3],[4],[5]. L'acte de 1030 fait encore référence à un port qui n’était en réalité qu’une plage. On peut lire : De Portu Canue, forme la plus authentique, provenant du mot ligure Canoa signifiant « hauteur » ou « piton » et se rapportant au lieu antique d’occupation humaine sur la colline du Suquet.

Vers 1080, l'abbé de Lérins Aldebert II entreprend la construction de la grande tour du Suquet pour mettre le site à l'abri des attaques des corsaires et des sarrasins. En 1131, la donation est confirmée par le comte de Provence, acte que le pape scellera lui-même. « Le Comte déclare notre cité libre et exempte de toutes charges. Elle est devenue une terre « franche ». Cela veut dire qu’elle n’a pas à payer les taxes ni les impôts comtaux… elle paiera les autres. »[6]. Un système de signalisation par des feux entre la tour du monastère fortifié de l'abbaye de Lérins et celle du Suquet est installé en 1327. La tour du Suquet n'est terminée que trois siècles plus tard en 1365 par l'abbé Jean de Thornafort. Avec ses vingt deux mètres de hauteur elle permet de surveiller la rade de Cannes[7].

En 1178, le Castellum Marcellini prend l'appellation de Castellum Francum (château franc). On voit se développer un véritable habitat féodal avec un château, des maisons, un hôpital, des églises dont Notre-Dame-du-Puy qui, après la construction de Notre-Dame-de-l'Espérance, deviendra la chapelle Sainte-Anne. Ce site constitue dès lors un castrum, c’est-à-dire un village fortifié, groupé autour du château (aujourd'hui musée de la Castre). On observe un bâti serré autour du château et de l’église, sur la crête et le long des pentes à l’est et au nord surtout, à l’abri des remparts : les bàrri. Une seule source d'eau douce coule au pied du Suquet. Les activités du village sont l’agriculture (blé, olivier) et la pêche, strictement règlementée. Le dynamisme commercial est étroitement lié à l'activité portuaire et à la riche et commerçante ville de Grasse qui y exporte ses tissus et ses cuirs.

En 1447 les habitants se constituent en commune libre pour échapper à l'emprise des abbés de Lérins. La construction de l'église Notre-Dame-de-l'Espérance est entreprise au XVIe siècle. Aux XVIIIe et XIXe siècles des travaux d'assainissement et de voirie conduisent à la destruction d'une partie des remparts et de nombreuses maisons pour permettre le percement de la route d'Italie, l'actuelle rue Georges-Clemenceau, et de la rue du Mont-Chevalier. À la fin du XIXe siècle, la population du Suquet s'enrichit de l'arrivée des immigrés italiens, principalement piémontais. Deux nouvelles artères sont ouvertes, encadrant le marché Forville récemment créé, les rues du docteur Pierre-Garzagnaire et Louis-Blanc. Le château, partiellement détruit, vendu comme bien national à la Révolution devient, en 1878, une manufacture de céramique « La faïencerie d’art du Mont-Chevalier ». En 1919, la commune de Cannes y installe le musée de la Castre.

Le Suquet contemporain[modifier | modifier le code]

La porte du marché Forville.

La colline est enserrée entre le boulevard Victor-Tuby au nord, la rue du docteur Pierre-Gazagnaire à l'est et la boucle de la rue Georges-Clemenceau au sud et à l'ouest. Au cœur du quartier, ses ruelles médiévales en pente serpentent autour de la citadelle. Son artère commerçante principale, la rue Saint-Antoine, la rue des restaurants, dévalle la colline depuis la rue du Suquet et débouche sur le quai Saint-Pierre et la promenade de la Pantiero où se trouve l'hôtel-de-ville de Cannes derrière lequel s'anime le marché Forville. Entre les deux, la rue Meynadier, croisée par les rues Pierre-Gazagnaire et Louis-Blanc, se dirige à l'est vers le quartier de la Croisette. Un héliport est installé au pied du Suquet, à l'extrémité de la jetée du Vieux-Port. Le parvis de l'église Notre-Dame-de-l'Espérance accueille les concerts estivaux des Nuits musicales du Suquet. Le musée de la Castre, installé au milieu des jardins de la forteresse dominés par la tour du Suquet expose dans les salles de l'ancien château et de sa chapelle Sainte-Anne ses collections d'arts primitifs, d'antiquités méditerranéennes, de peintures de paysages et d’instruments de musique du monde.

La tour du Suquet, la chapelle Sainte-Anne et l'église Notre-Dame-de-l'Espérance, situés sur la place de la Castre, au sommet de la colline du Suquet, sont classées MH par arrêté du 28 juillet 1937[8].

Iconographie[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Pierre Poly, La Provence et la société féodale (879-1166), Paris, Bordas, 1976, 431 p. (ISBN 2-04-007740-5).
  2. (en) Foundation for Medieval Genealogy : seigneurs d'Antibes (Lire en ligne)
  3. Fabien Blanc, Historique du château de Cannes, SL, 2001, 112 p.
  4. Dans le chapitre sur l'histoire de Cannes du livre Cannes et ses rues de Pierre Ipert, il est fait mention d'une date : vers 990 (p. 8) et d'une charte datée de 1001 (p. 15) pour cette donation du site dénommé castrum Marcellium par Guillaume dit Gruetta, second fils du comte d'Antibes Rodoard, au moment où il prend l'habit de moine à l'abbaye de Lérins.
  5. Abbé Alliez, Les Iles de Lérins, Cannes, et les rivages environnants, p.  213, Paris, 1860 (Lire en ligne)
  6. Abbé Alliez, Les Îles de Lérins, Cannes, et les rivages environnants, p.  432, Paris, 1860 (Lire en ligne)
  7. Pierre Ipert, Cannes et ses rues, p. 8, Gilletta, 2006, 240 p. (ISBN 978-2903574758)
  8. « Notice no PA00080689 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]