Le Sens commun

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Sens commun
Image illustrative de l'article Le Sens commun
Édition princeps

Auteur Thomas Paine
Genre Pamphlet
Version originale
Titre original Common Sense
Éditeur original R. Bell
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original Philadelphie
Date de parution originale 1776
Version française
Lieu de parution Paris
Éditeur Gueffier
Date de parution 1791

Le Sens commun[1], Common Sense en anglais, est un pamphlet de Thomas Paine publié pour la première fois sans nom d’auteur le , pendant la Révolution américaine. Paine a bénéficié, lors de sa rédaction, des commentaires de Benjamin Rush qui lui en a fourni le titre.

La dénonciation de l’administration britannique dans Le Sens commun a joui d’une immense popularité qui contribua à fomenter la Révolution américaine. Pour l'historien Howard Zinn, « il s'agissait de la première défense vigoureuse de l'idée d'indépendance en des termes qui pouvaient être compris par n'importe quel individu sachant lire »[2]. La deuxième édition parut très rapidement, suivie d’une troisième édition, avec un rapport sur la valeur de la marine britannique, d’une annexe augmentée, et d’une réponse à la critique par les quakers, parue le .

Contrairement à une littérature élitiste adressée principalement aux gentilhommes, Thomas Paine écrivit Le Sens Commun dans un style simple et accessible au plus grand nombre, dénué de citations latines et de références savantes[3]. Ce texte « se vendit à près de 150 000 exemplaires en l'espace de quelques mois » précise l'historien Jean-Michel Lacroix qui avance qu'il incarne « l'apparition d'un début de sentiment national »[4].

Arguments contre la domination britannique[modifier | modifier le code]

  • Il est ridicule et contre la loi naturelle qu’une île règne sur un continent.
  • Il est peu probable que l’Europe connaîtra longtemps la paix... et toutes et quantes fois que l’Angleterre sera en guerre, les liens économiques de l’Amérique avec l’Angleterre entraîneront la ruine de son commerce.
  • L’Amérique n’est plus « une nation britannique » : elle se compose d’influences de tous les pays d’Europe.
  • Quand bien même la Grande-Bretagne serait la « mère patrie » originelle de l’Amérique, ses actions actuelles n’en sont que plus affreuses, parce qu’aucune vraie mère ne nuirait de façon aussi déplorable à ses enfants.
  • Rester britannique entraînera l’Amérique dans des guerres européennes inutiles et la tiendra à l’écart du commerce international auquel elle excelle.
  • La société représente tout ce qui est bon au sujet de l’humanité, le gouvernement représente tout ce qui est mauvais à son sujet.
  • La distance entre les deux nations crée un décalage dans le temps de communication d’environ une année pour un aller-retour. Si quelque chose allait mal dans le gouvernement, il faudrait attendre la solution de la métropole pendant un an.
  • Le Nouveau Monde a été découvert peu avant la Réforme. Il était évident pour les puritains que Dieu voulait leur donner l’Amérique comme un asile sûr exempt des persécutions du gouvernement britannique.
  • La constitution anglaise qui assure à la Chambre des communes un droit de « contrôle » sur le roi ne signifie rien. Le roi revendiquant le droit divin de régner et de passer outre la volonté du Parlement, le terme de « contrôle » s’avère donc, au mieux, incongru.

Proposition constitutionnelle[modifier | modifier le code]

Constitution des États-Unis telle que proposée par Thomas Paine dans Le Sens commun, 1776

Howard Zinn note que « Paine se débarrasse de l'idée de monarchie de droit divin en un résumé historique et surtout caustique de la monarchie britannique »[2]. Dans son pamphlet, il propose une constitution des États-Unis de même qu'une marche à suivre afin de rédiger une Charte continentale (ou Charte des Colonies Unies) qui serait une sorte de Magna Carta américaine. Le diagramme sur la gauche illustre le système de Paine, qui suggérait une combinaison d’élection par voie de scrutin ainsi que le tirage au sort afin de sélectionner le président en plus d'exiger l'appui des trois cinquièmes du Congrès pour l'adoption des lois.


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Le Sens-commun, ouvrage adressé aux Américains, et dans lequel on traite de l’origine et de l’objet du gouvernement, de la Constitution angloise, de la monarchie héréditaire, et de la situation de l’Amérique Septentrionale, Paris, Gueffier, 1791
  • Le Sens commun, Éd. Bernard Vincent, Paris, Aubier Montaigne, 1983 (ISBN 9782700703344)
  • Le Sens commun, Éd. Septentrion, Sillery, Présentation de Jean-Pierre Boyer, 1995 (ISBN 2-89448-035-0)
  • "Le Sens commun", traduction et postface de Christopher Hamel, Paris, Les Éditions Aux Forges de Vulcain, 2013 (ISBN : 978-2-919176-20-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Titre complet - Le Sens-commun, ouvrage adressé aux Américains, et dans lequel on traite de l’origine et de l’objet du gouvernement, de la Constitution angloise, de la monarchie héréditaire, et de la situation de l’Amérique Septentrionale
  2. a et b Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 85.
  3. (en) Gordon S. Wood, The American Revolution, A History. New York, Modern Library, 2002 ISBN 0-8129-7041-1, p.55-56
  4. Jean-Michel Lacroix, Histoire des États-Unis, PUF, coll. « Quadrige », 2006, p. 74.