Le Scribe accroupi

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Scribe accroupi
Le scribe accroupi
Le scribe accroupi
Type Statue peinte et incrusté
Dimensions 54 centimètres (hauteur)
Inventaire E 3023[1]
Matériau Calcaire, bitume, cristal de roche
Méthode de fabrication Sculpture, peinture, incrustation
Période XXVIIe siècle avant notre ère
Culture Ve dynastie, Égypte antique
Lieu de découverte Saqqarah
Date de découverte 1850
Conservation Département des antiquités égyptiennes, Musée du Louvre, Paris
Fiche descriptive Fiche de la base Atlas

Le Scribe accroupi est une statue égyptienne en calcaire peint conservée au musée du Louvre à Paris et comptant parmi les chefs-d'œuvre de l'art de l'Ancien Empire égyptien. Datant probablement de la IVe dynastie ou de la Ve dynastie (vers 2600-2350 avant notre ère), il provient de Saqqarah où il fut retrouvé en 1850 par l'archéologue français Auguste Mariette dans une tombe le long de l'allée des sphinx du Serapeum. Le Louvre en a fait l'acquisition dès 1854.

Description[modifier | modifier le code]

Dans la stricte frontalité qui caractérise les statues égyptiennes, le scribe, assis en tailleur sur un socle peint en noir, est représenté dans l'acte d'écrire. Il est vêtu d'un pagne blanc simple. Il tenait autrefois dans sa main droite un calame (on voit encore le trou entre le pouce et l'index qui permettait de le maintenir en place) lui servant à écrire et l'on voit sur son pagne un papyrus étroit, partiellement déroulé. Ses cheveux noirs sont courts, figurés en léger relief et emboîtant la calotte crânienne ; ses oreilles sont détachées de la tête et finement détaillées. On note un effort d'individualisation dans la transcription des traits du personnage : c'est un visage aux traits anguleux, plutôt émacié, avec des pommettes hautes et des joues creuses. Le nez est fin tout comme la bouche et un trait de peinture marque les sourcils. Les yeux, particulièrement admirables, sont incrustés dans les orbites et se composent de magnésite blanche et de cristal de roche, conférant une grande présence au regard. Les épaules sont plutôt larges et l'on voit bien la dépression des clavicules. De dos, elles forment deux arêtes bien visibles. Son corps, notamment le torse, est marqué par un certain embonpoint, avec des bourrelets au niveau du ventre et des hanches. Les bras sont bien détachés du corps et leur musculature est peu marquée, cependant les mains sont d'une grande finesse, tous les doigts étant subtilement individualisés. Le volume des jambes est, quant à lui, décrit de façon plus schématique et l'on remarque que seuls trois de ses doigts de pied sont représentés. Les mamelons sont réalisés en bois.

Détail du visage.

Même si l'attitude globale demeure un peu raide, la recherche du réalisme pour la figure, avec la qualité du modelé du visage, des mains et du torse, le regard vif du personnage et la très belle polychromie, entièrement intacte, font de ce scribe une œuvre majeure de l'art égyptien. Elle a été réalisée à une époque considéré comme l'âge d'or de la civilisation égyptienne, entre les IVe et Ve dynasties, qui sont celles des grandes pyramides de Gizeh.

Identité du personnage[modifier | modifier le code]

Retrouvé anépigraphe, aucun élément ne permet d'identifier le scribe du Louvre. L'inscription hiéroglyphique donnant le nom du personnage devait probablement se trouver sur un socle aujourd'hui manquant, vraisemblablement perdu lors de la fouille.

Quoi qu'il en soit, cette statue de scribe représente un personnage très important de son époque : il ne s'agit en aucun cas d'un fonctionnaire comme les autres. Se faire représenter en scribe était une marque d'appartenance à l'élite sociale à l'Ancien Empire : le personnage représenté ici n'était probablement pas un scribe dans la réalité. Les fils des pharaons se faisaient représenter assez souvent de cette manière. Il est donc fort possible que le scribe accroupi du Louvre soit la représentation d'un fils de pharaon de la IVe ou Ve dynastie, hypothèse qu'étaie la très grande qualité de la sculpture.

Quand il fut retrouvé en 1850 il était placé dans la chapelle de culte de la tombe : la statue participait aux cérémonies et recevait les offrandes pour le défunt. Sa fonction avait donc un caractère funéraire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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