Le Salaire de la peur

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Le Salaire de la peur

Réalisation Henri-Georges Clouzot
Scénario Georges Arnaud
Henri-Georges Clouzot
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Sortie 1953
Durée 141 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Salaire de la peur est un film franco-italien réalisé par Henri-Georges Clouzot, adapté du roman éponyme de Georges Arnaud et sorti en salles en 1953. C'est l'un des seuls films de l'histoire du cinéma à avoir remporté la même année la Palme d'or du Festival de Cannes et l'Ours d'or au Festival de Berlin.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Guatémala, 1952. Après diverses péripéties, un groupe d'Européens a échoué à Las Piedras[1], une bourgade écrasée de chaleur où règnent la misère et le chômage. Un jour, un puits de pétrole est ravagé par un gigantesque incendie. Bill O'Brien, gérant de la compagnie américaine exploitante, la SOC - Southern Oil Company[2], décide d'embaucher des hommes pour convoyer, jusqu'au lieu du sinistre, 400 kilos de nitroglycérine répartis en deux camions. La somme alléchante promise en cas de succès offre une chance inespérée de refaire sa vie loin de cet endroit sans avenir. À l'issue d'un examen de conduite, quatre des Européens sont engagés comme chauffeurs et font équipe en duo : deux Français, Mario et Jo, et deux étrangers, Luigi et Bimba. Mario est un séducteur désœuvré ; Jo un individu sans scrupules, au passé louche, récemment débarqué de Paris où il a échappé de justesse à la police. Luigi est un brave cimentier calabrais aux poumons rongés de silicose ; Bimba un allemand taciturne et distingué. Au dernier moment, Jo — exclu d'emblée par O'Brien à cause de son âge avancé — remplace dans des conditions troubles le quatrième chauffeur, Smerloff.

Le convoi part au petit matin. La tâche est périlleuse : les camions fournis ne sont pas adaptés au transport d'une matière explosive sur une chaussée aussi médiocre. Les épreuves se succèdent : piste que le vent a ridée en « tôle ondulée » ; ponton de manœuvre délabré ; rocher bloquant la route, que Bimba réussit à pulvériser avec un thermos rempli de nitroglycérine. Tout d'abord cynique et bravache, Jo perd son sang-froid et refuse même de poursuivre la mission : il affirme que l'argent à gagner est le salaire de la peur. Sa lâcheté lui attire le mépris et la colère de Mario. Au tiers du parcours, le Dodge de Luigi et Bimba explose. À cet endroit, un trou s'est empli de pétrole. Jo y descend pour le sonder mais sa jambe est écrasée — intentionnellement — par le White Motor que conduit Mario. Il meurt juste avant d'arriver au but.

Mario atteint le puits de pétrole à la nuit tombée et s'affale, épuisé. Le lendemain matin, il perçoit sa prime, augmentée de celle de Jo. Il insiste pour revenir seul en camion à Las Piedras, afin d'y déposer l'argent en banque avant la fin de la journée. Mais emporté par l'enthousiasme, et distrait par la radio qui diffuse la valse Le Beau Danube bleu, il conduit imprudemment, en zigzag. Abordant trop vite un virage, il chute du haut d'une falaise et meurt sur le coup. Aucun des quatre chauffeurs n'aura pu revenir vivant de cette mission désespérée.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

À l'origine, c'est à Jean Gabin que fut proposé le rôle de Jo mais il refusa, craignant que ce personnage de lâche entachât sa carrière[4].

Informations sur le tournage[modifier | modifier le code]

Le 7e régiment du génie d'Avignon a été sollicité pour fabriquer une portière sur cinquenelle[5] afin de faire transporter le matériel sur la rive gauche inaccessible par le nord, et pour construire le ponton situé au-dessus du ravin[6]. Commencé en 1951, le tournage fut repoussé à la suite de la noyade accidentelle de deux soldats. Il reprit en 1952. Alors que toute l'histoire se passe théoriquement sous le chaud soleil de l'Amérique tropicale, la température était plutôt fraîche[4].

Les lieux de tournage sont les suivants[4] :

  • l'ancien camp de Saliers (sur la commune d'Arles), où 700 tsiganes furent internés par le régime de Vichy entre 1942 et 1944 ;
  • la bambouseraie de Prafrance (Anduze), pour le tournage de nuit où le camion roule sur la piste en tôle ondulée ;
  • en Camargue où des puits et des derricks ont été construits pour le film ;
  • la rive gauche du Gard (43° 56′ 15″ N 4° 25′ 50″ E / 43.9375, 4.4306) pour le lieu de l'explosion du premier camion ; on a pu, en 2002, lors de la grande crue du Gard, redécouvrir cet endroit, entre l'ancien Hôtel et la source de la Canelle ; en effet, depuis des décennies, trois mètres de sable, d'alluvions et de végétation de la ripisylve recouvraient l'endroit ;
  • les virages de la D 979, traversant le camp des Garrigues entre Nîmes et Uzès, pour la scène où Yves Montand zigzague au volant de son camion ;
  • la route de la Baume (ancienne D 127) en limite de Poulx (43° 56′ 07″ N 4° 25′ 50″ E / 43.93528, 4.4306) pour la scène où le camion d'Yves Montand tombe dans la combe[7]. Les débris de celui-ci, recouvert par d'autres, gisaient au fond de la combe jusqu'en 1990[8], montrant les épaves en fond du talweg : châssis, plateau et ridelles qui émergeaient des autres carcasses, ainsi que la cabine, retournée, sur la portière de laquelle on pouvait encore lire le logo de la compagnie pétrolière SOC. Par la suite, on effectua un nettoyage de la combe pour enlever cinquante carcasses : un hélicoptère hélitreuilla les débris préalablement découpés au chalumeau et à la disqueuse.

Remakes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. en espagnol : Les Pierres.
  2. en anglais : Société pétrolière du Sud.
  3. Plus exactement : grand prix du Festival international du film 1953, l'appellation Palme d'or n'ayant été créée qu'en 1955.
  4. a, b et c http://www.unifrance.org/film/2026/le-salaire-de-la-peur.
  5. Fort cordage en chanvre long de plus d'une centaine de mètres muni une boucle à chaque extrémité, indispensable aux pontonniers.
  6. Camp des Garrigues, travaux du 7e régiment du génie, adjudant-chef Gérard Joyon, archives de l'armée de terre, service historique de la défense (SHD), site de Vincennes.
  7. Le site de La Baume Saint-Vérédème, Jean Bernard Lidon, La mémoire de l'accent, 1992.
  8. Photo couleur du livre de Gérard Joyon : L'appel de la garrigue, 1989 ((ISBN 2-9504214-0-7)), p. 94.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]