Le Revizor

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Le Revizor (en russe : Ревизор) est une pièce de théâtre de Nicolas Gogol, parue en 1836

Historique[modifier | modifier le code]

Jouée le 19 avril 1836, la pièce fut d'abord mal comprise du public. Le triomphe ne vint qu'en 1839 à Moscou, mais bien que chaleureusement accueillie par les libéraux, elle est très violemment décriée par les conservateurs. Gogol écrit cette pièce à l'humour corrosif sur une idée de Pouchkine, il compose une satire sur le pouvoir et s'attaque ouvertement aux systèmes de l'administration et de la corruption.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le bourgmestre et toute l'administration de cette petite ville russe sont en émoi, dans l'attente du « Revizor », inspecteur incognito envoyé par le gouvernement. Les fonctionnaires et autres officiels de la ville débordent d'activité pour dissimuler leurs méfaits.

Comment le recevoir au mieux ? et d'ailleurs, comment le reconnaître, s'il surgit incognito ? Deux habitants croient le reconnaître, en la personne d'un jeune citadin exigeant, récemment arrivé à l'auberge. Au lieu de l'ardoise qu'il attend, celui-ci va être couvert d'honneurs et de flatteries. Même après avoir réalisé qu'il s'agit d'un quiproquo, le jeune homme se jouera de la méprise des fonctionnaires qui, abusés et terrorisés, se prêteront à toutes les bassesses pour plaire à celui qu'ils imaginent être « le Revizor », allant jusqu'à croire devancer ses attentes quand il n'en formule même pas.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Le rire[modifier | modifier le code]

Gogol est avant tout un auteur comique. À travers Le Revizor, il veut montrer que c'est un auteur qui a aussi des idées et une vision du monde. Pour cela il montre que l'utilisation du rire, façon universelle de communiquer avec le public, peut mettre en exergue les immondices les plus ancrées. Gogol ne se satisfait pas d'un comique bruyant et fanfaron. Le rire doit être celui « qui prend tout entier son essor du fond de la nature lumineuse de l'homme ».

Montrer le mal pour le bien[modifier | modifier le code]

Montrer les plus hauts gradés ou notables en fripons vils de basses mœurs nous fait penser à un vaudeville. Gogol se défend d'avoir créé une pièce simple sans fondement important. Ce Revizor saura tout, il est au-dessus de tout. À la première annonce tout le monde plonge dans ces pensées retranchées, leurs gestes détestables, leurs méchancetés, leurs démons. Cette horrible image et la force du Revizor en sont même représentées par une scène muette (acte V, VIII). Le Revizor est un inspecteur omniscient et rien ne peut être caché. Ce mal et cette peur ont un effet salutaire. Ce monde se dévoile et montre ce qu'il a manqué de faire. Le Revizor devient finalement un accompagnateur qui permet à l'homme de se juger, de revenir à un esprit propre et serviable.

Quelques répliques[modifier | modifier le code]

— Cessez donc, ou je vous envoie en Sibérie !
— La Sibérie, elle est loin, la Sibérie !
Acte V
— De quoi riez-vous? C'est de vous-mêmes que vous riez !
Acte V

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Représentations[modifier | modifier le code]

La pièce a été créée le 22 novembre 1967 au Théâtre de l'Est Parisien par la Comédie de Saint-Étienne[1].

Adaptations à la télévision[modifier | modifier le code]

Adaptation au cinéma[modifier | modifier le code]

Mises en scène notables[modifier | modifier le code]

Œuvres de musique[modifier | modifier le code]

Werner Egk a composé un opéra intitulé Der Revizor en 1957.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Revizor fiche complète Les Archives du spectacle »