Le Repas chez Levi (Véronèse)

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Le Repas chez Levi
Image illustrative de l'article Le Repas chez Levi (Véronèse)
Artiste Paul Véronèse
Date 1573
Technique Huile sur toile
Dimensions (H × L) 555 × 1 310 cm
Localisation Gallerie dell'Accademia de Venise

Le Repas chez Levi est une peinture de l'artiste italien Paolo Caliari, dit Véronèse en 1573.

Cette œuvre lui a été commandée par les religieux dominicains de l'église Santi Giovanni e Paolo à Venise qui souhaitaient remplacer la Cène du Titien qui avait été détruite en 1571 dans l’incendie du réfectoire.

Composition[modifier | modifier le code]

Le tableau est une immense toile de treize mètres de long. Elle représente le Christ entouré d'un ensemble de personnages qui ne sont pas mentionnés dans les Évangiles. L'œuvre qui représente la Cène n'a pas lieu dans une auberge de Palestine, comme le décrit la Bible, mais dans un riche palais d'architecture classique, probablement inspiré de l'un de ceux construit par Andrea Palladio.

Une Cène controversée[modifier | modifier le code]

À l'origine, le thème du tableau est « la Cène » c'est-à-dire l'ultime repas du Christ et de ses apôtres qui est un des grands thèmes traditionnels de la peinture religieuse. Toutefois, le traitement très personnel du sujet par Véronèse éveille les soupçons du prieur de Santi Giovanni e Paolo qui le signale à l'Inquisition. Le prieur, sur les conseils de l'Inquisition, demande à Véronèse de remplacer le chien qui figure sur la toile par une Sainte Marie Madeleine. Véronèse refuse, jugeant que le personnage de sainte Marie Madeleine ne serait pas à sa place à cet endroit[1].

Obligé de s'expliquer devant le tribunal du Saint-Office le 18 juillet 1573, Véronèse confirme son attachement aux principes de la foi catholique. Lors de l'interrogatoire il est accusé d'impiété, pour avoir situé la Cène dans un lieu où des buveurs, des nains, des noirs, des animaux évoluent dans une atmosphère jugée profane. Il répond aux juges qui s’étonnent du nombre de personnages qu'il a peint : « s’il reste de l’espace dans le tableau je l’orne d’autant de figures que l’on me demande et selon mon imagination. » Quand il est interrogé sur les lansquenets vêtus à l‘allemande présents dans le tableau, il ajoute : « Nous autres peintres, nous prenons de ces licences que prennent les poètes et les fous, et j’ai fait ces deux hallebardiers (...) parce que le patron de la Maison était un homme important et riche selon ce qui m’a été dit et qu’il devait avoir ce genre de personnes à son service. »

Condamné à amender l'oeuvre pour la mettre en conformité avec ce que le tribunal d'inquisition pense être la bienséance religieuse, Véronèse, avec malice, n'en fera rien, changeant simplement le titre du tableau: La Cène devient Le Repas chez Levi, un épisode tiré de l’Évangile selon Luc (5, 29-32), dans lequel Levi (le nom hébreu de l’apôtre saint Matthieu) donne un grand festin dans sa maison[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andreas Priever, Véronèse, Könemann, 2000.
  2. Jean Habert, Nathalie Volle, Les Noces de Cana de Véronèse, ed. Réunion des Musées Nationaux, 1992