Le Rapport de Brodeck

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Le Rapport de Brodeck
Auteur Philippe Claudel
Genre Roman
Pays d'origine France
Éditeur Éditions Stock
Couverture Roger Toulouse
Nombre de pages 416 p. (édition Stock) 375 p. (édition Livre de poche)

Le Rapport de Brodeck est un roman de Philippe Claudel paru en 2007.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le héros de ce roman, Brodeck, revient dans son village après avoir été déporté dans un camp. Dans ce texte, les thèmes du crime, de la lâcheté, de la mauvaise conscience et de la xénophobie sont abordés. Le rapport de Brodeck est une sorte de parabole, de fable[réf. nécessaire]. L'action se déroule dans un village de montagne, située près de la frontière allemande. Le narrateur, Brodeck est chargé de rédiger un rapport sur la mort d'un étranger, der Anderer (l'autre), qui séjournait dans le village. Son exécution par tous les hommes du village, sauf Brodeck est appelée l'Ereigniës. D'où vient ce mot? Das Ereignis siginifie en allemand l'événement, il fait référence au meurtre perpétré dans le village. L'Anderer, par son comportement, ses dessins, est un miroir de ce qu'ils sont vraiment, au-delà des apparences et des statuts sociaux. Il leur renvoie leur lâcheté et leurs trahisons, leurs compromissions avec l'occupant de la guerre passée et cela, ils ne peuvent pas l'accepter

Brodeck lui-même a, pendant la guerre, été déporté dans un camp parce qu'il n'avait pas la bonne religion et la bonne origine. Les gens du village l'ont eux-mêmes désigné pour « acheter leur tranquillité » avec l'occupant. Et pour avoir voulu défendre trois jeunes filles que les notables du villages voulaient livrer à l'occupant, Emélia, la femme de Brodeck est violentée toute la nuit et perd la raison. Le récit que Brodeck, par petites touches, de sa déportation, suit le canevas des récits des déportés, même violence, même mépris de la vie et des déportés, même retour au pays plus mort que vif devant les habitants médusés et gênés.

Personnages (par ordre d'apparition)[modifier | modifier le code]

Chapitre I[modifier | modifier le code]

  • Brodeck : le narrateur,
  • L'Anderer - De Anderer (« l'autre », l'étranger, objet du rapport, (personne n'a jamais su son nom, il a également été appelé Vollaugä - Yeux pleins -; De Murmelnër - le Murmurant -; Mondlich - Lunaire -; Gekamdörhin - celui qui est de là bas.). Il avait une fine moustache, des cheveux rares frisés partant en l’aire de chaque coté des temps, une grosse tête ronde de gros et bon enfant
  • Le Maire (Orschwir). Il à des mains larges comme des sabot de mule, le visage violet, l'arête de son nez piqué de vérole
  • Le curé Peiper. Il est aussi laid qu'un régiment barbare au grand complet.
  • Siegfried Knopf (le clerc de notaire "que l'on appel maître")
  • Jenkins (il tenait le rôle de policier, il est mort à la guerre)
  • La veuve Bernarht (épicière)
  • Schloss
  • Hans Orschwir (celui qui possède le plus de bien par ici)
  • Diodème (l'instituteur), il est plus âgé que Brodeck
  • Dieter Schloss. Il à une ceinture de flanelle, un ventre en poire
  • La vielle Fédorine (femme qui a recueilli Brodeck quand il avait 4 ans, au début d'une autre guerre). Elle a les mains sèches et gravées de veines tordues et de rides droites comme des lames de couteaux. Elle est tordue et courbée. Elle ressemble à une sorcière cabossée.
  • Poupchette (fille de la femme de Brodeck - issue d'un viol)

Chapitre II[modifier | modifier le code]

  • Orschwir (maire du village)
  • Wilhem Vurtenhau (un paysan qui possède toute les terres). Il à une tête de lapin. Il prononce les b comme des p.
  • Alfred Wurtzwiller (le receveur). Il a une bouche chiffonnée par un gros bec-de-lièvre
  • Rudi Gott (le maréchal-ferrant marié à Gerde). Il est laid (le sabot d'un cheval lui a écrasé tout le nez et enfoncé la paumette gauche).
  • Gerde (femme de Rudi Gott). Elle est très belle
  • Monsieur Socrate (l'âne de l'Anderer)
  • Mademoiselle Julie (le cheval de l'Anderer)

Chapitre III[modifier | modifier le code]

  • Emélia (la femme de Brodeck)

Chapitre IV[modifier | modifier le code]

  • Göbbler (voisin de Brodeck) c'est un homme qui a passé la soixantaine. Il a les dents grises et pointues, le visage taillé à la serpe. Il ne sourit jamais. Un voil de peau blanche mange un peu ses yeux et il ne voit pas à plus de 5 mètres. La peau qui pend de son cou lui dessine des rougeurs sanguines
  • Boulla (femme de Göbbler) elle est grosse et bavarde, sent le grain et l'oignon.
  • Ohnmeist (vieux chien qui n'a pas de maître)
  • Ilde Popenheimer, le parti le plus riche des alentours dont le père possédait cinq scieries et trois moulins
  • Günter et Gzhrart (les deux fils d'Ilde), portrait craché de leur père. ils sont morts au tout début de la guerre respectivement à 21 et 19 ans en jouant dans le poste de garde avec des grenades
  • Baerensbourg (le cantonnier)
  • Fixheim (le menuisier)
  • le grand père d'Orschwir

Chapitre V[modifier | modifier le code]

  • Die Keinauge - la sans regard - Jeune servante d'Orschwir (une lointaine cousine). Elle à un beau visage rond et pâle malgré le rose aux joues. Elle est aveugle. Elle vient du pays de Nehsaxen. Ses parents sont mort
  • Pr Nösel (professeur à la capitale)

Chapitre VI[modifier | modifier le code]

  • La mère Pitz (elle tien une sorte de café à coté du lavoir) elle a passée les soixante-quinze ans, Elle est courbée en deux. Les gamins la surnomment "Die Fleckari" - l'Equerre -. Elle connait toutes les plantes du plateau, même les plus rares. Elle a de grands yeux verts très beaux avec des pailettes d'or sur le pourtour de leur iris
  • Augustus Pitz (le mari de la mère Pitz)

Lieux (par ordre d'apparition)[modifier | modifier le code]

Chapitre I[modifier | modifier le code]

  • "Notre village" à flanc de montagne
  • La montagne
  • L'auberge Schloss (le plus gros café du village et le plus fréquenté)
  • Cinq autre café
  • Un bureau de poste
  • Une mercerie
  • Une quincaillerie
  • Une boucherie
  • Une épicerie
  • Une triperie
  • Une école
  • Une annexe d'un office notarial
  • Scierie Möberschwein[pertinence contestée]

Chapitre II[modifier | modifier le code]

  • La forêt du Steinühe
  • Plateau du Haneck
  • La rivière Staubi
  • S.
  • Les hameaux autour
  • Crête granitique des Prinzhornï (à l'Est de la combe)[pertinence contestée]
  • Kazerskwir : nom que Brodeck donne au camp ou il a été emmené - déporté- durant deux années pendant la guerre

Chapitre IV[modifier | modifier le code]

  • Rue des Püppensaltz (la rue principale)
  • La fontaine de l'Urbï (dans le village)
  • La maison d'Orschwir (la seule qui s'adosse vraiment à la forêt et la plus grosse du village). C'est une grande ferme ancienne ventrue avec d'immenses toits et aux murs ou se mêlent le granit et le grès dans un damier irrégulier. Une cour immense bordée de beaux tas de fumier. A l’entrée une grande poterne en bois tourné en rouge vif avec des motifs sculptés de feuilles de châtaignier où on peut lire "böden und Herz geliecht"
  • Monument entre le cimetière et l’église qui représente une femme enveloppée dans de grands voiles, à genoux sur le sol.
  • Route de la frontière
  • Pâture Schönbehe
  • Chaumes du Bourenkopf
  • Vallée de la Doura

Chapitre V[modifier | modifier le code]

  • forêt du Tannäringen

Chapitre VI[modifier | modifier le code]

  • Café de la mère Pitz (qui est contre le vieux lavoir).

Temporalité[modifier | modifier le code]

L'histoire débute un an après la fin de la seconde guerre mondiale[réf. nécessaire][1].

Le début du livre est situé dans les dernières journées de septembre. Trois mois après que L'Anderer était arrivé

Expressions du dialecte[modifier | modifier le code]

  • Ereigniës : "la chose qui est passée"
  • De Erweckens'Bruderschaf : ce qui signifie à peu près "la confrérie de l'Eveil"
  • Genähmigung : "l’autorisation"
  • Die Keinauge "la sans regard"
  • Fratergekeime (c'est ainsi que sont appelé ceux qui sont venus répandre la mort et la cendre)
  • Liebleich "enjôleurs"
  • Die Fleckari "l'équerre"
  • De Buch vo Stiller un Stille "le grand livre des mortes et des morts"
  • Blüte vo Maï un Heilkraüte vo June "Fleurs de mai et simple de juin"

Prix[modifier | modifier le code]

  • Prix Goncourt des lycéens 2007[2]
  • Prix des libraires du Québec en 2008 dans la catégorie "Roman hors Québec"[3]
  • Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2009[4]


Adaptation[modifier | modifier le code]

Manu Larcenet adapte le roman en bande-dessinée. Le premier tome, L'autre, paraîtra le 10 avril 2015 aux éditions Dargaud[5].

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Claudel, La rapport de Brodeck, Paris, Editions Stock,‎ , 384 p. (ISBN 978-2-253-12572-3), page 23
  2. « "Le rapport de Brodeck" de Philippe Claudel, Prix Goncourt des lycéens 2007 », sur Ministère français de l'éducation nationale de l'enseignement supérieur et de la recherche,‎ (consulté le 29 avril 2015)
  3. « RAWI HAGE ET PHILIPPE CLAUDEL Lauréats du Prix des libraires du Québec 2008 », sur Ville de Montréal,‎ (consulté le 29 avril 2015)
  4. « Précédents lauréats », sur Prix des lecteurs Livre de poche (consulté le 29 avril 2015)
  5. Date de parution du Rapport de Brodeck par Manu Larcenet