Le Poisson-scorpion

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Le Poisson-scorpion
Auteur Nicolas Bouvier
Genre Récit de voyage
Pays d'origine Suisse
Éditeur Gallimard
Collection Collection blanche
Date de parution 1982

Le Poisson-scorpion est un récit de voyage de Nicolas Bouvier, dans lequel l'auteur raconte son séjour de neuf mois (mars à novembre) passé à Ceylan, en 1955. Il lui aura fallu plus de deux décennies pour terminer son livre, publié en 1982. Tout comme L'Usage du monde (1963), Japon (1967) et Chronique japonaise (1975), cet ouvrage nait du voyage que l'auteur entreprend entre 1953 et 1956, de Genève au col du Khyber à travers l'Anatolie et l'Afghanistan, puis en descendant l'Inde vers Ceylan pour ensuite atteindre le Japon[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Ce récit d'un séjour dans "l'île des démons", est celui d'une descente aux enfers dans laquelle l'auteur frôle la folie et la déraison. Épuisé par son périple et malade (paludisme, amibiase, jaunisse), Nicolas Bouvier est contraint de séjourner sur cette île dont il ressent la géographie comme un enfermement[2]. Seul, à bout de ressources financières et psychologiques et assommé par cet enfer de chaleur qui tue toute initiative, l'auteur va passer plusieurs mois dans cette ancienne colonie anglaise avec comme seuls compagnons, l'armada d'insectes qui partagent sa chambre[3].

Écrit comme un exorcisme avec une précision de miniaturiste, ce récit raconte, non sans un certain humour, la déchéance d’un « pauvre petit lettreux baisé par les Tropiques »[4].

Citations[modifier | modifier le code]

« On ne voyage pas pour se garnir d'exotisme et d'anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels. »

« Dans les fissures et lézardes de mon logis, je voyais pointer pinces, dards, élytres. Toute ma ménagerie me disait anxieusement adieu. Sur la crédence hollandaise, le poisson-scorpion étendait son parasol venimeux dans les quatre directions de l'espace. À côté du bocal, un petit crabe rose comme une joue se serrait les pinces en signe de deuil. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anne-Marie Jaton (2003), Nicolas Bouvier. Paroles du monde, du secret et de l'ombre, Presses polytechniques et universitaires romandes, Coll. Le savoir suisse n°12, 138p.
  2. Savin Tristan, 1982 : Le poisson-scorpion par Nicolas Bouvier, L'Express, le 1er novembre 2005
  3. http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/2903, consulté le 22 mai 2010
  4. Bernard De Backer (2006), "Nicolas Bouvier, 22 Hospital street", La Revue Nouvelle, n° 12

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Le poisson-scorpion (1982), éditions Gallimard, Folio, 1996
  • Œuvres, 1428 pages, 252 illustrations, Gallimard, coll. Quarto, 2004