Le Point de non-retour (film, 1967)

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Le Point de non-retour

Titre original Point Blank
Réalisation John Boorman
Acteurs principaux
Sortie 1967
Durée 92 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Point de non-retour (Point Blank) est un film américain réalisé par John Boorman, sorti en 1967. Il s'agit d'une adaptation du roman de Donald E. Westlake, The Hunter.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Mal Reese (John Vernon), un voyou qui doit rembourser urgemment une somme importante à une « Organisation » mafieuse, convainc un ami robuste et taciturne, Walker (Lee Marvin), de l'aider à dévaliser des convoyeurs de fonds criminels qui utilisent l'ancienne prison d'Alcatraz déserte comme lieu de rendez-vous pour leur hélicoptère. La femme de Walker, Lynne (Sharon Acker), est également de la partie. Reese tue les convoyeurs puis, découvrant que sa part n'est pas suffisante, tire également sur Walker et le laissant pour mort, part avec Lynn qui s'avère être sa maitresse. Walker survit miraculeusement et parvient même à nager jusqu'à la côte.

Walker réapparaît l'année suivante en compagnie d'un mystérieux individu nommé Yost (Keenan Wyn), qui lui offre son assistance pour obtenir sa revanche et sa part du butin (93 000 dollars). Yost explique que pour sa part il en veut à l'Organisation. Muni de l'adresse de Lynne et Reese, Walker part pour Los Angeles et découvre que le couple est déjà séparé. Lynne, rongée par le remords, se suicide en prenant des barbituriques. Walker se retourne vers la sœur de Lynne, Chris (Angie Dickinson) qui accepte de l'aider car elle a ses propres comptes à régler envers Reese et l'Organisation. Avec sa complicité, Walker parvient à mettre la main sur Reese. Celui-ci est incapable de lui rembourser son argent. Walker lui extorque le nom de ses supérieurs : Carter, Brewster et Fairfax. Mais Reese chute de la terrasse de l'immeuble.

Walker tente ensuite de récupérer l'argent auprès de Carter (Lloyd Bochner), un gangster suave qui se donne des airs d'homme d'affaires. Carter organise une embuscade, mais Walker connaît toutes les ficelles et prend ses précautions ; c'est Carter qui meurt de la main du tireur d'élite qu'il a lui-même embauché. Yost conduit ensuite Walker au domicile de Brewster qui doit rentrer de voyage le lendemain. Walker passe la nuit sur place avec Chris, qui l'interroge sur ses motifs et, exaspérée par son laconisme, s'enivre. Chris le provoque et le frappe avec une queue de billard, puis finit par se donner à lui.

Le lendemain, Walker assomme le garde du corps de Brewster (Carroll O'Connor), un homme rondouillard et apeuré qui explique qu'une organisation moderne comme la leur n'a pas accès à de telles sommes en espèces. Il force Brewster à téléphoner au dernier larron, Fairfax, pour réclamer l'argent mais Fairfax au bout du fil n'est pas impressionné. Brewster, qui craint pour sa vie, confie alors à Walker qu'il se prépare de toute façon à éliminer son patron pour prendre sa place, et qu'il prendra sur lui de rembourser Walker. Pour ce faire, il lui demande de retourner à Alcatraz avec lui, car c'est maintenant l'Organisation qui utilise cet endroit pour sa seule livraison d'argent en espèces.

À Alcatraz, Brewster réceptionne l'argent pendant que Walker rôde aux alentours. Une fois l'hélicoptère parti, c'est au tour de Brewster d'être abattu par le tireur qui a tué Carter — et que Brewster avait refusé de payer à sa place. Le tueur travaille maintenant pour « Yost », qui se révèle ne faire qu'un avec le fameux Fairfax. Celui-ci a utilisé Walker pour éliminer ses comparses trop ambitieux car il se savait menacé. Il offre à Walker de le rejoindre comme homme de main. Walker, qui a hurlé la phrase « Je veux mon argent ! » une douzaine de fois au long du film, reste à présent silencieux, tapi dans l'ombre. L'argent reste abandonné auprès du cadavre.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

John Boorman

Distribution[modifier | modifier le code]

Angie Dickinson

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Une nouvelle adaptation du roman de Donald Westlake, Comme une fleur (The Hunter), a été tournée en 1999 par Brian Helgeland sous le titre de Payback.
  • Angie Dickinson, en 1996, dira : « On a reproché sa violence au film, mais si vous regardez bien, le personnage de Lee Marvin ne tue personne, sauf une voiture et un lit. Il catalyse la violence, il ne la commet pas[1]. »
  • Le film est un des premiers tournés à Alcatraz après sa fermeture en 1963[2].
  • Le film devait se tourner à San Francisco mais Boorman préféra le faire à Los Angeles : « Je voulais créer ce monde vide et aride et Los Angeles convenait[3]. »
  • John Boorman, dont c'était le deuxième film (après Sauve qui peut), a apporté le sujet à Lee Marvin[n 1] quand l'acteur jouait Les Douze Salopards à Londres.
  • Le film est le premier où tous les acteurs ont un micro individuel à chaque plan afin de permettre une grande intimité avec le spectateur[1].

Box office[modifier | modifier le code]

  • En France, le film rentre en deuxième position la semaine de sa sortie[4], juste derrière Le Petit Baigneur. Le film fera un cumul de 124 278 entrées en trois semaines sur Paris[5].

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • Pour Olivier Père des Inrockuptibles, « le film est une fable politique, spectaculaire et un poil prétentieuse, déguisée en polar. c'était aussi, à l'époque de sa sortie (...), le prototype du film expérimental concevable dans le cadre d'un système de production commercial. »
  • Le cinéaste Wayne Wang « se rappelle avoir été frappé par son point de vue nettement anglais mêlé de sensibilité pop et quasi psychédélique. Le film est aussi remarquable par sa narration déstructurée, sorte de flux de conscience, tout à fait inhabituel dans un récit policier[1]. »
  • Dans 50 ans de cinéma américain, Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon diront du film qu'il est « un thriller fracassant et onirique. Pour son premier film américain, John Boorman tourne sur Alcatraz abandonné. Le Kiss Me Deadly des années soixante. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes 
  1. Alors au faîte de sa gloire grâce à son oscar du meilleur acteur en 1965 pour Cat Ballou.
Références 
  1. a, b, c, d et e Feux croisés - le cinéma américain vu par ses auteurs (1946-1997), sous la direction de Bill Krohn, Actes sud, Festival de Locarno
  2. http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=12359.html/ Allociné consulté le 2 septembre 2009
  3. John Boorman : un visionnaire en son temps" de Michel Ciment, Calmann-Lévy
  4. Box office Paris Consulté le 8 septembre 2009
  5. Box office Paris Consulté le 8 septembre 2009

Lien externe[modifier | modifier le code]