Le Pince-nez en or

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Le Pince-nez en or
Publication
Auteur Arthur Conan Doyle
Titre d'origine The Adventure of the Golden Pince-Nez
Langue Anglais
Parution Drapeau : Royaume-Uni Juillet 1904,
Strand Magazine (mensuel)
Recueil Le Retour de Sherlock Holmes
Intrigue
Date fictive novembre 1894[1]
Personnages Sherlock Holmes
Docteur Watson
Inspecteur Stanley Hopkins
Willoughby Smith
Professeur Coram
Mme Marker
Susan Tarlton
Anna
Nouvelle précédente/suivante
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Le Pince-nez en or, aussi traduit Le Pince-nez d'or (The Adventure of the Golden Pince-Nez en version originale), est l'une des cinquante-six nouvelles d'Arthur Conan Doyle mettant en scène le détective Sherlock Holmes. Elle est parue pour la première fois dans la revue britannique Strand Magazine en juillet 1904, avant d'être regroupée avec d'autres nouvelles dans le recueil Le Retour de Sherlock Holmes (The Return of Sherlock Holmes).

Résumé[modifier | modifier le code]

Mystère initial[modifier | modifier le code]

Par une soirée de mauvais temps, l'inspecteur Stanley Hopkins de Scotland Yard arrive à Baker Street. Hopkins a enquêté pendant la journée sur une nouvelle affaire et ne parvient pas à en trouver la solution. Dans le domaine de Yoxley Old Place situé à Chatham (Kent), vit un vieux professeur du nom de Coram (dont la mobilité est réduite), ainsi que Mme Marker (gouvernante) et Susan Tarlton (bonne). Le professeur avait un jeune secrétaire du nom de Willoughby Smith qui a été retrouvé avec la carotide tranchée dans le bureau de Coram, alors que ce dernier se trouvait dans sa chambre. Le jeune homme ayant poussé un cri effroyable, Susan Tarlton s'est précipitée dans le bureau pour recueillir ses dernières paroles (« Le professeur... c'était elle ») avant qu'il ne succombe à sa blessure. Smith tenait dans sa main un pince-nez doré (lunettes d'époque) appartenant probablement à son assassin, le jeune homme n'ayant aucun problème oculaire.

Résolution[modifier | modifier le code]

Stanley Hopkins commence par révéler à Holmes les éléments qu'il a pu observer sur les lieux du crime. Des traces de pas ont été remarquées sur la bordure de la pelouse longeant l'allée entre la route et la demeure. La personne a donc fait attention à ce que ses traces ne soient pas clairement visibles sur l'allée elle-même. Les traces sur la pelouse ne permettent pas de savoir dans quel sens la personne avançait (vers la demeure ou au contraire vers la route). À l'intérieur du bureau, l'arme du crime (un stylet) a été retrouvée à quelques dizaines de centimètres du corps, et l'angle de la blessure laisse entendre qu'il ne peut s'agir d'un suicide. Lorsque Hopkins remet à Holmes le pince-nez trouvé dans la main de la victime, Holmes l'examine et déduit notamment de ses caractéristiques qu'il appartient à une femme et que celle-ci est dotée d'une très mauvaise vue.

Holmes, interrogeant Mme Marker au sujet de buffet-secrétaire du bureau.

Le lendemain, Holmes, Watson et Hopkins partent en train pour Chatham. Holmes commence par faire remarquer que la femme qui a commis le crime ne devait pas être venue avec des intentions meurtrières, puisque l'arme qu'elle a utilisée était un stylet présent sur un petit buffet-secrétaire présent dans la pièce du crime. Si la femme avait prévu de tuer Smith, elle aurait amené une arme avec elle. Holmes remarque par ailleurs une éraflure près d'une serrure du buffet-secrétaire. Le détective en déduit que la personne a essayé d'ouvrir le meuble et a éventuellement réussi. Selon Holmes, la femme est venue chercher un document dans le secrétaire, mais a été surprise par Smith qui l'a attrapée et s'est emparé de son pince-nez, avant qu'elle ne se défende avec le stylet trouvé sur place, tuant son assaillant avant de fuir. Or, les issues pour fuir sont restreintes : parmi les trois portes du bureau, l'une donne sur le couloir d'où est venue Susan Tarlton (issue impossible), l'une sur un escalier montant à la chambre de Coram (issue impossible), la dernière menant à un couloir débouchant sur l'allée de la demeure (seule issue).

Le suicide d'Anna dans la chambre de Coram.

Holmes rencontre Coram dans sa chambre et fume avec lui de nombreuses cigarettes en l'interrogeant, avant de quitter la pièce pour méditer. En début d'après-midi, Holmes revient voir le vieux professeur dans sa chambre, et lui annonce rapidement avoir résolu l'affaire, affirmant que la femme venue la veille se trouve dans une pièce cachée derrière sa bibliothèque. Le vieux professeur est médusé et la femme sort de sa cachette. Elle explique être Anna, la femme de Coram lorsqu'ils vivaient tous deux en Russie, et donne les raisons pour lesquelles elle voulait récupérer un document précieux dans le buffet-secrétaire de son ancien mari. Ayant été surprise par Smith, et ayant perdu ses lunettes, elle s'est trompée de porte en voulant s'enfuir et s'est retrouvée dans la chambre de Coram, qui a accepté de la cacher. Après ces révélations, Anna succombe à un poison qu'elle a avalé avant de sortir de sa cachette.

Holmes révèle qu'il se doutait que la meurtrière était encore dans le manoir car les seules traces de pas retrouvées à l'extérieur de la propriété longeaient l'herbe avec habileté, chose impossible à faire pour une personne très mal-voyante n'ayant pas ses lunettes. Soupçonnant donc Coram d'avoir caché la personne, il avait fumé de nombreuses cigarettes pour éparpiller des cendres par terre, et notamment devant la bibliothèque dont il soupçonnait qu'elle pouvait dissimuler une cachette. À son retour dans l'après-midi, les cendres devant la bibliothèque avaient été écrasées, preuve que le meuble avait été déplacé. Quant aux dernières paroles de Smith (« Le professeur... c'était elle »), elles s'expliquent du fait que le jeune homme avait rencontré sa future meurtrière la veille en faisant une promenade, la femme lui ayant demandé où habitait le professeur Coram. Smith en avait parlé avec le professeur et essayait par ces dernières paroles de désigner sa meurtrière à l'adresse de son employeur.

Allusions à des enquêtes inédites[modifier | modifier le code]

Au début de la nouvelle, Watson révèle 6 enquêtes inédites de Holmes au cours de l'année 1894 :

  • « L'histoire de la sangsue rouge » ;
  • « L'horrible fin du banquier Crosby » ;
  • « La tragédie d'Addleton » ;
  • « L'étrange contenu du vieux tumulus britannique » ;
  • « L'affaire de succession Smith-Mortimer » ;
  • « La traque et l'arrestation de Huret, l'assassin du boulevard », qui a valu à Sherlock Holmes d'être remercié par le président français et d'obtenir la Légion d'honneur[note 1]. La nouvelle ne précise pas si cette récompense a été remise par Sadi Carnot ou Jean Casimir-Perier, tous deux présidents en 1894.

Watson fait par ailleurs une référence à l'enquête Le Signe des quatre lorsqu'il longe la Tamise et écrit : « J'associerai toujours [le fleuve] avec notre poursuite de l'insulaire des Andaman, au début de notre carrière »[2].

Adaptations[modifier | modifier le code]

La nouvelle a été adaptée en 1994 dans la série télévisée Sherlock Holmes. Cet épisode est le 38e de la série.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'attribution de cette décoration est mentionnée par Watson dans la nouvelle : « [...] comme la traque et l'arrestation de Huret, l'assasin du Boulevard — une prouesse qui valut à Holmes une lettre autographe de remerciement du président français et la Légion d'honneur ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. En recoupant le premier et le deuxième paragraphe de la nouvelle, on comprend que l'aventure se déroule en novembre 1894.
  2. Éric Wittersheim, Les Aventures de Sherlock Holmes - Tome 2, p.1015