Le Petit-Bornand-les-Glières

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Le Petit-Bornand-les-Glières
Vue de la vallée du Petit-Bornand
Vue de la vallée du Petit-Bornand
Blason de Le Petit-Bornand-les-Glières
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Bonneville
Canton Bonneville
Intercommunalité Communauté de communes Faucigny-Glières
Maire
Mandat
Marc Chuard
2014-2020
Code postal 74130
Code commune 74212
Démographie
Gentilé Borniands, Bornianches
Population
municipale
1 136 hab. (2011)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 00′ 02″ N 6° 23′ 46″ E / 46.000556, 6.396111 ()46° 00′ 02″ Nord 6° 23′ 46″ Est / 46.000556, 6.396111 ()  
Altitude Min. 591 m – Max. 2 408 m
Superficie 53,42 km2
Localisation

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Le Petit-Bornand-les-Glières

Le Petit-Bornand-les-Glières (plus communément appelé Petit-Bornand) est une commune française, située dans le département de Haute-Savoie en région Rhône-Alpes.

Les habitants de Petit-Bornand sont appelés les Borniands, Bornianches[1], à ne pas confondre avec les Bornandins, Bornandines (habitants du Grand-Bornand).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Petit-Bornand, situé dans une grande combe qui est limitée vers le nord Saint-Pierre-en-Faucigny par le passage rétréci des « Evaux » et au sud par les « Etroits » Entremont, est à la fois la plus grande commune du canton de Bonneville et une des plus grandes de Haute-Savoie. L'habitat est réparti en plusieurs hameaux et alpages. Les principaux hameaux de la commune sont le Crêt (chef-lieu de la commune), Saxias, le Villard, Lavey, Termine, Beffay, Morat, les Lignières, le Fond des Prés, Puze, l'Essert, la Ville. Les alpages se nomment Bellajoux, Tinnaz, le plateau des Glières, Mayze, Lessy, Paradis, le plateau de Cenise.


Au cœur de la montagne :

La commune est mitoyenne avec Saint-Pierre-en-Faucigny, du Borne aux Grangettes, avec Bonneville, des Grangettes à la Pointe d'Andey (1 879 m), avec Brizon de la Pointe d'Andey à la Croix de Cenise (1 725 m), par Leschaux (1 936 m) et la grotte Glacière, avec Mont-Saxonnex, de la Croix de Cenise à la Pointe Blanche (2 438 m), avec Le Reposoir, de Pointe Blanche au Pic de Jallouvre (2 408 m) avec Le Grand-Bornand, entre Jallouvre et le Roc de Charmieux (1 858 m) en passant par Pointe Verte et le Buclon, avec Entremont, du Charmieux à la Pointe de Puvat (1 909 m) par la Pointe de Ballanfat (1 807 m) et la montagne des Auges avec Thorens-Glières, à la Pointe de Cou (1 809 m) par le plateau des Glières (1 370 m), la Montagne des Frêtes et le Pas de la Truie jusqu'à Roche Parnal, avec La Roche-sur-Foron, de Roche Parnal à la Pointe de Cou (1 809 m) et avec Saint-Laurent, de Cou au Borne par la Dent et les cols des Chasseurs, du Parcheux, de la Cache et des Gardes. (Carte IGN 3430 ET)

Rose des vents La Roche-sur-Foron Saint-Pierre-en-Faucigny Brizon Mont-Saxonnex Rose des vents
Thorens-Glières N Le Reposoir
O    Le Petit-Bornand-les-Glières    E
S
Entremont Le Grand-Bornand

Géologie[modifier | modifier le code]

Le point culminant de la commune est le Pic de Jallouvre (2 408 m).

Contrairement aux roches cristallines du Mont-Blanc, les roches du massif des Bornes sont constituées de matériaux sédimentés dans d'anciennes mers.

Pour se transformer en roches, les dépôts ont subi une évolution complexe par déshydratation. Au cours de ce processus de plusieurs milliers d'années, la plupart des organismes ont disparu. Mais certaines parties dures (telles les coquilles) peuvent être visibles sous forme de fossiles.

Les calcaires « urgoniens » des géologues renferment une association de fossiles comprenant des coraux, des éponges, des bivalves, des gastéropodes et des oursins bien visibles.

Les lapiaz, sculptures rocheuses naturelles bien présentes sur la montée de « Leschaux » (1 936 m), résultent d'une intense dissolution superficielle du calcaire et constituent autant de « pièges » pour les eaux de pluie et de fonte des neiges qui sont rapidement absorbées par les innombrables fissures. De ce fait le paysage offre l'image d'un lieu aride sans cours d'eau superficiels.

Par contre sous les lapiés, les importantes quantités d'eau forment au sein de la masse calcaire de véritables rivières souterraines qui émergent dans la vallée du Borne sous forme de « Nants ».

En outre, sur Glières, il est possible d'observer des phénomènes témoignant de l'existence d'anciens glaciers qui modelaient le paysage il y a entre 10 et 20 000 ans. Le site d'Ablon renferme un énorme bloc erratique d'environ 12 tonnes, perché sur un socle au beau milieu de l'alpage.

En 1786, sont nommés : Messieurs Rillet et Sénébier, géologues de Genève, afin de rechercher des indices de charbon fossile en Haute-Savoie. Ils découvrent dans un ravin, au-dessus du chef-lieu, à « Chuet », un filon de lignite de 1 mètre de puissance, appartenant à l'étage nummulitique. Son exploitation est lancée grâce à l'ouverture de galeries d'une cinquantaine de mètres de long. Le « Journal de Genève » du 29 septembre 1787 écrit : « …Ce filon qu'on a suivi assez avant dans une direction presque horizontale, a augmenté en puissance à mesure qu'on avançait et il offre actuellement environ 3 pieds d'épaisseur sur une largeur et une profondeur inconnues……Après l'extraction une quantité considérable de houille est actuellement en magasin au village du Petit-Bornand… » L'entrée de la mine est toujours visible.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Dans le creux, le lac de Lessy et en arrière plan le Pic de Jallouvre

La commune est traversée par la rivière le Borne. Elle fait partie du bassin versant de l'Arve.

Le Borne prend sa source au pied de la "Pointe Percée", point culminant de la chaîne des Aravis (2 750 m), dans le névé, vers le lieu-dit "Planet" (1 666 m). Il est long de 33,6 km. Sa pente moyenne est d'environ 3,80 % ou 2,17°. Sa confluence avec l'Arve se fait en aval de Bonneville. Son débit moyen est de 310 m3/s à Saint-Jean-de-Sixt, son régime est nival. Après deux barrages (Beffay - St-Pierre) au "pont du borne" le débit n'atteint que 3 m3/s. Les étiages en ce lieu n'atteignent que 0,08 m3/s.

La construction de barrages, notamment celui au pied du village de Beffay, permit en 1918, au conseil municipal de se lancer dans l'électrification de la commune.

Ce "paisible" torrent à la fois bucolique et sauvage cache des effets dévastateurs. Le 14 juillet 1987 de violents orages saturèrent son lit supérieur faisant dévaler un torrent furieux, provoquant d'importants dégâts. Le pont de "l'Essert" et une partie de la route furent emportés, les dégâts sont encore visibles puisque le pont dut être reconstruit plus en amont. Sur la commune voisine du Grand-Bornand on dénombra 21 morts et deux disparus[2].

Petit-Bornand disperse ses alpages, ses forêts et ses hameaux de part et d'autre de la rivière qui réglait toute la vie de la vallée.

Les affluents (torrents, "nants") au niveau de la commune sont : le nant de la Ville, de la Louvatière, de Barbotante, de Jalandre, de Dérrasse, Cliameux, du Tailleur, Beffay, Bellajoux et des Gardes. Nants qui souvent se terminent en cascade compte tenu de la forte déclivité. Ces "nants" étaient particulièrement importants pour l'industrie forestière, céréalière, deux moulins étaient en fonction ( "la Ville", au " fond des prés",) et les métiers du bois.

Avant de couler au fond de la vallée, les eaux de pluie et de fonte des neiges suivent un long parcours. Le calcaire est sensible aux acides que contiennent les eaux en faible quantité. Cette dissolution est extrêmement lente, mais elle s'exerce depuis des millions d'années. Les sommets et falaises qui dominent le Petit-Bornand cachent donc un réseau complexe de galeries naturelles dans lesquelles l'eau circule, parfois sous pression.

Bien que recevant prés de 2 000 mm d'eau par an (contre 1 200 mm à Annecy et 900 mm à Genève), les reliefs apparaissent arides. Par contre, sous les lapiés, d'importantes quantités d'eau forment de véritables cours d'eau souterrains qui émergent dans les vallées souvent sous forme de cascades.

Les eaux infiltrées se concentrent à cause des plis et fractures qui orientent les écoulements grâce aux roches imperméables qui sont situées à la base des calcaires solubles. Le réseau souterrain de la Diau, par exemple, avec plus de 25 km de galeries étagées sur un dénivelé de 700 m constitue une des grandes cavités de France.

Actuellement, quatre gouffres permettent aux spéléologues d'effectuer des traversées intégrales depuis la surface des lapiés du plateau Parmelan-Glières jusqu'à la sortie par le vaste porche de la grotte de la Diau.

La plus importante de ces rivières souterraines, celle de Morette, drainant la Combe d'Ablon, la montagne de Tête Ronde et la plus grande partie du Plateau des Glières, reste à découvrir.

Les réserves d'eau situées en altitude sourdent souvent et font "pleurer" la falaise de Leschaux.

Le lac de Lessy est situé à 1 733 m d'altitude, sur le territoire de la commune. Site incontournable des randonnées pédestres, habitat pour la faune (saumon des fontaines) et la flore aquatique, également source d'alimentation pour une grande partie de l'eau potable du Petit-Bornand, cet espace était menacé depuis 2006. En effet, le lac se vidait chaque été (environ 1 800 m3 par jour), mettant en péril ses fonctions environnementales. On identifie,alors, deux fuites à travers des failles sur la rive nord, une intervention fut décidée. Les failles sont colmatées par deux géo-membranes de 40 et 100 m2 et deux cheminées sont installées pour permettre au lac de retrouver son niveau. Cette action, en collaboration avec la CCFG, a été récompensée en 2007 par une "Marianne d'Or", grenelle de l'environnement[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type montagnard.

Faune[modifier | modifier le code]

Les animaux sauvages sont nombreux dans les montagnes environnantes et les différents alpages.

Le randonneur peut facilement découvrir le chamois aux cornes fines en crochets qui doit trouver suffisamment d'affleurements rocheux pour user ses sabots.

Le bouquetin, peu farouche, se laisse facilement approcher. Le mâle possède des cornes très développées (environ 1m), sa compagne est coiffée de cornes de 30 cm. Les bouquetins se déplacent dans les endroits les plus escarpés.

En hiver, dans la neige il est facile de repérer la présence du Blanchot (dit ": lièvre variable"), sa trace est caractéristique, elle est composée de quatre empreintes distinctes. Ce lièvre, à l'activité plutôt nocturne, mue en automne son pelage de marron en blanc, et, à partir de mai redevient marron uniforme.

Des ongulés sauvages fréquentent forêts et alpages: le chevreuil, reconnaissable à l'absence de queue, à une tache blanche au postérieur, aux bois ramifiés pour les mâles; le cerf coiffé de bois aux grandes dimensions qui permettent de définir son âge. On dit ": un six cors, un huit cors…….."

Le sanglier, très farouche, franchit routes et champs ne regardant que devant lui. Un autre indice de sa présence s'observe dans des creux de terre humide, les "souilles", dans lesquelles il s'est vautré.

La marmotte, animal révéré, siffle tout l'été dans les alpages et même les "jardins" situés vers 1 200 m.

Enfin, la présence du loup attestée depuis 2000, pose de nombreux problèmes à l'économie agropastorale. En 2009, un loup est abattu légalement sur la commune[4]

Les randonneurs faisant une pause "casse-croûte" pourront voir s'approcher une bande d'oiseaux espiègles et quelque peu chapardeurs, les chocard à bec jaune et aux pattes rouges (appelés à tort : "Choucas" par la population des Bornes.)

L'aigle royal et son vol majestueux glisse et plane avec de rares battements d'ailes, il est le champion de l'utilisation des "thermiques ascendantes". Longtemps, ce fut le plus grand rapace de l'Alpe, mais depuis une vingtaine d'années il est détrôné par le Gypaète barbu réintroduit grâce à la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux). Son envergure peut atteindre 2,75 m, il est charognard et se nourrit d'os, aussi vole-t-il souvent très prés du relief à la recherche de cadavres d'animaux. Ses ailes sont sombres, le ventre de l'adulte est jaunâtre orangé et rouille à la poitrine.

D'autres rapaces sillonnent le ciel: le faucon pèlerin, aux ailes pointues et au vol rapide coupé de longues planées; l'autour des palombes qui chasse en rasant le sol; le grand-duc qui, lui, chasse à l'aube et au crépuscule; la chouette de Tengmalm, très difficile à voir.

En "frontière" de l'alpe et de la forêt on rencontrera un oiseau au plumage luisant noir bleuté, la queue en forme de lyre: le tétras-lyre ou petit coq de bruyère. La femelle présente un plumage brun et strié et une queue légèrement fourchue.

"Le borne" abrite principalement la truite fario et la truite arc-en-ciel, le lac de Lessy le saumon de fontaine.

Flore[modifier | modifier le code]

La forêt occupe 2590 ha soit prés de la moitié totale de la commune.

Les prairies d'alpage 

Elles constituent avec la pessière (forêt d'épicéas) les deux éléments dominant du paysage végétal de la vallée.

Après la "fonte" et avant la pousse des graminées, on trouve la jonquille (ou faux narcisse), le crocus, la soldanelle des Alpes de la même famille que la primevère, la pulsatille des Alpes.

Durant l'été, ces pâturages nous offrent la grande astrance, la doronic (marguerite jaune), la grande gentiane jaune, aux feuilles opposées ( à ne pas confondre avec le vératre, aux feuilles alternées), le lis Martagon (rare et fragile).

L'automne voit fleurir le colchique, la gentiane ciliée et la gentiane jaune.

Dans les secteurs humides, telle la tourbière de "Glières", le promeneur rencontre le trolle d'Europe dit "Trolle des Alpes" et les sphaignes qui forment un tapis mousseux et élastique gorgé d'eau. La linaigrette ou "herbes à coton" ainsi nommées pour leur houppe cotonneuse.

Dans le val d'Ablon le jonc forme des lignes qui matérialisent des écoulements temporaires qui s'achèvent en "pertes" alimentant les rivières souterraines.

Les hêtraies ou les pessières 

La hêtraie forme la base des pentes d'éboulis des versants humides sous les grands escarpements calcaires. Les hêtraies "pures" sont rares. Plus souvent les hêtres (ou fayards) constituent avec les sapins (sapin rouge ou épicéa et sapin blanc ou sapin pectiné) et les mélèzes des forêts mixtes. Le sous-bois est souvent luxuriant du fait de l'humidité et de la richesse du sol, fougères et champignons colonisent cet espace. Localement, lorsque l'épaisseur d'humus est suffisante la myrtille commune se développe en peuplement dense.

L'épicéa domine, car moins exigeant et poussant plus rapidement que le sapin blanc. Le premier se reconnaît à son tronc verruqueux rougeâtre, ses cônes pendants, ses aiguilles piquantes implantées autour du rameau. Le sapin pectiné diffère par son tronc plus lisse, grisâtre, ses branches relevées, ses cônes dressés et ses aiguilles non piquantes avec deux sillons blanchâtres dessous et disposées à plat.

L'Alpe 

Ces pelouses se développent vers 1 500 m. Les plantes de plus de 30 cm ne se maintiennent que dans les secteurs abrités. Cette "pelouse alpine" est la zone de transition où progresse la forêt. Cet espace est utilisé pour le pâturage des génisses. Plus haut, les herbacées ne conviennent qu'aux seuls moutons qui y côtoient le chamois et les bouquetins. Dans les fentes des lapiaz, se nichent en mai-juin l' oreille d'ours ou (primevére auriculée) aux fleurs jaunes, ainsi que la caractéristique saxifrage (le perce pierre).

Les pinèdes 

Sur les escarpements rocheux, les pinèdes forment des forêts clairsemées. Le sol de ces pinèdes est presque absent, il est établi sur des roches calcaires solubles d'une grande pureté. Très exigeant en lumière, le pin à crochets (pin de montagne) est la seule essence rustique qui résiste dans ces sites battus par les vents et pauvres en eau. Dans les lieux ventés le pin se développe mal verticalement et adopte une croissance basse et horizontale. La bruyère, les coussins de genévrier y croissent, tandis que dans les creux les plus ombragés et au manteau neigeux persistant les rhododendrons offrent leur splendeur.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Borne-Bornette (écrit aussi Bornettaz)

Le celtique "borna" (trou, cavité naturelle), le gaulois "borna" (caverne, abreuvoir) a donné en latin "bornellus" (source, trou d'eau).

Dans "le parler savoyard", borne signifie "passage resserré entre les parois de rocher, étroiture, trou, creux d'arbre, cours d'eau qui coule dans une gorge" et aussi cheminée (borne= tuyau).

En "franco-provençal", on trouve les mots borné, borneau, bornei, bornel, bornet, borni,bourneau, bournel (source, fontaine creusée dans un tronc d'arbre, fontaine publique, bassin de fontaine, goulot ou tuyau de fontaine….anciennement tuyau destiné à conduire l'eau à une fontaine).

NB: ''Le bourneau est une pièce de bois de 10 à 12 cm de diamètre, perforée et servant à conduire l'eau à une fontaine. Se dit aussi des tuyaux en terre cuite servant au même usage, bassin de pierre ou de bois dans lequel tombe l'eau d'une fontaine, se dit aussi de la fontaine elle-même."[5]

Les sources sulfureuses et alcalines des "Lignières et de Beffay" étaient connues des Romains[6].

Ce nom pourrait venir, aussi, du Moyen Âge : la rivière Borne, dans le sens de « frontière », séparant le Faucigny du Genevois[7].

Il est à remarquer qu'en « Parler savoyard » le vocable « nand » ou « nant » désigne : « le gros ruisseau ».

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Le Petit-Bornand-les-Glières

Les armes du Petit-Bornand-les-Glières se blasonnent ainsi : d'azur à l'écusson cousu de gueules chargé d'une croix d'argent, accompagné en chef des lettres G et F et en pointe des lettres M et C, toutes gothiques capitales d'or au chef du même.

Les armoiries furent créées par Roland Gaillard et adoptées en 1986. Les quatre lettres gothiques rappellent les deux enfants du pays. On remarque notamment au centre la présence de la croix de Savoie, élément récurrent des blasons de la Savoie.

L'explication des lettres présentes est simple, ce sont les initiales de personnages célèbres du village:
- En haut: GF pour Guillaume Fichet qui introduisit l'imprimerie en France.
- En bas: MC pour Michel- Marie Carquillat, tisserand qui inventa un métier capable de reproduire les détails des portraits.

blason

Histoire de la commune[modifier | modifier le code]

Lors de la période romaine en Savoie, on connait déjà les sources sulfureuses des hameaux actuels de Lignières et de Beffay[6]. Un éboulement de la montagne qui eut lieu au XVIIe siècle aurait écrasé le hameau, ses habitants et tous les vestiges existants.

En 1152 est créée la paroisse de "Bornand" sous le règne de Humbert III, Comte de Savoie, par les moines défricheurs de l'abbaye d'Entremont, elle-même dépendante de l'abbaye d'Aulps. Les premières mentions par l'abbaye datent de 1214[6]. On apprend ainsi qu'à cette date un sire de La Mura cède ses biens au lieu-dit Gerdil à l'abbaye[6]. D'autres biens sont acquis auprès de vassaux du seigneur des Clets, vers 1240[6]. À la fin du XIIIe siècle, l'abbaye possède tous les droits seigneuriaux sur la commune[6].

Selon les plus anciennes sources, les paroisses du Petit-Bornand et du Grand-Bornand ne formaient qu'un tout. Toutefois, il semble qu'à la fin du XIIIe siècle elles soient autonomes[6]. L'église date de cette période. Elle est consacrée à Notre Dame de la Visitation, fêtée le 2 juillet et dépend de Saint-Victor de Genève.

Les habitants de la paroisse achètent leur affranchissement, le 8 juin 1772, pour 12 000 livres. Les différents actes sont autorisés et publiés en 1774, sous le règne de Victor-Amédée III de Sardaigne[8],[6].

Lors de la période de l'Annexion de la Savoie à la France, à la suite du traité de Turin du 24 mars 1860, la commune se trouve dans la partie du duché de Savoie où circule un pétitionnement en faveur d'une réunion au canton de Genève. Sur les 13 651 signatures collectées, on en trouve 345 au Petit-Bornand[9]. Le 22 avril 1860, dès 7 heures du matin, les habitants assistent à une messe avec "moult fastes", suivie de la bénédiction des drapeaux et l'appel solennel des électeurs. En cortège, derrière le syndic et le vicaire, les électeurs se rendent à la mairie. Ceux qui ne votent pas le 22 peuvent encore le faire le 23 avril. La commune compte 382 électeurs, 365 se sont déplacés. Aucun bulletin "nul", aucun "non", aucun "oui" mais 365 "Oui et zone" (les électeurs du Chablais et du Faucigny avaient la possibilité de voter leur rattachement à la France et de maintenir, chez eux une zone defiscalisée privilégiée, cette "zone franche" perdura jusqu'en 1923.) Le Curé Chevret qui, sur ordre de sa hiérarchie,avait fait la propagande pour la réunion à la France, ne participe pas au vote, il décède le 19 avril.

En 1866, la commune est peuplée de 1432 habitants mais voit sa population augmentée le 18 octobre 1869 de 58 habitants et de 338 hectares. La longue pétition des habitants du hameau de Glière aboutit enfin. En effet depuis juillet 1866, ils réclamaient leur rattachement à la commune de Petit-Bornand et non à celle de Thorens, le « Borne » étant le débouché naturel vers une vallée accessible et non la « Fillière ». La distance de Glière à Thorens, chef-lieu, est de 13,8 km, la distance de Glière à Petit-Bornand, chef-lieu de 5,7 km. (Arrêté préfectoral : « Vu la légitimité des Considérants, il y a lieu de prononcer la séparation de la section de Glières de la commune de Thorens (arrondissement d'Annecy) et sa réunion à celle de Petit-Bornand (arrondissement de Bonneville), en prenant pour confins conformément à l'avis du Conseil Général la ligne des Frêtes au nord et à l'ouest les eaux pendantes. » (L'hiver, les habitants de « Glière », compte tenu de leur isolement, devaient déposer leurs « morts » sur le toit des chalets attendant le printemps afin de leur donner une sépulture digne au cimetière de Petit-Bornand. Les Bières étaient en "bois du pays" (de l'épicéa).

Faits historiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maquis des Glières.

Jusqu'en 1940, hormis le tintement des "sonnailles" des nombreux troupeaux, rien ne vient bouleverser la vie de Petit-Bornand, sauf peut-être quelques épisodes de la vie quotidienne et intestine propre à nos villages.

Néanmoins en ce mois de juin 1598, François de Sales, alors curé de la paroisse, admoneste, vertement, les habitants du hameau de la « Ville ». Avant de quitter la cure, François de Sales, leur enjoint de « rendre le devoir paroissial, d'assister aux divins offices et processions sous peine de 10 livres d'amende ou d'excommunication, sauf s'ils sont empêchés de maladies et autres légitimes empêchements ».

Arguant la grande distance à parcourir pour se rendre à l'office (environ une lieue, soit 2 000 toises, soit 3,898 km) les habitants promirent de bâtir une chapelle. Ce qui fut fait en 1638 (!). Cette chapelle peut toujours être visitée.

1940 fut le commencement de la tourmente et le théâtre de nombreux regroupements de maquisards sur le plateau de « Glière ». À la suite de faits d'armes et de résistance, la commune fut citée à l'ordre de l'armée avec « Croix de guerre et Étoile de vermeil » (…« Objet de représailles féroces, Petit-Bornand, battu mais jamais vaincu a bien mérité de la patrie… ») (Max Lejeune – secrétaire aux forces armées (guerre) – 11 novembre 1944).

Le conseil municipal demanda, le 17 juin 1945, qu'au nom de la commune soit ajouté celui de « Glières ». Un décret du Président du Conseil, Paul Ramadier, daté du 17 avril 1947, autorisa la commune à porter le nom de « Le Petit-Bornand-les-Glières. »

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Maires de la commune[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
02/11/1947 08/06/1963 Marcel Merlin ... ...
08/06/1963 15/03/1971 Gilbert Gaillard ... ...
15/03/1971 26/03/1977 Hubert Puthod ... ...
26/03/1977 18/03/1983 Gilbert Gaillard ... ...
18/03/1983 21/03/1989 Jean Claude Gaillard ... ...
21/03/1989 10/03/2008 Bernard Caullireau ... ...
10/03/2008 en cours Marc Chuard ... ...

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune appartient à la Communauté de communes Faucigny-Glières, créée en 2006.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 136 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
1 625 1 638 1 659 1 925 2 011 1 531 1 509 1 483 1 432
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
1 510 1 580 1 598 1 641 1 587 1 512 1 457 1 459 1 411
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1 412 1 225 1 168 1 035 959 905 695 646 622
1982 1990 1999 2006 2008 2011 - - -
620 743 870 1 054 1 107 1 136 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Les établissements scolaires du Petit-Bornand font partie de l'Académie de Grenoble.

La suppression des écoles des "Hameaux" rendue nécessaire par la dispersion et la faible fréquentation de chaque établissement rendit obligatoire un "regroupement pédagogique." Le groupe scolaire "Guillaume Fichet" et un service de ramassage furent créés en 2009. Cette structure accueille actuellement 144 enfants.

La dernière école de "Hameau" fut celle de Termine fermée en 2008, celle de Beffay le fut en 1994, celle de la Ville en 1986, celle de Glière en 1937. Il est à noter que les institutrices arrivaient à Glière en pleurant, tant le plateau était hostile ! Mais le quittaient en pleurant tant les gens du "Plateau" savaient respecter leurs Maîtresses et même les choyer (Il semblerait qu'il n'y eut jamais d'instituteur). Ces écoles ne fonctionnaient qu'en "classe unique".

Équipements et services[modifier | modifier le code]

  • Mairie: du lundi au samedi de 8h30 à 12h00. Les lundis et vendredis de 13h30 à 17h00.
  • Point-Info-tourisme: Durant les vacances scolaires.
  • A.D.M.R.
  • Bibliothèque: le mercredi de 9h00 à 11h00 et le samedi de 10h00 à 11h00.
  • Ludothèque.

Sports[modifier | modifier le code]

ÉTE:

  • Pêche (lac et rivière).
  • VTT.
  • Tennis.
  • Randonnées moyenne montagne (100 km) - Topo-guide au point info ou en mairie.
  • École d'escalade en cadre naturel.
  • Escalade en milieu naturel (Falaises équipées de Cenise, de Delairaz, de Sous-Darenday).
  • Parcours santé (Agrès naturels - L: 1 200 m à 750 m d'altitude).
  • Piscines à Bonneville, Grand-Bornand, La Clusaz (12 km).
  • Canyoning: Canyon des Sambouis.


HIVER:

  • Ski de fond et Raquettes au plateau des Glières – 35 km de pistes (tous niveaux) – entre 1450 et 1 680 m d'altitude.
  • Ski-Club.

Santé[modifier | modifier le code]

La commune accueille sur son territoire un cabinet d'infirmières, un cabinet médical ainsi que la présence de sage-femmes.

Pour les actes médicaux plus importants, il faut se rendre soit :

Économie[modifier | modifier le code]

Le tourisme:

Le village est dynamisé par la présence d'un peu plus d'une vingtaine d'associations et de maintenir une qualité de vie en lien avec le milieu montagnard savoyard.

Dès 1937, des pionniers créent le Syndicat d'initiative déclarant :" ….La situation géographique, au centre du département et ses belles montagnes, ses magnifiques forêts doivent la faire (la commune) apprécier et en faire un centre de villégiature idéale….."[12]

L'évolution du tourisme alpestre est en ce début du XXIe siècle dans ses balbutiements. Le village offre une multitude de possibilités tant par ses randonnées balisées en Alpage (environ 100 km) que par ses " auberges-refuges" d'altitude qui reçoivent le randonneur en quête de nature et de sérénité.

Les chambres d'Hôtes, les "meublés", accueillent estivants et hivernants au village, le camping, 2 étoiles, est ouvert de juin à septembre.

L'industrie :

Déjà en 1960, les tentatives de créer des emplois pérennes animent les entrepreneurs borniands. L'Artisanat du Bois (menuiseries, scieries, "bûcheronnage", débardage, boissellerie), les Pépinières d'altitude, la Micro-Industrie (le Décolletage) ont places au village.

L'agro-pastoralisme :

L'Inalpe (la Remue, l'Emmontagnée, l'Estive) demeure un grand moment de la vie pastorale, elle s'effectue en mai (suivant l'enneigement). Ovins, caprins et bovins rejoignent l'alpe et la prairie alpine. Petit-Bornand, au centre de 5000 hectares d'alpages entretenus et habités par les éleveurs est l'un des pôles fromager et laitier du département. La "démontagnée" s'effectuera courant octobre. Le pastoralisme maintient des paysages ouverts et soignés, façonnés par des Paysans garants des richesses environnementales.

L'exemple le plus marquant de l'agropastoralisme est Glières. Aujourd'hui cette activité continue d'être pleinement d'actualité. En 2011 sur l'ensemble du massif Glières-Parmelan nous retrouvons 43 fermes qui occupent 3000 ha d'alpages occupés par 1800 bovins, 200 caprins, 2000 ovins et une vingtaine de chevaux. Onze de ces fermes servent comme "ateliers" et fabriquent sur place tomme, fromage de chèvre et reblochon[13].

Les unités pastorales sont regroupées au sein d'associations foncières pastorales privées et publiques pour prendre en compte l'évolution des espaces montagnards et pour tenter de concilier: pastoralisme, tourisme, foresterie, l'utilisation de l'eau, l'environnement[13].

Le Pays du Reblochon fermier :

Petit-Bornand et Entremont (distants de 5 km) sont difficilement séparables l'un de l'autre tant leur imbrication dans la fabrication d'un produit spécifique les lie. Ces villages sont la porte d'entrée Nord du Pays du Reblochon Fermier[14]. Le Reblochon fermier est fabriqué à partir du lait des vaches du seul troupeau de la ferme paissant sur l'exploitation ou ses alpages. Le pâturage et la nourriture d'hiver à base d'herbe permettent de conserver la biodiversité.

Le Reblochon de Savoie serait apparu au XIIIe siècle. Le fermier limitait la traite pour réduire sa redevance. Le Seigneur parti, il effectuait une seconde traite, il "re-blochait". À partir de ce lait, plus crémeux, était fabriqué un fromage, le Reblochon[15],[16].

Depuis 1958, les caractéristiques du "Reblochon fermier" sont garanties Appellation d'origine protégée (ex AOC)[17], ils sont distingués par une pastille de caséine verte. Une fine plaque d'épicéa est placée sur chacune des faces du fromage afin de réguler son humidité et poursuivre lentement son affinage ("les faux fonds"). Ce Reblochon fabriqué à la ferme résulte d'une traite effectuée deux fois par jour et immédiatement "travaillée", le lait doit être mis à cailler aussitôt après la traite, sans avoir été refroidi et n'être chauffé que pour conserver sa température (moins de 35 degrés). Le cahier des charges précise la zone de production Haute-Savoie, Val d'Arly, les procédés d'élevage de fabrication et d'affinage. Tous les Reblochons de Savoie sont au lait cru (non pasteurisé)[18].

Les races bovines sont sélectionnées, les Abondances avec leurs "lunettes" et les Tarines toutes de, marron vêtues, aux yeux langoureux et cillés sont privilégiées pour leurs propriétés laitières et montagnardes[19].

Il faut environ 4 litres de lait pour "fabriquer" un Reblochon d'environ 450 gr[17] (diamètre 14 cm, épaisseur 3 à 4 cm)

Les Reblochons sont disposés sur des planches d'épicéa, au séchoir, pendant 6 à 8 jours et sont retournés quotidiennement à l'issue de chaque autre traite. Après avoir été trempés dans une saumure puis relavés, ils passeront en affinage au minimum 15 jours.

Entre Petit-Bornand et Entremont, 8 fermes produisent des "Reblochons Fermiers", 4 fermes des "Tommes fermières", 1 ferme des "Chevrotins", des Tommes de chèvre et du Sérac,1 ferme produit un lait uniquement bio.

Dix familles vivent du Reblochon fermier,1500 Reblochons sont façonnés chaque jour ce qui nécessite environ 6 000 litres de lait. Dix affineurs choient les fromages en caves spécifiques, de température et d'humidité contrôlées constantes et naturelles.

Cinq cents vaches laitières, accompagnées d'environ (bon an, mal an) de 150 génisses occupent les fermes. Six alpages accueillent les laitières qui produiront le Reblochon et la Tomme.

La Tomme :

La Tomme de Savoie se distingue du Reblochon par le fait que le lait est chauffé (entre 35 et 40 degrés), son poids est d'au moins 1,5 kg et un affinage d'environ 10 semaines est nécessaire. C'était la tomme qui était produite le plus généralement, notamment au temps du Maquis, le plus souvent une tomme maigre faite avec du lait écrémé était produite de façon à pouvoir produire aussi du beurre. C'est cette tomme était désignée par le mot fromage, le reblochon était alors un produit de luxe réservé à la vente.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vieilles demeures, églises et chapelles :

Le presbytère est inscrit au registre des monuments historiques depuis 1985[20]. Il porte un médaillon aux armes de Mgr Magnin, évêque d'Annecy, aux Armes de la Maison de « Savoye, traversées d'une barre »[21] (il ne se visite pas).

Curieusement construit dans le fond de la vallée, le bâtiment actuel est bâti sur des fondations du XIIIe siècle, la plus grande partie de l'édifice date du XVIe siècle (vers 1553) comme l'indique une inscription re-encastrée dans la façade. L'incendie de la Cure de 1668 détruisit les archives[22].

En 1730, la disposition était la même qu’aujourd’hui. Le bâtiment a subi de nombreuses rénovations en 1670, le retable fut restauré en 1804 ; 1817 et 1818 virent s'ouvrir les nefs latérales, 1842 la mise en place du chemin de Croix. Les remaniements de 1886 firent qu'il ne reste plus grand chose de l'édifice primitif, les vitraux furent posés en 1957.

Le clocher fut abattu en 1794 sur l'ordre du Conventionnel Antoine Louis Albitte, il fut reconstruit en 1880. Un autre "Révolutionnaire" fit un passage en l'église de Petit-Bornand, Philibert Simond, lors de la messe d'enterrement du curé Luc-François Perravex les paroissiens ne savent pas encore qu'ils voient passer dans leurs murs un homme d'esprit et de grande connaissance, qui va s'illustrer auprès de Hérault de Séchelles, tant il prise la mitre d'évêque. Malheureusement, cet ecclésiastique finira sur l'échafaud en avril 1794[23].

La chapelle latérale de droite possède un autel de marbre surmonté d'un tableau de 2,13 m par 1,40 m : « La déposition de Croix » ou « La mise au tombeau », copie d'un tableau de Dirck van Baburen né à Utrecht vers 1595 et mort le 21 février 1624 en la même ville, élève du Caravage. L'original est conservé en l'église San Pietro in Montorio à Rome. Cette toile fut rapportée de Rome par Claude Gaillard au XVIIIe siècle (vers 1745), enfant du pays, originaire de Termine (hameau de la commune de Petit-Bornand) il en fit don à la chapelle construite en 1689. Cette toile lui fut attribuée en reconnaissance de son dévouement, il était attaché au service d'un cardinal[24]. Après maintes péripéties le tableau réintégra l'église du village en 1849. Cette toile intéresse à ce jour l' « École du Louvre ».

Les fonts baptismaux, taillés d'une seule masse, datent de 1553-1554. Ils virent le baptême d' Adrienne Fichet, fille du Comte Jean Fichet anobli en 1594 et appartenant à la grande famille de Guillaume Fichet. François de Sales, curé de Petit-Bornand, célébra ce baptême le 30 septembre 1597 comme l'atteste l'inscription gravée sur les fonts. Ce même François de Sales reçut les vœux d'Adrienne Fichet en 1616 lorsqu'elle rejoignit Jeanne de Chantal chez les Visitandines[25].

L'église accueille la tombe de l'Abbé Jean Truffy (1909-1958) qui fut curé de Petit-Bornand (de 1936 à 1958). Pendant la guerre 1939-1945, il fut un actif intermédiaire entre la population, les troupes d'occupation et le « maquis des Glières », auteur de Mémoires[21]. Il fut « déporté » 15 mois à Dachau. (Croix de guerre-Médaille de la résistance-Chevalier de la Légion d'Honneur)[26].


  • Les chapelles rurales :

Avec l'éparpillement des hameaux, les chapelles rurales avaient un rôle important dans la " pratique de la Foi ". Les curés se déplaçaient certains jours à certaines heures dans telle ou telle chapelle ou chaque ferme des "hameaux", ils étaient accompagnés d'une sorte de Servant qui portait une valise contenant: hosties, étole, vin de messe, ciboire, eau bénite et annonçait l'arrivée du curé avec une " sonnaille ", ce Servant s'appelait le " Sonneur ". Dans les vallées environnantes cette dénomination donna un patronyme courant: Sonnerat.

  • La chapelle du " hameau de la Ville ", dédiée à Notre Dame de la pitié et à Saint-Claude fut érigée par ses habitants en 1638. La chapelle subit d'importants dégâts sous la Révolution, elle sera restaurée en 1824. En 1867 d'importants travaux (agrandissement, ouverture d'une fenêtre, reconstruction du maître-autel, du tabernacle….) la rendent au culte. La chapelle fut de nouveau rénovée en 1994, une messe y est célébrée chaque année en mai. La chapelle peut se visiter[27].
  • La chapelle du "hameau de Beffay" est érigée en 1880, elle est dédiée à Sainte Renée. Cette chapelle est privée et ne se visite pas.
  • La chapelle du Calvaire, édifiée au "Crêt" en 1709 par les Comtes Fichet est dotée en 1717 de 37 florins l'an pour 11 messes basses est pillée sous la Révolution (une demi-douzaine d'ex-voto en argent massif sont dérobés.). En 1823 le curé déclare l'avoir vue en parfait état. Elle a été transformée en habitation.
  • La chapelle des " Evaux " située à la limite des communes de Saint-Pierre-en-Faucigny et de Petit-Bornand attire le regard du promeneur par ses peintures extérieures. Un pèlerinage marial et une messe y sont célébrés chaque 15 août. Cet édifice religieux fut érigé au-dessus des profondes gorges du Borne en 1867[28].

Au même endroit se dressait une ancienne chapelle citée en 1326. Elle abritait une vierge noire dont le pèlerinage était aussi célèbre que celui de la Bénite Fontaine. Elle a vu défiler depuis prés de sept siècles des pèlerins venus s'y recueillir. L'actuelle chapelle fut rénovée en 1977 et en 2000. Elle se situe aux confins des deux communes sur la route des "Vieux Evaux"[29].*

  • Les chapelles disparues :
  • La chapelle du " hameau de Termine ": « Elle fut bâtie à la suite d'un traité fait le 10 mars 1680 entre le curé du lieu et les habitants du dit village, avec la permission de monseigneur Jean d'Arenthon d'Alex lors de sa visite en1687. » La construction date de 1689, les habitants du hameau désirant se protéger des éboulements de " Leschaux ", elle était dédiée à Notre-Dame du Calvaire sous l'égide de Notre-Dame de la Compassion. (Elle se situerait au centre actuel du hameau, dans le jardin " Chouard ".)
  • La chapelle du "Crêt" construite en 1644, totalement restaurée par Pierre Gaspard Desgros en 1792, qui la dote de 12 florins annuels pour 12 messes est consacrée le 9 juin 1676. Elle aurait été démolie en 1766 et se situerait sur l'actuel emplacement de la bibliothèque.
  • Les Oratoires :

Ils jalonnent routes et chemins: l'oratoire Notre-Dame, érigé en 1825 au hameau du Villard, au lieu-dit " Chantubreau " est en pierre de taille, celui du Villard (hameau), lui aussi érigé en 1825, a la forme d'une guérite (il subit 3 restaurations: 1870, 1954 et 1990). L'oratoire de la Puya fut érigé en 1826, il se compose de deux blocs de pierres et possède deux bénitiers. Entre 1851 et 1950 trois autres oratoires virent le jour, celui de Lavey, de la Pépinière et de Saxias. L'oratoire des " Evaux ", dit " oratoire Bon lieu " (Bon Loe, en patois) fut creusé à même la falaise sur la route des " Vieux Evaulx " prés de la chapelle du même nom, au lieu-dit " rocher coupé ", sa datation est incertaine[30].

  • Les fours communaux :

Tels les Chapelles, les fours " communaux " ( ou "des hameaux") avaient un rôle important dans la vie sociale du village. Entre les années 1994 et 2004, une poignée " d'Irréductibles Bornianches et Borniands " décidèrent de remettre en fonction deux fours, celui de la "Ville" et celui de "Termine" considérant qu'ils faisaient partie du patrimoine communal.

Des "conseillers techniques" (anciens maçons, charpentiers, couvreurs, boulangers) se réunirent sous l'égide de l'"association de sauvegarde du patrimoine" pour "La Ville" et des "Amis du four de Termine". Après trois ans de travaux, à raison de trois mois par an, voyant se succéder les bénévoles, les fours reprirent une activité.

Ces fours fonctionnent, pour celui de Termine, un samedi de juin et un dimanche de septembre, pour celui de la Ville (qui vit son premier pain sortir le 2 août 1998), le premier samedi de "l'Avent" et le dernier dimanche de "l'Avent".

Ces remises en fonction donnent toujours lieu à des festivités[31].

  • Patrimone historique et naturel:

Manifestations[modifier | modifier le code]

  • Avril: Cérémonies commémoratives des Fusillés.
  • Mai: Montée historique de "Paradis" des voitures de collections (Club 4x4 des Glières).
  • Juin: Trial 4x4 de Pt-Bo, organisé par le Club 4x4 des Glières. (le samedi et le dimanche).

Le 18, commémoration de l'Appel du Général de Gaulle (à Glières).

Fête du four de "Termine".

  • Juillet: "Fête à Pt-Bo" (réunion de 13 associations qui oeuvrent pour la "fête au village".)
  • Septembre: Fête du four de "Termine".
  • Novembre: Soirée théatrale.
  • Décembre: Fête du four de "la Ville", le 1er samedi de "l'Avent" et le dernier dimanche de "l'Avent".

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Germain et Gilbert Jond, Le Faucigny autrefois, La Fontaine de Siloé, Coll. « Chroniques de l'autrefois »,‎ 1995, 203 p. (ISBN 978-2-8420-6017-6), p. 34.
  2. Bruno Ledoux, Les catastrophes naturelles en France, Éditions Payot & Rivages,‎ 1995, 455 p., p. 187.
  3. Alexandra Collomb, « Redécouvrir (enfin !) le lac de Lessy ! », Le Messager,‎ 12 août 2010 (lire en ligne).
  4. Rédaction, « Le premier loup abattu légalement », Le Dauphiné libéré,‎ 10 mai 2009.
  5. Th Perrenot -La toponymie burgonde - Bibliothèque scientifique -1942.
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Faucigny 1980, Article « Petit-Bornand-Les-Glières », p. 71-72.
  7. H.Suter-Noms de lieux de suisse romande, savoie et environs.
  8. Max Bruchet, L'abolition des droits seigneuriaux en Savoie (1761-1793), Laffitte Reprints, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française,‎ 1979, 638 p., p. 474.
  9. Christian Sorrel, La Savoie et l'Europe, 1860-2010 : Dictionnaire historique de l'Annexion, Montmélian, La Fontaine de Siloé, Collection « Les Savoisiennes »,‎ 2009, 714 p. (ISBN 2-84206-471-2 et 978-2-84206-471-6).
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  12. Germain 1995, p. 133.
  13. a et b Association des Paysans Borniands - Chambre d'Agriculture.
  14. Annabelle Taupin, Le Reblochon fermier du pays de Thones : spécificité d'une agriculture micro-régionale,‎ 1994, 74 p.. Thèse sous la direction de Jean-Robert Pitte, Université Paris-Sorbonne.
  15. Jean-Pierre Leguay et Thérèse Leguay, La Haute-Savoie, Éditions de Borée,‎ 2001, 127 p. (ISBN 978-2-8449-4056-8), p. 94.
  16. Charles Gardelle, Alpages : les terres de l'été. Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 1999, 349 p. (ISBN 978-2-8420-6105-0), p. 223-226.
  17. a et b Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé,‎ 2007, 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0), p. 290.
  18. Christian Peltier, Géographie : territoires, réseaux et développement durable, Educagri Éditions,‎ 2005, 376 p. (ISBN 978-2-84444-422-6), p. 340.
  19. Jean-Marie Jeudy, Les mots pour dire la Savoie : et demain, j'aurai autre chose à vous raconter, La Fontaine de Siloé,‎ 2006, 540 p., Articles « Abondance » et « Tarine ».
  20. « Presbytère », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. a et b Faucigny 1980, p. 72.
  22. Germain 1995, p. 21.
  23. Germain 1995, p. 44
  24. Paul Guichonnet, Revue de Savoie, 2e trimestre 1957, pp. 113 à 131.
  25. Le Messager du 7 mai 1982, "Vivre aujourd'hui à Petit-Bornand"
  26. J. Truffy, Mémoires du curé du maquis de Glière, réédition de 1979, Éditions ATRA Paris.
  27. Germain 1995, p. 87.
  28. Clefs, p. 146.
  29. D.L. du 17-08-2013
  30. P. Morel-M. Pessay - Les clefs de St-Pierre - p=145
  31. Les amis du four de "Termine" - Association de sauvegarde du patrimoine de "La Ville"
  32. Henri Ménabréa, Histoire de la Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 2009, 676 p., p. 281.
  33. Michel Germain, Personnages illustres des Savoie, Autre Vue,‎ 2007, 619 p. (ISBN 978-2-9156-8815-3), p. 239.
  34. Henri Baud, Le diocèse de Genève-Annecy, Éditions Beauchesne,‎ janvier 1985, 331 p. (ISBN 9782701011127, lire en ligne).
  35. Hélène Perceveaux et Paul Perceveaux, Histoire du Valromey, H. et P. Perceveaux,‎ 2004, 569 p., p. 152.
  36. Michel Germain, Personnages illustres des Savoie, Autre Vue,‎ 2007, 619 p. (ISBN 978-2-9156-8815-3), p. 115.
  37. Académie florimontane, La Revue savoisienne, vol. 36-37,‎ 1895, p. 227.
  38. Maurice Vanario et Henri Hours, Rues de Lyon à travers les siècles, XIVe-XXIe siècles, Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire,‎ 2002, 333 p., p. 59.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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