Le Musée de l'innocence

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Orhan Pamuk

Le Musée de l'innocence (Masumiyet Müzesi en turc) est un roman de l'écrivain turc Orhan Pamuk, ayant reçu le prix Nobel de littérature 2006. Il a été publié en 2008 à Istanbul, et en français en 2011 aux éditions Gallimard (traduction de Valérie Gay-Aksoy, (ISBN 978 2 07 078659 6))

Présentation[modifier | modifier le code]

Histoire banale en apparence : Kémal, jeune héritier d'une famille d'industriels stambouliotes, devait épouser Sibel, fille de diplomate turc, mariage qui convient fort bien aux deux familles. Mais le Malin qui brouille les destins et mélange les cartes fait qu'il entre dans une boutique pour acheter un sac et reste fasciné par Füsun, la belle vendeuse, qui est en plus une cousine éloignée. C'est le coup de foudre mais ce malappris de Kémal veut tout : la respectabilité du mariage avec Sibel et la passion amoureuse avec Füsun sa maîtresse. Il en est ainsi dans les sociétés étouffée par les convenances et Pamuk s'y connaît en matière de dénonciation des tares de la société turque.

Mais Füsun ne l'entend pas ainsi et elle disparaît après les fiançailles de Kemal et de Sibel. Kemal part à sa recherche à travers maintes aventures initiatiques, retrouvailles brûlantes, infidélités, rumeurs, dans les méandres stambouliotes de la Corne d'Or, Beyoglu et Nisantasi.

Mais pour lui, il est trop tard et il se console en devenant cleptomane et fétichiste, en réunissant comme dans un musée tous les objets lui rappelant Füsun qu'il peut trouver, le « musée de l'innocence » diffusant toute une généalogie dont il demandera à un certain Orhan Pamuk, personnage du roman, de les préciser. Dans ce roman, il pastiche avec une virtuosité qui n'appartient qu'à lui, les romans à l'eau de rose dégoulinant de mièvrerie et le cinéma turc des années 1970 (Yesilcam) dans le charme désuet d'Istanbul.

L'auteur nous dévoile avec ce roman certains aspects de la vie de la société stambouliote dans les années 1970-1980, l'écart entre l'importance des traditions et les aspirations modernistes tournées vers l'Europe et y mêle des références aux évènements historiques ayant bousculé la Turquie au cours de cette période.

Un véritable musée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée de l'innocence (musée).

Orhan Pamuk a créé un véritable "Musée de l'Innocence", basé sur le musée décrit dans le roman, et qui rassemble de nombreux objets dont il est question dans le récit[1]. Le musée se trouve dans une bâtisse du quartier de Çukurcuma à Beyoğlu, Istanbul, et rassemble une collection évoquant la vie quotidienne et la culture à Istanbul au cours de la période pendant laquelle se déroule le récit. Après de longs délais, le musée a finalement été inauguré en avril 2012[2]. Le projet a été soutenu par Istanbul 2010 – Capitale européenne de la culture. Ce musée a obtenu le Prix du musée européen de l'année 2014.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Istanbul : le Musée de l’Innocence au service du passé », Laurène Perrussel-Morin, Le Journal International, 7 juillet 2013
  2. (en) Ayla Jean Yackley (Reuters), « Nobel winner Orhan Pamuk opens novel museum in Istanbul », Al Arabiya News,‎ 29 avril 2012 (consulté le 29 avril 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]