Le Mouron rouge

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Le Mouron rouge
Personnage de fiction apparaissant dans
la série de romans "Le Mouron rouge"

Une édition anglaise de 1908
Une édition anglaise de 1908

Nom original Sir Percy Blakeney
Alias Le Mouron rouge
Origine Angleterre
Sexe Masculin
Activité(s) Justicier masqué
Ennemi(s) Les Révolutionnaires

Créé par baronne Orczy
Première apparition 1905 (Angleterre)
1913 (France)
Dernière apparition 1936

Le Mouron rouge (The Scarlet Pimpernel en version originale) est le surnom du personnage principal d'une série de neuf romans populaires anglais, apparentés au roman de cape et d’épée, au roman historique et au roman d'espionnage, écrite en Angleterre par la baronne Orczy (1865-1947). Jouée au théâtre à partir de 1903 et adaptée peu après sous forme de romans, traduite dans de nombreux pays, adaptée au cinéma et à la télévision, cette œuvre fait figure de grand classique.

Intrigue[modifier | modifier le code]

La série relate les exploits d'un gentilhomme anglais, Sir Percy Blakeney, qui sauve de la guillotine un grand nombre d'aristocrates durant la Révolution française. D'un caractère apparemment nonchalant, distrait, Sir Percy n'est guère pris au sérieux par son entourage, et encore moins par ses ennemis potentiels. Ainsi cache-t-il d'autant mieux son jeu, puisque nul ne peut deviner que sous ce masque inoffensif se dissimule un héritier spirituel de Robin des Bois[réf. souhaitée].

Le plus souvent, Sir Percy est aidé dans ses missions par deux de ses plus proches amis, Sir Andrew Foulkes et Lord Anthony Dewhurst. Tous trois appartiennent à une société secrète, fondée le 2 août 1792 pour venir en aide aux victimes de la Terreur, et qui compte neuf membres à l'origine. À partir de janvier 1793, lors du procès de Louis XVI, dix nouveaux venus se joignent à l'organisation.

Fleur de mouron rouge, gravure de 1885

Sir Percy Blakeney signe traditionnellement ses exploits d'une courte missive ornée d'une signature agrémentée d'une fleur écarlate : le mouron rouge (Anagallis arvensis). Il porte un masque et une cape, apparaît, disparaît, réapparaît sans jamais se laisser capturer par la police révolutionnaire qui obéit principalement au sinistre Chauvelin, un aristocrate dévoyé, farouche partisan de la cause révolutionnaire.

Contexte d'écriture[modifier | modifier le code]

Il y a davantage de Zorro (qui en est d'ailleurs inspiré) que de Robin des Bois dans le Mouron Rouge, bien que ceux-ci défendent les pauvres et les faibles tandis que le Mouron Rouge vient en aide aux aristocrates victimes de la Révolution française. Le héros de la baronne Orczy montre un soutien indéfectible à la noblesse et au roi.

Les Français exilés en Angleterre ont alimenté l'imaginaire anglais bien longtemps après la fin de la Terreur.

Le quatrain de Sir Percy[modifier | modifier le code]

La version d'origine, en langue anglaise, porte en exergue le quatrain suivant, qui résume l'aspect insaisissable du héros principal, poursuivi par la police de Robespierre :

They seek him here, they seek him there,
Those Frenchies seek him everywhere.
Is he in Heaven, is he in Hell,
That damn'd, elusive Pimpernel ?

Est-il ici, serait-il là ?
Les Français tremblent dès qu'il bouge.
Satan lui-même le créa,
L'insaisissable Mouron rouge[1].

La postérité du Mouron rouge[modifier | modifier le code]

Le premier roman de la série remporta un immense succès grâce à sa déclinaison théâtrale, où le personnage de Sir Percy fut incarné par l'un des acteurs les plus populaires de son temps : Fred Terry (1863-1933), frère de Dame Ellen Terry et grand-oncle de Sir John Gielgud. Sa femme, la comédienne Julia Neilson, interprétait quant à elle le rôle de Lady Marguerite. Pourtant, la première représentation, le 15 octobre 1903 au théâtre royal de Nottingham, se révéla un échec. Durant plusieurs mois, le public se montra partagé, d'autant que la critique reprochait à la pièce de ne pas souscrire aux règles du théâtre « moderne ». Il fallut attendre la reprise, au New Theatre à Londres le 5 janvier 1905, pour que Fred Terry connaisse le triomphe dans le rôle de Sir Percy - rôle qu'il joua dès lors sans interruption de 1905 à 1912 et dirigea ensuite plus de deux mille fois.

Durant les trente-cinq années qui suivirent, la baronne Orczy, forte de ce succès, continua la série des romans, avant de lui ajouter plusieurs ouvrages annexes : deux recueils de nouvelles, un récit dont Sir Percy est le narrateur (Child of the Revolution), deux récits consacrés à un ancêtre de Percy Blakeney au XVIIe siècle, et enfin un autre sur son descendant Peter Blakeney durant la Première Guerre mondiale (Pimpernel and Rosemary)...

De son côté, Johnston McCulley s'inspira du Mouron rouge pour créer le personnage de Zorro[réf. nécessaire] en 1919. Comme Sir Percy, don Diego de la Vega dissimule son identité véritable sous les apparences d'un personnage falot.

Liste des titres[modifier | modifier le code]

La première date est celle de la première édition en Angleterre.

romans
  • 1905 : Le Mouron rouge (The Scarlet Pimpernel).
  • 1906 : Le Serment (I Will Repay).
  • 1908 : Les Nouveaux Exploits du Mouron rouge (The Elusive Pimpernel).
  • 1921 : La Capture du Mouron rouge (The First Sir Percy).
  • 1924 : Pimpernel and Rosemary
  • 1927 : La Vengeance de Sir Percy (Sir Percy Hits Back).
  • 1929 : Les Métamorphoses du Mouron rouge (The Adventures of the Scarlet Pimpernel).
  • 1933 : Le Rire du Mouron rouge (The Scarlet Pimpernel Looks at the World).
  • 1933 : Le Triomphe du Mouron rouge (The Way of the Scarlet Pimpernel).
  • 1936 : Le Mouron rouge conduit le bal (Sir Percy Leads the Band).
Recueil de nouvelles
  • 1919 : The League of the Scarlet Pimpernel.
  • 1929 : Adventures of the Scarlet Pimpernel.

Liste des titres édités en France[modifier | modifier le code]

La première date est celle de la première édition française.
Tous les titres ont d'abord paru dans la Collection Nelson[2]. Après de multiples éditions et rééditions en neuf volumes séparés, les éditions Marabout en cinq volumes (dont le premier seul), la série a été réunie en un seul recueil : Le Mouron rouge : paru en 1989 aux Presses de la Cité dans la collection « Omnibus », avec une préface de Jean-Claude Zylberstein, ce recueil contient le texte intégral des neuf romans.

  • 1913 : Le Mouron Rouge, n°061 (Jaquette non signée).
  • 1929 : Le Serment du Mouron Rouge, Collection Nelson n°305. Illustrations de Frédéric Auer.
  • 1931 : Les Nouveaux Exploits du Mouron Rouge, n°323. Illustrations de Maurice Berty.
  • 1933 : La Capture du Mouron Rouge, n°359. Illustrations de Maurice Berty.
  • 1952 : La Vengeance de Sir Percy, n°437. Illustrations de Jean Routier.
  • 1954 : Les Métamorphoses du Mouron rouge, n°441. Illustrations de Jacques Poirier.
  • 1955 : Le Rire du Mouron rouge, n°443. Illustrations de Jacques Poirier.
  • 1956 : Le Triomphe du Mouron rouge, n°444. Illustrations de Jacques Poirier.
  • 1956 : Le Mouron Rouge conduit le bal, n°445. Illustrations de Jacques Poirier.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, Le Mouron rouge fut publié en feuilleton dans Le Journal de Mickey.

Adaptations libres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traduction-adaptation publiée dans l'édition française. Plus littéralement, le quatrain pourrait se traduire par : « Ils le traquent ici, ils le traquent là,/ Ces affreux Français le traquent partout./ Est-il au ciel ou en enfer,/ Ce maudit, cet insaisissable Mouron rouge ? »
  2. Les premières éditions françaises du "Mouron rouge" dans la Collection Nelson

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Laurence Motoret, "Quand les Jacobins se faisaient du mouron : l'ombre de la baronne Orczy" in Sigila n° 16, 2005
  • Masquerouge