Le Moule

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Le Moule
Église Saint-Jean-Baptiste du Moule
Église Saint-Jean-Baptiste du Moule
Blason de Le Moule
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Guadeloupe
Département Guadeloupe
Arrondissement Pointe-à-Pitre
Canton chef-lieu de 2 cantons
Le Moule-1, Le Moule-2
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Nord-Est Grande-Terre
Maire
Mandat
Gabrielle Louis-Carabin
2014-2020
Code postal 97160
Code commune 97117
Démographie
Gentilé Mouliens ou Tannis
Population
municipale
22 533 hab. (2011)
Densité 272 hab./km2
Géographie
Coordonnées 16° 20′ 00″ N 61° 21′ 00″ O / 16.333333, -61.35 ()16° 20′ 00″ Nord 61° 21′ 00″ Ouest / 16.333333, -61.35 ()  
Superficie 82,84 km2
Localisation

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Le Moule

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Le Moule
Liens
Site web Mairie-lemoule.fr

Le Moule (en créole Moul' ) est une commune française, située dans le département de la Guadeloupe. Commune localisée au nord-est de l'île de Grande-Terre sur la façade atlantique, son activité est principalement agricole et touristique. Ses habitants sont appelés les Mouliens ou Tannis.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

En rouge le territoire communal de Le Moule.

La commune est située au milieu de la côte est de la Grande-Terre. Le climat y est de type tropical.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Alleaume,Bacquié, Barthel, Bauvel, Belle-Mare, Bellevue, Bénin, Blanchard, Bois-Baron, Bois-David, Boisvin, Bon-Ami Bonan, Bory, Cadenet, Caféière, Caillebot, Calebasse, Carrère, Champs-Grillé 1,Champs-Grillé 2, Château-Gaillard, Cocoyer, Creuilly, Damencourt,Després, Dubec, Duteau, Durival, Eau-Blanche, Engerville, Fréchou, Gardel, Gascon, Gilles Arçon, Gissac, Gondrécourt, Guénette, Houssaie, Kerloury, L'Anglais, L'Autre-Bord, L'Écluse, L'Oranger, La Baie, La Croix, La Fontaine, La Mineure, La Roche, La Rosette, La Source, Laplante, Laribotte, Lauréal, Lazare, Lemercier, Létaye, Levasseur, Mahaudière, Malescot, Marcel, Massé, Maudet, Matignon, Méthiviers, Monplaisir, Morel, Morne Clarisse, Néron, Nord-Ouest, Palais-Sainte-Marguerite, Pavée, Petite Guinée, Port-Blanc, Portland, Rousseau, Saint-Guillaume, Sainte-Marguerite, Saint-Nicholas, Sergent, Sommabert,Sousse, Vieille-Case, Zevallos.

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Petit-Canal Rose des vents
Morne-à-l'Eau /Les Abymes N
O    Le Moule    E
S
Sainte-Anne Saint-François

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune tient son nom du môle qui signifie jetée. Le Moule accueillait les résidences de l’aristocratie coloniale au début du XVIIIe siècle. Elle a subi de nombreux incendies, tremblements de terre et cyclones.

Cinq cent ans avant Jésus Christ, le bord de mer est occupé par des populations amérindiennes venus de l'Amérique Centrale, c'est la civilisation précolombienne composée de Arawaks et Caraïbes. En 1660, leur départ sera contraint et forcé, suite à l'accord conclu entre l'Espagne et la France. Le bourg de la commune Le Moule était dénommé Portland, en 1635, il se trouvait situé, sur ce que les moulins appellent aujourd'hui, l'Autre Bord. Au XVIIIème siècle, le Moule était devenu un fief de l'aristocratie coloniale, le centre émigra sur la rive gauche de la rivière d'Audoin. À partir de ce moment, le développement de la canne, emmena une réflexion, sur l'opportunité de construire un port sur l'Atlantique d'où l'obligation de protéger, de fortifier ces installations, avec un môle de protection. Il semblerait, sans aucun doute, que l’appellation de la commune, le Moule vienne de la déformation du mot môle. La commune Le Moule est devenu au fil des années, le plus grand port commercial de Guadeloupe, elle obtient dès le 20 septembre 1828, l'autorisation d'exporter vers la métropole française, sans passer par Pointe-à-Pitre. La commune Le Moule sera la cible de la flotte anglaise durant toute la période des guerres napoléoniennes. 1809, restera pour la commune le Moule, une date historique pour la Guadeloupe, pour la bataille héroïque qui eu lieu devant ses murs. Tout le sucre et le rhum de Grande Terre, était embarqué au Moule. Le commerce était florissant aussi par la vente du coton, du café, des engrais, du charbon et de nombreux matériaux de constructions. Au cours de ce siècle, une centaine d'habitations vivaient sur elles mêmes en autosuffisance par la culture de la canne, du coton, du cacao, des épices et des récoltes vivrières. Après les années 1850, de nombreuses faillites eurent lieu, l'économie locale s'effondra.

Au cours du XIXème siècle, avec ses nombreuses sucreries, une trentaine d'habitations, puis une centaine, vivaient d'un régime d'autosuffisance, par les cultures de la canne, du café, du coton, du cacao, des épices et des vivres en dominant l'économie guadeloupéenne. Après 1850, l'abolition de l'esclavage, les mauvaises récoltes, les faillites à répétitions et la concurrence de la betterave à sucre dans toute l'Europe, explique ces nouveaux avatars de l'économie locale et guadeloupéenne en particulier. En 1901, il ne restaient que quatre sucreries dans la commune le Moule, Duchassaing, Zévallos, Marly et Gardel et pour corser le tout, la commune Le Moule perd sa prédominance portuaire, par rapport à Pointe-à-Pitre. Tous les centres d'intérêts importants émigrent à Pointe-à-Pitre, la commune Le Moule tombe dans l'oubli. C'est le cyclone de 1928, une catastrophe régionale de grande ampleur, qui fut le catalyseur des énergies nouvelles. La commune Le Moule se releva à grande vitesse, grâce à l'équipe municipale soudée autour de son maire, Charles Romana, dont les moulins parlent encore. C'est sous sa mandature, que de nouvelles structures virent le jour, écoles, routes, chemins, mairie, église, espaces verts, etc. Sur le blason de la ville le moule on peut lire l'inscription MENS AGITAT MOLEM (L'esprit meut la matière) Cette expression, par laquelle Virgile distingue la substance spirituelle de la substance matérielle, sert à désigner tout ce qui marque l'emprise de l'esprit sur la matière et la suprématie de la pensée, de l'intelligence et du génie.

En février 1952 a lieu le mouvement revendicatif le plus important qui ait impliqué petits planteurs et colons dans toute la Guadeloupe depuis les grèves de 1910.

Le mouvement démarre au mois de novembre 1951 dans le nord Grande-Terre : Les revendications portent au départ sur la rémunération de la journée de travail et sur l’allègement des tâches sur les champs des usiniers békés. Elles s’élargissent rapidement à la demande d’un meilleur prix de la tonne de canne.

En janvier 1952, les ouvriers et cultivateurs mobilisés trouvent le soutien des fonctionnaires qui réclament la revalorisation de leurs salaires. Un appel à la grève générale illimitée est lancée sur toutes les habitations-plantations. La mobilisation enfle et à Capesterre-de-Marie-Galante, Sainte-Rose, Anse-Bertrand..., les débrayages se multiplient.

Le 11 février 1952, les CRS prennent position et occupent la ville du Moule : la boucherie est alors soigneusement programmée et organisée, de concert avec les usiniers békés.

Le 14 février 1952, un barrage est érigé à l’entrée du boulevard Rouget pour empêcher l’accès de l’usine Gardel aux charrettes à cannes. Les militaires français (CRS) qui occupaient la ville depuis trois jours tirent alors sur la foule tuant 4 Guadeloupéens (CONSTANCE DULAC, CAPITOLIN JUSTINIEN, EDOUARD DERNON et FRANCOIS SERDOT) et en blessant 14. Cette date fait partie intégrante de l'histoire de la ville et chaque mouliens commémore cette date chaque année.

Cette affaire est connue sous l'appellation de Massacre de la Saint-Valentin[1]. Un odonyme local (Rue du 14-Février-1952) rappelle ces événements.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie du Moule en 2013

La devise de la commune est Mens agitat molem.

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1945 - 1953 Rosan Girard PCF Médecin
1953 - 1957 Yves Jacel RGR
1957 - 1962 Rosan Girard PCF Médecin
1962 - 1965 Xavier Galleron  ?
1965 - 1971 Rosan Girard PCF Médecin
1971 - 1977 Florent Girard PCF
1977 - 1989 Henri Beaujean RPR Médecin
Depuis le 20 mars 1989 Gabrielle Louis-Carabin UMP puis divers gauche députée
Les données antérieures ne sont pas encore mentionnées.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 22 533 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011
15 012 16 111 16 705 15 224 18 054 20 827 21 027 22 533
(Sources : Insee : Population sans doubles comptes à partir de 1961[2] puis population municipale à partir de 2006[3])
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Le Moule abrite le seul port de la côte atlantique et la centrale thermique du Moule qui produit 27 % de l'énergie électrique livrée en Guadeloupe. La distillerie Damoiseau et l'usine sucrière Gardel, représentent l'essentiel de la production du secteur primaire.

La commune est également une destination touristique avec une station balnéaire réputée pour ses vagues et la pratique du surf. Elle a ainsi accueilli les championnats du monde de wave-ski en 2003.

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune accueille sur son territoire les établissements d'enseignement :

  • Le collège Général-de-Gaulle ;
  • Le collège Guénette ;
  • Le collège Saint-Dominique (privé)
  • Le lycée d'enseignement professionnel Louis-Delgrès.
  • Une antenne régionale de l'École de la deuxième chance au centre de l’Écluse.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'ancienne fabrique de limonade
  • L'église Saint-Jean-Baptiste, classée aux Monuments historiques en 1978[4]
  • La maison coloniale de Zévallos
  • Le moulin Saint-Guillaume et l'habitation sucrière Néron
  • L'ancien Fort
  • Le musée archéologiques Edgar-Clerc
  • La batterie de canons
  • La distillerie Damoiseau
  • L'usine sucrière de Gardel
  • L'ancienne fabrique de limonade
  • Outre les éléments religieux (église, clocher, presbytère) construits par l'architecte Ali Tur entre 1930 et 1932, les deux écoles (filles et garçons) ont aussi été bâties sur ses plans[5].
  • Les principales plages de la commune sont : Anse à l'Eau, la plage de l'Autre-Bord, la plage de la Baie, la plage des Alizés.

Culture[modifier | modifier le code]

La commune du Moule possède deux équipements culturels municipaux avec la bibliothèque multimédia et le centre culturel Robert-Loyson.

Sports[modifier | modifier le code]

Les équipements sportifs sont :

  • Stade Jacques Ponrémy
  • Piscine
  • Tennis
  • Site d'activités nautiques (surf)

Clubs :

  • Basket-ball : Le Moule Basket Club - club de basket de la ville du Moule créé en 1998 qui compte plus d'une centaine de licenciés (2007-2008)

comptant une participation en playoffs (2005-2006)et 4e de cette même saison (division 1)

  • Football : Le Club Sportif Moulien - club de football crée en 1931, le CSM compte :
    • Onze titres de champion de la Guadeloupe (1945, 1947-1949, 1953, 1956, 1965, 1985, 2009, 2011, 2013)
    • Cinq coupes de la Guadeloupe (1948, 1954, 1972, 1974, 2008)
    • Deux titres de champion des Antilles (1947, 1955)
  • Autres clubs de football du Moule :
    • AS Moule
    • Le Dynamo
  • Surf : Le Moule possède l'un des spots de surf les plus connus de la Guadeloupe.
  • Cyclisme : UCM (Union Cycliste du Moule)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. 14 février 1952 : la grève des ouvriers au Moule noyée dans le sang
  2. Historique de la population des communes de 1961 à 2008
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  4. « Notice no PA00105861 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. Michèle Robin-Clerc, Note descriptive de l’œuvre d’Ali Tur, Basse-Terre, Conseil régional de Guadeloupe,‎ 2010 (lire en ligne), p. 7-8.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]