Le Monastier-sur-Gazeille

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Le Monastier-sur-Gazeille
Le Monastier-sur-Gazeille
Le Monastier-sur-Gazeille
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Haute-Loire
Arrondissement Le Puy-en-Velay
Canton Le Monastier-sur-Gazeille
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Mézenc
Maire
Mandat
Michel Arcis
2014-2020
Code postal 43150
Code commune 43135
Démographie
Population
municipale
1 772 hab. (2011)
Densité 45 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 56′ 23″ N 3° 59′ 46″ E / 44.9397, 3.996144° 56′ 23″ Nord 3° 59′ 46″ Est / 44.9397, 3.9961  
Altitude Min. 752 m – Max. 1 283 m
Superficie 39,39 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.le-monastier-sur-gazeille.net

Le Monastier-sur-Gazeille est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région d'Auvergne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle est constituée d'un bourg centre et de hameaux (Avouac, Châteauneuf, Crouziols, le Crouzet de Meyzoux, le Mont, Chabriac, Meymac, Granegoules, le Fraysse, Meyzoux, la Besseyre haute)[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

Le Monastier-sur-Gazeille est situé à mi-distance entre le bassin du Puy-en-Velay et les hauts plateaux du mont Mézenc, point culminant du Velay (1 753 m). Situé à 950 m d'altitude, c'est un village balcon étendu sur plus de 2 km. Il domine la vallée de la Gazeille, affluent de la Loire.

Aujourd'hui chef-lieu d'un canton dont l'altitude moyenne est de 1 000 mètres, placé sur l'un des premiers itinéraires reliant le Massif central à la vallée du Rhône et au Midi, il a assuré longtemps un rôle de bourg-centre très important.

Installé à l'abri des vents du nord par une barrière basaltique dans une zone élargie de la vallée permettant quelques cultures, mais à une altitude frôlant la barrière des 1 000 mètres, son occupation remonte au mieux à la période mérovingienne.

Le nom du village a changé au fil du temps : Calmeliacense (de Calmin) puis Monasterium S Theotfredi, Vellavense, Chaumillac, Le Monastier-Saint-Chaffre, Le Monastier. Selon Bernard Sanial[2], on ne peut que regretter la décision en 1962 d'ajouter au nom du Monastier celui de la rivière Gazeille alors même que son nom était autrefois la Colempce.

Hydrographie, géologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gazeille.
Rocher St Michel à Aiguilhe


Outre la Gazeille, la commune est traversée par la Laussonne.

Le Monastier est situé au cœur du Velay dominé par le Mézenc, sommet d'un ensemble de volcans phonolitiques. L'activité volcanique s'y manifeste par un aspect caractéristique : monts, sucs, cirques, orgues basaltiques, dykes et « necks » tel celui sur lequel est construite la chapelle Saint-Michel à Aiguilhe.

Le Velay était au début de l'ère tertiaire un grand bassin sédimentaire (dans l'ordre : grès, argiles, marnes et calcaires) sur socle granitique créé suite à l'érosion de hautes montagnes primaires. Il y avait là une grande lagune vraisemblablement en contact avec un domaine marin voisin. Il y a 20 millions d'années, un premier bouleversement est provoqué par les répercussions du plissement alpin. L'activité volcanique venue juste après va encore modifier l'aspect avec des coulées de lave de différents types et plus ou moins visqueuses. Commencée par des coulées basaltiques, l'activité du Mézenc s'est terminée par des coulées plus fluides et feuilletées dont on fait les lauzes qui couvrent de nombreuses maisons.

La région du Mézenc attire les géologues du monde entier car les vallées rayonnantes descendant du haut plateau (la Gazeille, la Gagne, le Lignon, etc.) et le cratère d'explosion devenu le cirque des Boutières forment une leçon de géologie unique au monde. Enfin, l'érosion a mis à nu de spectaculaires aiguilles comme le Mont Gerbier de Jonc où se trouvent les sources de la Loire[3],[4].

Climat[modifier | modifier le code]

le Mézenc 1753m

Le climat est un climat de moyenne montagne avec des variations rapides de temps, il est plutôt venté, sec et ensoleillé (plus de 2 000 heures par an). C'est un climat idéal pour les malades des poumons ; un préventorium pour femmes et jeunes filles a fermé en 1962.

En hiver souffle la « burle », vent de nord-ouest froid qui favorise la formation de congères et permet la pratique du ski au Mézenc à 15 km du Monastier. La région du Mézenc est la plus froide de la Haute-Loire[5].

Faune, flore[modifier | modifier le code]

Milan au Monastier2.JPG

La faune est celle d'une région de moyenne montagne avec toutes les espèces habituelles représentées, même la marmotte qui a été introduite récemment. Suite à leur protection, les rapaces sont nombreux dont le milan noir, très répandu.

La flore est très variée, mais reste à tendance alpine compte tenu de l'altitude moyenne. Autour du Mézenc, on trouve des espèces qui se situent dans les Alpes et les Pyrénées à une altitude bien plus élevée. Les herbicides n'étant que peu utilisés, les prés au printemps sont absolument splendides. Concernant les arbres, cet étage est celui de la hêtraie. Durant les siècles précédents, l'activité pastorale avait fait presque totalement disparaître les forêts. Aujourd'hui, de grandes campagnes de reboisement ont changé le paysage avec des grandes zones de pins et sapins.

Certains endroits ayant échappé au drainage, on trouve les tourbières les plus méridionales d'Europe avec une flore tout à fait spécifique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Le Monastier sur Gazeille 43.svg

Description:D'azur à deux clefs affrontées d'argent passées en sautoir, à l'épée haute du même brochante.

Résumé[modifier | modifier le code]

Construit autour d'une abbaye bénédictine fondée au VIIe siècle, le Monastier s'est développé parallèlement à la montée en puissance de cette abbaye qui connut son apogée au XIIe siècle. Il subit les assauts des « grandes compagnies » pendant la guerre de Cent Ans puis les aléas des guerres de religions. Placé sur une voie de circulation importante entre le sud-est et le nord-ouest, le commerce y était florissant, ainsi que la fabrication de dentelle au fuseau très florissante au XVIIe siècle. C'est aussi au XVIIe siècle que fut créée l'insitution des « Béates » qui permit au Monastier d'avoir une proportion importante de personnes sachant lire et écrire. La fermeture de l'abbaye à la fin du XVIIIe siècle lui porta un rude coup. De 4 355 habitants en 1806, il en restait 3 000 à la fin du XIXe siècle lorsque Robert Louis Stevenson y séjourna avant de partir pour son périple à travers les Cévennes. La construction de la ligne de chemin de fer la « Transcévenole » abandonnée en 1937 permit de conserver une activité forte avant le déclin amorcé dans les années 1950. Aujourd'hui, le déclin semble stoppé. Les habitants reviennent ainsi que les commerces. À noter que le Monastier fut le premier bourg du département à bénéficier dès 1893 de l'éclairage public grâce à Louis Arcis qui installa une petite usine hydro-électrique sur la Gazeille.

Au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), la commune, alors dénommée simplement Le Monestier, a porté le nom de Mont-Breysse[6].

L'abbaye bénédictine[modifier | modifier le code]

Façade ouest de l'abbatiale

Au VIe siècle, un seigneur gallo-romain nommé Calminius (d'où le nom de Calmiliacum / Calmel donné à l'origine au Monastier) vint vivre en ermite au lieu-dit « le Villars » selon les principes inspirés par saint Martin de Tours de « rechercher la solitude ». Il se constitua vraisemblablement autour de lui une petite communauté qui a peut-être vécu quelque temps dans des grottes situées au-dessus du bourg actuel. Au VIIe siècle, sous l'influence de Théofrède (qui deviendra saint Théofrède puis saint Chaffre) puis d'Eudes, la communauté se tournera vers le monachisme provençal des Îles de Lérins en Méditerranée. Le monastère n'adoptera la règle bénédictine qu'en 817.

En deux siècles trois églises seront construites, qui s'effondreront suite à l'instabilité du terrain, dont la « grande église » de l'abbé Vulfade dont il ne reste que quelques vestiges. L'église actuelle fut construite à partir de 1074 sous l'abbé Guillaume III. Les travaux seront continués par Guillaume IV qui fera aussi écrire le cartulaire de l'abbaye, source de bon nombre des connaissances à ce jour. À partir de cette date, le monastère prit une ampleur considérable possédant jusqu'à 235 dépendances à l'ouest et à l'est du Rhône jusqu'en Italie. Au XVe siècle, le chœur de l'église s'effondra et fut reconstruit dans le mode gothique par les abbés Vital Hérailh puis François d'Estaing conseiller du roi Charles VIII. À la fin du XVIe siècle, l'abbaye perd son autonomie par son rattachement à l'abbaye de Cluny. Elle sera définitivement fermée en 1787.

Aujourd'hui, l'église abbatiale reste un des plus beaux exemples de l'art roman en Auvergne par sa façade polychrome et sa frise sommitale unique. Son orgue de 1518 commandé par Gaspard de Tournon et restauré en 1985 par l'atelier de facture d'orgues Giroud (Bernin, Isère)[7] est l'un des plus vieux d'Europe.

Le château[modifier | modifier le code]

façade sud du château

Le Monastier étant une ville fortifiée, un donjon a dû exister très tôt. Après l'occupation du Monastier par les Anglais au XIVe siècle, un premier château abbatial fut construit puis incendié pendant les guerres de religion. Le château actuel fut reconstruit au XVIe siècle et servit de demeure pendant 130 ans à la puissante famille des Sennecterre (Saint Nectaire) qui fournit plusieurs abbés. Il abrite aujourd'hui un musée et l'école de musique intercommunale.

La dentelle[modifier | modifier le code]

Carreau pour la dentelle au fuseau

La dentelle au fuseau est pratiquée dans toute l'Europe sous des formes différentes. Dans la région du Puy-en-Velay, elle est pratiquée depuis le XVIe siècle comme activité coutumière féminine permettant de fournir quelque argent aux familles de paysans. Jusqu'au début du XXe siècle c'était une activité intense, les jeunes filles apprenant très jeunes la manipulation des fuseaux et faisant de la dentelle toute leur vie pendant les moments libres et notamment à la veillée à la lueur du « chaleilh » dans les « assemblées ». Elles travaillaient beaucoup pour gagner peu. Sous Louis XIII, la noblesse fut interdite de dentelle par le parlement de Toulouse pour cause de dépenses somptuaires. La nouvelle fut accueillie comme une catastrophe dans la région. C'est un Jésuite, Jean-François Régis des Plas, qui obtint du parlement qu'il revienne sur sa décision. C'est pour cette raison que les dentellières le choisirent comme saint patron. L'introduction de la dentelle mécanique en 1903 sonna le glas de la dentelle au fuseau. Aujourd'hui, la dentelle à la main bénéficie d'un label et n'est pratiquée que comme loisir ou comme artisanat d'art.

Les béates[modifier | modifier le code]

Maison d'assemblée du Mont près du Monastier-sur-Gazeille

La région du Puy et en particulier au Monastier, la population était plus instruite qu'ailleurs grâce à une institution spécifique datant du XVIIe siècle, les « Demoiselles de l'instruction » encore appelées Béates. Cette institution due à l'initiative d'Anne-Marie Martel a consisté à placer dans chaque village une femme célibataire, non religieuse mais placée sous la responsabilité du curé, chargée d'enseigner le catéchisme, mais aussi d'apprendre à lire et écrire aux garçons et la dentelle aux jeunes filles. Cette pratique se répandit dans tous les hameaux, à charge aux habitants de fournir à la béate le logis et le couvert. Souvent, une construction spécifique, généralement petite avec un étage, a été construite. On en voit encore et on les reconnaît à la cloche située au-dessus de la porte. Ces maisons s'appellent des « assemblées ». Les béates ont eu un impact considérable par leur présence permanente et l'élargissement de leur action. Elles ont notamment servi d'intermédiaire entre les dentelières et les patrons du Puy. Lors de l'instauration de l'école publique à la fin du XIXe siècle, des conflits très importants ont eu lieu. Les dernières béates œuvraient encore dans les années 1930.

La Transcévenole[modifier | modifier le code]

Construit en 1925, le viaduc de la Recoumène n'a jamais vu passer de train

Un événement considérable a marqué le début du XXe siècle au Monastier : la construction de la ligne de chemin de fer Le Puy - Niègles-Prades, dite « la Transcévenole ». La construction de cette ligne, qui devait désenclaver le Monastier en lui fournissant un accès vers l'Ardèche, ne fut commencée qu'en 1908 sous la responsabilité de l'ingénieur Paul Séjourné.

Cette ligne, dont certains ont dit qu'elle serait « unique en Europe », rassemblait une quantité rare d'ouvrages d'art : 12 viaducs et 35 tunnels pour 89 kilomètres, et la fameuse « spirale de Montpezat » autour du Suc de Gravenne, permettant de descendre du tunnel du Roux (altitude 994 mètres) à Thueyts (420 m). Décidée trop tard et ayant subi de nombreux retards (guerre de 1914-1918), cette ligne ne sera jamais achevée ni mise en service, malgré les efforts de Laurent Eynac, enfant du pays, député, sénateur et plusieurs fois ministre. Le déclassement en 1941 de la portion Le Puy - Le Monastier - Vachères, pourtant terminée, fut un crève-cœur pour tous ceux qui y avaient cru. Cette ligne fait défaut aujourd'hui à l'heure où les trains touristiques trouvent une nouvelle jeunesse. Néanmoins, les travaux liés à la construction de la ligne avaient fortement aidé au développement du Monastier.

Article détaillé : Ligne transcévenole.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2008 Renée Vaggiani PS puis DVG  
mars 2008 en cours
(au 27 août 2014)
Michel Arcis[8]   Directeur du collège Saint Joseph à Saint-Julien-Chapteuil
Vice-président de la Communauté de communes,
délégué aux Actions culturelle et sportive

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 772 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 515 1 766 4 355 3 105 3 420 3 528 3 461 3 540 3 464
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 341 3 589 3 831 3 756 3 698 3 749 3 800 3 759 3 739
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 743 3 782 3 650 3 554 3 203 3 104 2 702 2 255 2 065
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 085 2 085 1 966 1 911 1 828 1 734 1 738 1 738 1 772
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Autrefois centre de foires très importantes, riche de nombreux commerces représentant tous les besoins habituels et de petites industries florissantes (chapeaux, chaussures et surtout le moulinage), Le Monastier a connu le même déclin que toutes les communes de ce genre confrontées à l'automobile, aux grandes surfaces et à la désindustrialisation. Des emplois ont été conservés et même créés grâce à l'activité des maisons de convalescence et de retraite, du CAT et du centre de vacances EDF. L'activité agricole s'est concentrée et a bien résisté avec l'élevage bovin (lait, viande), ovin, et dans une moindre mesure porcin. Les éleveurs du Mézenc ont obtenu en 2006 une AOC pour leur bœuf « Fin gras » nourris en hiver avec la « cistre » ou Fenouil des Alpes.

Aujourd'hui, il semble que l'hémorragie soit circonscrite. Les jeunes reviennent et construisent dans les lotissements. Des commerces ouvrent à nouveau et la vie associative qui ne s'est jamais démentie est florissante. Mais le travail sur place reste limité. Selon la municipalité, l'avenir du Monastier est placé à ce jour dans le développement touristique et culturel (patrimoine et environnement exceptionnels).

Vie locale[modifier | modifier le code]

Les habitants[modifier | modifier le code]

Les habitants du Monastier s'appellent les Monastérois. À l'époque florissante de l'abbaye, les moines élevaient de nombreuses chèvres pour récupérer leur peau pour leurs parchemins ce qui a valu aux Monastérois le surnom de « Mange-chèvre »

Par suite des mariages au sein du village, les familles étant généralement nombreuses, on trouve facilement plusieurs personnes portant les mêmes nom et prénom, d'où l'utilisation des surnoms ou « noms d'escaïne » liés à la personnalité de la personne, son travail, son lieu de naissance, etc.

Dans la Description statistique de la Haute-Loire par Déribier de Cheissac en 1824, on lit : « Les habitants du Mézenc [...] sont jaloux, susceptibles et vindicatifs à l'excès ! » Robert Louis Stevenson qui a séjourné un mois au Monastier en 1878 dit : « Le Monastier est réputé pour la fabrication de la dentelle, l'ivrognerie, la liberté des propos et la discorde politique sans pareille ailleurs ». Il en garde pourtant un souvenir ému car ces montagnards un peu rustres lui rappellent son Écosse natale.

La vie en famille a donné lieu à la constitution de communautés de parsonniers, les parsonneries, dont certaines ont fonctionné plusieurs siècles. il s'agissait de communautés agricoles avec un fonctionnement très particulier[11].

Le logement[modifier | modifier le code]

Le logement présente quelques particularités. Le logement principal est plus fort (74 %) que la moyenne de la Haute Loire (79,5 %), mais plus faible que la France (83 %). Le logement vacant (6,8 %) est du niveau national, mais plus faible que le département et la région (8,8 %). On y trouve beaucoup de résidences secondaires (17,5 %), mais moins que la moyenne du département (20,8 %). La caractéristique principale du logement est son ancienneté : 40 % de logements construits avant 1915 pour 33 % en Haute-Loire, 32 % en Auvergne et 22 % en France métropolitaine. Une autre caractéristique réside dans le rythme de construction : faible durant tout le début du XXe siècle (4 logements par an en moyenne), il monte à 15 logement/an entre 1968 et 1981 pour redescendre à 13 puis à 6. La municipalité actuelle en a fait sa priorité pour le mandat qui commence[12].

La langue[modifier | modifier le code]

Le Velay constitue une zone de transition entre l'occitan, le français et le francoprovençal. Situé au sud, dans la région du Puy, Le Monastier parle le vellave qui est un dialecte occitan appelé par les habitants le « patois ». C'est une langue romane semblable à l'occitan par sa grammaire mais avec un vocabulaire et une façon de parler spécifiques. La plupart des anciens parlent couramment cette langue ; il suffit d'aller au marché le mardi pour s'en rendre compte. Et une proportion notable de personnes plus jeunes (40/60 ans) la comprennent.

C'est une langue accordant une place importante aux accents toniques. Le français lui-même, qui a eu beaucoup de mal à s'implanter, se trouve parfois modifié sous l'influence du patois. Une association « la Cluchade » s'est donnée pour but de préserver cette langue. Elle donne chaque année un spectacle en patois au succès considérable. À la fin du XIXe siècle, la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Commerce du Puy s'est intéressée à ce dialecte dit « Vellavo-vivarois ». Sa commission de glossologie a tenté d'écrire cette langue jusqu'alors exclusivement orale, et réalisé un « vocabulaire » aujourd'hui réédité grâce à Victor Souche.

Plan de la ville[modifier | modifier le code]

Plan du Monastier.JPG (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Hébergement[modifier | modifier le code]

Le Monastier propose actuellement, pour l'hébergement des touristes, 3 hotels-restaurants de 4 à 10 chambres, 13 chambres d'hôtes et gîtes de 2 à 19 personnes ainsi qu'un terrain de camping de 56 emplacements et 3 chalets situé au bord de la Gazeille.

Autres lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Jean-Baptiste côté sud-est.
  • Église préromane de saint Jean-Baptiste du IXe siècle (M.H.). L'église abbatiale était réservée aux moines. Les paroissiens n'y avaient accès que lors de manifestations particulières. Il y a eu, dès le IXe siècle une église réservée au culte des habitants et dédiée à saint Jean-Baptiste. L'édifice a été remanié plusieurs fois et l'église actuelle date probablement du XVe siècle. Son clocher-mur en peigne est encore plus récent. Elle a fait l'objet d'une importante campagne de restauration dans les années 1980 et notamment de très jolies fresques. Elle sert aujourd'hui de salle d'exposition et pour des concerts.
  • Musée municipal : le château accueille un musée présentant des collections lapidaires, des salles consacrées à la vie rurale et à l'art populaire, ainsi qu'une salle réservée à Robert Louis Stevenson.
  • La collection « Issartel » : deux frères proposent une collection d'objets et d'outils, recueillis depuis des dizaines d'années, qui illustrent l'évolution technologique du XXe siècle. Outils agricoles et artisanaux bien sûr, mais aussi balances, appareils-photo et surtout une collection de phonographes en parfait état de marche.
  • Musée de l'école : visite animée d'une ancienne école : écriture à la plume, calcul mental, utilisation du boulier, problèmes du certificat d'études… Présentation du mobilier, matériel scolaire et pédagogique,collection d'objets (plumes et porte-plumes, buvards, livres scolaires, cahiers d'élèves depuis le XIXe siècle, projecteurs de films fixes, affiches, cartes… Histoire de l'éducation et de l'école rurale. Projection de films pédagogiques anciens sous forme d'images fixes, vidéos de séquences de films tournés dans les écoles des années 1960.

Culture[modifier | modifier le code]

La commune organise chaque été, début août, le Festival du Monastier : la Musique des cuivres[13]. La dernière édition, la 25ème, de 2013, a entre autres accueilli Paris Combo.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Laurent Eynac (1886-1970), homme politique né au Monastier. Conseiller général en 1913 puis député en 1914, il fait la guerre dans l'aviation. Secrétaire d'État à l'aéronautique, on lui doit la création du ministère de l'Air où il restera deux ans. Il sera aussi ministre des PTT, du Commerce, des Travaux publics. Il se battit pour la ligne de chemin de fer « Transcévenole » malheureusement sans succès.

C'est au départ de ce village, où il voulait s'isoler suite à une peine de cœur, que le 22 septembre 1878, l'écrivain Robert Louis Stevenson, entreprend la traversée des Cévennes. Il relate son périple dans son livre Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Plus sur les hameaux du Monastier
  2. Bernard Sanial dans Le FIL, n°29, février 2003
  3. Le FIL, février 2003, éditeur : Centre d'études de la vallée de la Borne-Fay 43370 Bains.
  4. Le Velay : son volcanisme et les formations associées. Géologie de France n°3 par J. Mergoil et P. Boivin
  5. le climat en Haute-Loire, sur le site du Conseil Général.
  6. Le Monastier-sur-Gazeille sur le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui de l'EHESS, consulté le 17 juillet 2012.
  7. Site internet des Orgues Giroud
  8. Liste des maires de la Haute-Loire sur le site de la préfecture (consulté le 27 août 2014).
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  11. les communautés agricoles, sur le site de l'Escotal.
  12. Voir Le site de l'INSEE
  13. Site du Festival.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les bénédictins de Saint-Chaffre du Monastier, Les cahiers de la Haute-Loire, actes du colloque des 7, 8 et 9 novembre 1997.
  • Sur les chemins de l'histoire, le pays du Monastier-sur-Gazeille, Jean-Frédéric Pradier, 1998, Éditions du Roure.

Liens externes[modifier | modifier le code]