Le Mois Molière

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Le Mois Molière
Image illustrative de l'article Le Mois Molière
L'Avare ou l'École du mensonge en 2009.

Genre Théâtre
Lieu Versailles Drapeau de la France France
Période Du 1er au 30 juin
Scènes Grande Écurie, Théâtre Montansier, Jardins du Château de Versailles, Petite Écurie
Date de création 1996
Fondateurs François de Mazières
Structure-mère Ville de Versailles

Le Mois Molière est un festival de théâtre et de musique qui se déroule tous les ans du 1er au 30 juin, dans les rues, parcs, théâtres et sites historiques de la ville de Versailles.

Créé par François de Mazières en 1996, il se positionne comme promoteur d'un renouveau du théâtre populaire, en privilégiant dans sa programmation les jeunes compagnies et en proposant la plupart de ses spectacles en accès libre. « La volonté d'aller dans les quartiers, la gratuité, le côté festif et la volonté de diffusion des grands textes : cela fait partie du code génétique du festival » explique en 2009 François de Mazières, par ailleurs maire de Versailles[1].

En 2011, le programme du Mois Molière comporte plus de 300 spectacles sur 60 sites. Parallèlement à la programmation artistique officielle, les ensembles théâtraux et musicaux versaillais y présentent leurs dernières créations.

Historique[modifier | modifier le code]

Le choix du nom[modifier | modifier le code]

Ses créateurs choisissent le nom de Mois Molière en référence au lien qui unit Versailles et Molière[2], puisque c'est à la Cour de Louis XIV que le dramaturge connaît la consécration. Ses pièces liant théâtre, musique et danse et prônant un théâtre populaire et accessible à tous, il rejoint les objectifs affichés du festival.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Le Mois Molière est lancé le 1er juin 1996[3], sous la houlette de Francis Perrin, alors directeur du Théâtre Montansier, qui sillonne les rues versaillaises sur sa charette, avec sa troupe. Il monte La Jalousie du barbouillé puis, en 1997, Le Médecin volant et Les Fâcheux. En 1999, il passe le flambeau à Jean-Daniel Laval, qui prend la direction du théâtre[4].

De nouveaux lieux de représentation sont ouverts[5]: la Cour de la Grande Écurie, qui devient l'espace central du festival, la Galerie des Moulages de la Petite Écurie, où se produisent Romane Bohringer et Isabelle Carré en 2003 (Hugo à deux voix, m.e.s. Nicole Aubry), la colonnade du Grand Trianon, où Philippe Caubère donne en 2003 En hommage à El Nimeno II. Puis vient le Potager du Roi, investit par Stéphanie Tesson et ses Fantaisies potagères (2003), qui seront suivies par les Fantaisies microcosmiques (2004) et les Fantaisies bucoliques (2005), une trilogie écrite pour le lieu. En 2005, les Bosquets du Château de Versailles accueillent à leur tour des représentations, dont La Princesse d'Elide de Comédiens et Compagnie (m.e.s. Jean-Hervé Appéré) et Le Bourgeois gentilhomme par le Poème Harmonique (m.e.s. Vincent Dumestre).

La commedia dell'arte[modifier | modifier le code]

Commedia Cathodique en 2006.

En 2002, le Mois Molière accueille Carlo Boso et sa mise en scène de Scaramouche. La commedia dell'arte devient alors la marque de fabrique du festival, qui y voit une excellente représentante des valeurs qu'il porte depuis sa création[6].

Après la création de La Princesse folle par Anthony Magnier en 2003, des jeunes troupes (Viva la Commedia, Comédiens et Compagnie, l'Académie internationale des Arts du Spectacle...) prennent l'habitude de présenter chaque année à Versailles leurs nouvelles créations avant de partir au Festival d'Avignon. Le Mois Molière privilégie alors ce genre théâtral au travers de réinterprétations modernes de grands classiques, ou de créations originales. Il présente notamment La Flûte enchantée, par Comédiens et Compagnie, Le Songe d'une nuit d'été, par Viva la Commedia, Commedia cathodique, de François Zéméaris, La Mégère à peu près apprivoisée, par Los Figaros, ou encore Un cœur pour Samira, de Christophe Alévêque.

Les 15 ans[modifier | modifier le code]

Carte blanche à Ouliana Lopatkina en 2010.

En 2010, Le Mois Molière fête ses quinze ans d'existence et rend hommage à la comédie en lui consacrant sa semaine d'ouverture. Chaque soir, un grand spectacle comique de style différent est présenté à la Grande ou à la Petite Écurie (opérette, comédie musicale, pièce classique, humoristes,...).

Puis il consacre ses trois autres semaines à la découverte et à l'innovation artistique. De grands noms du théâtre, tels Denis Podalydès et Nicolas Vaude, viennent célébrer cette édition anniversaire, et de nombreuses compagnies présentent leurs nouvelles créations. Parmi elles, Comédiens et Compagnie avec une version baroque de La Nuit des Rois de Shakespeare, Star théâtre avec son thriller inédit Richard III (ou presque) de Thimoty Daly[7], ID productions avec sa nouvelle comédie musicale Je t'aime, tu es parfait : change!, la première adaptation française de Joe di Pietro et Jimmy Roberts, qui avaient créé I love you, you're perfect, now change ! sur Broadway en 1997 et le Théâtre en Fut de Montréal avec Le Jumeau de Molière. Côté international également, la danseuse-étoile du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, Ouliana Lopatkina, se produit dans un duo inédit rendant hommage aux grandes danseuses russes. Carlo Boso est quant à lui l'invité d'honneur du théâtre de rue, puisqu'il présente ses nouvelles créations de Commedia dell'arte dans tous les parcs et jardins de la ville.

Le Mois Molière présente 250 manifestations sur 40 sites[8]. Plus de 75000 festivaliers assistent aux représentations[9], remplissant la quasi-totalité des jauges du festival.

Axes artistiques[modifier | modifier le code]

Depuis 2003, le Mois Molière est suivi en moyenne par plus de 60 000 spectateurs chaque année. Confronté à un public trop massif pour ses jauges de représentations, il poursuit l'ouverture de nouveaux lieux de spectacles dans la ville. Artistiquement, il maintient ses axes historiques tout en renforçant la diversification de sa programmation, au travers de pièces qui restent essentiellement comiques.

Molière[modifier | modifier le code]

Petites Écuries : Les Précieuses ridicules en 2009.

Le festival privilégie Molière dans sa dimension de génie universel et met en avant la multiplicité d'interprétations auxquelles ses pièces peuvent donner lieu. Il présente chaque année de grandes mises en scènes classiques, tels le Tartuffe de Colette Roumanoff ou Les Fourberies de Scapin d'Arnaud Denis en 2007, au même titre que des créations plus contemporaines, comme le Dom Juan de Luca Franceschi en 2008, et que des libres adaptations, tel Molière malgré lui, par la compagnie Zibaldoni en 2006.

En 2009, Jean-Luc Jeener conçoit le premier Cycle Molière dans la Galerie des moulages de la Petite Écurie : huit pièces sont extraites de son intégrale Molière montée en 2008 au Théâtre du Nord-Ouest. Au total cette année, le Mois Molière présente quinze pièces différentes de Molière, sur les trente-six écrites par le dramaturge.

La commedia dell'arte[modifier | modifier le code]

Improvviso en 2009.

Devenu le plus important événement de commedia dell'arte en France[10], le Mois Molière lance en 2009 les premiers États généraux de la commedia dell'arte[11], une rencontre internationale pour s'interroger sur l'actualité et la diversité de ce genre théâtral. Elle permet en outre de rendre plus visible son lien avec Molière [12].

Les maîtres de la commedia dell'arte Carlo Boso, Alberto Nason, Luca Franceschi, Mario Gonzalez, Antonio Fava, Stefano Perocco di Meduna et Siro Ferrone répondent à l'appel et animent des stages professionnels et amateurs, des tables-rondes, et des conférences, conjointement à des universitaires européens (Stefan Hulfeld, Maria dell Valle, Irène Mamczarz, Richard Andrews notamment). Stefano Perocco di Meduna, facteur de masques, installe son atelier éphémère près du Château de Versailles et une exposition de masques de commedia dell'arte est présentée au public par Alberto Nason.

Christophe Barbier, directeur de L'Express, anime le débat « La commedia en création »[13].

Vingt-six pièces de commedia sont présentées, parmi lesquelles de grands classiques recréés pour le festival, comme La Trilogie de la villégiature, par l'Académie internationale des arts du spectacle ou Georges Dandin, par Casa Orfea, et des créations originales, comme le surréaliste Prova Aperta de Luca Franceschi, entre autres.

Diversification et internationalisation[modifier | modifier le code]

Déjà-Vu en 2009.

Le Mois Molière élargit au fil des ans sa notion de théâtre populaire, en présentant de nouvelles formes qui s'éloignent des représentations classiques.

Cette évolution, amorcée avec les spectacles déambulatoires au Potager du Roi dès 2003, est particulièrement visible en 2009 avec la création de la comédie musicale Bonnie and Clyde, le polar musical, produite par Lard'Enfer et présentée ensuite à Avignon puis sur Paris. Déjà-Vu, spectacle de la compagnie colombienne La Gata Cirko, laisse présager quant à lui de l'ouverture du festival aux arts du nouveau cirque [14].

En 2010, le Mois Molière célèbre l'année France-Russie en invitant la danseuse étoile du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, Ouliana Lopatkina, à se produire au Théâtre Montansier. Elle y présente un duo créé pour l'occasion, rendant hommage aux grandes ballerines russes Anna Pavlova, Maya Plisetskaya et Galina Ulanova [15]. Cette même année, le Conservatoire d'art dramatique de Montréal clôture le festival avec une création-hommage réalisée à sa demande et mettant en scène le frère imaginaire de Jean-Baptiste Poquelin, immigré au Québec.

Les sites[modifier | modifier le code]

Les Fables de La Fontaine en 2006.

En 2011, le Mois Molière présente 300 manifestations sur 60 sites[16].

Toute la ville de Versailles se transforme chaque année en théâtre à ciel ouvert pour le festival. Parmi les lieux accueillant des représentations figurent :

Organisation[modifier | modifier le code]

Le Mois Molière est organisé par la Ville de Versailles avec le soutien de bénévoles (plus de 250 en 2009[17]).

François de Mazières, le créateur, en assure la direction artistique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Dépêche de l'agence France-Presse, « Versailles inaugure la 14e édition du "Mois Molière" » sur le site officiel de l'hebdomadaire Le Point, 1er juin 2009
  2. (fr) François de Mazières 2006, p. 11
  3. (fr) François de Mazières, « Cette année, le Mois Molière fête ses 15 ans ! », sur moismoliere.com (consulté le 28 mai 2010)
  4. (fr) François de Mazières 2006, p. 13
  5. (fr) François de Mazières 2006, p. 21-26
  6. (fr) François de Mazières 2006, p. 44
  7. (fr) « Mois Molière, scène géante à ciel ouvert », sur Le Point,‎ 22 juin 2010
  8. (fr) Armelle Héliot, « Le Mois Molière de Versailles », sur Le Figaro,‎ 25 mai 2010
  9. (fr) « 75000 au Mois Molière », sur Le Parisien,‎ 6 juillet 2010
  10. (fr) Ville de Versailles, « Ville de Versailles : Mois Molière », sur versailles.fr (consulté le 9 mai 2011)
  11. (fr) Laurence Liban, « Le Mois Molière redonne souffle à la commedia d'all'arte », L'Express, 28 mai 2009
  12. (fr) Stéphane Haïk, « Théâtre - Un mois Molière à Versailles », France-Soir, 16 juin 2009
  13. (fr) [PDF] communiqué de presse de la ville de Versailles, « Mois Molière 2009 : Versailles, théâtre à ciel ouvert de la commedia dell’arte... » sur le site officiel de la ville de Versailles, 18 mai 2009
  14. (fr) Matthieu Suc, « Le règne du Mois Molière », Le Parisien, 4 juin 2009
  15. (fr) Ariane Bavelier, « L'hommage de Lopatkina », sur Le Figaro,‎ 15 juin 2010
  16. (fr) [PDF] Communiqué de presse de la ville de Versailles, « François de Mazières à l’initiative du « Manifeste de Reus » pour un Nouveau Théâtre Populaire », sur moismoliere.com,‎ 29 avril 2010
  17. (fr) Stéphane Gauthier, « Molière et Versailles : un lien éternel », Les Nouvelles de Versailles, 27 mai 2009, p.14

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François de Mazières, Versailles en scène, l'aventure du Mois Molière, éditions Artlys,‎ 2006

Lien externe[modifier | modifier le code]

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