Le Mauvais Génie

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Le Mauvais génie
Image illustrative de l'article Le Mauvais Génie

Auteur Comtesse de Ségur
Genre Roman pour enfants
Pays d'origine France
Éditeur Hachette
Collection Bibliothèque rose
Date de parution 1867
Dessinateur Émile Bayard
Chronologie
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Le Mauvais Génie est un roman de la comtesse de Ségur paru en 1867. C'est une œuvre moralisatrice et humoristique à la fois, avec un certain parti-pris pour l'armée et la carrière militaire.

Le roman[modifier | modifier le code]

Le titre fait référence à Alcide Bourel, fils de cafetier, foncièrement mauvais, qui exerce une mauvaise influence sur Frédéric Bonard. Ce dernier cède facilement, mais il a un bon fond : il est toujours plein de remords après ses méfaits.

L'humour est apporté par le personnage de Georgey, un Anglais catholique, d'origine irlandaise : il est excentrique, généreux, souvent naïf, mais parfois aussi d'une grande perspicacité pour se rendre compte que Frédéric, à l'opposé d'Alcide, a un bon fond. Sa conversation est haute en couleur car il truffe ses phrases de mots anglais (exemple type: turkey, pour désigner les dindons). Le cheminement de sa pensée semble parfois curieux à ses interlocuteurs. Il rappelle d'autres personnages similaires de la comtesse de Ségur : le général Dourakine du roman éponyme, mademoiselle Primerose dans Après la pluie, le beau temps. Il rappelle aussi un personnage très différent : le sévère monsieur Féréor dans La Fortune de Gaspard. Tout comme lui, c'est un industriel entreprenant.

Il y a d'autres personnages :

  • Julien, il a été adopté par les parents de Frédéric ; il n'a que des qualités, il est travailleur et reconnaissant pour ses parents adoptifs. Il bénéficie de la générosité sans fond de Georgey.
  • Le père de Frédéric peut avoir de terribles colères contre Frédéric à la suite de ses vols, mais il sera aussi très fier de son fils pour sa carrière militaire.
  • La mère de Frédéric a elle aussi honte de son fils, mais elle essaie de tempérer la colère du père.

Résumé[modifier | modifier le code]

Vol de dindons[modifier | modifier le code]

Julien est chargé de garder des dindons (à l'époque, c'était une activité à plein temps). Plusieurs fois, des dindons disparaissent. Ses parents adoptifs lui en font grief, à la grande honte de Julien. En fait, il s'avère que le voleur est Frédéric, influencé par le méchant Alcide. Ces deux larrons les vendaient très cher à Georgey, un anglais excentrique et à l'appétit d'ogre.

Au départ, Georgey croit que Julien est un voleur, puis il s'aperçoit de sa méprise. Il y a un épisode pittoresque où la servante de Georgey est frappée par Julien, qui n'est qu'un gamin de moins de dix ans : il croit qu'elle veut voler ses dindons. Pendant ce temps, Georgey est camouflé dans les buissons et admire le courage de Julien. Sa servante est elle aussi pleine de qualités et n'a aucune rancune pour son maître qu'elle adore, ni pour Julien dont elle voit qu'il est plein de qualités.

Vol dans l'armoire des Bonard[modifier | modifier le code]

Alcide de nouveau exerce une mauvaise influence sur Frédéric et le pousse à fracturer une armoire chez les parents de Frédéric, pour voler l'argent qui est dedans. Ils enivrent Georgey et Julien, puis ils volent le porte-monnaie de Georgey. Les époux Bonard portent plainte lorsqu’ils constatent le vol, ne se doutant pas que leur propre fils est le coupable.

Alcide et Frédéric se font à leur tour voler par d'autres mauvais garçons. Monsieur Georgey reconnaît qu'il n'aurait pas dû s’enivrer et n'aurait pas dû laisser Julien boire avec eux. Les époux Bonard et Georgey découvrent que Frédéric est l'un des voleurs. Monsieur Bonard est effondré : il va passer pour le père d'un voleur et être déshonoré.

Pour tromper les gendarmes, Georgey réussit à trouver une histoire à dormir debout, où il explique que c'est lui qui a fracturé cette armoire. Les gendarmes sont amusés par l'excentricité de ce riche anglais et le croient sur parole.

La rédemption de Frédéric par son engagement dans l'armée[modifier | modifier le code]

Frédéric s'engage dans l'armée pour expier ses fautes. Il est simple soldat en Algérie (voir conquête de l'Algérie), mais très estimé de tous : le colonel, les sergents et ses camarades de troupe.

La comtesse de Ségur a appelé le colonel Bertrand Duguesclin, sans doute en référence à Bertrand Du Guesclin (1320-1380), un soldat redoutable de la guerre de Cent Ans (sans doute, le plus grand des connétables de l'histoire de France).

À nouveau, Frédéric croise Alcide, qui s'est lui aussi engagé, pour échapper aux conséquences de ses actes : à la suite d'un concours de circonstances, Frédéric, ivre, veut protéger Alcide contre un sergent, qui ne fait que son travail.

Se rebeller contre un sergent relève de la peine de mort à l'époque. Frédéric et Alcide sont jugés. Après un certain suspens, le premier n'est pas condamné car tout le monde est conscient de ses qualités, y compris le maréchal des logis auquel il a eu affaire. Frédéric est plein de reconnaissance pour ceux qui l'ont gracié et pour ce sergent.

Frédéric participe à une bataille contre les Arabes, se bat brillamment et sauve la vie du colonel Bertrand Duguesclin et du fameux sergent. Alcide est exécuté , il refuse l'aumônier catholique et meurt en injuriant ses chefs et Frédéric.

Frédéric devient sergent. À la suite d'une maladie, il tombe gravement malade, Georgey le découvre par hasard sur un lit d'hôpital : il le ramène en France. Monsieur Bonard montre fièrement son fils en uniforme, avec ses galons et ses décorations, à toute la ville.

Georgey par ses relations obtient la libération du service militaire pour Frédéric.

Les illustrations de l'époque par Émile Bayard[modifier | modifier le code]

Dans les éditions anciennes, ce roman était illustré par les dessins de Émile Bayard. Il existe notamment un dessin très parlant, où l'on voit l'excentrique et généreux Georgey s'accuser lui-même d'avoir fracturé l'armoire des époux Bonard.

Liens externes[modifier | modifier le code]