Le Livre noir de la psychanalyse
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Le Livre noir de la psychanalyse est un corpus d'articles publié sous la direction de Catherine Meyer, condensant des critiques émanant de plusieurs auteurs et reprenant notamment les critiques des Freud scholars formulées par des scientifiques[1]).
Ces critiques remettent en cause des éléments de l'histoire de la psychanalyse et la scientificité des théories de Freud, et soulignent les échecs de la psychanalyse. Ce livre, paru en septembre 2005, rassemble quarante auteurs de différentes nationalités et de différentes spécialités : historiens, psychiatres, philosophes, etc…
Il a été largement contesté par la communauté psychanalytique[2],[3],[4].
Sommaire |
Le contenu [modifier]
Le livre critique la psychanalyse freudienne comme théorie (métapsychologie) et comme pratique selon plusieurs axes, dont on peut dégager l'essentiel, à partir des cinq parties qu'il contient :
- La Face cachée de l'histoire freudienne
- Pourquoi la psychanalyse a-t-elle eu un tel succès ?
- La Psychanalyse et ses impasses
- Les Victimes de la psychanalyse
- Il y a une vie après Freud
Les mensonges (La Face cachée de l'histoire freudienne) [modifier]
Dans ce livre sont présentés des principaux travaux des historiens indépendants et critiques du freudisme et de la psychanalyse. Cette présentation s'articule autour des sections suivantes :
- Mythes et légendes de la psychanalyse,
- Les fausses Guérisons,
- La fabrication des données psychanalytiques,
- L’éthique de la psychanalyse ?
Le principal objectif de recherche est de démontrer le décalage important entre l'histoire réelle de la psychanalyse et celle concernant le personnage de Freud par rapport à l'histoire officielle[réf. souhaitée]. Ces historiens, pour la plupart anglo-saxons, et se nommant, entre eux, les Freud Scholars (« érudits de Freud »), démontrent avec des preuves historiographiques vérifiables[Lesquelles ?], que ce sont des légendes construites autour de Freud et de la psychanalyse qui obstruent la vérité[Laquelle ?] sur ce que furent et ce que sont encore aujourd'hui l'un et l'autre. Ils argumentent, comme l'écrit Mikkel Borch-Jacobsen[réf. souhaitée], sur le fait que la psychanalyse ne résiste pas à « la police du passé ».
Ces historiens démontrent les mensonges de S. Freud (et de certains de ses hagiographes) au sujet de :
- 1. ses études cliniques
- 2. son matériel clinique
- 3. ses résultats thérapeutiques
- 4. de la portée et de l'innovation de ses résultats théoriques et pratiques
- 5. sur ses méthodes de travail.
Ils révèlent, par ailleurs, l'édification progressive de légendes autour de sa personne, de son prétendu génie scientifique, et de l'efficacité révolutionnaire de la thérapie psychanalytique.
Le travail d'historiens comme Frank Sulloway[5], celui de Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu Shamdasani (psychologue jungien)[6], ainsi que les travaux de Frederick Crews, Frank Cioffi, Han Israëls, Jacques Van Rillaer, Robert Wilcocks, Allen Esterson, Richard Webster, Richard Pollak, Patrick Mahony (psychanalyste), etc., tendent tous vers la démystification de ce qui est perçu par les auteurs de ce livre, comme les diverses légendes mensongères et désinformatrices construites et entretenues autour de Freud et de la psychanalyse[réf. souhaitée].
La publication des lettres de Freud à Fliess, va également dans le sens de ce travail, même si beaucoup d'archives entreposées à la bibliothèque du Congrès à Washington sont encore sous clé et interdites jusque vers 2052 aux regards des historiens.
Certains historiens critiques de la psychanalyse, comme Jacques Bénesteau, n'ont pas participé à ce livre, ainsi que des philosophes, comme Jacques Bouveresse[7].
La méthode [modifier]
Les psychanalyses freudienne et lacanienne (comme méthode d'exploration du psychisme, comme ensemble de théories et comme thérapie) se voient critiquées d'un point de vue méthodologique et, à la suite de Karl Popper, épistémologique. Cependant, certains auteurs du Livre noir, comme Crews ou Cioffi, contestent quelque peu la critique de Karl Popper sur l'irréfutabilité du corpus freudien.
L'efficacité [modifier]
La psychanalyse freudienne comme thérapie, soit la cure psychanalytique, est critiquée en tant que peu efficace, peu sûre, par opposition aux thérapies cognitivo-comportementales issues du béhaviorisme et de la psychologie cognitive.[réf. souhaitée]
La légitimité du praticien [modifier]
L'analyste est un ancien analysé sans autre légitimité universitaire ni d'obligation de diplômes, sa pratique flirte, selon certains[Par qui ?], avec l'exercice illégal de la médecine.[réf. souhaitée] Melanie Klein, Anna Freud, Otto Rank, Theodor Reik, Marie Bonaparte, Lou Andreas-Salomé, pour ne citer qu'eux, n'étaient ni médecins ni psychologues. Des auteurs du livre[Lesquels ?] font par ailleurs savoir que la pratique de l'analyse freudienne s'est démodée dans une grande partie du monde, à l'exception de la France, de l'Argentine et de la Suisse[réf. souhaitée].
La sclérose [modifier]
Le livre pointe du doigt l'inertie des psychanalystes freudiens et lacaniens dont les pratiques et les théories s'éloigneraient de plus en plus des avancées de la connaissance de la psyché[réf. souhaitée] :
« Hier insurgés et de toutes les avant-gardes, les freudiens et les lacaniens sont devenus aujourd'hui des intellectuels sourcilleux et volontiers agressifs, défendant leur bastion avec dogmatisme. La sclérose de la réflexion est patente : refus de diffuser les travaux des historiens critiques de Freud, fermeture aux découvertes scientifiques dérangeantes et censure des travaux qui évaluent l'efficacité des psychothérapies (peu favorables à la psychanalyse...)[8] »
L'omerta [modifier]
De nombreux auteurs du livre et ceux qui sont responsables de sa création, dénoncent une loi du silence médiatique qui entoure d'après eux, en France, la critique de la psychanalyse. Le verrouillage d'une partie des archives de Freud par ses ayants droit est aussi critiqué.
Auteurs [modifier]
Auteurs principaux [modifier]
- Mikkel Borch-Jacobsen, auteur de Anna O. une mystification centenaire, historien de la psychanalyse.
- Jean Cottraux, psychiatre des hôpitaux, thérapeute cognitivo-comportemental, directeur de l'Unité de traitement de l'anxiété au CHU de Lyon
- Didier Pleux, docteur en psychologie du développement, psychologue clinicien et directeur de l’Institut français de thérapie cognitive
- Jacques Van Rillaer, professeur de psychologie à l'université de Louvain-la-Neuve et aux Facultés universitaires Saint-Louis, praticien des thérapies comportementales et cognitives.
Autres collaborateurs [modifier]
- Catherine Barthélémy, chef de service de pédopsychiatrie au CHU de Tours
- Aaron Beck, spécialiste en thérapies cognitives
- Madeleine Beaudry, professeur à l'université Laval - Québec
- Jean-Marie Boisvert, professeur à l'université Laval - Québec
- Filip Buekens, philosophe à l'université de Tilburg aux Pays-Bas.
- Frederick Crews, professeur émérite à Université de Berkeley en Californie
- Frank Cioffi, philosophe et historien des sciences à l’université du Kent, Cantorbéry.
- Jean-Jacques Déglon, psychiatre suisse spécialisé dans l'étude de la toxicomanie.
- Albert Ellis, psychothérapeute de l'approche émotivo-rationnelle (70 ouvrages)
- Allen Esterson, physicien et mathématicien, auteur de Seductive Mirage : An Exploration of the Work of Sigmund Freud.
- Violaine Guéritault, spécialiste du syndrome du burn-out, docteur en psychologie, diplômé de Georgia State University où elle a enseigné plusieurs années
- Émilie Hermant, psychologue clinicienne, coordinatrice du Centre Georges Devereux
- Allan Hobson, professeur de psychiatrie à la Harvard medical School et directeur du laboratoire de neurophysiologie au Massachusetts Mental Health Center.
- Han Israëls, enseignant en psychologie judiciaire à l'Université de Maastricht
- Patrick Légeron, médecin psychiatre à l’Hôpital Sainte-Anne à Paris.
- Malcolm Macmillan, président de la Société internationale pour l’Histoire des Neurosciences, et professeur à l’école de psychologie de l’Université de Deakin en Australie
- Patrick Mahony, psychanalyste américain [5], enseignant à l'Université de Montréal, membre de la Société royale de psychanalyse du Canada et lauréat d'une bourse Killam.
- Tobie Nathan, professeur de psychologie clinique et pathologique à l'université de Paris VIII
- Antoine Pelissolo, docteur en médecine, psychiatre à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris.
- Philippe Pignarre, directeur de la maison d'édition Les Empêcheurs de penser en rond. Ancien employé de l'industrie pharmaceutique, qu'il critique à présent violemment.
- Richard Pollak, journaliste
- Joëlle Proust, Directrice de recherche au CNRS, Agrégée de Philosophie
- Frédéric Rosenfeld, psychiatre libéral à Lyon, auteur de "Méditer c'est se soigner" aux éditions Les Arènes.
- Sonu Shamdasani, historien de la médecine et des sciences, chercheur au Wellcome Trust Centre for the History of Medicine au University College de Londres, spécialiste de Carl Gustav Jung, auteur notamment de Psychologie du yoga de la Kundalinî.
- Edward Shorter, historien de la médecine, enseignant à la Faculté de médecine de l’université de Toronto.
- Isabelle Stengers, philosophe et historienne des sciences, chargée de cours à l'université libre de Bruxelles.
- Frank Sulloway, historien des sciences à l’université de Californie à Berkeley
- Pascal de Sutter, docteur en psychologie et sexologue clinicien d’origine belge
- Peter Swales, spécialiste de Freud.
Réception [modifier]
De nombreux journaux ont fait état de cette publication et relayé les débats soulevés par le livre, notamment Le Point, Le Nouvel Observateur, Le Monde ou encore Libération pour la France, mais également des journaux étrangers : Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne), Le Temps (Suisse), The Observer (Grande-Bretagne), NRC Hangelsblad (Amsterdam)[9].
Critique [modifier]
Des psychanalystes, tels Elisabeth Roudinesco notamment dans une interview parue dans l'hebdomadaire L'Express du 5 septembre 2005 sous le titre Elisabeth Roudinesco contre-attaque, ont accusé le livre d'être une publicité déguisée pour la psychothérapie cognitivo-comportementale. Cependant seul un quart des auteurs du Livre noir de la psychanalyse se réclame de ce courant (les autres étant historiens, philosophes, ethnopsychiatres ou neurologues).
Il a été largement contesté par la communauté psychanalytique, non seulement sur le fond (qui était connu depuis longtemps[réf. nécessaire]) mais aussi sur la forme[10].
À la question, est-ce « le meilleur moyen de lancer un débat était-il de traiter Freud de tous les noms ? » Jean Cottraux, l'un des co-auteurs, répond : « On a forcé un peu la note et un débat a besoin d'être polémique. » À la question : « Mais pourquoi aller jusqu'aux injures ? », il répond : « Freud n'est pas qu'un scientifique, c'est aussi un leader politique. Sans insultes ni diffamation, nous avons exploré le côté obscur de ce leader politique. Un exercice démocratique : le public a le droit de savoir. »[11]
Pierre-henri Castel souligne « l’incroyable pauvreté » des attaques contre le livre noir de la psychanalyse[12]
En 2005, Jacques Van Rillaer répond à toutes les critiques d'Elisabeth Roudinesco à propos du « Livre noir de la psychanalyse.»[13]. Il lui a reproché à l'occasion d'une autre polémique, « mauvaise foi » et mensonge[14].
L'ouvrage a été jugé comme étant à caractère polémique et sans intérêt scientifique[15], faisant dans la « caricature » et qui « n’aborde que la part d’ombre de cet énorme mouvement psychodynamique, tait les nombreux concepts élaborés dont certains ont été validés, et surtout les développements et les mouvements orthodoxes actuels »[16] ou encore comme étant une « encyclopédie de la mauvaise humeur et de la mauvaise foi » aux « critiques ressassées depuis l’origine de la psychanalyse, sans méthode, sans argumentation, au mépris de toute rigueur scientifique et de toute objectivité »[17].
La polémique [modifier]
Élisabeth Roudinesco accuse l'éditeur d'être voué aux « thèmes conspirationnistes »[18]. Laurent Beccaria, le directeur des éditions Les Arènes a répondu publiquement[19].
Articles connexes [modifier]
- Critiques de la psychanalyse
- Psychanalyse
- Le Crépuscule d'une idole (essai de Michel Onfray prenant pour base de réflexion Le Livre noir de la psychanalyse)
Liens externes [modifier]
Critiques [modifier]
- Commentaire d'Élisabeth Roudinesco
- Commentaire d'Olivier Douville
- Commentaire de Guy Massat
- Commentaire par Bernard Brusset de la Société psychanalytique de Paris
- La fraude de Freud : les glissements polémiques de M. Borch-Jacobsen par Pierre-Henri Castel (article traitant d'écrits antérieurs de M. Borch-Jacobsen)
- Bernard Brusset « Une lecture du Livre noir de la psychanalyse », Revue française de psychanalyse 2/2006 (Vol. 70), p. 571-582, [6]
- Roger Perron « Noirceurs », Le Carnet PSY 8/2005 (n° 103), p. 14-18, [7]
- Pierre Delion « Quelques réflexions à propos du livre noir de la psychanalyse et de l'article de Philippe Pignarre dans le Monde du 16 septembre 2005 », Le Carnet PSY 8/2005 (n° 103), p. 18-20, [8]
Favorables et autres [modifier]
- Dossier sur le site de l'éditeur
- Le site de l'AFIS, Science et pseudo-sciences avec de nombreux articles et dossier sur la psychanalyse et sur le Livre noir. [9] et [10]
Notes et références [modifier]
- Louis Jugnet, Rudolf Allers ou l'anti-Freud, Groupe Saint-Remi, 1950
Henri F. Ellenberger, A la découverte de l'inconscient, SIMEP, 1974
Robert CASTEL, Le Psychanalysme, Maspero, 1973
Jacques Van Rillaer, Les Illusions de la psychanalyse, Editions Mardaga, 1980 - International Journal of Psychoanalysis 87:5, 2006, (DOI:10.1516/3JYE-39CB-8QN2-0W58)
- Annales Médico Psychologiques, volume 164 (2006) (DOI:10.1016/j.amp.2006.10.007)
- Revue française de psychanalyse, volume 70, 2006 [1]
- dans Freud biologiste de l'esprit
- dans Le Dossier Freud. Enquête sur l'histoire de la psychanalyse
- Auteur de Philosophie, mythologie et pseudo-science. Wittgenstein lecteur de Freud, Éditions de l'Éclat, 196 p., 1991 ISBN 2-905372-46-X
- Extrait du dossier de presse du Livre noir de la psychanalyse
- Le livre noir de la psychanalyse, préface de l'édition de poche
- « Ce livre témoigne d’une haine d’une rare violence contre la psychanalyse et son fondateur, qui pourtant en ont vu d’autres depuis toujours, car une bonne part de ces débats sont contemporains de la naissance de la psychanalyse elle-même et parcourent toute son histoire. Cela laisse pantois le lecteur et le sidère. Quelques rares textes font preuve de plus de modération et de réflexion. Malgré ceux-ci, il se dégage une agressivité tellement massive que rien ne peut la contenir. Ce livre ne présente dès lors que bien peu d’intérêt puisqu’aucun débat n’est possible. » - Revue d'éthique et de théologie morale, Recensions, 2005 [lire en ligne]
- Éric Favereau, « La psychanalyse n'est en rien démontrée », sur www.liberation.fr, 17 septembre 2005. Consulté le 1er février 2013
- [2]
- L'Express du 05 09 2005
- « Roudinesco ment et sans doute le sait-elle (j’ai peine à imaginer que cette « psychanalyste » mente inconsciemment). »[3]
- « A polemical tone [...] as concerns scientific or technical debate, it is better to move on quickly »in International Journal of Psychoanalysis 87:5, 2006, (DOI:10.1516/3JYE-39CB-8QN2-0W58)
- Annales Médico Psychologiques, volume 164 (2006) (DOI:10.1016/j.amp.2006.10.007)
- Revue française de psychanalyse, volume 70, 2006 [4]
- http://www.psychasoc.com/layout/set/print/content/view/pdf/773
- Mise au point de Laurent Beccaria, directeur des éditions Les Arènes
Bibliographie [modifier]
- Le Livre noir de la psychanalyse, sous la direction de Catherine Meyer, 2005, Les Arènes, (ISBN 978-2-912485-88-5)
- L'Anti-Livre noir de la psychanalyse, sous la direction de Jacques-Alain Miller, Paris, Le Seuil, 2006, (ISBN 978-2-02-085774-1)
- Pourquoi tant de haine ? Anatomie du Le Livre noir de la psychanalyse, Élisabeth Roudinesco, Jean- Pierre Sueur, Roland Gori, Pierre Delion, Jack Ralite. Navarin Éditeur, Paris, octobre 2005 (ISBN 978-2-9519169-9-9)
- Paul-François Paoli, « Psychanalyse : traité de tous les non », Le Figaro, 15 septembre 2005
- La Guerre des psys. Manifeste pour une psychothérapie démocratique, sous la direction de Tobie Nathan, 2006, Les Empêcheurs de penser en rond, (ISBN 978-2-84671-149-4)
- Françoise Gosselin et Philippe Viard, L'État et les psychothérapies, ou le pouvoir politique face à l'illusion scientiste, Paris, Harmattan, 2006.(ISBN : 978-2-296-02665-0)
- Pascal Hachet, Un livre blanc pour la psychanalyse. Chroniques 1990-2005. Paris : L'Harmattan.
- Samuel Lézé, L'autorité des psychanalystes, Puf, 2010 ISBN: 2130577644