Le Livre de l'intranquillité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Livre de l'intranquillité
Auteur Fernando Pessoa
Version originale
Titre original O Livro do desassossego por Bernardo Soares
Éditeur original Ed. Ática
Langue originale Portugais
Pays d'origine Drapeau du Portugal Portugal
Lieu de parution original Lisbonne
Date de parution originale 1982
Version française
Traducteur Françoise Laye
Éditeur Christian Bourgois
Date de parution 1988

Le Livre de l'intranquillité (en portugais : O Livro do desassossego por Bernardo Soares) est une œuvre posthume de Fernando Pessoa publiée pour la première fois en 1982. Attribuée par l'auteur à son « semi-hétéronyme » Bernardo Soares, elle constitue un recueil inachevé de réflexions, de pensées, d'aphorismes et de poèmes en prose rédigés de manière inconstante et notés sur des feuilles éparses avec l'indication O Livro do desassossego entre 1913 et 1935[1]. Ouvrage majeur de la littérature du XXe siècle, ce livre est considéré comme le chef-d'œuvre de son auteur.

Éditions françaises[modifier | modifier le code]

La première édition française a paru chez Christian Bourgois éditeur en deux volumes en 1988 et 1992 dans une traduction primée[2] de Françoise Laye, suivant l'édition portugaise originale de 1982 établie par Richard Zenith (en), et a connu un certain succès. En 1999 parait une seconde édition revue, corrigée et augmentée comprenant un total de 549 fragments et autres textes, basée sur la nouvelle édition portugaise de 1998 : Richard Zenith a rajouté des inédits par rapport à l'édition de 1982 et modifié l'ordre des textes pour donner une meilleure cohérence à l'ensemble. Une troisième édition, encore une fois revue, corrigée et augmentée, voit le jour en 2011, toujours chez le même éditeur.

« Intranquillité », un néologisme[modifier | modifier le code]

Le mot « intranquillité », qui a été préféré à « inquiétude », est entré en français avec ce titre en 1988, même s'il avait été auparavant employé par Henri Michaux dans un poème peu connu, à l'insu de Françoise Laye et de Robert Bréchon[3]. Pessoa avait également utilisé un néologisme en portugais.

Analyse et réception critique[modifier | modifier le code]

Fernando Pessoa dans un bistro à Lisbonne, en 1929, ou bien Bernardo Soares?

« Le Livre de l’intranquillité est le récit du désenchantement du monde, la chronique suprême de la dérision et de la sagesse mais aussi de l’affirmation que la vie n’est rien si l’art ne vient lui donner un sens. L’art, ici même, est poussé à son paroxysme. » (François Busnel, Le Magazine littéraire, mars 2000)

« Le Livre de l’intranquillité est le journal intime que Pessoa attribue à son double, l’employé de bureau Bernardo Soares ; mais les paysages urbains de Lisbonne y sont si présents qu’on peut le lire aussi comme le roman géo-poétique de la ville avec laquelle il entretient un rapport singulier, un peu comme Baudelaire avec Paris ou Joyce avec Dublin. » (Robert Bréchon[réf. incomplète])

« C'est peu dire que Bernardo Soares, alias Fernando Pessoa, est intranquille. Mieux vaudrait parler d'errance infinie à travers ses limbes tourmentés ou de la plainte insensée d'un banni de l'existence. Au fil de ce journal intime, Fernando Pessoa inspecte l'intérieur aux mille facettes d'un de ses nombreux hétéronymes, c'est-à-dire d'une de ces « proliférations de soi-même » dont chacun de nous est construit. Ces pensées « décousues » dénotent une supra-conscience des êtres et de l'existence, le plus souvent douloureuse, presque insoutenable, mais qui suscite aussi curieusement, parfois, une douceur indicible, un bercement insondable au cœur de ce ciel où, déclare-t-il “je me constelle en cachette et où je possède mon infini”. » (Laure Anciel[réf. incomplète])

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

Ouvrages critiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Richard Zenith, « Naissance et devenir du Livre de l'intranquillité », dans Pessoa, l'intranquille, pp. 123-134
  2. Prix du meilleur livre étranger en 1989 et Prix Eça de Queiros de la meilleure traduction du portugais en 1991
  3. Françoise Laye, « Bernardo Soares, « bourreau de soi-même » », dans Pessoa, l'intranquille, pp. 13-14