Le Lièvre de Vatanen

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Le Lièvre de Vatanen
Image illustrative de l'article Le Lièvre de Vatanen
Le Lièvre d'Albrecht Dürer

Auteur Arto Paasilinna
Genre Roman picaresque
Version originale
Titre original Jäniksen vuosi
Éditeur original Weilin+Göös
Langue originale Finnois
Pays d'origine Drapeau de la Finlande Finlande
Lieu de parution original Helsinki
Date de parution originale 1975
Version française
Traducteur Anne Colin du Terrail
Lieu de parution Paris
Éditeur Denoël
Date de parution 3 mai 1989
Type de média Livre papier
Nombre de pages 196
ISBN 2-207-23584-X
Chronologie
Précédent Prisonniers du paradis Un homme heureux Suivant

Le Lièvre de Vatanen (titre original en finnois Jäniksen vuosi) est un roman de l'écrivain finlandais Arto Paasilinna écrit en finnois en 1975, à Suomusjärvi. Il a été traduit dans une vingtaine de langues dont l'anglais, l'allemand, l'italien et le français. Il s'agit du roman de Paasilinna le plus lu au monde[1], et le livre a trouvé place en 1994 dans la collection UNESCO d'œuvres représentatives, au travers sa version traduite en anglais par Herbert Lomas en 1995. Ce roman a été porté à l'écran à deux reprises : L'Année du lièvre en 1977 par Risto Jarva et Le Lièvre de Vatanen en 2006 par Marc Rivière.

Résumé[modifier | modifier le code]

Vatanen, journaliste à Helsinki, revient d'un reportage avec son collègue photographe près d'Heinola lorsque leur voiture percute un lièvre. Les deux hommes s'arrêtent, et Vatanen part à la poursuite de l'animal blessé dans la forêt. Pour ainsi dire, Vatanen quitte ici sa vie précédente, travail, femme, appartement.

Vatanen va alors vivre au rythme du lièvre, cherchant à le faire soigner, à bien le nourrir ; d'abord poursuivi par sa femme qu'il n'aime pas et par son employeur, il va parcourir la Finlande du sud au nord, se plongeant progressivement au plus profond de la nature. Son parcours est émaillé de rencontres plus surprenantes les unes que les autres, pour finalement changer totalement de vie.

Épisodes[modifier | modifier le code]

Le roman de Paasilinna explore de nombreux thèmes relatifs à la Finlande de l'époque de son écriture et à son histoire récente. Son voyage en direction du nord est également l'occasion de se plonger un peu dans la géographie du pays.

  • Au fil du roman, nous suivons Vatanen et son lièvre depuis Heinola, et ils poursuivent leur route en se rendant à Mikkeli, Kuopio, Nurmes, Sonkajärvi, Kuhmo, Posio, Rovaniemi et Sodankylä. La route des compères va franchir la frontière avec l'Union soviétique, Vatanen allant abattre son ours près de Kandalaksa. Rapatrié à Petrozavodsk puis Léningrad, la boucle est bouclée lorsqu'il revient à Helsinki.
  • En cherchant à prendre soin de son lièvre, Vatanen apprend petit à petit comment s'occuper d'un animal, et par ce biais, à communier avec la nature. Faisant régulariser sa situation - adoption d'un animal d'une espèce protégée - par un garde de l'administration des chasses du district de Savo-sud, il apprend à le nourrir, gesse des prés notamment. Sa rencontre avec la nature se traduit également par une lutte contre un grand incendie de forêt, l'assistance à une vache qui doit vêler, en se faisant embaucher comme bûcheron, en luttant pour sauver sa pitance d'un vorace et astucieux corbeau
  • Parmi ses rencontres, le commissaire de police, devant qui il passe un moment après son arrestation pour possession d'animal sauvage, lui fait connaître une retraite fort agréable au bord d'un des nombreux lacs de la région, avec l'ancien commissaire Hannikainen. Ce dernier lui fait part de son étude minutieuse, portant sur plusieurs années, le portant à croire que le président de l'époque Urho Kekkonen avait été remplacé par un sosie, et il estimait que le président resterait en place jusqu'aux années 2000.
  • Il s'agit aussi du pasteur Laamanen de Sonkajärvi, qui met son église en pièces à coups de fusil de chasse, quand il s'aperçoit qu'un lièvre y a momentanément élu domicile. Ou encore de Kurko, son collègue bûcheron, un peu braconnier, un peu filou, qui revend en toute illégalité à la ferraille la centaine de tonnes de matériel militaire abandonné par les Allemands en retraite lors de la Guerre de Laponie, qu'il tire du fond d'un lac près de Meltaus. Kaartinen, le sacrificateur, tente quant à lui de tuer le lièvre, de par ses croyances retrouvées provenant du fond des temps de la religion finnoise antique.
  • Vatanen se retrouve plus tard au milieu de manœuvres militaires d'un bataillon de jägers de l'armée finlandaise lors d'une rencontre internationale en présence d'attachés militaires suédois, américains, français et brésiliens. Cette démonstration de combat à ski se déroule alors que le pays se trouve en pleine finlandisation. La femme d'un des représentants étrangers se prend d'affection pour le lièvre, qu'elle ne quittera qu'une fois que celui-ci lui aura causé de multiples ennuis.
  • Après cet épisode, ponctué par l'attaque d'un ours et un incendie du camp militaire, Vatanen se trouve réveillé avec une terrible gueule de bois, en la charmante compagnie de Leila. La jeune femme, avec qui il s'est fiancé, lui raconte son périple dans le sud de la Finlande, leur rencontre et leur nouvelle vie à venir.
  • Le livre se termine autour d'une chasse à l'ours, le même qui avait déjà causé les déboires de Vatanen au milieu du sommet militaire international. Retourné pour un moment en Laponie, isolé, l'ours flairant le lièvre, Vatanen part à sa poursuite depuis Sompio. La chasse se termine sur la Mer Blanche gelée, où le chasseur est félicité par les habitants locaux, s'exprimant dans un patois carélien (rendu dans la version française par une sorte d'accent auvergnat. On peut sans doute voir dans cet épisode une illustration du sisu.
  • L'épilogue repose sur le fait que Vatanen se trouve emprisonné du fait de ses diverses infractions, en compagnie de son lièvre, en qualité de complice (voir l'acte d'accusation cité ci-dessous). Mais l'appel de la nature est plus fort, et ils parviennent à s'évader…

Extrait[modifier | modifier le code]

« Vatanen s'était rendu coupable en Finlande de nombreux délits.
Vatanen était accusé de violation de la foi conjugale. Il avait abusé les autorités en ne signalant pas son changement d'adresse quand il avait, en été, abandonné le domicile conjugal. Il était par conséquent accusé de vagabondage. Cinquièmement, Vatanen avait gardé quelques jours un animal sauvage en sa possession, sans autorisation valable. À Nilsiä (6) Vatanen avait clandestinement pêché au lamparo avec un dénommé Hannikainen et ce sans permis de pêche ; 7) pendant un incendie de forêt, il avait contrevenu à la législation sur l'alcool en consommant des boissons alcoolisées distillées clandestinement, 8) de plus, pendant le même incendie, Vatanen avait déserté son poste pendant vingt-quatre heures pour consommer de l'alcool avec un dénommé Salosensaari ; 9) à Kuhmo, Vatanen avait profané un défunt ; 10) au village de Meltaus, sur l'Ounasjoki, Vatanen avait participé au détournement et à la vente illicite d'un butin de guerre allemand ; 11) à Posio, Vatanen avait martyrisé un animal : 12) au Ruisseau-à-la-con, il avait malmené un moniteur de ski du nom de Kaartinen ; de plus : 13) Vatanen avait négligé d'avertir les autorités en temps utile de la présence d'un ours dans la zone des Gorges-Pantelantes, à Sompio ; 14) pris part à une chasse à l'ours non déclarée, sans autorisation de port d'arme : 15) participé sans invitation officielle à un dîner offert par le ministère des Affaires étrangères ; 16) fait soigner le lièvre en sa possession, sur la foi de faux renseignements, dans un établissement public de recherche, à Helsinki, sans acquitter les frais correspondants ; il avait de plus (17) malmené dans les toilettes d'un restaurant de Helsinki le secrétaire des Jeunesses nationales ; 18) conduit une bicyclette en état d'ivresse sur la route de Kerava ; 19) s'était fiancé, alors qu'il était encore marié, à une dénommée Heikkinen ; Vatanen avait encore (20) récidivé en chassant à nouveau un ours protégé sans autorisation de port d'arme ; 21) franchi au cours de cette chasse la frontière entre la Finlande et l'Union soviétique, sans passeport ni visa en règle ; il s'était ensuite rendu coupable des faits qu'il avait avoués (22) aux autorités soviétiques. »

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Bulgare (Colibri Publishers)
  • Estonien (Loomingu Raamatukogu), 1995
  • Anglais (Peter Owen), 1995
  • Espagnol (Editiones de la Torre)
  • Hébreu (Am Oved Publishers)
  • Néerlandais (Arena), 1993
  • Islandais (Mál og Menning)
  • Italien (Iperborea), 1994
  • Japonais (Merkmal)
  • Croate (A3DATA)
  • Letton (Petergailis)
  • Lituanien (Tyto Alba)
  • Norvégien (Aschehoug)
  • Français (Denoël), 1989
  • Suédois (Brombergs)
  • Allemand (Byblos), 1993
  • Slovène (Cancarjeva Zalozba)
  • Danois (Anastasia), 1997
  • Tchèque (Hejkal)
  • Turc (Simavi Yayinlari)
  • Ukrainien (Calvaria)
  • Hongrois (Magvetö Könyvkiado)
  • Russe (Olga Morozova Publishers)

Édition[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Arto Paasilinna sur Virtual Finland.