Elvis Presley

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Elvis Presley

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Elvis Presley en 1957.

Informations générales
Surnom The King
Nom de naissance Elvis Aaron Presley
Naissance 8 janvier 1935
Tupelo, Mississippi
Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 16 août 1977 (à 42 ans)
Memphis, Tennessee,
États-Unis
Activité principale Chanteur, acteur
Genre musical Rockabilly Rock and roll, blues, country, gospel, pop, pop rock
Instruments Guitare, piano, basse
Années actives 19531977

Elvis Aaron Presley, né le 8 janvier 1935 à Tupelo, Mississippi et mort le 16 août 1977 à Memphis, Tennessee, est un chanteur et acteur américain. Surnommé « The King », il a eu sur la culture musicale une influence mondiale et considérable. Précurseur du Rock and roll - qu'il contribue à populariser d'abord aux États-Unis puis à travers le monde - et du marketing musical, il est considéré comme étant un artiste majeur du XXe siècle.

Elvis Presley a vendu sept cent millions de disques de son vivant, et depuis[1],[2], le chiffre d'un milliard est évoqué ce qui fait de lui l'artiste solo ayant le plus vendu de disques dans le monde[3],[4],[5]. Acteur, il a tourné dans 31 films, donné 1 156 concerts aux États-Unis, dont 525 représentations à Las Vegas[6].

Il est le premier artiste à avoir donné un concert retransmis à la télévision par satellite dans 54 pays simultanément : l'évènement a lieu le 14 janvier 1973 à Hawaï et son audience s'est mesurée à un milliard et demi de téléspectateurs, un record à ce jour pour un spectacle musical. À sa mort, sa fortune personnelle représentait 150 millions de dollars américains.[réf. nécessaire] Il figure dans le classement des artistes décédés rapportant le plus d'argent. Elvis Presley obtient durant sa carrière 90 disques d'or, 52 de platine, 25 de multi-platine et un de diamant pour le Elvis' Christmas Album, vendu dans le monde à plus de dix millions d'exemplaires[7].

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison natale d'Elvis à Tupelo au Mississippi.

Né le 8 janvier 1935 (vers h 35, selon le Last Train To Memphis[8]) dans une famille modeste de Tupelo dans l'État du Mississippi, Elvis Aaron[Note 1]. Presley est le fils unique de Gladys Love Smith et de Vernon Elvis Presley[9]. Il a un frère jumeau mort-né, Jesse Garon Presley. Les ancêtres de Presley sont principalement des Européens avec un mélange Écossais-Irlandais et des Français Normands ; une des arrières-grands-mères de Gladys était Cherokee[10]. Elvis grandit au sein d'une famille très religieuse qui fréquente régulièrement l'église de la Pentecostal First Assembly of God dans laquelle les fidèles chantent du gospel. À onze ans, ses parents lui offrent une guitare et Elvis se passionne très vite pour le blues qu'il écoute en cachette à la radio[11]. Il grandit à Tupelo jusqu'à l'âge de treize ans. Sa mère est ouvrière dans une fabrique de vêtements et son père travaille dans une épicerie. En grande difficulté financière, ils déménagent à Memphis, grande ville dans le Tennessee[8]. Vivant dans un deux-pièces social, Gladys fait des ménages et travaille la nuit dans un hôpital ; Vernon gagne un peu d'argent ici et là. Très vite, Elvis tond des pelouses, lave des voitures et vend des cornets de glace en dehors de l'école pour apporter aussi de l'argent. Après l'école secondaire, il est embauché dans une société d'outillage mais, rêvant de conduire un camion, il trouve finalement un emploi à la Crown Electric Company comme chauffeur-livreur, mais ce métier ne lui convient pas[8].

Débuts (1953–1957)[modifier | modifier le code]

Amateur de gospel, de blues et de country, Elvis décide de tenter sa chance et, pendant l'été 1953, pousse la porte d'un petit studio d'enregistrement spécialisé dans la musique noire, le Studio Sun Records à Memphis. Reçu par la secrétaire Marion Keisker, il enregistre à ses frais (pour quatre dollars) deux chansons, My Happiness et That's When Your Heartaches Begin et repart avec le disque sous le bras pour l'offrir à sa mère. Keisker, qui sait que son patron Sam Phillips est à la recherche de jeunes chanteurs, note le numéro de téléphone du jeune Elvis. Bien qu'elle lui trouve un style bizarre, elle lui reconnaît une « certaine » belle voix. Elle note sur sa fiche : « EP : voix à écouter, bon chanteur de ballade ». Lorsque Keisker en parle à Phillips, celui-ci recontacte Elvis pour un essai. Bientôt, Elvis est dans le studio devant Phillips. Après plusieurs essais peu concluants, Sam Phillips est néanmoins impressionné par la grande mémoire du jeune homme. Il dira plus tard à ce sujet : « C'était incroyable, Elvis connaissait par cœur toutes les chansons dont je lui parlais. Si sa voix n'était pas souvent juste, je dois dire par contre qu'elle avait un rythme assez particulier. Hélas, je n'avais pas le temps de lui apprendre à placer sa voix, mais Elvis était tenace et je lui permettais de revenir le lendemain. »

En 1954, Phillips demande à un groupe musical d'être présent à une nouvelle audition afin de soutenir Elvis musicalement : Scotty Moore à la guitare, et Bill Black à la contrebasse. Si Moore est plus ou moins impressionné, Black l’est moins encore[Note 2]. Le 5 juillet, ils sont en studio. Les premiers essais sont peu satisfaisants, et Phillips, très déçu, s'apprête à fermer le studio quand Elvis entame les premières notes d'une ancienne chanson, That's All Right (Mama) d'Arthur Crudup

Phillips explique : « Ce que venait de faire Elvis avec That's All Right me donna immédiatement la chair de poule. Je savais qu'on tenait quelque chose. Ce n'était pas la chanson à proprement parler, mais ce qu'en faisait Elvis, la chanson était à l'origine un blues, Elvis l'a transformée en rock 'n' roll. Je peux vous dire que pour moi c'était un choc. Je décidais qu'il devait l'enregistrer. Ce fut son premier vrai succès à Memphis. » Le célèbre trio Presley-Moore-Black prend pour nom « The Blue Moon Boys ». En octobre 1954, le batteur D.J. Fontana se joint à Scotty Moore et Bill Black. Ce célèbre trio a joué avec Elvis de 1954 à 1958. Bill Black a quitté le trio en 1958 et il est décédé d'un cancer du cerveau en 1965. Scotty Moore et D.J. Fontana ont continué à travailler avec Elvis jusqu'en 1968.

Signature d'Elvis.

Phillips l'envoie en tournée dans le sud des États-Unis. Pour ses débuts sur scène le futur « King » du rock and roll, chante en donnant des coups brusques du bassin, une innovation jugée provocante pour l'époque, qui lui vaut le surnom de « Pelvis » et amplifie sa notoriété auprès du jeune public. Si les jeunes se reconnaissent immédiatement en Elvis Presley, il n'en va pas de même pour leurs aînés qui, scandalisés devant les déhanchements de plus en plus suggestifs d'Elvis, cherchent à le faire interdire. En conséquence, certains de ses concerts sont purement et simplement annulés et ses disques brûlés en public[réf. nécessaire]. Elvis ne laisse personne indifférent : s'il agace l'Américain puritain, il devient une idole pour des millions d'adolescents. En Floride, en août 1956, à Jacksonville, alors que la jeune vedette s'apprête à monter sur scène devant 22 000 admirateurs enthousiastes, on l'informe que la police est présente dans la salle pour filmer ses fameux déhanchements. Elvis décide alors de ne bouger que son petit doigt pendant toute la durée du concert[3], et l'hystérie est à son comble. Le dernier de ses cinq 45 tours, I Forgot to Remember to Forget, accompagné de Mystery Train, atteint la première place au classement des ventes de « singles ».

À cette époque, Elvis ne cesse de se produire dans le sud et le sud-ouest. Il est notamment présent à 50 reprises à l'émission régionale Louisiana Hayride. Le fondateur et producteur d’Hayride, Horace Logan, eut l'idée de faire signer Elvis pour une apparition hebdomadaire, alors que celui-ci est encore peu connu. Lors de sa dernière participation, Logan annonce qu'Elvis a quitté le bâtiment afin de calmer les adolescentes qui essaient d'apercevoir la vedette après l'émission. Il ne se doute pas alors que cette phrase va devenir un rituel célèbre à la fin de chaque concert : « Elvis has left the building ». La célèbre phrase est reprise par Al Dvorin dans les années 1970, ainsi que par Dire Straits en 1991 dans la chanson hommage Calling Elvis. Elvis, qui est alors célèbre dans le sud et sud-ouest des États-Unis, rencontre à la fin d'un concert un homme vaguement impresario, plus connu en tant qu'aboyeur de cirque. Thomas Andrew Parker ou Tom Parker dit « le colonel », (qui un temps fut l'impresario du jeune chanteur Eddy Arnold). Avec Elvis, Parker va se hisser au sommet de sa profession dans le « show business ». Il signe en 1955 un contrat d'exclusivité avec Elvis sur vingt ans, avec à la clé 15 % de tous les revenus de Presley (dans les années 1970, ce pourcentage est porté à 50 % parce que Presley est son seul client[réf. nécessaire]). Le « colonel » impressionne Elvis, c'est un homme autoritaire à qui rien n'échappe. N'a-t-il pas dit à Elvis pour l'approcher : « Jeune homme, pour l'instant vous valez un million de dollars, bientôt vous les aurez comptant ». Ce sont ces phrases qui impressionnent le jeune Elvis qui rêve de réussite et de dollars tout autant que Parker lui-même. Ce duo atypique change le monde du spectacle. Avec son look de jeune premier, Elvis sait comment attirer les foules sur scène avec sa voix, ses mimiques, ses pas de danse osés et son sens de l'humour. Quant à Parker, il a le sens des affaires et organise la carrière du King comme un véritable show commercial : tubes, films à succès, produits dérivés, posters, photos… Le monde de la musique en est à jamais transformé car beaucoup de ses méthodes seront reprises par d'autres artistes. Cependant, même si leur collaboration s'avère très fructueuse, les critiques fusent, surtout dans le milieu du spectacle. Les uns[Qui ?] reprochent au colonel de ne voir en Elvis qu'une machine à sous quand les autres[Qui ?] reprochent à Elvis d'être devenu un homme sans caractère ni volonté. La presse nationale se déchaîne également. Les grands journaux se disent choqués et outragés. Certains éditorialistes vont jusqu'à le comparer à "une saucisse qui en plus ne sait pas chanter". De grands journalistes le méprisent et méprisent sa façon de bouger en chantant. On peut même lire « Elvis hurle, beugle plus qu'il ne chante, il est une honte pour notre pays. » La presse devient même hargneuse et alarmiste. Le puissant Time Magazine parlera ainsi d'Elvis en évoquant son déhanchement suggestif : « S'il faisait cela dans la rue, on l'arrêterait. » Frank Sinatra déclare à son sujet : « Sa musique est déplorable et favorise des réactions destructrices chez les jeunes ». Ce à quoi son jeune confrère répond officiellement : « J'admire l'homme et il a le droit de dire ce qu'il veut. Je pense toutefois qu'il devrait se rappeler ses débuts »[3].

Photo promotionnelle de 1954.

Une fois le contrat entré en vigueur, Parker offre trois cadeaux à Presley. Le premier est un contrat avec la plus puissante maison de disques au monde, la RCA. C'est elle qui va miser sur Elvis et lui avancer les millions de dollars nécessaires à un essor planétaire. Le deuxième est un premier disque d'or avec Heartbreak Hotel ; Elvis a tout juste vingt ans. Le troisième est un passage à la télévision le 9 septembre 1956 qui sera son premier grand show de variétés TV national, dans le fameux Ed Sullivan Toast Of The Town sur CBS qui a lieu chaque dimanche soir à 20h. Ce soir-là, environ 54 millions de téléspectateurs (soit 82,6 % des foyers possédant un téléviseur) regardent la chaîne ! Lors de sa deuxième apparition au Ed Sullivan Show (le 28 octobre de la même année), il se teint les cheveux en noir, alors qu'ils étaient jusque-là blond châtain[Note 3]. Le « King du rock and roll » vient de naître. Si ces apparitions télévisées enchantent les plus jeunes, les adultes, eux, réprimandent et condamnent toujours la tenue du « King ». Ses déhanchements lascifs et/ou brusques choquent l'Amérique, les moralistes et bien-pensants veulent faire interdire Elvis à la télévision. En conséquence, les réalisateurs ont ordre de ne filmer la star qu'au-dessus de la ceinture mais Elvis ne sera jamais interdit d'antenne. C'est ainsi qu'il interprète ses plus grands succès du milieu des années 1950 : Heartbreak Hotel, Blue Suede Shoes, I Want You, I Need You, I Love You, Don't Be Cruel, et le très suggestif Hound Dog. Parallèlement à la télévision, Elvis poursuit ses tournées de concerts qui deviennent très vite une sorte de kermesse, une foire dangereusement incontrôlable. La vedette se produit devant des foules immenses, arrive en Cadillac rose et est surprotégé par une nuée de policiers ; l'Amérique veut voir et toucher ce jeune chanteur devenu en moins d'un an une idole pour ses enfants. Fin 1956, Elvis décroche son 48e disque d'or de l'année, il fait l'objet d'une véritable vénération hystérique et déclare au fisc pas moins de 22 millions USD de revenus.

Poursuivi jour et nuit par ses admirateurs, Elvis s'offre le 19 mars 1957 pour 120 500 $ USD une grande maison sur le Highway 51 dans Memphis Sud (nom de boulevard changée le 19 janvier 1972 en Elvis-Presley Boulevard). Baptisée Graceland, elle possède vingt-quatre pièces sur un terrain de treize hectares. Cette demeure devient un rempart pour le protéger de l'enthousiasme du public et immédiatement, Elvis y investit un demi-million USD en travaux pour faire de Graceland son royaume. Il y installe ses parents, ses oncles et ses tantes, ses cousins et tout un groupe d'amis ou d'anciens camarades d'école qui deviennent jardiniers, chauffeurs ou comptables pour la vedette. À cette époque, il est considéré comme la plus grande vedette du rock and roll. En 1957, Elvis fait sa seule tournée canadienne[Note 4]. Il est accompagné de Scotty Moore, D.J. Fontana, Bill Black et le groupe vocal The Jordanaires. Trois villes l'accueillent, Toronto, Ottawa (respectivement les 2 et 3 avril) et Vancouver (le 31 août). Elvis aurait aimé faire une tournée européenne, mais le colonel Parker, préférant investir dans des tournées aux États-Unis, n'a jamais voulu[Note 5][réf. nécessaire].

Service militaire et décès de sa mère (1958–1960)[modifier | modifier le code]

Le 20 janvier 1958, Presley reçoit un courrier de l'US Army qui lui signifie qu'il doit accomplir son service militaire. Pendant deux ans, il est affecté en Allemagne[Note 6], où il conduit une jeep pour le sergent Ira Jones (qui relatera leur relation dans un livre). Son service est suspendu le 5 mars 1960. Il habite à Bad Nauheim pendant son service militaire, qu'il effectue dans la base américaine de Ray Barracks, à Friedberg. Depuis, beaucoup[Qui ?] se sont questionnés sur la légitimité de cette mobilisation, alors que l'on était en temps de paix et qu'Elvis était le seul appui de ses parents et de sa grand-mère. Certains[Qui ?] pensent que le but de cette action était de préserver la jeunesse américaine de l'influence du chanteur, ou encore de vouloir préserver Elvis des débordements du rock and roll.

C'est peu avant son départ pour l'Allemagne, alors qu'il est encore au Texas pour y faire ses classes, que sa mère meurt subitement à 46 ans. Elvis, qui adore sa mère, ne s'en remettra jamais vraiment. Les années de service militaire sont des années sombres pour Elvis. Dans un pays étranger, loin de ses amis et de ses admirateurs, Elvis déprime. Bien qu'il soit aussi célèbre que dans son pays, il ne sort pratiquement jamais. C'est pourtant au cours d'une soirée donnée dans la maison qu'il loue, qu'il fait la connaissance d'une toute jeune fille de 14 ans, Priscilla Beaulieu. Il en tombe amoureux et décide même de l'accueillir à Graceland à partir de 1962[Note 7]. C'est aussi en Allemagne que son père, venu le rejoindre, rencontre sa future deuxième épouse, Dee Stanley. Démobilisé, Elvis reprend le cours de sa carrière. Presley est très croyant et il enregistre de nombreux albums de gospel. Les trois Grammy Awards qu'il reçoit lui sont tous décernés pour des morceaux de gospel. Il n'aime pas qu'on lui décerne le titre « The King », car selon lui, le seul roi est Jésus-Christ[Note 8].

Carrière au cinéma (1960–1967)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Filmographie d'Elvis Presley.

Dès 1954, Hollywood s'intéresse à lui. Sa première apparition sur le grand écran en tant qu'acteur est surprenante. Au début, il ne devait pas y avoir de chanson, mais les producteurs en rajoutent quatre et The Reno Brother's (titre original) est rebaptisé Love Me Tender, titre de son dernier succès. Le film parle de la guerre de Sécession et est mal perçu par les admirateurs d'Elvis qui s'indignent de voir leur idole dans un mauvais western. Néanmoins, le film est un succès. Le film suivant, réalisé entièrement sur mesure pour Elvis, est Loving You, titre de son dernier succès. Il joue pratiquement son propre rôle, celui d'un petit chanteur qui devient une superstar grâce au travail et à un manager affairiste. Loving You obtient un immense succès[réf. nécessaire] et Elvis devient une vedette du cinéma. Son troisième film est l'archétype du film violent. Elvis y joue un employé qui aime chanter. Mais, à la suite d'une bagarre, il tue un gars et est envoyé en prison. Là, il se met à chanter et devient la coqueluche de ses codétenus. Libéré, il devient une vedette avant de connaître les affres de la célébrité. Le film, Jailhouse Rock, également le titre de son dernier succès, manque de profondeur et montre un personnage superficiel, mais remporte un succès retentissant auprès des jeunes[réf. nécessaire].

Son dernier film tourné avant qu'il parte pour l'armée en 1958, King Creole, est considéré[Par qui ?] comme son meilleur. Le scénario était prévu pour James Dean [réf. nécessaire] et le personnage passe du boxeur au chanteur. Une fois de plus, Elvis interprète un garçon simple qui s'en sort grâce à la chanson. À partir de 1960, dès son retour de l'armée, Elvis se retire de la scène pour se consacrer à Hollywood. Durant ces neuf années, Presley tourne 27 films, citons : Flaming Star (1960), Blue Hawaii (1961), Kid Galahad (1962) avec Charles Bronson, Fun in Acapulco (1963) avec Ursula Andress, Viva Las Vegas (1964) avec Ann-Margret, qui fut son plus gros succès au box office (rapportant plus de 9 millions de $ à la MGM, pour moins d'1 million de $ investis), et Charro (1969). Toutes ces productions n'ont qu'un seul but : distribuer Elvis dans le monde entier sans que la vedette n'ait besoin de se déplacer. Le succès est au rendez-vous, mais au fil des années, la magie se perd et les films d'Elvis deviennent des caricatures. Ses ventes de disques tirées uniquement des bandes sonores des films connaissent également une chute et Elvis ne rencontre plus le succès d'avant. Le monde a changé, la musique aussi et de nouveaux chanteurs et groupes ont fait leur apparition ; Elvis reçoit les Beatles chez lui, le 27 août 1965, dans sa maison de Bel Air à Los Angeles. Lorsque son contrat cinématographique prend fin en 1969, Elvis, fatigué et critiqué, décide de mettre un terme à sa carrière à Hollywood.

Il fait trois émissions spéciales à la télévision[réf. nécessaire] : Elvis (1968), Elvis : Aloha from Hawaii, via Satellite (1973), et Elvis in Concert (1977). Il y a eu également quatre adaptations biographiques (entre parenthèses sont les acteurs qui l'ont incarné et les actrices qui ont incarné Priscilla)[12] : Elvis, 1979, téléfilm (Kurt Russell, Season Hubley), Elvis and Me, 1988, téléfilm (Dale Midkiff, Susan Walters), Elvis, 1990, télé-serie (13 episodes d'une demi-heure) (Michael St. Gerard), et Elvis, 2005, téléfilm (Jonathan Rhys Meyers, Antonia Bernath).

Durant cet intermède hollywoodien, la musique a considérablement changé, la scène aussi. La Pop et le rock anglais, avec comme fer de lance les Beatles et les Rolling Stones, ont renouvelé le rock 'n' roll, qu'Elvis a popularisé, fait connaître au monde et dont aujourd'hui il n'est plus qu'une référence. Bien plus tard[Quand ?], John Lennon devait dire : « Elvis est mort le jour où il est entré à l'armée »[réf. nécessaire]. Les professionnels[Lesquels ?] lui conseillent de faire encore quelques films, puis de se retirer. Amer et déçu, il envisage alors de voyager à l'étranger, notamment en Europe et de profiter agréablement de son temps. Mais son manager le dissuade de partir. Elvis ne s'est jamais produit en Europe et sa venue pourrait semer le trouble ce que ne souhaite pas Parker. L'artiste renonce et mène alors une vie cachée, faite d'excès en tous genres[précision nécessaire], de nuits blanches et de soirées mondaines. Refusant systématiquement toutes les invitations, Elvis préfère organiser des fêtes dans sa maison de Beverly Hills, où il reçoit de nombreuses starlettes et où il peut s'adonner sans retenue à toutes les facéties. Fatigué de cette carrière cinématographique qu'il juge décevante, tout comme il trouve sa vie monotone et sans relief. Perdant le goût du travail, il tourne à contre cœur les dernières comédies musicales qui le lient aux studios.

Comeback (1968–1973)[modifier | modifier le code]

Le colonel Parker signe un contrat qui relance la carrière musicale d'Elvis Presley : celui-ci réapparaît à la télévision après sept ans d'absence. Sa dernière apparition date de son retour de l'armée et n'avait duré que six minutes, aux côtés de Frank Sinatra. Cette fois, il est seul devant la caméra, dans une sorte de one-man show au cours duquel il interprète ses anciens succès, mais également de nouveaux. L'émission, appelée Elvis, '68 Comeback Special, est annoncée à grands frais. Elle est diffusée le 3 décembre 1968 sur le réseau NBC. Elvis revient avec ses anciens musiciens, habillé de cuir.

Pour cette occasion, il est accompagné sur scène par :

  • D.J. Fontana : batteur utilisant une boîte à guitare comme instrument ;
  • Alan Fortas : tapant au dos d'une guitare et voix d'accompagnement ;
  • Charlie Hodge : guitare acoustique et voix d'accompagnement ;
  • Lance LeGault : tapant au dos d'une guitare et jouant du tambourin ;
  • Scotty Moore : guitariste (acoustique et électrique) ;
  • ainsi que plusieurs autres musiciens et figurants.

Ce retour a un tel retentissement que son manager n'a aucun mal à remettre Elvis Presley sur une scène, pourtant, le Colonel avait prévu à l'origine un simple show avec des chansons de Noël. Elvis tentait déjà de reprendre sa carrière et sa vie en main, en imposant les chansons, la mise en scène, et le costume.

Concerts (1969–1977)[modifier | modifier le code]

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Elvis et Richard Nixon à la Maison-Blanche, 21 décembre 1970.

En 1969, dans la continuité de son succès au NBC-TV Special diffusé le 3 décembre 1968, Elvis Presley décide d'enregistrer de nouvelles chansons dans des tonalités actuelles ; ainsi le 13 janvier 1969, Elvis rentre dans les locaux de l'American Studio pour enregistrer l'une des sessions les plus riches de sa carrière. Il travaille avec Chips Moman (en), le fondateur du studio, réputé pour son perfectionnisme. Une véritable alchimie entre les deux hommes permet à Elvis d'offrir à son public d'excellents titres parmi lesquels : Suspicious Minds, In The Ghetto, Don't Cry Daddy, Long Black Limousine, Inherit The Wind, Rubberneckin, Without Love… Ces sessions aboutissent à la sortie de deux albums: From Elvis In Memphis sorti en juin 1969 qui reste plus de 20 semaines dans les charts aux États-Unis et se classe même no 1 au Royaume-Uni. En novembre 1969, un second album, un double cette fois, tiré des mêmes sessions ainsi que des extraits de la tournée de l'été 1969 à Las Vegas, se classe 5e dans les Charts Country aux États-Unis où il reste classé 24 semaines. Ces sessions ont pour but de donner le plus de matière possible pour le retour d'Elvis Presley sur scène. Le 26 février 1969, Elvis Presley accompagné du Colonel Parker, se rend sur le chantier de l'International Hotel qui est encore en construction à Las Vegas où il signe un pré-contrat qui est finalisé le 15 avril suivant. Il est prévu qu'Elvis assure pendant 4 semaines deux shows par soir dans le show-room de l'hôtel. Le cachet s'élève à 100 000 $ par semaine. En mars 1969, Elvis commence le tournage de Change Of Habit (en), son dernier film de fiction (deux films suivent en 1970 et en 1972 mais sont des films documentaires sur les coulisses des concerts d'Elvis Presley).

Le tournage terminé, Elvis Presley commence activement les répétitions en vue de la première, prévue le 31 juillet 1969. Il a demandé au guitariste James Burton de former le groupe TCB Band (en) qui l'accompagne durant toute cette série de spectacles : à la batterie Ronnie Tutt (en), à la basse Jerry Scheff, à la guitare rythmique John Wilkinson, au piano Larry Muhoberac (en). Concernant le groupe vocal, Elvis souhaitant que l'on y retrouve les racines blues, gospel, rock et soul, c'est finalement deux groupes qui sont avec lui sur scène : The Imperial Quartet (en) qui a déjà travaillé avec Elvis sur les sessions de l'album gospel How Great Thou Art et les Sweet Inspirations (en) qui ont travaillé avec Aretha Franklin, composés notamment de Cissy Houston (la mère de la chanteuse Whitney Houston), Myrna Smith (en), Sylvia Shenwell et Estelle Brown. Enfin, un orchestre de 27 musiciens dirigé par Bobby Morris termine de former l'équipe pour le grand retour d'Elvis. Durant plusieurs semaines, plus de 150 chansons sont répétées ; Elvis Presley souhaite proposer à son public un mélange d'anciens succès et de titres récents enregistrés pendant l'hiver 1969 à l'American Studio mais aussi les titres mythiques qui ont été enregistrés par d'autres pendant son absence à l'image de Words des Bee Gees ou de Yesterday / Hey Jude des Beatles. Dès le 15 juillet 1969, tous les concerts sont déjà complets. Le 24 juillet 1969, les répétitions commencent dans la salle où se tiendront les 57 représentations prévues du 31 juillet au 28 août 1969. Pour la première, Elvis Presley est très tendu ; c'est un succès auprès du public et les critiques sont dithyrambiques. Ainsi, selon Rolling Stone[réf. nécessaire] : « Elvis est surnaturel, il s'est réincarné en lui-même » et pour Rock Music[réf. nécessaire] : « Elvis une reconnaissance artistique. Elvis est un bon musicien, un grand chanteur et peut être bien l'homme de scène le plus magnétique de l'histoire du show business ! » Au terme de cette première tournée marathon, plus de 100 000 personnes se sont rendues à Vegas pour assister à son retour et les bénéfices tirés de cette tournée sont supérieurs à 1,5 million de dollars. Ce succès a pour effet qu'une seconde tournée à Vegas est prévue dès le mois de janvier suivant ; ainsi le 26 janvier 1970 commence une nouvelle série de spectacles ; alors que de nombreux journalistes prédisent un fiasco, Las Vegas étant peu fréquenté en hiver et Elvis Presley s'y étant produit seulement 6 mois plus tôt, il s'avère que tous les concerts affichent complets et que les records de recettes précédemment atteints sont dépassés pour cette seconde saison.

Elvis, en 1970.

Entre juillet et août 1970, pour sa troisième saison à Las Vegas et dans le cadre d'un documentaire du nom de That's the way it is plusieurs répétions et concerts sont filmés. Le 21 décembre 1970, Elvis Presley rencontre le Président américain Richard Nixon à la Maison-Blanche, en compagnie de ses gardes du corps et amis, Jerry Schilling (en) et Sonny West (en). La rencontre est décidée par Elvis : il a écrit une lettre de six pages au Président Nixon pour le rencontrer à Washington (district de Columbia) et lui a suggéré d'être nommé à titre d'agent fédéral spécial au « Bureau of Narcotics and Dangerous Drugs » (Bureau des Narcotiques et des Drogues dangereuses). À cette occasion, Elvis offre à Nixon un pistolet Colt 45, ainsi que des photos de famille. En 1972, la MGM produit un nouveau documentaire Elvis on Tour où sont filmés plusieurs concerts de la tournée du 5 au 19 avril 1972. Le documentaire obtient le Golden Globe du meilleur documentaire de l'année. Elvis et Priscilla se séparent en février 1972 et ils divorcent officiellement en octobre 1973. Ils bénéficient de la garde partagée de leur fille Lisa-Marie, qui va vivre avec sa mère à Los Angeles. Elvis devient l'icône de l'Amérique profonde, la vedette qui fait entrer le rock à Las Vegas en y mélangeant des gospels, des trompettes et des tambours. En 1972, il donne une série de quatre concerts les 9, 10 (2 shows) et 11 juin au Madison Square Garden de New York. C'est un grand retour à New York après 15 ans d'absence. Sa dernière visite dans la ville remonte alors à son passage à l'émission The Ed Sullivan Show en 1957. Par la suite, il donne le premier concert par satellite de l'histoire, depuis Hawaï. L'événement a lieu le 14 janvier 1973 à l'International Center Arena d'Honolulu : 1,5 milliard de téléspectateurs assistent au concert du King en direct, c'est la meilleure audience de l'histoire de la télévision devant les premiers pas du premier homme sur la lune 4 ans auparavant.

L'année 1973 voit aussi les premiers gros problèmes de santé d'Elvis liés à sa surconsommation de médicaments (glaucome, hypertension). Depuis son service militaire, Presley a pris l'habitude d'utiliser toutes sortes de pilules suivant ses besoins croissants pour répondre aux attentes de son public. À ces habitudes, s'ajoute son divorce qu'il n'acceptera jamais, les concerts éreintants. En plus de sa pharmaco-dépendance, Elvis est aussi victime de maladies héréditaires telles des maladies du cœur (comme sa mère morte d'une crise cardiaque et plus tard son père) et autres problèmes mineurs. Las Vegas devient un passage obligé pour le « King », où il donne quelque 600 spectacles et de 1969 à 1976. S'il ne se déplace jamais en dehors des États-Unis, Elvis Presley chante à Las Vegas devant un public international. Il sillonne aussi les États-Unis d'Est en Ouest et du Nord au Sud sans discontinuer. La star se déplace à bord d'un grand avion personnel où, dans chaque ville, il est fêté. De 1969 à sa mort, il donne 1 500 concerts à travers les États-Unis. Il arrive sur scène vêtu d'un costume nommé jumpsuit et d'une cape garnie de rubis et de diamants au son d'un impressionnant Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss à partir de janvier 1971. Cette pièce d'entrée constitue son thème d'ouverture, suivi par That's All Right Mama de 1971 à 1972, puis de 1972 à 1977 par See See Rider.

Un costume d'Elvis au Graceland.

À partir de la tournée de l'été 1973 à Las Vegas, on peut noter une rupture voire une incompréhension entre Elvis et la presse ; les relations fusionnelles entretenues entre Elvis et son public l'amènent à lui parler entre les chansons (surtout à Las Vegas où la proximité entre la scène et le public a tendance à favoriser ce type d'échanges). La presse ne semble pas apprécier, les critiques ne sont pas tendres : « C'est la plus indifférente, inintéressante et déplaisante prestation d'Elvis. Le mythe vivant était gras et grotesque, se singeant lui-même » (Hollywood Reporter, août 1973). Pour autant, Elvis Presley continue à remplir deux fois par soir le show-room de l'hôtel Hilton de Las Vegas. Le 2 septembre 1974, à l'occasion du concert clôturant sa saison d'été à Las Vegas, Elvis Presley pour la première fois s'en prend en public à un journaliste l'ayant accusé quelques jours auparavant d'être consommateur d'héroïne : "je ne fais pas attention aux rumeurs, je ne prête aucune attention aux magazines (…) Ce n'est pas mon habitude de les démolir, ils font leur métier, mais quand ils n'ont rien à dire, ils inventent… j'étais malade et pendant ce temps-là, on me démolit ! un salopard est allé raconter que je prenais de l'héroïne, que j'étais camé ! (…) Excusez-moi de parler ainsi, ce n'est pas après vous que j'en ai (…) ça me nuit à moi, à ma fille, à mon père, mes amis, mon docteur, à mes relations avec Priscilla. Si je trouve ce salaud, je l'envoie aux enfers !" (le concert ayant été enregistré, l'intégralité du monologue est disponible auprès du grand public). Le lendemain, la presse en fait ses choux gras, et le bruit commence à courir qu'Elvis Presley menace les journalistes. Quelques jours plus tard, Elvis Presley rencontre de sérieux problèmes de santé ; malgré la fièvre, il se produit sur scène le 29 septembre à Détroit et donne une prestation correcte, improvisant même une chanson inédite "Alright, okay, you win" avant le solo de son pianiste, lors de ce show complet. La tournée se termine sous de meilleurs auspices mais pour la première fois, les proches d'Elvis sont frappés par la dégradation de son apparence physique : son père appelle en urgence son médecin. À partir de cette date, la santé d'Elvis est fluctuante mais il se produit pourtant de plus en plus en public : de 1975 à 1977, Elvis Presley se produit à un rythme effréné, dépassant chaque année le record du nombre de concerts précédemment donnés. Il se produit le 31 décembre 1975 à Pontiac (60 000 personnes) et le 31 décembre 1976 à Pittsburgh devant 16 000 personnes. À cette période, les prestations d'Elvis Presley sur scènes demeurent inchangées, fidèle à lui-même, il déploie toujours autant d'énergie et sa voix ne faiblit pas. Les 5 concerts de fin décembre 1976 (du 27 au 31) montrent un Elvis vocalement au sommet, et il a minci physiquement lors de cette mini-tournée.

Depuis 1977[modifier | modifier le code]

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1977 marque pour lui la première année sans engagement prévu à Las Vegas depuis 1969 ; pourtant, le nombre de concerts ne se réduit pas, ce qui l'oblige à prendre énormément l'avion et accroît sensiblement fatigue et problèmes de santé au point qu'il doit interrompre sa tournée de mars 1977 (seul le concert à Baton Rouge le 31 est annulé) et se fait hospitaliser de nouveau pendant plusieurs jours pour des problèmes gastriques et d'hypertension. Le 21 avril 1977, il reprend la route : bien que très fatigué. Les tournées 30 et 31 sont de bonne facture, la voix est solide et il semble en meilleure forme physique et heureux d'être sur scène, comme l'attestent les nombreuses photos et enregistrements réalisés pendant cette période. La 32e tournée, qui débute à la mi-juin 1977, est la dernière tournée d'Elvis Presley. Le chanteur a accepté d'être suivi par les équipes de la chaîne télévisée CBS qui filment les derniers moments d'Elvis Presley avec son public.

Alors qu'Elvis semble déjà être ailleurs et à bout de souffle, la chaîne de TV américaine CBS souhaite pouvoir filmer ce qu'elle pense être les dernières images possibles d'Elvis sur scène en concert. Elvis qui n'a plus toutes ses facultés et son rythme d'antan ne souhaite pas donner un avis favorable à la demande de la chaîne. Pourtant le colonel Parker arrive à le dissuader et le pousse à accepter ce qu'il appelle un « défi » pour Elvis. L'entourage du King pense la même chose, pour sortir Elvis de sa solitude et de sa léthargie, il faut lui organiser un défi et que CBS et ses caméras arrivent au bon moment. Mais, à la surprise générale, Elvis n'apporte rien, ne défie rien et semble se moquer de son apparence physique. Il ne change rien à ses habitudes.

Souhaitait-il casser son image par le biais des caméras de CBS, certains le pensaient alors[Qui ?][évasif]. RCA profite alors du projet pour obtenir un nouvel album d'Elvis, Moody Blue, enregistré directement à Graceland. À l'avis général, ce projet aurait dû être abandonné devant le manque d'intérêt du principal intéressé : Elvis lui-même. Tout le monde s'accorde à dire qu'Elvis était trop mal en point pour être filmé. À cela s'ajoute l'envie d'Elvis d'être seul avec son public, celui qui l'a toujours suivi et aimé. Le 20 juin, Elvis est à Lincoln, Nebraska, et il donne un meilleur concert que la veille. Il interprète notamment la chanson « Unchained Melody ». Le 21 juin, à Rapid City, Elvis loge à l'hôtel Holiday Inn et il donne son concert en soirée devant environ 7 500 fans au Rushmore Plaza Civic Center. Avant d'entrer sur scène, Elvis reçoit dans sa loge un représentant des indiens Sioux de la réserve voisine, qui lui remettent un cadeau nommé « The Medaillon of Life », en compagnie d'une petite indienne âgée d'une dizaine d'années. Elvis les remercie avant de faire son concert.

Lors de cette dernière tournée, Elvis présente son père Vernon et sa fiancée Ginger Alden, pratiquement à tous les concerts. Le spécial télévisé de CBS, renommé « Elvis in Concert », sera diffusé le 3 octobre 1977 aux États-Unis. Il sortira plus tard en Europe, notamment en France, dans une version écourtée. Après la mort d'Elvis, CBS rajoutera rapidement un message de remerciement de la part de Vernon au sujet des cartes reçues à la suite du décès d'Elvis et il racontera très rapidement les débuts d'Elvis avec le Colonel Parker. La version américaine est plus longue que la version française, car elle présente les préparatifs de la scène avant le concert. Le montage de l'époque a été très critiqué par beaucoup de fans qui trouvaient étrange le fait de voir des messages et des commentaires de fans au milieu de ce concert. Cela en brisait le rythme.Le concert télévisé n'est jamais sorti officiellement en VHS ou DVD, mais il existe des copies officieuses qui circulent lors des conventions. La compagnie Elvis Presley Entreprises Inc. n'a pas l'intention d'autoriser prochainement la sortie officielle de ce concert en raison du mauvais état de santé d'Elvis à cette époque. Il avait pris beaucoup de poids et il était devenu la cible de plusieurs journalistes qui le ridiculisaient. Cependant, il semble qu'EPE ne soit pas contre l'idée de faire publier ce concert historique sur DVD, mais elle préfère attendre pour l'instant.

La tournée de juin 1977 débute le 18 à Kansas City pour se terminer le 26 à Indianapolis. Elvis doit incorporer à cette occasion les caméras de télévision du réseau américain CBS lors de deux concerts. En effet, des prises en direct sont prévues pour présenter Elvis en tournée, ce qui sera le troisième spécial télé de sa carrière, prévu pour l'automne de la même année. Le 1er juin, à Macon GA, c'est l'annonce officielle de l'émission télévisée « Elvis on stage in person ». Les villes d'Omaha, Lincoln et Rapid City sont choisies dans l'ordre le 19, 20 et 21 juin. Elvis n'est pas très en forme à ces concerts et refuse les caméras le 20 juin mais comme il doit honorer le contrat qui a été passé avec CBS, il doit les accepter le 21 juin, les caméras sont aussi présentes le 26 juin mais seulement pour filmer les fans. Le 26 juin 1977, Elvis Presley donne un concert au Market Square Aréna d'Indianapolis, devant 18 000 personnes. Si sa voix est intacte, il semble très fatigué et il triomphe une dernière fois devant son public.

Décès[modifier | modifier le code]

La tombe d'Elvis dans le Jardin de la méditation à Graceland.

La cause de la mort d'Elvis Presley serait une arythmie cardiaque causée par un abus de médicaments sur une longue période. On croit qu'il était atteint d'une maladie rare et incurable, le lupus érythémateux[réf. nécessaire]. Elvis mesurait 1,83 m (6 0) et pesait 102 kg (224 lb) lors de sa mort.

Le 15 août 1977, Elvis loue pour la soirée le Théâtre Ridgeway de Memphis. Le dernier film qu'Elvis regarde est MacArthur. Quelques heures plus tard, il se rend chez le dentiste Lester Hofman, car il avait un rendez-vous pour 22 h 30 (des rumeurs mentionnent que le praticien lui aurait alors fourni une dose dangereuse d'analgésiques). Il revint à Graceland vers h 30, le 16 août. C'est à ce moment que la dernière photo d'Elvis vivant fut prise, par monsieur Robert Call, de Pierceton, Indiana, au moyen d'un appareil Instamatic. Le 16 août 1977 à h 30, Elvis appelle Dick Grob, le chef de la sécurité de Graceland, afin qu'il prépare des partitions musicales pour une insertion éventuelle dans sa nouvelle tournée. Par la suite, Elvis a appelé son infirmière favorite, Marian Cocke, afin de la saluer avant son départ en tournée. Elvis devait entamer une nouvelle tournée de quatorze concerts à guichets fermés qui devait débuter le 17 août 1977, à Hartford au Connecticut. Durant la nuit, Elvis joue au racquetball dans un bâtiment situé sur le terrain de Graceland avec son cousin Billy Smith et sa femme Jo, ainsi que sa fiancée Ginger Alden. Lors de sa dernière nuit, Elvis joue du piano devant Ginger Alden, près du court de raquette, et il chante les chansons Blue Eyes Crying in the Rain (en) de Willie Nelson et Unchained Melody des Righteous Brothers. Ce furent ses dernières interprétations.

Après avoir absorbé des somnifères (selon sa compagne Ginger Alden, il se coucha très tard, autour de 6 ou 7 heures le matin du 16 août), au milieu de l'après-midi, Elvis fut trouvé inanimé dans sa salle de bains par Ginger Alden. Al Strada contacta à son tour Joe Esposito. Ce dernier, de même que tante Delta Mae Presley, auraient pratiqué le bouche à bouche sur Elvis afin d'essayer de le ranimer. Sa fille Lisa Marie, alors âgée de neuf ans, et qui ce jour-là séjournait chez lui, est témoin de la scène. Appelés sur les lieux, deux ambulanciers de Memphis viennent à son secours quarante minutes plus tard mais Elvis Presley est déjà mort d'une crise d'arythmie. Les tentatives de réanimation ultérieures à l'hôpital de Memphis sont également vaines.

Elvis Presley souffrait de plusieurs problèmes de santé depuis 1974 : notamment d'un problème de poids, de glaucome, d'un problème aux intestins (constipation chronique) et d'une grave dépendance aux médicaments que son médecin personnel, le docteur George Constantine Nichopoulos, lui prescrivait. Celui-ci est par la suite soupçonné de faute professionnelle grave, ayant favorisé par abus de prescriptions les nombreuses surdoses de médicaments dont Presley fut victime durant les dix dernières années de sa vie, et qui laissent planer des soupçons sur une éventuelle dernière overdose fatale. Nichopoulos est plus tard radié de l'ordre des médecins. Certaines personnes de l'entourage d'Elvis, dont la soprano Kathy Westmoreland, persistent à dire qu'il aurait eu un cancer des os. Cette thèse était aussi soutenue par son ami Charlie Hodge. Cependant, rien n'est officiel. Il s'agit d'une rumeur et cette maladie possible ne saurait expliquer sa mort. Il semble que son problème cardiaque a pu être génétique, car son père Vernon et son oncle Vester sont morts aussi d'une crise cardiaque.

Depuis 1997, tous les ans, pour commémorer Elvis le jour anniversaire de sa mort, des fans se rendent à sa propriété à Memphis, à l'occasion du rituel du "Candlelight"[13].

Autopsie[modifier | modifier le code]

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Les médecins ont constaté que le côté gauche du cœur d'Elvis était deux fois plus gros que la normale[14]. Ils ont trouvé quatorze médicaments dans son système sanguin, dont notamment du Demerol et des antiémétiques[15] : Amytal, Avental, Carbrital, Codéine, Demerol, Diazépam, Elavil, Morphine, Nembutal, Placidyl, Quaaludes, Sinutab, et Valmid.

Une des théories récentes, concernant le peu d'attention qu'Elvis prêta à sa santé physique durant les dix dernières années de sa vie (outre le rythme infernal de tournées que lui faisait subir son agent Tom Parker), est que son ami proche Jerry Schilling (auteur de Me and a Guy Named Elvis: My Lifelong Friendship with Elvis Presley, publié en 2005) le convainquit peu à peu de sa quasi-immortalité ou du moins qu'il possédait une essence divine que son existence dissolue ne pouvait en rien affecter. Elvis était dans un état dépressif. Il chantait les mêmes chansons qu'il interprétait plusieurs fois dans ses tournées. Au milieu des années 1970. il avait aussi des problèmes financiers, mais ses tournées lui permettaient de se renflouer financièrement. À sa mort, il lui restait cinq millions de dollars sur le compte en banque. Depuis son enfance, Elvis était membre de l'église pentecôtiste Assembly of God Church, une mouvance protestante évangélique. Sans être en manque de spiritualité et s'interrogeant sur le sens de son existence, il en serait venu à prendre pour acquises les théories bouddhistes et spiritualistes de penseurs tels que Khalil Gibran, Krishnamurti, Helena Blavatsky et George Berkeley, prônant que seul l'esprit existe, et que la vraie réalité est immatérielle. Larry Geller, son coiffeur et ami personnel, lui apportait régulièrement des livres concernant la spiritualité et les diverses religions. Quelques heures avant sa mort, Elvis lisait un livre sur le Saint-Suaire de Turin, livre qui fut retrouvé près de lui.

« La plus grande voix d'Amérique », selon John Lennon, s'est tue et sa mort prématurée fait l'effet d'une bombe, d'abord aux États-Unis, puis dans le monde entier. On parle d'overdose, d'assassinat, de suicide, de mort déguisée, et même de fausse mort. Selon 2 producteurs pour la télé-série journalistique américaine 60 Minutes, il est décédé non pas par suicide, ni attaque cardiaque, ni assassinat mais d'un surdosage de drogues multiples, ce qui était dissimulé[16]. La théorie d'assassinat était soutenue par Vernon Presley et par Stephen Ubaney[17].

Funérailles[modifier | modifier le code]

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Le 18 août, le corps d'Elvis est exposé à Graceland. On estime qu'entre 50 000 et 100 000 personnes sont venues rendre hommage à Elvis.[réf. nécessaire] Le 19 août, Elvis a des obsèques grandioses. Des funérailles intimes sont célébrées par le célèbre télé-évangéliste Rex Humbard (en), à Graceland, dans la salle de musique située près du salon. Des chants gospels sont interprétés dont How Great Thou Art et Sweet, Sweet Spirit. La dépouille est transportée de Graceland dans un corbillard blanc et argenté flanqué de six motards de la garde républicaine le long du Elvis-Presley Boulevard de Memphis en direction du Forest Hill Cemetery de Memphis. Le corps d'Elvis est ensuite déposé dans une crypte. Cependant, pour des questions de sécurité, sa dépouille est transférée, le 3 octobre 1977, sur le terrain de Graceland[Note 9].

Ainsi, le « King » repose à Graceland au milieu des siens ; sa mère Gladys morte en 1958, son père Vernon mort en 1979 et sa grand-mère paternelle Minnie-Mae Hood décédée en 1980[Note 10]. Selon le site web officiel d'Elvis, Graceland est visité par plus de 600 000 personnes chaque année.

Au nombre des mythes de l'Amérique contemporaine, la mort d'Elvis s'inscrit rapidement parmi les théories de la conspiration, avec celles de John Kennedy et de Marilyn Monroe. En 2005, 24 % des Américains interrogés sur la question dans un sondage de USA Today estiment qu'Elvis n'est probablement pas mort. La sacralisation du mythe Elvis Presley, gérée par son ex-épouse Priscilla et sa fille Lisa-Marie, rapporte désormais d'immenses dividendes : Elvis Presley Enterprises Inc. qui administre, parmi des dizaines de produits dérivés, le mausolée qu'est devenu Graceland, déclare en 2007 les revenus posthumes les plus importants (près de 280 millions de dollars américains) attribués à un artiste. Graceland demeure, au même titre que le Capitole, le Grand Canyon et la Statue de la Liberté, l'une des attractions touristiques les plus fréquentées d'Amérique et le monument historique le plus visité après la Maison-Blanche.

Vie privée[modifier | modifier le code]

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Elvis fréquente Anita Wood de 1957 à 1962. Le 1er mai 1967, il épouse Priscilla Ann Beaulieu à l'Aladdin Hotel de Las Vegas lors d'une cérémonie privée réunissant parents et amis. La sœur de Priscilla, Michelle, est demoiselle d'honneur et les garçons d'honneur sont Joe Esposito et Marty Lacker. Après leur mariage, le couple se rend en Californie pour sa lune de miel. Ce mariage soudain et avec une cérémonie éclair étonne tout le monde. Beaucoup[Qui ?] pensent alors que ce mariage ne sert qu'à entretenir le nom d'Elvis dans une période perdue entre films désastreux et mauvaises chansons. Ce n'est pas une union heureuse. Elvis, pressé de tous côtés par le Colonel (qui décide alors qu'il est temps pour lui de se marier), par le père de Priscilla (qui le menaça de révéler leur romance à la presse), ainsi que par Priscilla elle-même, est contraint de l'épouser.

Lisa-Marie Presley naît le 1er février 1968, à 17 h 1, au Baptist Memorial Hospital de Memphis[réf. souhaitée]. Elle pèse 6 livres et 15 onces (3,15 kg) et mesure 25 pouces (50,8 cm). Le docteur T.A. Turman assiste l'accouchement de Priscilla. Lisa-Marie est ainsi baptisée en l'honneur de Marie Mott, l'épouse du Colonel Parker. Elvis surnomme sa fille « Lisa ». Lorsque Lisa Marie appelle son père « Elvis » comme le font alors tous les fans devant Graceland, Elvis lui répond : « N'appelle pas ton papa "Elvis" », ce qui fait beaucoup rire la petite fille. Lisa-Marie est l'héritière de toute la fortune de son père. Elle est l'épouse de Michael Lockwood, son guitariste, producteur et directeur, depuis le 22 janvier 2006. Elle a quatre enfants (dont deux avec Michael Lockwood) des jumelles prénommées Harper Vivienne Ann et Finley Aaron Love, nées le 7 octobre 2008[18].

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie d'Elvis Presley.
L'étoile d'Elvis Presley au Walk of Fame à Hollywood, Los Angeles.

Ventes de disques[modifier | modifier le code]

À l'époque où Presley débute, le public achète peu d'albums et c'est avant tout grâce aux singles qu'Elvis devient le chanteur ayant vendu le plus de disques au monde. Le chiffre d'un milliard est couramment avancé, tout comme pour le groupe The Beatles. Cependant, si l'on considère uniquement les ventes d'albums le groupe britannique devance très largement Elvis Presley ; aucun album de l'Américain ne s'est suffisamment bien écoulé pour apparaître dans les classements recensant les principaux albums les plus vendus de tous les temps[3].

Elvis Presley a obtenu quatre-vingt-deux disques d'or - soit au moins cinq cent mille copies officiellement écoulées pour chacun - mais aucun n'a atteint les vingt millions d'exemplaires. En 2010, l'organisme qui dénombre les ventes de disques aux États-Unis, la RIAA, crédite de cent soixante seize millions les ventes d'albums des Beatles et de cent vingt millions celles d'Elvis Presley. Côté singles, si le groupe britannique en place vingt à la première place des classements américains, contre dix-huit pour Presley, a contrario l'Américain en compte trente huit dans les dix premières places contre trente quatre pour les Beatles. Au Top 40, Elvis Presley se place encore devant avec cent quatorze, tandis que le groupe en affiche cinquante deux. Il l'emporte aussi en nombre de semaines passées à la première place, avec quatre-vingt contre cinquante neuf[3].

Influence et postérité[modifier | modifier le code]

Elvis Presley est largement considéré comme l'une des principales personnifications du rock 'n' roll[évasif] : sa voix, sa musique, sa gestuelle provocatrice, ses habitudes vestimentaires, ainsi que son parcours (célébrité fulgurante, descente aux enfers et mort prématurée) contribuent à forger l'icône d'Elvis à la fois idole populaire et symbole d'une certaine rébellion adolescente. Elvis peut être considéré comme le principal acteur de la large diffusion du rock and roll auprès du grand public blanc américain puis européen. En effet, si le jazz avait déjà associé étroitement musique et sexualité, et si plusieurs interprètes blancs étaient aux côtés d'Elvis dans son rôle de pionnier du rock (par exemple, Bill Haley), Presley est le premier blanc à associer le sex-appeal (un physique avantageux, des inflexions de voix et des mouvements du bassin très suggestifs) à cette nouvelle forme de musique, tout en y ajoutant un son plus dynamique et plus percutant issu des studios Sun de Memphis. Bien que considéré comme choquant par la frange conservatrice américaine, il contribue à rendre acceptable le genre musical et ouvre ainsi la voie de la reconnaissance à de nombreux artistes noirs, tels Chuck Berry, Bo Diddley et Little Richard, ainsi qu'aux rockers blancs, tels Buddy Holly et Jerry Lee Lewis.

Sa popularité, en particulier auprès des adolescentes, atteint des sommets inédits et ses concerts et ses apparitions en public donnent lieu à des mouvements de foule. Le succès d'Elvis auprès des jeunes, dont le pouvoir d'achat est grandissant, dicte la mode non seulement musicale, mais également capillaire ou vestimentaire. C'est un véritable phénomène de société. C'est principalement grâce à Elvis Presley que l'Europe découvre le rock, même derrière le rideau de fer. Cliff Richard s'en inspire et devient à l'aube des années soixante, l'une des plus grandes vedettes du Royaume-Uni. John Lennon lui-même reconnut que « s'il n'y avait pas eu un Elvis, il n'y aurait pas eu les Beatles ». En France, Dick Rivers[Note 11] et Eddy Mitchell découvrent le rock and roll à travers Elvis Presley et s'en inspirent, tout comme Johnny Hallyday qui popularise en France cette musique venue d'outre-Atlantique. Presley ouvre la voie à de nombreux rockers américains qui vendent leurs disques en Europe et y font des tournées. Les adolescents du monde entier commencent à copier la coiffure d'Elvis et la demande pour les transistors augmente énormément, permettant ainsi à Sony de passer du statut de petit fabricant japonais de radio à celui de multinationale.

Aujourd'hui, il demeure une icône du XXe siècle. D'innombrables artistes de la seconde moitié du siècle se définissent par rapport à son influence, soit en revendiquant son héritage, soit pour le rejeter comme symbole d'une musique dépassée - en particulier à partir du mouvement punk. L'artiste Elvis Costello a, par exemple, emprunté le prénom Elvis pour faire décoller sa carrière. Le crooner pop Chris Isaac en est aussi la personnification directe. Dire Straits a écrit une chanson-hommage, Calling Elvis. En France, le chanteur rockabilly Jesse Garon emprunte son nom de scène aux prénoms du jumeau mort-né d'Elvis et le rockeur australien Nick Cave consacre sa chanson Tupelo au mythe entourant le chanteur. Le groupe californien Dread Zeppelin avec son leader Greg Tortell (alias Tortelvis) personnifient et parodient Elvis jusqu'au ridicule, distribuant foulards et colliers hawaiiens dans la foule lors de leurs concerts, et connaissent une fructueuse carrière durant les années 1980. Enfin, en hommage, le groupe U2 enregistre sur l'album The Unforgettable Fire, en 1984, le titre Elvis Presley and America. Il existe également des imitateurs américains, dont Jimmy « Orion » Ellis (1945-1998) et Doug Church, dont les voix se rapprochent énormément de celle d'Elvis[Note 12].

Le cinéma a également rendu hommage à Elvis Presley, comme dans Ultimo Elvis (Armando Bo, 2012) où il est "incarné" par John McInerny, l'un de ses imitateurs.

Popularité au Québec[modifier | modifier le code]

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Le chanteur Johnny Farago donne une série de concerts en hommage à Elvis à la fin des années 1970 et au début des années 1980. La station de télévision Télé-Métropole lance un concours d'imitateurs à l'émission Les Tannants. Ce concours ternit l'image d'Elvis au Québec jusqu'à la fin des années 1980, en associant à Elvis une image de mauvais goût. En 1995, le producteur Jean Pilote et le théâtre du Capitole de Québec redorent l'image d'Elvis Presley au Québec en présentant, sous licence d'EPE, une production musicale estivale sophistiquée nommée Elvis Story, à laquelle assistent des centaines de milliers de personnes, venues de partout. Le spectacle est présenté à Paris, Toronto, Gatineau, Biloxi au Mississippi, Atlantic City et au Japon. Les chanteurs Martin Fontaine et Jamie Aaron Kelley incarnent Elvis jusqu'en 2007. En 2009, le spectacle est amélioré et il est présenté au Théâtre du Palais Municipal de La Baie (Saguenay) et à la salle L'Étoile DIX30 de Brossard. C'est actuellement Brandon Bennett qui joue le rôle d'Elvis.

Toujours au Québec où, chez certains, Elvis personnifie l'excès du mythe américain face aux revendications nationalistes et culturelles, le cinéaste Pierre Falardeau consacre à la légende une trilogie humoristique intitulée Elvis Gratton qui est d'abord un succès d'estime en court métrage et vingt ans plus tard, en 2005, un vaste succès public en salle. Le personnage comique a ensuite sa série télévisée intitulée Bob Gratton : ma vie, my life, sur le réseau TQS (renommé V en 2009), de 2007 à 2009. C'est dans la province francophone du Québec que les albums d'Elvis Presley sont les plus vendus au Canada.

Regain de popularité au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Elvis connaît aussi un regain de popularité lors de la coupe du monde de football de 2002 lorsque Nike utilise un remix de sa chanson A Little Less Conversation comme fond sonore d'une publicité mettant en scène des vedettes internationales de football. Ce morceau devient numéro un dans plus de vingt pays, y compris aux États-Unis. À peu près au même moment, sort une compilation, qui se termine en deux volets, des plus grandes chansons d'Elvis : Elv1s 30 #1 Hits. Le remix est ajouté à l'album comme 31e morceau, juste avant la sortie du CD en octobre 2002. Vingt-cinq ans après sa mort, l'album, qui regroupe les principaux succès de Presley et dont la restauration sonore est excellente, atteint la première place des classements.

Parmi ses nombreuses réussites, Elvis est l'un des deux chanteurs, avec Roy Orbison, à avoir eu simultanément deux albums dans le Top 5 des classements de ventes d'albums. Il fait partie du Rock and Roll Hall of Fame, du Country Music Hall of Fame et du Gospel Music Hall of Fame.

Elvis The Concert[modifier | modifier le code]

En 1997, le tout premier concert virtuel d'Elvis voit le jour. Intitulé Elvis the Concert, ce spectacle présente Elvis Presley sur grand écran, avec par ailleurs ses musiciens des années 1970 réunis sur scène. Le tout est synchronisé par ordinateur. Ils feront des tournées dans le monde entier.

Le concert est dirigé par Joe Guercio avec la participation du TCB Band, des groupes vocaux The Sweet Inspirations et The Imperials. Les images vidéos d'Elvis proviennent du NBC '68 Comeback Spécial, du concert satellite Elvis: Aloha from Hawaii, ainsi que les concerts filmés de la MGM, That's the Way It Is (1970) et Elvis on Tour (1972). Le concert est testé aux États-Unis en 1997 et 1998 avant d'être présenté en Europe en 1999.

Influence dans la paléontologie[modifier | modifier le code]

Le dinosaure nommé Cryolophosaurus a été surnommé Elvisaurus par les paléontologues, parce que la crête du carnivore leur rappelait la coiffure du chanteur[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La famille Presley, y compris Elvis, écrivait son nom central « Aron ». Le certificat de naissance d'Elvis et son certificat de décès indiquent « Aaron »
  2. Selon les sources, l’histoire change. Les auteurs Jerry Hopkins et Dave Marsh affirment qu’il y a eu quelques semaines de pratique entre la première audition de Presley avec Moore et Black, et le premier enregistrement, du trio. Peter Guralnick laisse entendre qu’ils se sont rencontrés une première fois le 4 juillet, veille de l’enregistrement.
  3. C'est le colonel Parker qui lui avait suggéré de teindre ses cheveux en noir, car selon lui, cette couleur était plus attirante pour les femmes.
  4. Elvis devait donner un concert au Forum de Montréal, mais le cardinal Paul-Émile Léger fit des pressions pour empêcher la tenue du spectacle en raison des déhanchements inappropriés d'Elvis qui portaient atteinte à la moralité. Cependant, il semble que le colonel aurait signé une entente pour présenter un concert à Montréal au stade olympique en 1978. Malheureusement, cela n'a pas pu se réaliser.
  5. Le colonel Parker, d'origine hollandaise, aurait été impliqué dans un crime en Europe et il avait peur de perdre son visa s'il y effectuait un retour. Il donnait toutes sortes de raison pour empêcher Elvis de faire une tournée européenne.
  6. Son matricule; US-53310761.
  7. Ils se marient à Las Vegas en 1967.
  8. Elvis fera cette mention lors d'une entrevue au Madison Square Garden de New York en 1972.
  9. Le 27 août 1977, la dépouille de Gladys Love Presley est exhumée et amenée à la crypte du cimetière Forest Hill pour être déposée au même endroit qu'Elvis. Le 3 octobre, le corps de la mère d'Elvis Presley est de nouveau transféré pour être déposé à Graceland aux côtés de son fils.
  10. Le grand-père paternel d'Elvis se nommait Jessie D. McClowell Presley (1896-1973) et il épousa Minnie-Mae Hood en 1913. Ils divorcèrent en 1947 et Jessie D. Presley se remaria avec Vera K. Presley (1892-1981) quelques années plus tard. En 1958, il avait enregistré un 45 tours intitulé The Roots of Elvis. La face 1 contient la chanson Who's That Kickin' my dog around / The Billy Goat Song et la face 2 contient la chanson Swingin' in the Orchard. Le 9 juillet 1958, il fait une apparition au réseau CBS à l'émission I've Got a Secret en compagnie du batteur Gary Moore et du guitariste Gene Klingman. Jessie D. est décédé le 19 mars 1973 à Louisville dans le comté de Jefferson au Kentucky. Il est enterré au Louisville Memorial Gardens. Elvis avait très peu de contact avec son grand-père.
  11. Son pseudonyme s'inspire du nom du personnage Deke Rivers joué par Elvis dans le film Loving You.
  12. Doug Church est reconnu comme étant le seul qui possède un timbre de voix qui ressemble énormément à celui qu'Elvis avait dans les années 1970. On peut consulter son site web ici.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Why Elvis is Still The King, The Daily Record
  2. Elvis Presley Article, BBC
  3. a, b, c, d et e « Elvis Presley le chanteur qui a vendu le plus de disques au monde » dans Spécial Biographie, no 3, décembre 2012, p. 35 et 36.
  4. (en) « For The Billionth And The Last Time », sur elvis.com.au (consulté le 20 mars 2013).
  5. (en) « Person of the Week: Elvis Presley », sur Time Magazine (consulté le 20 mars 2013).
  6. Elvis Presley
  7. « Chanter Noël, entre tradition et marketing », sur L'Express,‎ 16 décembre 2011 (consulté le 1er novembre 2014).
  8. a, b et c (en) Guralnick, Peter, Last Train to Memphis: The Rise of Elvis Presley, Little, Brown,‎ 1994 (ISBN 0-316-33225-9).
  9. (en) Guralnick, Peter, Careless Love: The Unmaking of Elvis Presley, Back Bay Books,‎ 1999 (ISBN 0-316-33297-6).
  10. http://blog.breizh.bz/?216-elvis-presley-l-ecossais
  11. (en) Peter Guralnick: Lost Highway, édition Rivage Rouge 2010, p. 153
  12. Internet Movey Data Base.
  13. Cf. Gabriel Segré, 2002 & 2013.
  14. Voir le site Elvis Presleys News
  15. (en) elvispresleynews.com
  16. James Cole & Charles Thompson II, Death of Elvis, 1990, Delacorte Press
  17. Ubaney, Stephen, 2012, Who Murdered Elvis?, Magnum Opus Enterprises.
  18. « Lisa Marie Presley et Michael Jackson, l'histoire de leur amour. », sur staragora.com (consulté le 25 juin 2014).
  19. (en) enchantedlearning.com

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Elvis Presley ou la revanche du Sud par Sébastian Danchin, Paris, Fayard, 2004. 477 p.-[16] p. de pl., 24 cm. (ISBN 2-213-62128-4).
  • Elvis par les Presley : souvenirs intimes de Priscilla Presley, Lisa Marie Presley et d'autres membres de la famille (propos recueillis par David Ritz ; photographie d'objets, Henry Leutwyler ; traduit de l'anglais par Alain Le Kim). Paris : Michel Lafon, 2005. 247 p. , 31 cm. (ISBN 2-7499-0334-3). Titre original : Elvis by the Presleys.
  • (en) Elvis: A Biography par Jerry Hopkins, Warner Books Inc, 1972, (ISBN 0446816655)
  • (en) Elvis par Dave Marsh, Rolling Stone Press Book/Times Books, 1982, (ISBN 081290947X)
  • (en) Last Train to Memphis: The Rise of Elvis Presley par Peter Guralnick, Little, Brown and Company, 1re édition, 1994, (ISBN 0316332208)
  • (en) Elvis & the birth of rock de Lew Allen, Genesis Publications, 2007
  • Elvis et le livre des trésors de Robert Gordon, Éditions K&B, 2007
  • (en) Remember Elvis Produced by Joe Esposito and Daniel Lombardy, 2006 TCBJOE Publishing (ISBN 0-9778945-2-5)
  • 50 ans avec Elvis: L'histoire vraie du King, de Jean-Marie Pouzenc, 2003, Éditions Didier Carpentier, 280 pages (ISBN 2-84167-244-1)
  • Blues Again !, no 10, juillet-août-septembre 2007 (magazine)
  • Le Rite de la Candlelight, par Gabriel Segré, Ethnologie française, no 2002-1, vol. 32, p. 149-158. En ligne ici.
  • Écouter les fans écouter. Les chansons d’Elvis : ce qu’elles font aux fans. Ce qu’ils leur font. Ce qu’ils en font., par Gabriel Segré, Volume ! la revue des musiques populaires, no 10-1, p. 111-126. En ligne ici.

Liens externes[modifier | modifier le code]