Le Juge Fayard dit Le Shériff

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Juge Fayard dit Le Shériff

Réalisation Yves Boisset
Scénario Yves Boisset
Claude Veillot
Acteurs principaux
Sociétés de production Production Companies
Action Films
Filmédis
Société Française de Production
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame, policier
Sortie 1977
Durée 112 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Juge Fayard dit Le Shériff est un film français réalisé par Yves Boisset, sorti en 1977. Il est inspiré par l'assassinat du juge François Renaud le 3 juillet 1975.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un jeune juge, surnommé « le Shérif » en raison de son intégrité et de ses méthodes peu orthodoxes dans le monde de la magistrature, enquête à Saint-Étienne sur une affaire délicate : un cas de braquage de station-service avec agression, qui impliquerait par ricochet des personnages haut placés.

Dans une ville de province, le jeune juge Jean-Marie Fayard, n’hésite pas à inculper les puissants, quitte à se faire rappeler à l’ordre par sa hiérarchie. Un jour, après avoir provoqué une vive polémique auprès de ses supérieurs hiérarchiques en ayant arrêté un grand patron coupable de plusieurs manquements mortels à la sécurité de ses ouvriers (alors que celui-ci a des relations politiques puissantes), il se voit confier une sombre affaire de braquage avec agression. Un des malfrats impliqué a été formellement reconnu par le pompiste agressé. Mais l'agresseur, surnommé Paulo, dispose d'un alibi à toute épreuve. Une enquête approfondie amène Fayard à soupçonner le suspect d'avoir bénéficié d'un témoignage de complaisance, et à en déduire que des personnages haut placés sont impliqués dans cette histoire. Fayard met alors en cause le responsable d’une société de gardiennage, qui est bientôt retrouvé assassiné. Le juge et sa compagne sont alors très rapidement menacés. Malgré les pressions et les menaces de représailles, Fayard n'en est que plus décidé à poursuivre ses investigations. Aidé par l’inspecteur Marec, il remonte jusqu’au docteur, un criminel qui semble préparer un gros coup depuis la prison où il est incarcéré. Mais cette affaire se révèle vite dangereuse, car elle mêle le grand banditisme à la politique.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre : Le Juge Fayard dit Le Shériff
  • Réalisation : Yves Boisset
  • Scénario : Yves Boisset et Claude Veillot
  • Photographie : Jacques Loiseleux
  • Décors : Serge Sommier
  • Costumes : Manuel Tortosa
  • Maquillage : Florence Fouquier D'Herouël
  • Son : Michel Chamard
  • Cascades : Dany Gaillard
  • Perchman : Émile Balin
  • Électricien : Michel Jaume
  • Montage : Albert Jurgenson et Laurence Leininger
  • Assistants montage : Nelly Meunier et Nadine Muse
  • Musique : Philippe Sarde
  • Production : Yves Peyrot, Yves Gasser et Lise Fayolle
  • Producteur délégué : Henri Gilles
  • Producteur associé : Daniel Messère
  • Assistant de production : Philippe Allaire
  • Directeur de production : Bernard Lorain
  • Premiers assistants-réalisateurs : Robert Boulic et Jean-Claude García
  • Deuxième assistant-réalisateur : Sebastien Grall
  • Sociétés de production : Production Companies (France), Action Films (France), Filmédis (France) et Société Française de Production (France)
  • Sociétés de distribution : Compagnie Commerciale Française Cinématographique (distributeur d'origine), Jupiter Communications
  • Pays d'origine : Drapeau de la France France
  • Langue originale : français
  • Format : 35mmcouleur par Eastmancolor1,66:1son monophonique
  • Genre : policier, drame, thriller
  • Durée : 112 minutes
  • Date de sortie : Drapeau : France 12 janvier 1977, reprise le 2 avril 2014 en version restaurée
  • (fr) Classifications CNC : tous publics, Art et Essai (visa d'exploitation no 45972 délivrée le 11 janvier 1977)[1]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le tournage du film s'est déroulé à Saint-Étienne et à Aix-en-Provence pour les scènes du Palais de justice.
  • Le nom d'une organisation politique nommée le SAC est clairement cité dans le film et a été jugé diffamatoire, tout comme l’utilisation du nom d'un député nommé Chalaberd dont la consonance pouvait rappeler celle d'un ministre existant (Albin Chalandon). Les répliques contenant ce nom d'homme politique fictif ont été remplacées par d'autres faisant référence à un nom sémantiquement plus neutre. À la suite d'une décision de justice, le nom du SAC a été remplacé par un « bip » lors de la sortie du film en salles. Avec la dissolution du SAC par François Mitterrand le 3 août 1982, la censure a été annulée[2].
  • Lors de la diffusion du film à la télévision à partir de la fin des années 1980, le nom du SAC apparaît dès qu'il est prononcé, sans aucune censure.
  • Le gang des Stéphanois dont parle le film est probablement une allusion au célèbre gang des Lyonnais.
  • Le film passa aux Dossiers de l'écran en présence d'Alain Peyrefitte et de Jean-François Kahn. Le premier rappela que le film amalgamait des éléments appartenant à plusieurs affaires distinctes des années 70 (inculpation d'un patron suite à un accident du travail, mutation à Hazebrouck d'un juge "zélé", et bien sûr assassinat du juge Renaud). Le second fit valoir que ces affaires controversées avaient cependant bien toutes eu lieu en France au cours des deux mêmes décennies. Le débat fut courtois et de très bonne tenue de part et d'autre.
  • Lors du tournage du film, Yves Boisset observe Patrick Dewaere qui, selon lui, n'interprète pas le rôle mais l'incarne et le vit, et révèle alors (dans le livre de Mado Maurin) : « Ce jour-là, j'ai compris qu'il ne jouait pas, mais qu'il vivait la scène et je me suis dit, mon Dieu, il est en danger ! ».
  • Au cours de la préparation d'une séquence devant être réalisée au palais de justice d'Aix-en-Provence où se déroule le film, Dewaere, contrarié par une interdiction de manger à l'intérieur de l'édifice, s'énerve contre le réalisateur qui entend le raisonner. Devant toute l'équipe technique l'acteur propose de se battre avec Yves Boisset, pour régler la question de manière virile. Après avoir échangé deux coups de poing, Dewaere se met à rire et déclare  : « Au moins, maintenant, on est copains ! ». La fin du tournage se déroule sans aucun accroc, l'acteur s'attachant à exécuter scrupuleusement tout ce que lui demandera le metteur en scène. Selon Boisset dans le même ouvrage, l'acteur dissimule alors en réalité son hyper-sensibilité et sa très grande pudeur, par de constantes provocations, un comportement volontairement agressif, « parce que même pour un empire, il n'aurait pas voulu être tout simplement gentil ». Il ajoute que l'acteur souffre alors considérablement de sa rupture avec Miou-Miou, survenue quelques semaines auparavant, l'actrice ayant rejoint Julien Clerc.
  • Yves Boisset raconte qu'une nuit à Saint-Étienne, de retour d'une réunion tardive avec le maire, il aperçoit Dewaere en train d'arracher les dizaines d'affiches de Julien Clerc qui est alors en tournée dans la même ville. Le réalisateur n'ose pas le surprendre et ressent alors qu'il « devait être terriblement malheureux ».
  • Dans le même livre, Yves Boisset explique à Mado Maurin qu'après Le Juge Fayard dit Le Shérif, il mesure à quel point ses rôles peuvent influencer la vie de Dewaere. Le réalisateur se jure alors de ne lui proposer que des personnages et des histoires positives comme dans les films La Clé sur la porte ou encore Le Prix du danger qu'il ne pourra jamais tourner, ayant mis fin à ses jours quelques mois avant le début du tournage.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Lors de sa sortie en salles, Le Juge Fayard a été bien accueilli par la critique : pour Pierre Billard du Journal du dimanche, il s'agit d'un « film coup-de-poing qui secoue la léthargie du cinéma français »[3], alors que Raymond Lefevre de La Saison Cinématographique, note que Boisset a construit « tout son film à partir d'une rencontre entre la Série Noire et la satire politique » et « se fait ainsi le champion d'un cinéma authentiquement populaire et, malgré certains schématismes, la réussite est certaine »[3] et Jean-Paul Grousset du Canard Enchainé salue la prestation de Patrick Dewaere[3]. Parmi les critiques favorables au film, Michel Flacon du Point écrit que « Boisset a du punch, et nous tient en haleine jusqu'au bout » et la rédaction de L'Humanité Dimanche précise qu'il s'agit du « plus achevé et le plus mûr des films de Boisset »[4].

Toutefois, Michel Mohrt du Figaro, critique le conformisme de Boisset, qui veut faire, selon le critique, « un cinéma qui dérange et "fasse réfléchir" », tout en ajoutant que « ce qui serait "dérangeant", ceserait de nous montrer un juge intègre, quoique traditionaliste, et qui croit qu'un magistrat est fait pour appliquer les lois, non pour les contester et faire de la politique »[3].

Box-office[modifier | modifier le code]

Le Juge Fayard dit le Shériff prend la tête du box-office parisien durant les deux semaines consécutives à sa sortie avec un cumul de 264 709 entrées[5] et finit son exploitation avec 511 069 entrées sur la capitale[6]. En France, le long-métrage confirme le succès parisien en démarrant à 511 089 entrées en première semaine et termine avec un total de 1 758 456 entrées en fin d'exploitation[6].

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]