Le Journal d'une femme de chambre (film, 1964)
Le Journal d’une femme de chambre
| Titre original | Le Journal d'une femme de chambre |
|---|---|
| Réalisation | Luis Buñuel |
| Scénario | Luis Buñuel Jean-Claude Carrière |
| Acteurs principaux | |
| Sociétés de production | Ciné-Alliance Filmsonor Spéva Films Dear Film Produzione |
| Pays d’origine | |
| Genre | Comédie dramatique Étude de mœurs Satire sociale |
| Sortie | 1964 |
| Durée | 98 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Le Journal d'une femme de chambre est un film franco-italien réalisé par Luis Buñuel et sorti en 1964 d'après le roman éponyme d'Octave Mirbeau.
Sommaire |
Synopsis [modifier]
Dans les années 1930, Célestine, une femme de chambre de 32 ans, arrive de Paris pour entrer au service d'une famille de notables résidants au Prieuré, leur vaste domaine provincial. La maîtresse de maison, hautaine et dédaigneuse avec sa domesticité, est une puritaine frigide, maniaque du rangement et obsédée par la propreté. Célestine doit affronter les avances du mari sexuellement frustré, et elle gère avec toute la sérénité possible le fétichisme étrange du patriarche, un ancien cordonnier qui lui demande fréquemment de porter des bottines qu'il tient jalousement enfermées dans un placard.
Malgré sa répugnance, Célestine est contrainte de côtoyer Joseph, le palefrenier de ses patrons, un rustre aux tendances sadiques, raciste et activiste d'extrême droite[1] qui a des vues sur elle, l'associant à son projet de s'établir bistrotier. Une petite fille pour laquelle Célestine s'est prise d'affection est violée et assassinée. Célestine est persuadée de la culpabilité de Joseph et feint d'accepter de devenir sa femme pour obtenir ses aveux. Devant son mutisme, elle fabrique de faux indices pour le confondre, tout cela en pure perte, car il est finalement innocenté et s'en ira ouvrir son bistro avec une autre femme.
Parallèlement, Célestine a entrepris de se faire épouser par un voisin de ses patrons, l'ex-capitaine Mauger, un retraité aisé, autoritaire et tonitruant qu'elle domine cependant en exerçant subtilement son pouvoir de séduction. Elle l'asservira une fois devenue sa femme.
Thèmes et contexte [modifier]
Satire féroce d'une bourgeoisie provinciale dont l'hypocrisie de façade est démantelée (et exploitée) par une femme de chambre intelligente et subversive. Du choix d'un noir et blanc austère et de l'absence de musique résulte un portrait froid et quasiment clinique, mais néanmoins jouissif, des mœurs d'une bourgeoisie des années 1930. Du grand Buñuel, et une interprétation de Jeanne Moreau justement récompensée par le prix de la meilleure actrice au Festival international du film de Karlovy Vary.
Fiche technique [modifier]
- Titre : Le Journal d'une femme de chambre
- Réalisation : Luis Buñuel, assisté par Juan Luis Buñuel et Pierre Lary
- Scénario : Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière d'après le roman éponyme d'Octave Mirbeau (Éditions Fasquelle)
- Dialogues : Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière
- Photographie : Roger Fellous
- Opérateur : Adolphe Charlet, assisté de René Schneider et Agathe Beaumont
- Son : Antoine Petitjean, assisté de Robert Cambourakis
- Montage : Louisette Hautecoeur, assistée d'Arlette Lalande
- Décors : Georges Wakhevitch, assisté de René Calviera
- Costumes : Georges Wakhevitch, Jacqueline Moreau (chef costumier)
- Pays d'origine :
France,
Italie - Langue : français
- Production : Serge Silberman, Michel Safra, Henri Baum, Paulette Goddard, Burgess Meredith
- Sociétés de production : Ciné-Alliance (France), Filmsonor (France), Spéva Films (France), Dear Film Produzione (Italie)
- Sociétés de distribution : Cocinor (France), Carlotta Films (France), Art Cinefeel (France), Universal Pictures (étranger)
- Genre : comédie dramatique, étude de mœurs, satire sociale
- Durée : 98 minutes
- Format : noir et blanc — 35 mm — 2.35:1 Système Franscope — monophonique
- Date de sortie :
France le 4 mars 1964 - Classification : tous publics
Distribution [modifier]
- Jeanne Moreau : Célestine, la nouvelle femme de chambre
- Georges Géret : Joseph, le palefrenier militant extrémiste
- Michel Piccoli : M. Monteil, le maître de maison obsédé
- Françoise Lugagne : Mme Monteil, la maîtresse de maison
- Jean Ozenne : M. Rabour, le père de Mme Monteil, fétichiste
- Daniel Ivernel : le capitaine Mauger, le voisin des Monteil
- Gilberte Géniat : Rose, la première femme du capitaine
- Bernard Musson : le sacristain extrémiste et ami de Joseph
- Jean-Claude Carrière : le curé du village
- Muni : Marianne, la domestique des Monteil
- Claude Jaeger : le juge d'instruction
- Dominique Sauvage : Claire, la petite fille assassinée
- Madeleine Damien : la cuisinière des Monteil
- Geymond Vital : le brigadier sur le quai de la gare
- Marcel Rouzé : le chef de gare
- Jeanne Pérez : la commère
- Andrée Tainsy : la paysanne
- Pierre Collet : le voyageur
- Aline Bertrand : la voyageuse
- Joëlle Bernard : la compagne de Joseph
- Marc Eyraud : le secrétaire du commissaire
- Dominique Zardi : le gendarme
- Jean Franval : le facteur
- Gabriel Gobin : le brigadier qui vient arrêter Joseph
- Françoise Bertin
- Michel Dacquin : un invité au mariage
- Marcel Le Floch
- Marguerite Dubourg
Distinction [modifier]
Festival international du film de Karlovy Vary 1964 : prix de la Meilleure actrice à Jeanne Moreau.
Bibliographie [modifier]
- Le Journal d'une femme de chambre, découpage intégral, (L'Avant-Scène, 1971)
Notes et références [modifier]
- On assiste notamment à sa préparation, en compagnie du sacristain, d'une campagne antisémite par voie d'affichage
Liens externes [modifier]
- Film français sorti en 1964
- Film italien sorti en 1964
- Film réalisé par Luis Buñuel
- Adaptation d'un roman au cinéma
- Film en noir et blanc
- Film se déroulant en France
- Film tourné en Essonne
- Film tourné en Seine-Maritime
- Film tourné dans le Val-de-Marne
- Cinéma et sexualité
- Fétichisme sexuel
- Le Journal d'une femme de chambre