Le Grand Verre

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La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le Grand Verre)
Artiste
Date
1915–1923
Type
Huile, vernis, feuille de plomb, fil de plomb et poussière entre deux panneaux de verre
Dimensions
(H × L)
277.5 × 175.9 cm
Localisation

Le Grand Verre est une œuvre de l'artiste français Marcel Duchamp, dont le nom original est La Mariée mise à nu par ses célibataires, même.

Elle fut réalisée entre 1915 et 1923 à New York et est composée de deux panneaux de verre assemblés, peints pour partie à l'huile, et comprenant des inserts en plomb, de la poussière, etc. Elle fut brisée involontairement quelques années plus tard puis reconstituée. Elle est actuellement exposée au Philadelphia Museum of Art.

Marcel Duchamp arrêta de travailler sur Le Grand Verre en 1923. L'œuvre est considérée comme inachevée, selon le vœu même de l'artiste, qui laissa cependant des notes.

Dans un entretien avec Robert Lebel (1959), Duchamp révèle que cette « mariée » est un concept qui prend sa source dans un stand de fête foraine de province : les jeunes gens devaient envoyer des projectiles sur une représentation de femme en robe de mariée afin de la déshabiller, ses atours ne tenant qu'à un fil (attraction dite du Chamboultou).

Dans un autre entretien accordé à Lewis Jacobs (Marcel Duchamp - In His Own Words, MoMA, 1978), Duchamp explique que cette composition doit beaucoup au poème Impressions d'Afrique (1910) de Raymond Roussel. Duchamp évoque aussi l'influence du Voyage au pays de la quatrième dimension (1912) de Gaston de Pawlowski dans les entretiens avec Pierre Cabanne[1] : « J'avais à ce moment-là essayé de lire des choses de ce Povolowski [sic] qui expliquait les mesures, les lignes droites, les courbes, etc. Cela travaillait dans ma tête quand je travaillais bien que je n'aie presque pas mis de calculs dans le Grand Verre. Simplement, j'ai pensé à l'idée d'une projection, d'une quatrième dimension invisible puisqu'on ne peut pas la voir avec ses yeux... »

Plus fondamentalement, Le Grand Verre serait la consécration d'un paradoxe découvert par Marcel Duchamp à la suite du refus de son œuvre Le Nu descendant un escalier par le salon cubiste de Paris en 1912.

Ce paradoxe ou cette loi dénommée le "talionisme" est résumée par le module: "refus/réhabilitation" (rapport de proportion entre le refus premier et le succès différé). Par conséquent l'objet d'art n'est plus selon lui caractérisé par son esthétique mais par le rite sacral (la seule validation d'une œuvre) qui permet sa transfiguration grâce au processus refus/réhabilitation[2].

La réplique du Grand Verre réalisée par Ulf Linde de Stockholm qui a été exposée en 2014-2015 par Beaubourg-Paris est la meilleure selon l'avis d'Arturo Schwarz alors que celle de Richard Hamilton est littéralement obscène selon cet ami de Marcel Duchamp[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Cabanne et Marcel Duchamp, Entretiens avec Marcel Duchamp, Paris, Belfond, coll. « Collection Entretiens »,‎ 1967, 218 p. (OCLC 2131839, notice BnF no FRBNF37656371)
  2. « Le Grand Verre de Marcel Duchamp », sur Le Nouveau Cénacle (consulté le 8 novembre 2014)
  3. « Arturo Schwarz, l'ami de Marcel Duchamp », sur Le Nouveau Cénacle,‎ 13 mars 2015 (consulté le 13 mars 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]