Le Globe

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Le Globe
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Genre Littéraire 1824
Politique 1828
Saint-Simonien 1830
Date de fondation 15 septembre 1824
Date du dernier numéro 20 avril 1832
Ville d’édition Paris

Le Globe, sous-titré journal littéraire, puis philosophique et littéraire parut à Paris le 15 septembre 1824. En 1828, il devient aussi politique. Il fut fondé et dirigé par Pierre Leroux et Paul-François Dubois, ce dernier assumant le rôle de rédacteur en chef jusqu'en 1830. En janvier 1831, Le Globe devient le journal de la doctrine de Saint-Simon, puis en août de la même année le journal de la religion saint-simonienne. Il cesse de paraître le 20 avril 1832.

Naissance et affirmation du journal, 1824-1828[modifier | modifier le code]

À sa création, Le Globe se présente comme une feuille de 4 pages de format in-quarto paraissant tous les deux jours, puis 2 fois par semaine à partir de 1828. Les fonds nécessaires à la réalisation du journal sont apportés par Alexandre Lachevardière, un imprimeur avec lequel Pierre Leroux, typographe de formation, avait des contacts. Ancien normalien, Dubois n'était pas un débutant dans le journalisme. En 1823, il avait notamment collaboré aux Tablettes universelles, un recueil mensuel d'esprit libéral fondé en 1820. À la demande de Leroux, il s'associe à l'entreprise et se charge de recruter les journalistes. Lors de la constitution du groupe littéraire, les principaux rédacteurs, parmi lesquels Dubois, Damiron, Jouffroy, Artaud, Trognon, étaient en majorité issus de l’École normale, si bien que le journal fut souvent associé aux doctrinaires. Cependant, ces derniers n’ont pas participé à sa création et restèrent en dehors du groupe de rédaction.

Les rédacteurs du Globe étaient de jeunes intellectuels libéraux nés entre 1793 et 1804. Libres d’attaches antérieures, ils se veulent la jeune France et se démarquent de leurs aînés. La liberté est leur maître-mot. Opposés aux Ultras, ils se réclament de l’héritage de 1789, mais récusent l’esprit révolutionnaire. Sur le plan religieux et philosophique, ils adhèrent pour la plupart au déisme et au spiritualisme rationnel, dans la tradition de Descartes, et réfutent le sensualisme matérialiste de Condillac.

D'abord littéraire, Le Globe fut considéré par ses contemporains comme le « principal organe du romantisme en France ». Les « globistes » se désignent volontiers comme « romantiques », sans pour autant s’enrôler sous une bannière. Plusieurs d’entre eux, dont Duvergier de Hauranne, Vitet, Magnin sont engagés dans les débats qui divisent la critique. Ils revendiquent la « liberté littéraire » contre les idées classiques et soutiennent la réforme du théâtre. Ouverts aux œuvres étrangères, ils veulent une littérature vivante qui exprime les préoccupations de leur temps. Leur appel au renouvellement vaut pour tous les genres littéraires, la musique et les beaux-arts, et toutes les créations de l’esprit.

Affirmant ses ambitions, le journal adopte en août 1826 le sous-titre de « journal philosophique et littéraire ». La philosophie occupe alors une place de choix. En avril 1827, le terme de « journal » est remplacé par celui de « recueil ». Ce nouveau changement de sous-titre illustre l’importance accordée, dès la création du Globe, aux recueils de textes à caractère encyclopédique très appréciés des lecteurs, y compris à l'étranger.

Cette même année 1827 est marquée par la création d’une société par actions visant à assurer l’indépendance financière de l'entreprise. À ce moment, le journal comptait 800 à 900 abonnés, ce qui n’est pas si mal pour un périodique jugé élitiste, mais peu par rapport au Constitutionnel (20000 abonnés). Cependant, le nombre de lecteurs du Globe excédait largement cette estimation du fait des envois gratuits qui en doublaient la diffusion.

Le Globe, journal politique, 1828-1830[modifier | modifier le code]

La chute du gouvernement Villèle en janvier 1828 représente un tournant. Sous le ministère Martignac, la nouvelle loi sur la presse, définitivement adoptée le 18 juillet, instaure un régime plus favorable et supprime l’autorisation préalable pour les journaux politiques. Le 16 août, Le Globe devient officiellement « journal philosophique, politique et littéraire ». De nouveaux journalistes entrent à la rédaction, dont Armand Carrel et Louis Viardot. Parallèlement, les doctrinaires créent La Revue française, un bimestriel qui se situe dans une même communauté d’idées avec Le Globe.

À partir d’août 1829, la rédaction du journal s’apprête à la « résistance légale » au ministère Polignac. Le 15 janvier 1830, dans un contexte politique tendu, Le Globe change de formule et devient quotidien. La politique passe au premier plan (« journal politique, philosophique et littéraire »). L’éditorial du premier numéro du Globe quotidien, rédigé par Dubois sous le titre « La France et les Bourbons en 1830 », fait scandale en posant la question dynastique. Ce dernier comparaît en justice le 18 février et est condamné le 10 mars à quatre mois de prison et 2000 francs d’amende.

Le 26 juillet 1830, à la veille de l'insurrection, Rémusat, qui a remplacé Dubois, rédige avec Thiers le texte de la protestation des journalistes contre les ordonnances de Charles X.

La fin du Globe libéral et l’avènement du Globe saint-simonien, 1830-1832[modifier | modifier le code]

La révolution de Juillet eut pour conséquence la fin de la cohésion du groupe de rédacteurs, partagés entre « orléanistes », les plus nombreux, et « républicains », Pierre Leroux en tête. Une crise s’ouvre au sein du journal, dont les principales étapes sont les suivantes :

  • 16 août 1830 : la dissolution du Globe est prononcée. Dubois abandonne son titre de gérant et se retire ainsi que la plupart des rédacteurs. Bon nombre d’entre eux occuperont des postes officiels sous le nouveau régime de la monarchie de Juillet. Leroux reste seul gérant, assisté de Sainte-Beuve, Lerminier, Magnin qui assurent la rédaction.
  • 20 septembre 1830 : la société est en liquidation. N’ayant pu réunir les fonds nécessaires, Leroux s’adresse à Enfantin pour qu'il rachète le journal.
  • 10 novembre 1830 : les saints-simoniens prennent la direction du journal, avec Michel Chevalier comme directeur.
  • 18 janvier 1831 : le nouveau journal devient officiellement Le Globe : journal de la doctrine de Saint-Simon. Seul le titre est resté du Globe de la Restauration.

Une campagne d’abonnements est lancée par la nouvelle direction avec un certain succès. Cependant, l’orientation prise par le journal entraine la défection de nombreux lecteurs de l’ancien Globe et la quantité d’abonnés baisse rapidement. En août 1831, le journal change de sous-titre pour devenir « journal de la religion saint-simonienne » ; il est alors diffusé gratuitement. Des difficultés économiques ainsi que de graves divergences de doctrine amènent la fin du Globe saint-simonien le 20 avril 1832.

Principaux collaborateurs du Globe libéral[modifier | modifier le code]

Actionnaires (de 1828 à 1830)[modifier | modifier le code]

Principaux collaborateurs du Globe saint-simonien[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

"On se rappelle ce que fut cette feuille célèbre. En philosophie, le spiritualisme ; en histoire, une curiosité intelligente, impartiale, et même sympathique pour les temps anciens et les divers états des sociétés humaines ; en littérature, le goût de la nouveauté, de la variété, de la liberté, même sous ses formes les plus étrangères et dans ses plus grossiers mélanges : c'était là le drapeau des rédacteurs du Globe". (Eugène Hatin, Histoire politique et littéraire de la presse en France, t.VIII, Paris, Poulet-Malassis, 1861, p.499).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Jacques Goblot, La jeune France libérale : Le Globe et son groupe littéraire, 1824-1830, Paris, Ed. Plon, 1995.
  • Jean-Jacques Goblot, Le Globe, 1824-1830 : documents pour servir à l’histoire de la presse littéraire, Paris, Honoré Champion, 1993.
  • Nerema Zuffi, Le Globe saint-simonien, 1831-1832 : art et société, Università degli studi di Verona, 1989.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Goblot, Le Globe, 1824-1830: documents pour servir à l'histoire de la presse littéraire, 1993, pages 263 et 267