Le Fou d'Elsa

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Le Fou d'Elsa est un recueil de poèmes de Louis Aragon publié en 1963.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Elle prend place dans sa biographie d'intellectuel engagé pour couvrir sa lecture de la période de décolonisation, marquée à la fin des années 1950 par la guerre d'Algérie, qui a suivi la Libération.

Le Fou d'Elsa reflète un immense engagement intellectuel de Louis Aragon pour s'approprier la culture et l'histoire du monde arabe et musulman et pour comprendre sa relation au monde chrétien et au monde moderne. Les poèmes de Louis Aragon dans Le Fou d'Elsa sont sertis dans une narration biographique et une analyse sociologique et historique relatant l'Andalousie dominée par les musulmans.

Le Fou d'Elsa comprend aussi une dimension théâtrale. Il met en scène, dans le contexte dramatique de la chute de Grenade, coïncidant avec la découverte de l'Amérique, la société andalouse, mêlant musulmans et juifs pétris de rationalisme. La chute de Grenade est un moment charnière de l'histoire moderne, celui de la montée politique de la chrétienté, portée par l'Inquisition, et le début de la dépression séculaire dans laquelle s'engageait le monde arabe et musulman, achevée par sa colonisation.

Aujourd'hui, Le Fou d'Elsa reste un poème d'une extraordinaire actualité. Il développe un système de valeurs propice à la coexistence respectueuse et mutuellement enrichissante des civilisations.

C'est dans Le Fou d'Elsa que Louis Aragon mentionne, à deux reprises[1], que « L'avenir de l'homme est la femme », qui deviendra une célèbre maxime et (après une inversion de l'ordre des mots) le titre de la chanson La femme est l'avenir de l'homme de Jean Ferrat.

Note[modifier | modifier le code]

  1. « L'avenir de l'homme est la femme / Elle est la couleur de son âme / Elle est sa rumeur et son bruit / » (édition Gallimard, 2002, page 196) et « ...comment était cet air qui me tourmente et dont me sont restés quelques mots seulement : L'avenir de l'homme est la femme... ah, pitié, ah, pitié de celui qui n'a pas d'avenir! Ah, l'horreur de celui, tchororo tchororo, qui n'a pas d'avenir... » (même édition, page 392)