Le Dictionnaire Khazar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Dictionnaire Khazar
Auteur Milorad Pavić
Genre Roman
Version originale
Titre original Hazarski rečnik
Хазарски речник
Langue originale Serbe
Date de parution originale 1984
Version française
Traducteur Maria Bežanovska
Éditeur Belfond
Date de parution 1988
Nombre de pages 258
ISBN 2-7144-2130-X

Le Dictionnaire Khazar (Hazarski rečnik, en cyrillique Хазарски речник) est un roman de l'écrivain serbe Milorad Pavić publié en 1984 et traduit en français en 1988.

Thème[modifier | modifier le code]

Le Dictionnaire Khazar retrace la naissance et la disparition des Khazars, un peuple venu d'Orient, à travers les principaux mots de son histoire. « Roman-lexique en 100 000 mots », glossaire, encyclopédie, dictionnaire maudit, recueil de légendes, de biographies, ouvert à d'infinies combinaisons et interprétations, Le Dictionnaire Khazar se présente sous une forme totalement originale, puisque de n'importe quel endroit d'où le lecteur commence, il peut comprendre le récit - ou du moins une signification possible du récit. Une autre subtilité du Dictionnaire Khazar est qu'il existe deux exemplaires de ce livre : un exemplaire féminin et un exemplaire masculin. (Il y a une seule et unique différence entre les deux exemplaires...)

Le Dictionnaire Khazar provoqua à sa parution un véritable coup de tonnerre: depuis les grandes fantaisies ésotériques de la Renaissance, rien de semblable n'avait paru, et il est peu d'écrivains, à l'exemple d'Ismail Kadare ou d'Italo Calvino, pour conjuguer ainsi l'imaginaire, l'absurde et la réalité. Milorad Pavić entraîne son lecteur à la découverte des chasseurs de rêves, du diable iconographe Sevast Nikon, des maçons de la musique qui taillaient d'énormes blocs de sel sur lesquels jouaient les vents, de la princesse Ateh qui se réveillait chaque matin avec un visage nouveau... et ce n'est pas le moindre mérite de ce livre que le lecteur finira toujours par se demander si ces êtres, ces événements extraordinaires ont ou non existé.

À l'instar du Necronomicon de Lovecraft, Le Dictionnaire Khazar devient l'un de ces livres dont on ne sait plus s'ils sont réels ou imaginaires...

Les Khazars[modifier | modifier le code]

Les Khazars étaient un peuple semi-nomade turc d’Asie centrale ; leur existence est attestée entre le VIe siècle et le XIIIe siècle. Le nom Khazar semble dériver d'un mot turc signifiant errant, nomade (gezer en turc moderne). Au VIIe siècle les Khazars s'établirent en Ciscaucasie aux abords de la mer Caspienne où ils fondèrent leur Khaganat. À leur apogée, les Khazars, ainsi que leurs vassaux, contrôlaient un vaste territoire qui pourrait correspondre à ce que sont aujourd'hui le sud de la Russie, le Kazakhstan occidental, l'Ukraine orientale, la Crimée, l'est des Carpates, ainsi que plusieurs autres régions de Transcaucasie telles que l'Azerbaïdjan et la Géorgie.

Les Khazars remportèrent plusieurs séries de succès militaires sur les Sassanides, puis sur le califat, établi en deçà de la Cicscaucasie, empêchant ainsi toute invasion arabo-islamique du sud de la Russie. Ils s'allièrent à l'Empire byzantin contre les Sassanides et le Rus' de Kiev. Lorsque le Khaganat devint une des principales puissances régionales, les Byzantins rompirent leur alliance et se rallièrent aux Rus' et Petchenègues contre les Khazars. Vers la fin du Xe siècle, l'Empire khazar s'éteignit progressivement et devint l'un des sujets de la Russie kiévienne.

Au VIIIe siècle, pris en tenaille entre les Orthodoxes et les Musulmans, les Khazars invitèrent un moine, un derviche et un rabbin à débattre des mérites de chaque religion. À la suite de cette polémique, les Khazars se convertirent, apparemment en masse, au judaïsme. Le livre de Milorad Pavić reflète cette évolution puisque l'essentiel du « dictionnaire » est constitué de trois parties : le Livre Rouge (sources chrétiennes sur la question khazare), le Livre Vert (sources islamiques sur la question khazare) et le Livre Jaune (sources hébraïques sur la question khazare).

Sources[modifier | modifier le code]

La source principale, directe ou indirecte, du thème, est le Kitâb al-hujja wa-l-dalîl fî nusr al-dîn al-dhalîl, "Livre de la réfutation et de la preuve concernant la religion méprisée", ou Kitâb al-Khazari, "Livre du Khazar", ou en hébreu Sefer al-Khazari (Kuzari), de Juda Halevi (1075-1141), un des grands poètes de l'âge d'or andalou.

Ce Kuzari, oeuvre de fiction, est lui-même inspiré du Tahafut al-Falasifa de Al-Ghazâlî (1058-1111), et a inspiré d'autres œuvres, dont Le Livre du gentil et des trois sages de Raymond Lulle (1232-1315).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]