Le Dernier Métro

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Le Dernier Métro

Réalisation François Truffaut
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Sortie 1980
Durée 131 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Dernier Métro est un film français réalisé par François Truffaut sorti en 1980.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Alors que les Allemands occupent la moitié de la France, Marion Steiner ne pense qu'aux répétitions de la pièce qu'elle doit monter au théâtre Montmartre dont elle assure la direction depuis que son mari juif allemand, Lucas, s'est enfui de Paris. En réalité, Lucas s'est réfugié dans les sous-sols du bâtiment. Chaque soir, Marion lui rend visite et commente avec lui le travail des comédiens, notamment celui du jeune premier de la troupe, Bernard Granger.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film a réalisé plus d'un million d'entrées à Paris[1].

Pays Box-office Nbre de sem. Classement TLT[2] Source
Box-Office Paris 706 667 entrées 10 sem. - [1]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

On entend pendant le film plusieurs chansons des années 1930 et 1940. Entre autres, deux chansons interprétées par Lucienne Delyle, Mon amant de Saint-Jean et la Prière à Zumba.

Tournage[modifier | modifier le code]

Les scènes de théâtre ont été tournées au théâtre Saint-Georges à Paris[1].

Le tournage a ensuite eu lieu dans une usine désaffectée à Clichy transformée en studio de cinéma pour reconstituer Paris sous l'Occupation[1].

Analyse[modifier | modifier le code]

En 1981, le film gagne dix Césars dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur pour François Truffaut, du meilleur acteur pour Gérard Depardieu, de la meilleure actrice pour Catherine Deneuve et du meilleur scénario pour Truffaut et Suzanne Schiffman. Le Dernier Métro est le premier film à remporter autant de trophées et seul Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau en 1991 égale son record. À noter qu'il est la première œuvre à gagner les cinq Césars les plus prestigieux (film, réalisateur, acteur, actrice et scénario) et seul Amour de Michael Haneke, en 2013, arrive également à les obtenir.

Film riche et accompli, Le Dernier Métro multiplie les niveaux de lecture et aborde de nombreux thèmes : l'Occupation allemande (Lois contre les Juifs et les étrangers pendant le régime de Vichy), les bouleversements et les attitudes qu'elle entraîne, les résonances entre la vie réelle et la fiction théâtrale et comme dans Fahrenheit 451 les mécanismes de défense contre l'oppression et l'obscurantisme. L'homosexualité, masculine et féminine, est abordée avec tolérance. Le principe de mise en abyme (le théâtre dans le cinéma), comme le « film dans le film » de La Nuit américaine, permet de superposer l'évocation des contingences matérielles et des aléas de la préparation d'un spectacle à l'exaltation de l'esprit de troupe et à la notion de rôle dans la vie comme en art. Le théâtre devient l'occasion de ressusciter minutieusement une période historique sombre mais drapée d'imaginaire et de fantasmes. Truffaut reste fidèle à ses thèmes de prédilection dans l'idée d'interchangeabilité des masques en société et en scène, télescopée avec le hasard, la séduction, la galanterie, le mensonge, la vérité et le sentiment amoureux. Le triangle central, une femme et deux hommes (comme dans Jules et Jim), est préservé grâce à la ruse, la duplicité et surtout la passion de l'art et de la création qui absorbe les existences entières du microcosme d'individus mis en scène.

Ce film s'inspire de la vie de Miss Blubell et de son mari Marcel Leibovici pendant l'Occupation[réf. nécessaire].

Le Dernier Métro s'inspire de la pièce de théâtre Carola de Jean Renoir[3],[4], adaptée à la télévision américaine avec Leslie Caron : Carola.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Le film comprend de nombreuses références à l'actualité culturelle française des années 1940. Les arrestations successives, à la Libération, du personnage incarné par Jean Poiret sont très librement inspirées des déboires de Sacha Guitry. La scène où le personnage de Gérard Depardieu s'en prend au critique de Je suis partout est tirée d'un incident qui opposa Jean Marais à Alain Laubreaux. Truffaut se délecte aussi en autocitations. De nombreux dialogues de la pièce de théâtre jouée dans le film par les personnages de Catherine Deneuve et Gérard Depardieu sont ainsi tirés de La Sirène du Mississipi.

Anachronismes[modifier | modifier le code]

Le début du film se déroule avant l'occupation de la zone libre par les troupes allemandes, soit avant le 11 novembre 1942. Or, on peut distinguer sur un mur une affiche de propagande de la Milice française, qui ne fut créée qu'en janvier 1943.

Erreurs[modifier | modifier le code]

Au moment où Catherine Deneuve entre dans la cave pour voir son mari, on aperçoit le preneur de son dans le champ.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Antoine de Baecque, « Pièce à conviction », Libération,‎ 21 août 2004 (lire en ligne)
  2. Tous les temps - All Time
  3. Jean Rochefort, les français doivent réapprendre à rêver, Le Figaro, 18 octobre 2013
  4. A Companion to François Truffaut, de Dudley Andrew et Anne Gillain

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]