Le Coq d'or (opéra)

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Le Coq d'or (en russe : Золотой Петушок) est un opéra en trois actes de Nikolai Rimski-Korsakov. Vladimir I. Bielski en a composé le livret intégral, d'après le conte en vers de Pouchkine Le Coq d'or. La création du dernier opéra de Rimski-Korsakov eut lieu le 24 octobre 1909 à Moscou au théâtre Solodovnikov, sous la direction d'Emil Cooper.

Les intentions satiriques du compositeur envers le tsarisme sont indiscutables : cet opéra, composé une dizaine d'années avant la révolution de février 1917, montre que Rimski sentait venir l'orage. La censure en interdit la représentation du vivant du compositeur[1]

Personnages[modifier | modifier le code]

  • le tsar Dodon (basse)
  • le tsarévitch Aphron (baryton)
  • le tsarévitch Gvidon (ténor)
  • l'Astrologue (ténor)
  • Polkan (basse)
  • la reine de Chemakha (soprano)
  • Amelfa (alto)
  • la voix du Coq d'or (soprano)

La suite symphonique[modifier | modifier le code]

De cet opéra, symphoniquement très riche, a été tirée, après la mort du compositeur, une suite en quatre mouvements dont la première audition a eu lieu en 1913 :

  • le tsar Dodon dans son palais (regroupe l'introduction de l'ouvrage et scènes du 1er acte comme l'apparition de l'astrologue)
  • le tsar Dodon sur le champ de bataille (début du 2e acte)
  • le tsar Dodon et la reine Chemakha (principalement la danse de la reine)
  • la noce et la fin pitoyable de Dodon (début du 3e acte, marche nuptiale et mort du tsar tué par le Coq)

Résumé[modifier | modifier le code]

  • Prologue : L'Astrologue annonce le début de l'histoire et que celle-ci aura une morale.
  • Acte I : Le roi Dodon convoque le chef de ses armées le général Polkan ainsi que ses fils Guidon et Afron pour qu'ils aillent combattre les ennemis du pays et que lui puisse retourner se coucher. Guidon et Afron font des propositions que Polkan rejette. L'Astrologue présente un coq d'or qui perché sur un clocher préviendra des invasions ennemies. Dodon, enchanté, promet à l'Astrologue la récompense que ce dernier précisera plus tard. Le roi s'endort, veillé par sa gouvernante, et rêve d'une belle princesse.
  • Acte II : En plein brouillard de nuit, Dodon découvre que son armée a été vaincue et que ses fils se sont entre-tués. À l'aube apparait une tente dont sort la reine de Chemakha. Elle célèbre le soleil levant et déclare vouloir envahir le royaume de Dodon. Elle lui enjoint de chanter et danser jusqu'à épuisement. Dodon, sous son charme, la demande en mariage alors qu'elle se prépare à envahir son pays.
  • Acte III : Dodon rentre chez lui avec la reine de Chemakha, accompagné de nains, de géants, d'esclaves et d'animaux bizarres. L'Astrologue arrive et vient réclamer son dû pour le coq d'or : il déclare vouloir épouser la reine. Dodon essaie de l'en dissuader, mais en vain, et finit par le tuer avec son sceptre. Alors d'un violent coup de bec, le coq tue le roi. Survient alors un violent orage pendant lequel la reine, l'Astrologue et le coq disparaissent.
  • Epilogue : L'Astrologue renait et déclare que dans cette histoire, seuls la reine et lui sont réels.

Extraits particulièrement marquants de l'opéra[modifier | modifier le code]

  • le prologue et l'entrée de l'Astrologue (Ia koldoun. Naoukoi tainoi)
  • le monologue du roi Dodon (Ia vas zdiès zatièm sozval)
  • le projet d'Afron (Ty zavralsia)
  • le sommeil de Dodon (Tsarstvoui lioja na bokou!)
  • le rêve du roi Dodon (Kirikikoukou!)
  • la danse de la reine Chemakha (Vyplyvaiou ia snatchala)
  • le chœur des esclaves (Siostry, kto khromaièt riadom)
  • le chœur du peuple de Dodon (Strachno, bratiki!)

Le Coq d'or est l'un des rares opéras de Rimski-Korsakov joués en Occident, même s'il ne figure pas régulièrement à l'affiche des théâtres lyriques.

Le ballet[modifier | modifier le code]

En 1914, Michel Fokine chorégraphie un ballet sur la musique de Rimski-Korsakov pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev. Les décors étaient la création de Nathalie Gontcharova.

Enregistrements[modifier | modifier le code]

On note six versions, dont trois réalisées en studio. Il faut préciser que les opéras de Rimski-Korsakov sont peu enregistrés et s'exportent mal en Occident. Dès qu'ils le sont, ils demeurent pour la plupart introuvables.

  • Orchestre de la RAI (M. Freccia) (live de 1960) : dans cette version chantée en italien, l'orchestre et les chanteurs sont d'un niveau acceptable, sans plus ; le son est plutôt précaire.
  • Orchestre de la radio de Moscou (A. Kovaliov & E. Akoulov) (studio de 1962) : cette version reste la référence, grâce à l'excellence de l'orchestre, des chœurs et des chanteurs (notamment Pitchaïev, dans le rôle de l'astrologue) ; le son est très satisfaisant pour l'époque.
  • Orchestre de l'Opéra de New York (Rudel) (live de 1971) : cette version, chantée en anglais est surtout intéressante pour l'interprétation de Beverly Sills, qui y incarne la reine de Chemakha ; malheureusement, les conditions techniques sont relativement médiocres.
  • Orchestre de l'Opéra de Sofia (D. Manolov) (studio de 1985) : cette version est une des seules sur le marché actuellement. L'interprétation ne marque pas les esprits (orchestre sans grand relief et chanteurs de qualité trop variable) ; en revanche, la qualité sonore est excellente (enregistrement numérique).
  • Orchestre philharmonique de Moscou (D. Kitaenko) (studio de 1987).
  • Orchestre du Théâtre Bolchoï de Moscou (E. Svetlanov) (live de 1988).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le guide de l'Opéra - Fayard - 1986

Liens externes[modifier | modifier le code]