Le Colosse (tableau)

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Le Colosse
El Coloso
Image illustrative de l'article Le Colosse (tableau)
Artiste Inconnu[1]
Date 1808-1812
Technique Huile sur toile
Dimensions (H × L) 116 × 105 cm
Localisation Musée du Prado, Madrid (Espagne)

Le Colosse est un tableau d'un peintre inconnu réalisé en 1808-1812. Cette huile sur toile est conservée au Musée du Prado, à Madrid. Il a longtemps été attribué à Francisco de Goya.

Inspiration de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Nigel Glendinning affirme que Le Colosse est basé sur le poème patriotique de Juan Bautista Arriaza Profecía del Pirineo[2], très diffusé parmi les résistants espagnols. Dans les vers 25 à 36, apparaît un Titan qui s'érige sur les Pyrénées, chaîne de montagne dont l’étymologie signifie « mont brûlé » et a été reflétée dans la tradition littéraire espagnole, comme on peut l'observer dans Fábula de Polifemo y Galatea de Luis de Góngora. Il appelle le géant Polyphème « Ce Pyrénée » dans le vers 62. Le poème d'Arriaza décrit des détails comme ceux des nuages qui entourent sa ceinture, une précision que Goya retranscrit dans le tableau :

Ved que sobre una cumbre
de aquel anfiteatro cavernoso,
del sol de ocaso a la encendida lumbre
descubre alzado un pálido Coloso
que eran los Pirineos
basa humilde a sus miembros giganteos.

Cercaban su cintura
celajes de occidente enrojecidos,
dando expresión terrible a su figura
con triste luz sus ojos encendidos
y al par del mayor monte,
enlutando su sombra el horizonte.

— Juan Bautista Arriaza, Profecía del Pirineo, dans Poesías patrióticas, Londres, T. Bensley, 1810, p. 27-40, v. 25-36.

« 

Voyez que sur un sommet
de cet amphithéâtre caverneux,
du sol couchant à la lueur éclatante
on découvre hissé un pâle Colosse
pour lequel les Pyrénées
sont une humble base pour ses membres gigantesques.

Entouraient sa ceinture
un ciel couvert d'occident rougi,
donnant l'expression terrible à sa figure
avec une triste lumière ses yeux enflammés
et égal au mont le plus haut,
endeuillant son ombre l'horizon.

 »

Le peuple espagnol est représentée comme un géant surgit des Pyrénées pour s’opposer à l’invasion napoléonienne, thème classique de la poésie patriotique de la Guerre d’indépendance[N 1].

Sa volonté de lutter sans armes, à mains nues, comme l'exprime Arriaza lui-même dans son poème Recuerdos del Dos de Mayo (« Souvenirs du Deux mai »)[3]:

De tanto joven que sin armas, fiero
entre las filas se le arroja audaz

— Juan Bautista Arriaza, Recuerdos del Dos de Mayo, dans Poesías patrióticas, Londres, T. Bensley, 1810, p. 63, IV.

« 

Tant de jeunes qui sans arme, fiers
entre les files se jettent audacieux

 »

Paternité de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Le Colosse (également connu sous le nom Le Géant, en espagnol, El Coloso) est une peinture un moment attribuée à Francisco de Goya, actuellement attribuée à un apprenti, probablement Asensio Julià. En janvier 2009, le musée du Prado a rapporté que l'enquête sur la paternité de la peinture s'était révélée concluante : « Les résultats à ce jour ne confirment pas que l'auteur soit Juliá, la peinture peut seulement être attribuée à un suiveur de Goya ». Le musée madrilène indique aujourd'hui comme paternité : Goya et Francisco de Lucientes (suiveur de Goya)..

Le Colosse a été peint entre 1808 et 1812. Il est possible que ce soit la peinture identifiée comme Le Géant dans l'inventaire des biens de Goya en 1812, l'année où ils sont devenus la propriété de son fils, Javier Goya. Plus tard, le tableau a été en possession de Pedro Fernández Durán, qui a légué sa collection au Musée du Prado, où Le Colosse est exposé depuis 1931. Le travail a été interprété de plusieurs façons, ayant reçu d'autres noms comme La Panique ou La Tempête.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un autre exemple de poésie patriotique lors de la guerre d'indépendance, est celui de Manuel José Quintana intitulé A España, después de la revolución de marzo (« Pour l'Espagne, après la révolution de mars »), où d'énormes ombres de héros espagnols, parmi lesquels Ferdinand III, Gonzalo Fernández de Córdoba (appelé « Gran Capitán ») et Rodrigo Díaz de Vivar (appelé « El Cid »), encouragent la résistance.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Goya en el Prado », sur Musée du Prado (consulté le 23 février 2014)
  2. (es) Juan Bautista Arriaza, Poesías patrióticas, Londres, T. Bensley,‎ 1810, 104 p. (lire en ligne), p. 27
  3. (op. cité p. 61-67)