Le Citron de la discorde

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Le Citron de la discorde
Saison 6
Épisode no 24

Titre original Lemon of Troy
Titre québécois Le Citronnier
Code de production 2F22
1re diffusion aux É.-U. 14 mai 1995
1re diffusion en France 6 janvier 1996
Tableau noir Roter n'est pas couvert par le premier amendement.
Gag du canapé Les Simpson sont dessinés comme les dessins animés des années 30 et l'image est en noir et blanc.
Scénariste Brent Forrester
Réalisateur Jim Reardon
Chronologie
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Le Citron de la discorde (France) ou Le Citronnier (Québec) (Lemon of Troy) est le 24e épisode de la saison 6 de la série télévisée d'animation Les Simpson. L’épisode (qui est pour Matt Groening « un classique et un de ses favoris ») a eu un gros succès, et a été fort apprécié des critiques spécialisés (note de 8,1 sur l’échelle de Nielsen). Il souligne la valeur de l’appartenance à une communauté, et du respect de son patrimoine culturel et de ses traditions, surtout si elles remontent à un passé historique. L’épisode touche aussi chez le téléspectateur la corde sensible des souvenirs d’enfance.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Marge voit Bart écrire son nom dans du ciment frais. Elle insiste pour lui faire comprendre qu'il est un citoyen de Springfield et que c'est une partie de lui qu'il détériore.

Le lendemain, Bart et son copain Milhouse se rendent au citronnier pour faire des réserves de citron quand ils se confrontent à des enfants de Shelbyville, la ville voisine, qui leur volent des citrons. Abraham Simpson qui est sur les lieux, leur raconte l'histoire de la querelle entre Springfield et Shelbyville. Quelque temps après, les enfants apprennent que le citronnier a disparu. Persuadés que ce sont les enfants de Shelbyville qui ont fait le coup, ils décident de franchir les limites de la ville et d'aller récupérer leur citronnier...

Références culturelles[modifier | modifier le code]

  • Histoire : le titre en anglais (Lemon of Troy) annonce que le scénario suit la trame de l’Iliade : une communauté spoliée d’un bien précieux va combattre pour le reconquérir, envahir le territoire ennemi, et utilisera un stratagème pour s’introduire dans la place ennemie. Ici c’est le camping-car de Ned Flanders qui jouera le rôle du cheval de Troie- et Hélène de Troie sera remplacée par un citronnier, symbole tout à la fois de vitamine indispensable pour lutter contre le scorbut pendant les longs voyages des convois de pionniers, de vie naturelle, et pour les enfants d'argent de poche facilement gagné lors des rituelles ventes de citronnade sur le trottoir.

Les dialogues prennent eux aussi un tour homérique (voir Wikiquote)  : le plus cultivé des enfants, Martin Prince, (qui conseille à ses amis de " mettre une feuille de sauge dans leurs chaussures, et d’en être récompensé toute la journée par la senteur épicée"...) appelle Nelson à son secours ("Non, personne ne maltraitera le fils chéri de la poitrine de Nelson. Apparais, protecteur costaud, et me sauve !…") . Puis, après que Nelson ait éliminé l’ennemi, il gambade autour de lui en chantant (en vers) ses louanges : "Oyez les hauts faits de Nelson, et de son enfant chéri ! Ils furent amis, pour le restant de leurs vies !"(Nelson, furieux, allonge une claque à Martin, un de ses souffre-douleur habituels, mais le rate…).

  • Par ailleurs, Bart arrive à lire le chiffre romain VII grâce au films Rocky 2 : La Revanche et Rocky 5 .
  • Psychologie infantile : comme dans le livre et le film La Guerre des boutons (et son remake irlandais "War of the Buttons", 1994), 2 groupes d’enfants se combattent et veulent défendre les valeurs de leur village. La scène des défis que se lancent les enfants de part et d’autre de la ligne de démarcation est directement inspirée de Les Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain
Les Aventures de Tom Sawyer décrivent les conflits territoriaux entre bandes d’enfants
  • Sociologie  : la tirade de Marge sur l’obligation qu’a l’individu de respecter les valeurs de la communauté à laquelle il appartient frise le chauvinisme (jingoism). L’antagonisme des 2 villes de Springfield et de Shelbyville remonte au conflit entre les 2 pères fondateurs : Jebediah Springfield (qui ressemble d’ailleurs un peu à Ned Flanders) était partisan de la retenue et de la chasteté - alors que Manhattan Shelbyville (bonhomme trapu, toujours l’espingole en main) pensait que chaque homme pouvait épouser sa (ses ?) cousines (rappel des théories des Mormons).

D’ailleurs si à Springfield la statue du père fondateur est celle d’un pionnier terrassant un ours, à Shelbyville elle représente un gros homme vacillant, soutenu par 2 femmes hilares (ce qui fait penser un Américain normalement nourri d’Ancien Testament à Loth et ses filles : autre allusion à l'inceste, donc à la consanguinité, donc à la forte incidence de tares génétiques chez les habitants de Shelbyville) ...L'attrait des mâles de Shelbyville pour leurs cousines n’a d’ailleurs pas disparu après 3 siècles : quand Bart est pris au piège par un commando de jeunes shelbyvilliens, il s’écrie « Oh, la jolie cousine ! », et les garçons, accaparés par leur libido soudain mise en alerte, le laissent s’échapper...

  • Machisme et kriegspiel : le commando d’enfants n’est composé que de garçons – et celui d’adultes lancés à leur recherche seulement de leurs pères respectifs. Au moment d’envahir le territoire ennemi, Bart prononce un petit discours, puis fait avec solennité son premier pas au-dessus de la ligne de démarcation (d’ailleurs marquée par un changement de couleur du sol : à Springfield, l’herbe est plus vert-tendre) ; mais (alors que Milhouse s’efface pour laisser les autres passer devant lui) , en arrière-fond Lisa et une autre petite fille (une shelbyvillienne ?) courent en jouant au cerf-volant, et traversent plusieurs fois la frontière en zigzagant : une fois de plus (comme dans Deux mauvais voisins) les femmes restent à l’écart du conflit qui oppose les hommes…

Le commando springfieldien est organisé sur le modèle militaire : division en escouades porteuses de noms martiaux, application des méthodes classiques d’approche, d’observation et d’infiltration de l’ennemi…Et logiquement Bart a associé par paires les "hommes" du commando (un échantillonnage humain rappelant l’escouade de G.I.s de Les Nus et les Morts) : le malin audacieux (Bart lui-même) , avec son ami le timoré (Milhouse, qui a revêtu une tenue de combat camouflée qui, croit-il, le rend invisible dans la végétation, comme Predator …) - le costaud peu intelligent (Nelson) avec le faible cultivé (Martin) – le sur-doué (Database) avec Todd Flanders, le gamin-de bonne famille-chrétien pratiquant-réprimé ("et qui deviendra fou" , ajoute Bart).

  • L'environnement de Springfield est idyllique (bois touffus et ruisseaux limpides abondant en truites) , alors que Shelbyville est bien plus polluée. Mais les enfants et les adultes des 2 communautés se ressemblent. Ainsi Homer a un sosie en salopette : le père de l’enfant qui a transplanté le citronnier dans la fourrière à véhicules (dans une scène inspirée du film Mad Max 2, 1981, on voit ses amis tourner en moto dans la cour entourée d’épaves de voitures…) .

Milhouse van Houten, qui croyait être le seul à porter ce prénom (le président Nixon se prénommait Richard Milhous, sans « e »…) , découvre que lui aussi a un homologue à Shelbyville, et les 2 gamins au cœur tendre fraternisent en citant la chanson When Doves Cry (Quand les colombes pleurent) de Prince (1984)...

  • Tout finit bien pour les springfieldiens : ils ont récupéré leur citronnier (un peu déplumé...) et pendant qu'ils boivent de délicieuses citronnades, à Shelbyville on se rabat sur du jus de navet...

Notes[modifier | modifier le code]

Professeur Frink et Database n'ont pas leurs doubleurs habituels.