Le Christ mort soutenu par deux anges (Mantegna)

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Kristus som den lidende frelser.jpg

Le Christ mort soutenu par deux anges est une peinture religieuse en tempera sur bois 78 × 48 cm datant de 1489, du peintre de la Renaissance Andrea Mantegna, conservée aujourd'hui au Statens Museum for Kunst de Copenhague.

Thème[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un Christ aux plaies[1], thème de l'iconographie de la peinture chrétienne : Jésus est assis sur le bord de son tombeau ouvert, il montre ses plaies en Homme de douleurs et il est soutenu par au moins deux anges. Aucun personnage réel n’est proche, ni Marie, ni Marie-Madeleine.

Ce thème (Christ mort soutenu par des anges), qui ne figure pas dans les Évangiles, est apparu pour la première fois chez le peintre et sculpteur Donatello ; il a été ensuite repris par de nombreux autres artistes, notamment les peintres Andrea Mantegna, Antonello de Messine et Giovanni Bellini.

Quelques Christ mort soutenu par des anges précédant celui de Mantegna

Composition[modifier | modifier le code]

Le Christ de douleur est assis sur son cercueil ouvert, il s'agit d'un sarcophage antique, sur lequel est inscrit la signature de Mantegna ANDREAS MANTINIA (en bas à droite). Le couvercle est visible à gauche, posé sur le sol.

Deux anges le soutiennent, agenouillés sur le bord du sarcophage, un habillé de bleu à droite et un habillé de rouge à gauche.

Le Christ torse nu montre ses plaies, au côté, aux paumes des mains ouvertes, aux pieds, dont un est devant le sarcophage, l'autre sur le rebord du socle. Un savant linceul lui couvre la taille jusqu'au pieds. Une extrémité du tissu est tenue par l'ange de droite.

Un paysage lointain est visible de chaque côté de la scène du premier plan, avec, à gauche des bergers et leurs troupeaux, deux femmes marchant sur un chemin venant d'une ville proche visible dans le lointain (Jérusalem) ; à droite le Golgotha et ses trois croix, et une carrière devant une arche de pierre où travaillent des carriers taillant, mesurant, des colonnes, une statue, des blocs de marbre.

Le soleil levant éclaire le paysage comme en témoignent les ombres et l'éclairage des nuages.

Analyse[modifier | modifier le code]

Comme dans la Madone de la carrière du même Mantegna, un paysage occupe l'arrière plan, avec ses scènes de la vie quotidienne (bergers ou paysans au travail à gauche ; carriers et blocs de marbre en cours de taillage à gauche).

Cette scène de la fin de la Passion du Christ entre mort et Résurrection, fait apparaître le lieu de la mort du Christ : le Golgotha et les trois croix du supplice du crucifiement des larrons aux côtés du Christ. Le soleil levant exprime à l'évidence l'aube d'une période nouvelle, le péché originel ayant été racheté.

Outre la carrière et les tailleurs de pierre, l'engouement de Mantegna pour l'architecture antique s'exprime ici dans les volutes et les rosaces du sarcophage très ouvragé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. qu'on ne confondra pas avec un Christ de pitié

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alberta De Nicolò Salmazo, chapitre sur « Christ mort soutenu par deux anges » in Mantegna (1996), traduit de l'italien par Francis Moulinat et Lorenzo Pericolo (1997), coll. Maîtres de l'art, Gallimard Electa, Milan (ISBN 2 07 015047 X)

Œuvres similaires[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Salmazo