Le Chien d'or

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La maison du chien d'or en 1845
dessin de l'arpenteur Adolphe LaRue

Le Chien d'or est une légende québécoise dont la morale est que la vengeance mène à la tragédie.

Historique[modifier | modifier le code]

À Québec en 1688, le chirurgien Timothée Roussel, originaire de Montpellier, fait construire une maison sur la rue Buade qui sera plus tard connue sous le nom de Maison du Chien d’Or[1].

En 1734, la maison est vendue à Nicolas Jacquin-Philibert, un Lorrain originaire de Martigny-les-Bains expatrié en Nouvelle-France, qui travaille alors en tant que munitionnaire du roi. Or, en 1748, Jacquin-Philibert est assassiné d'un coup d'épée à la suite d'une dispute avec Pierre-Jean-Baptiste-François-Xavier Le Gardeur de Repentigny, en lien avec son hébergement chez Philibert[2].

Après avoir été condamné à être décapité, Le Gardeur de Repentigny réussit à s'enfuir du Fort Saint-Frédéric avec l'appui de ses amis. En raison de son service militaire, il fut par la suite gracié et revint à Québec où il fut apprécié par Vaudreuil, Lévis et Montcalm. Une légende veut qu'il ait été tué à Pondichéry par le fils de Philibert. Il est effectivement mort et enterré dans les Établissements français de l'Inde en 1776[3].

Bas-relief du Chien d'or[modifier | modifier le code]

Bas-relief du Chien d'or

Dans la Haute-Ville de Québec, avant le tournant de la Côte de la Montagne, sur la rue du Fort, se trouve un monument dédié à Monseigneur de Laval, premier évêque de la Nouvelle-France. Derrière ce monument, au coin de la rue du passage (aujourd’hui Passage du Chien d’Or 46° 48′ 48″ N 71° 12′ 18″ O / 46.81345, -71.20508 ()) qui conduit à l’escalier Louis-Baillairgé et de la rue du Fort, se trouve l’ancien bureau de poste, aujourd’hui l’édifice Louis-S.-St-Laurent.

Sur le fronton d’un porche à colonnade est inséré le bas-relief du Chien d’Or, montrant un chien couché et rongeant un os. L’inscription suivante y est gravée :

Je suis un chien qui ronge l'os
En le rongeant je prend mon repos
Un tems viendra qui nest pas venu
Que je morderay qui maura mordu

Roman de William Kirby[modifier | modifier le code]

Cette légende a notamment servi de base pour le roman éponyme de William Kirby, qui met en scène la rivalité entre le citoyen Philibert et la compagnie mercantile de l'Intendant Bigot.

Pierre, le fils de Philibert, a une relation amoureuse avec Amélie de Repentigny alors que Le Gardeur se lie avec l'orgueilleuse Angélique des Meloises. Angélique réussit à amener Le Gardeur à tuer Philibert, ce qui précipite la chute de la Nouvelle-France. La morale du Chien d'Or veut que la vengeance conduise à la tragédie. Léon-Pamphile Le May en a réalisé la traduction du roman en 1879.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1916, l'historien Benjamin Sulte écrivait que la maison de Roussel était encore en excellent état lors de la visite de Kirby en 1865. L'immeuble original fut détruit en 1869 pour inaugurer l'Hôtel des Postes.

Philippe Aubert de Gaspé mentionne l'incident entre Philibert et Repentigny au cinquième chapitre de ses Mémoires et s'attache à laver Repentigny de certaines histoires qui ont ensuite circulé à son sujet dans la population de Québec[4]. Pierre-Georges Roy a commenté cette affaire dans l'un de ses textes publiés en 1946.

Le 11 novembre 2012, la place Nicolas-Jacquin-Philibert a été inaugurée à Martigny-les-Bains, son village natal, à l'initiative de Marie-Françoise et Jean-François Michel, auteurs d'une biographie sur ce Lorrain expatrié en Nouvelle-France, et animateurs de l'association Saône Lorraine[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. ameriquefrancaise.org
  2. chiendor.com
  3. Philippe Aubert de Gaspé, Mémoires, Montréal, Bibliothèque québécoise, 2007, note 4 du chapitre cinquième, p. 518.
  4. Philippe Aubert de Gaspé, Mémoires, Montréal, Bibliothèque québécoise, 2007, p. 122ss.
  5. histoirepatrimoinebleurvillois.hautetfort.com