Le Cheslé

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Le Cheslé
Le Tcheslé
Mur de défense côté porte, reconstitution.
Mur de défense côté porte, reconstitution.
Localisation
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Région wallonne
Province Luxembourg
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (2003, no 83031-CLT-0008-01)
Coordonnées 50° 09′ 38″ N 5° 38′ 54″ E / 50.160432, 5.648346 ()50° 09′ 38″ Nord 5° 38′ 54″ Est / 50.160432, 5.648346 ()  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Le Cheslé
Le Cheslé

Le Cheslé[1] ou Tcheslé de Bérisménil, situé dans la commune belge de La Roche-en-Ardenne en province de Luxembourg, est l'oppidum celte le plus étendu connu à ce jour dans le pays.

Situation[modifier | modifier le code]

Culminant sur un promontoire rocheux à 80 mètres au-dessus de l'Ourthe, la fortification s'étend sur un plateau long de 725 m et large de 290 m et d'une superficie de 13 hectares[2]. Le camp celte est entourée d'un double rempart constitué de terre, de schiste et de bois qui s’étire sur plus de 1.750 mètres et qui fut remarquablement amélioré tout au long de l’occupation celtique. Entre le VIIIe siècle et le VIe siècle AEC, il ne connait sans doute pas d'occupation à long terme mais sert de refuge aux habitants des villages voisins.

À l'origine l'accès au promontoire se faisait du côté nord via un éperon rocheux. Plus tard fut aménagé un sentier plus large et plus aisé un peu plus à l'ouest de l'éperon. Le site est protégé à l'est, au sud et à l'ouest par les pentes abruptes de la profonde vallée de l'Ourthe qui y forme une boucle prononcée (cf. l'Ill. n°1).

Fouilles et reconstitutions[modifier | modifier le code]

Depuis 1960, le site fait l'objet de fouilles et de reconstitutions des remparts. Une reconstitution de l'ouvrage a été réalisée par le Service national des fouilles en 1980 et elle donne une idée de l’ingéniosité de cette peuplade et démontre l’effet dissuasif de la forteresse vis-à-vis d’un éventuel envahisseur.

Les fouilles entreprises par l’Université libre de Bruxelles ont étudié la structure du mur de barrage dressé sur l’étranglement de la boucle au nord du site, la partie la plus sensible de la fortification, opposant une muraille de quelque 6 mètres de haut à toute attaque venant du haut plateau.

Le site est inscrit au Patrimoine majeur de Wallonie sous le nom de Site archéologique du Cheslé et du Val de l’Ourthe entre Maboge et Nisramont.

Comment s'y rendre[modifier | modifier le code]

Le Cheslé est uniquement accessible à pied et plusieurs sentiers balisés touchent le site. La découverte du site peut se faire en une demi-journée au départ du village de Bérisménil[3],[4].

Légendes[modifier | modifier le code]

Selon la tradition populaire locale, ce site difficilement accessible était le repaire de tous les elfes.

La Légende de la Gatte d’or rapporte que dans un puits situé au centre du Cheslé gît un fabuleux trésor qui revient à la surface chaque année le jour de Noël au moment où les cloches sonnent les douze coups de la messe de minuit. Qui veut s’en emparer doit jeter une poule noire dans le gouffre et se saisir du coffre sans prononcer la moindre parole. Trois paysans qui ont tenté l’expérience mais exprimé trop bruyamment leur réussite ont disparu à jamais.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cheslé = "castel sur le rocher (de schiste)". La première syllabe "Ches" désigne une fortification, un castellum ou château. La deuxième syllabe du nom, "Lé" ou "Lei" ou encore "Lay", désigne en vieux saxon la roche, souvent la roche de schiste. Le lieu-dit d'un oppidum celte près de Roder au nord du grand-duché de Luxembourg porte un nom très similaire : le Kasselslay.
  2. Source: Site Internet de la Fédération touristique du Luxembourg belge a.s.b.l.
  3. Cf. la promenade n°12 au départ de Bérismenil sur ourthesuperieure.be
  4. Cf. le descriptif illustré sur excursion.be

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bonenfant, P.-P., 1993. La fortification celtique du Cheslé de Bérisménil. Plan des nouvelles fouilles (U.L.B., 1992-1993). De la Meuse à l’Ardenne, 17 : 93-95.
  • Bonenfant, P.-P., 1995. Le Cheslé de Bérisménil. De la Meuse à l’Ardenne, 20 : 122-124.
  • Bonenfant, P.-P., 1996. Les fouilles récentes de Bérisménil. De la Meuse à l’Ardenne.
  • Bonenfant, P.-P., 2001. Le Cheslé de Bérisménil à Samrée (prov. de Luxembourg). Vie archéologique, n° spécial, p. 124-125.
  • Bonenfant, P.-P., 2001. Fouille en aire ouverte d'un rempart brûlé hallstattien : Le Cheslé de La Roche-en-Ardenne (Belgique, Province de Luxembourg). Préhistoire de la Grande Plaine du Nord de l’Europe, Actes du Colloque Chaire Francqui interuniversitaire au titre étranger (Université de Liège, 26 juin 2001). Liège, ERAUL 99, p. 239-253. Pdf
  • Déchelette, J., 1913-1914. Manuel d’Archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine, Paris, Picard ; II, 2, p. 704-707 ; II, 3, p. 993, fig. 145.
  • Meunier M. & A. Cahen-Delhaye, 1976. La fortification du Cheslé de Bérisménil. Archaeologia Belgica, 185 (Bruxelles).
  • Papeleux, J., 1987. Le rempart du Cheslé de Bérisménil. Archaeologia Belgica, n.s., III : 83-95.
  • Papeleux, J., 1988. Le Cheslé de Bérisménil. Dans : Fortifications celtiques en Wallonie. Bruxelles, Archaeologicum Belgii speculum, XIV.

Liens externes[modifier | modifier le code]