Le Chasseron

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Chasseron
Image illustrative de l'article Le Chasseron
Géographie
Altitude 1 607 m[1]
Massif Jura
Coordonnées 46° 51′ 10″ N 6° 32′ 20″ E / 46.8528, 6.5389 ()46° 51′ 10″ Nord 6° 32′ 20″ Est / 46.8528, 6.5389 ()  [1]
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Vaud
District Jura-Nord vaudois
Ascension
Voie la plus facile Chemin du Chasseron
Géologie
Âge Kimméridgien (roches)
Roches Calcaire
Type Crêt

Géolocalisation sur la carte : canton de Vaud

(Voir situation sur carte : canton de Vaud)
Le Chasseron

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Le Chasseron

Le Chasseron est un sommet du massif du Jura situé dans le canton de Vaud, en Suisse, et culminant à 1 606,6 m d'altitude. Il se classe en quatrième position des sommets suisses jurassiens.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La montagne est désignée sous le nom de Chausserunt en 1405, Sachiron en 1439, Secheron en 1524, Sucheron au XVIIIe siècle avant de prendre son nom actuel. L'étymologie indiquerait plusieurs sources possibles. Sécheron correspond à l'aridité de la crête. Le nom pourrait venir du préroman tsukko (« sommité ») ou des mots gaulois socco (« sabot ») ou cassanos (« chêne »), du latin saxum (« rocher »), du radical préceltique suc (« pointe de rocher ») qui a donné également Le Suchet.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le Chasseron est situé sur le territoire de la commune de Bullet, dans le district du Jura-Nord vaudois, à 3,5 km au nord-est de Sainte-Croix et à 8 km au nord-ouest d'Yverdon-les-Bains. À 5 km au nord du sommet, se trouve le val de Travers, tandis que les sommets du Suchet et des aiguilles de Baulmes sont situés respectivement à 8 et 5 km au sud-ouest. Le mont Aubert est quant à lui à 10 km à l'est-nord-est du Chasseron[1].

Topographie[modifier | modifier le code]

Le Chasseron fait partie avec le Cochet (1 484 m) et les Petites Roches (1 583 m) d'une ligne de crête, de direction NE-SO, surplombant de plus de 500 m la haute-vallée de la Dénériaz. Au sud-est, le sommet domine de plus de 450 m le village de Bullet et de plus de 1 100 m le plateau suisse, situé à environ 5 km. De l'autre côté de la vallée de la Dénériaz, se trouvent les Roches Blanches culminant à 1 470 m d'altitude[1] et le mont de la Maya.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le Chasseron est un crêt situé sur l'axe d'un anticlinal d'orientation NE-SO. Le sommet est composé de calcaires oolithiques, de faciès Séquanien (sud) et de calcaires à couches de base à stromatolithes (nord) datant du Kimméridgien inférieur. Le versant nord-ouest du Chasseron est recouvert d'éboulis, tandis que le versant sud-est est composé des calcaires oolithiques séquaniens, dans les lesquels on peut parfois trouver des bancs plus ou moins marneux, jusqu'à environ 1 450 m d'altitude où l'on repasse dans les niveaux de base à stromatolithe du Kimméridgien et/ou à un niveau calcaire micritique du même étage[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La facilité d'accès au sommet par le versant sud et la proximité d'autres sites préhistoriques laissent à penser que le site a été fréquenté très tôt. Une lamelle en silex trouvée en 2005 pourrait dater du Mésolithique ou du Néolitique. À quelques kilomètres, l'« abri de la Cure » à Baulmes date de la même époque[3]. À moins de 10 km, les alignement de Clendy près d'Yverdon ont été dressés au IVe millénaire av. J.-C. À l'autre extrémité du lac de Neuchâtel, l'agglomération celte sur palafittes appelée La Tène a donné son nom au second âge du fer. Des stations lacustres sont également présentes à Concise[4].

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Un sanctuaire gallo-romain est attesté au sommet depuis le milieu du XVIIIe siècle par la découverte de monnaies antiques au pied des falaises. Le site comportait un temple imposant (fanum) et un hospice (hospitalia) proches de l'éperon rocheux où avait lieu la iactatio ou jet rituel d'offrandes[5].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Hôtel du Chasseron et mont Blanc
Hôtel du Chasseron et mont Blanc

Le Chasseron est un but classique de randonnée à partir de Buttes, Sainte-Croix ou Bullet. De nombreux sentiers balisés parcourent ses pentes. Le chemin de fer Yverdon-Sainte-Croix, inauguré en 1893, a facilité son accès. Une route montant depuis les Rasses conduit à l'hôtel du Chasseron, créé en 1898 et proche du sommet.

Le Chasseron est également renommé pour la qualité de son panorama dont la vue couvre 15 cantons et une grande partie des Alpes suisses. Louis Jaccard-Lenoir en a publié un livret en 1894 sous les auspices de la section Diablerets du Club alpin suisse. Outre le mont Blanc à 115 km, les points extrêmes visibles dans un rayon de 200 km sont la Meije, la côte d'Or, le ballon d'Alsace, la Forêt-Noire et le Säntis en Suisse orientale.

Le Chasseron, par ses pentes douces en versant sud et raides en versant nord, est très favorable à la pratique du ski. Dès le début du XXe siècle avec la naissance de ce sport, des randonnées et des concours ont lieu. Plus tard, la création de la station des Rasses avec le télésiège des Raplans (1951) a encore développé cette activité. De nos jours, le sommet est fréquenté par les amateurs de ski de montagne ainsi que par quelques adeptes du snowkite.

La course de descente Chasseron-Buttes a été créée en 1951[6]. Elle a été complétée ensuite par le trophée du Chasseron qui compte 1 130 m de montée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Cartes Swisstopo consultées sur map.geo.admin.ch.
  2. Carte géologique de la Suisse au 1/25 000e consultée sur map.geo.admin.ch.
  3. « Baulmes », sur Dictionnaire Historique de la Suisse
  4. « Préhistoire: Les stations lacustres de Concise », sur Patrimoine Vaudois
  5. « Epoque romaine: le Chasseron », sur Patrimoine vaudois
  6. « Présentation courses », sur Chasseron-Buttes

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Le Chasseron, Montagne mythique, Presses du Belvédère, 2007 (ISBN 2-88419-078-3)
  • Louis Jaccard-Lenoir, Le panorama du Chasseron, Club alpin suisse, section des Diablerets, 1894

Sur les autres projets Wikimedia :