Le Chant du bourreau

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Le Chant du bourreau
Auteur Norman Mailer
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Éditeur Little, Brown and Company
Date de parution 1979

Le Chant du bourreau (The Executioner's Song) est un roman de l'écrivain américain Norman Mailer, publié en 1979, et inspiré de la vie et des témoignages de proches de Gary Gilmore. Il fut récompensé par le prix Pulitzer en 1981.

Gary Gilmore, issu d'un milieu Mormon, fut reconnu coupable de deux meurtres et condamné à mort. Il refusa de faire appel après sa condamnation et choisit le peloton d'exécution. L'Utah venait alors de rétablir la peine de mort. Le 17 janvier 1977, Gilmore fut ainsi le premier condamné exécuté aux États-Unis depuis 1967. Les condamnés dans l'État avaient alors le choix entre la pendaison et le peloton d'exécution ; par cinq tireurs (dont un censé avoir une balle à blanc, or cinq trous ont été notés à l'autopsie de Gilmore).

Le roman de Mailer, écrivain majeur inscrit dans le courant du New Journalism (Nouveau Journalisme, ou l'usage appliqué de techniques journalistiques dans le récit de fiction) est très documenté. Il retrace en plusieurs centaines de pages l'histoire entière de l'affaire Gilmore, depuis la sortie de prison après de longues années pour divers larcins mineurs, jusqu'au double meurtre. Se croise alors à l'Amérique profonde, à travers la mise en lumière de la propre histoire de Max Jansen, l'une des victimes, une autre face de la société Mormone américaine, immaculée et bourgeoise.

Le Chant du bourreau - magnifique traduction de l'anglais The Executioner's Song - peut ainsi être lu comme une étude sociale de l'Amérique rustre.

Le Chant du bourreau fit scandale à sa publication, accusé d'inciter à la débauche. Si Mailer narre plusieurs scènes de sexe - mais jamais très crues - il ponctue le discours de "l'antihéros" d'argot et à travers son quotidien et celui de ses proches, mêle dans le premier tiers du roman la vulgarité à l'amour : le héros se "tape" plein de filles mais reste naïf devant les sentiments jusqu'à tomber amoureux, et même au respect de la cousine Brenda, attirée par la fougue de Gary et qui le supporte seule du début à la fin telle la tante prolétaire de Fabrice Del Dongo dans La Chartreuse de Parme.

Gary d'ailleurs commettra l'horreur après avoir été déchiré par l'ignorance et la rupture de sa conquête la plus stable, Nicole Barret, une pauvre fille perdue, baladant ses deux enfants de couche en couche d'homme avide de son corps.

Pourtant Mailer, tel le journaliste, qui se doit d'être neutre, ne donne pas, à la manière de Gus Van Sant (Elephant), d'interprétation mâchée au lecteur, et ce, malgré la précision du livre qui suit Gilmore d'heure en heure.

La lecture est facile, assez fluide mais très sobre, dans la traduction de l'américain de Jean Rosenthal.

Du fond de mon donjon
je t'accueille
Du fond de mon donjon
je respecte ta peur
Au fond de mon donjon
j'habite
Je ne sais pas
si je te souhaite du bien

(Vieille chanson de prison, prologue du roman)

Adaptation[modifier | modifier le code]