Le Capital (film)

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Le Capital

Réalisation Costa-Gavras
Scénario Costa-Gavras
Jean-Claude Grumberg
d'après le roman de Stéphane Osmont
Acteurs principaux
Sociétés de production KG Productions
The Bureau
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Thriller
Sortie 2012
Durée 114 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Capital est un thriller français coproduit, coécrit et réalisé par Costa-Gavras et sorti en 2012. Il s'agit de l'adaptation cinématographique du roman homonyme écrit par Stéphane Osmont et paru en 2004.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un dirigeant de banque peu scrupuleux, Marc Tourneuil, se retrouve confronté à l'offensive d'un fonds spéculatif américain.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Le scénario du film est tortueux, tortueux comme un montage financier dans une place off-shore. Mais l’apparente sophistication de l’intrigue n’est ici qu’un prétexte pour exposer les origines et les conséquences d’une crise présentée comme davantage morale qu’économique. Le film va à l’essentiel, s’appuie sur des dialogues ciselés, des caractères affirmés souvent caricaturaux, des scénettes de la vie quotidienne, qui dressent finalement un constat alarmant : l’argent n’est plus seulement Roi mais aussi Dieu. Il impose à la fois sa loi et sa morale. Et comme l’argent est partout et nulle part, les lieux de pouvoir se font et se défont à la vitesse des échanges monétaires. Personne ne conduit, tout le monde subit. Des hommes se battent pour prendre les rênes de la bête qui finit toujours par les éjecter pour laisser la place à d’autres.

Le film regorge d’idées intéressantes, souvent exprimées en marge de l’intrigue dans des scénettes qui établissent le lien entre ce monde virtuel de la finance et le monde réel, affirmant à la fois l’absence d'alternative au système économique actuel et son omnipotence dans la vie quotidienne. La comparaison entre la mondialisation capitaliste et l’internationale marxiste (lors d’un dîner dans la famille du héros) souligne les contradictions du socialisme censé défendre une « internationale » des travailleurs alors que celle-ci contribue en réalité à l’appauvrissement des classes populaires et moyennes occidentales. Les politiques, les banques, les prostituées, les médias, la famille, les retraités, les politiques, les SDF, les jeunes, les jet setters… tout le monde fait partie de ce système tentaculaire et détestable qui infuse sa morale délétère jusqu’aux ultimes recoins de la société, et le film leur alloue à tous un moment à l’écran.

Les banques, puisque le héros est président d’un établissement bancaire, sont au cœur de l’intrigue. Ce sont les lieux où se jouent le présent, le futur, la vie des personnes et des pays. Elles sont dépeintes comme les véritables allées du pouvoir, les politiques se contentant d’accompagner leurs décisions. Une tirade paraît intéressante dans le film : « Les banques volent les citoyens trois fois : avec les frais bancaires, lors du remboursement de la dette des États (contractée auprès des banques) et lorsqu'elles rachètent des entreprises et les forcent à délocaliser pour augmenter leur rentabilité ». L’achat de la banque dont le héros est président par un fond spéculatif américain est un modèle de l’absurdité du système actuel : l’achat est effectué à l’aide d’un emprunt et le remboursement est effectué par… la banque rachetée. Tout le monde peut acheter tout le monde dans ce monde merveilleux, il suffit d’en avoir le cran et l’envie.

Mais Costa Gravas va plus loin. Il propose une explication à ce monde que personne ne cherche vraiment à reformer. Pourquoi ? Parce que dans le fond, les hommes veulent s’amuser et que ce jeu, aux règles absurdes, leur en apporte moult opportunités. Il y a des gagnants, des perdants, mais ça reste un jeu. La vie n’aurait donc pas d’autre sens ?

Accueil[modifier | modifier le code]

Box Office[modifier | modifier le code]

Le Capital, lors de sa première journée d'exploitation à Paris, le 14 novembre 2012, a attiré 1 526 spectateurs soit environ 19 % du public parisien. Il s'est classé 2e derrière Twilight, chapitre IV : Révélation qui faisait 3 610 entrées. En première semaine en France du 14 au 20 novembre 2012, il réalise 202 565 entrées, se classant quatrième du Box-office. En deuxième semaine, le film attire 101 454 spectateurs avec au total 304 019 entrées, il est 9e au Box-office. En troisième semaine, du 28 novembre au 4 décembre, il attire 38 750 spectateurs et totalise 342 769 entrées.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Le film reçoit en majorité une critique négative. Pourtant, 20 minutes déclare que « rendre clair et passionnant le monde de la finance n'était pas chose facile. Pari réussi pourtant pour Gavras et son coscénariste Jean-Claude Grumberg ». Le Monde indique qu’« entamé sur le ton de la moquerie aigre […], le film tourne bientôt au thriller sophistiqué, soucieux de détailler le moindre détail des manœuvres financières et politiques qui portent l'antihéros au pouvoir ». TéléCinéObs aime et dit que « comme Z, L'Aveu ou Missing, le film est né de la réalité, et Costa s'amuse à reprendre le titre de Marx : Le Capital est, ici, une fable effrayante ». Metro obtient des avis partagés, la critique favorable déclare que « Costa-Gravas installe un climat et une tension assez délétères pour faire de cette ascension foudroyante un bon moment de cinéma », et la critique défavorable réplique que « la déception est malheureusement à la hauteur de l'attente ».

Les critiques majoritairement contre, comme Les Inrockuptibles, disent que « si cette adaptation du Capital de Stéphane Osmont vaut pour sa description réaliste des milieux financiers, sa charge politique est tellement lourde qu'elle fait rapidement plouf ». Première indique que « tel un ragoût, Le Capital mélange des ingrédients variés pour remettre au goût du jour la vieille recette de l'indignation vertueuse ». Studio Ciné Live ajoute qu'il est « difficile de ne pas cacher sa déception face à ce scénario si tortueux, où les digressions invraisemblables perdent le spectateur ». Télé 7 Jours ajoute également « Que Costa-Gavras, icône du cinéma militant, mette dans sa ligne de mire la finance était alléchant. Hélas, il se contente d'un constat pessimiste rebattu ».

Le Parisien dit que « Le Capital a les ingrédients d'un bon petit thriller du dimanche soir […] il se laisse regarder mais manque d'un vrai suspense ». Télérama déclare : « du rire et malaise : il y avait déjà ça dans Le Couperet, autre pamphlet social, autrement plus réussi. » Transfuge pense que « louable combat s'il en est, mais les bonnes intentions épicées de colère militante se diluent ici dans un sous-Wall Street qui se rêve en tragédie shakespearienne. »

Éric Libiot, chroniqueur hebdomadaire de L'Express, semble détester à tel point qu'il annonce que « c'est une critique ridicule du monde de la finance. Costa-Gavras enfonce des portes ouvertes et Gad Elmaleh ne sait pas sur quel pied danser. C'est Oui-Oui et le billet vert. Il serait dommage que Costa-Gavras terminât sa carrière dans la Bibliothèque rose. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Exclusif: les tops et les flops du cinéma français en 2012 sur BFM TV.com, publié le 7 janvier 2013, Simon Tenenbaum et Jamal Henni.

Liens externes[modifier | modifier le code]