Laurices

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Les laurices sont des fœtus de lapin européen (Oryctolagus cuniculus) directement retirés du ventre de la lapine et destinés à la consommation humaine. Tirés du liquide amniotique et incapables de toute respiration aérobie, les laurices sont considérés comme étant d'origine aquatique par l'église catholique et peuvent donc être consommés en période de Carême.

Le mot laurices est issu du pluriel du latin laurex, probablement emprunté au langage des Ibères. C'est en effet en Hispanie, où les lapins étaient très nombreux, que s'est développée la tradition de manger des laurices. Les Ibères font par la suite découvrir ce mets aux Romains lorsque ceux-ci s'aventurent en Hispanie, et ce sont ces derniers qui l'ont propagé[1].

Après la domestication du lapin, le terme laurices s'applique également aux nouveau-nés car il devient possible de les consommer sans avoir à sacrifier la mère.

Première apparition du terme[modifier | modifier le code]

Pline l'Ancien est le premier à mentionner cette spécialité gastronomique dans Naturalis Historia : « Leporum generis sunt et quos hispania cuniculos appellat, fecunditatis innumerae famemque Baliarum insulis populatis messibus adferentis. - (fetus ventri exectos vel uberibus ablatos, non repurgatis interaneis, gratissimo in cibatu habent; laurices vocant).... »[2].

Impact sur l'élevage du lapin[modifier | modifier le code]

Le pape Grégoire Ier autorisa la consommation de laurices durant le Carême, les classant comme d'origine aquatique de la même façon que les poissons ou les coquillages. Cette décision eut un impact important sur le développement de l'élevage de lapins car les moines se sont essayés à l'élevage en cage pour avoir à disposition de grandes quantités de ce mets[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pline l'Ancien, Naturalis Historia, Leipzig, Karl Friedrich Theodor Mayhoff,‎ 1906 (lire en ligne)
  • (en) Frederick Everard Zeuner, A History of Domesticated Animals, New York, Harper & Row,‎ 1963

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF] François Lebas, « Historique de la domestication et des méthodes l'élevage des lapins », sur www.cuniculture.info (consulté le 2 mars 2010)
  2. Pline l'Ancien, Naturalis Historia, Leipzig, Karl Friedrich Theodor Mayhoff,‎ 1906 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]