Laurent Louis

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Laurent Louis
Image illustrative de l'article Laurent Louis
Fonctions
Député fédéral de la Chambre des Représentants de Belgique
13 juin 201025 mai 2014
Législature 53e (2010-2014)
Biographie
Date de naissance 29 février 1980 (34 ans)
Lieu de naissance Nivelles
(Brabant wallon, Belgique)
Nationalité Belge
Parti politique Mouvement réformateur (2007)
Parti populaire (2010-2011)
Mouvement pour la liberté et la démocratie (2011-2013)
Islam (2013)
Debout les Belges (2013-2014)
Profession Traducteur-réviseur

Laurent Louis, né le 29 février 1980 à Nivelles, est un homme politique belge. Il devient en 2010 député fédéral belge suite à son élection sur la liste du Parti populaire, dont il est le seul parlementaire. Six mois après son élection, il est exclu de son parti, et siège ensuite comme indépendant[1].

Il crée alors le Mouvement libéral démocrate (MLD). En janvier 2013, il dissout le MLD puis, quelques mois plus tard, rejoint le parti Islam, dont il est exclu au bout de quelques semaines. En novembre 2013, il fonde un nouveau mouvement, Debout les Belges, qu'il dissout après avoir perdu son siège lors des élections de mai 2014. Homme politique très controversé, Laurent Louis se signale principalement par de nombreuses provocations, et par la diffusion de rumeurs visant diverses personnalités[2],[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il suit des études de latin-grec au collège Sainte-Gertrude de Nivelles puis commence, à l’Université catholique de Louvain, des études de droit. Il dit avoir abandonné ce dernier cursus à la suite du décès de ses parents, qui l'a contraint à se lancer dans la vie active « comme indépendant ». Il travaille ensuite comme traducteur-réviseur[5] au sein d'une société créée avec son épouse[6].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est d'abord membre du Mouvement réformateur pendant 3 ans ; il dit cependant avoir été déçu à la fois par l'évolution idéologique du MR, et par le manque de place accordée aux jeunes en son sein. Il est un temps collaborateur de la députée Florence Reuter et président des Jeunes MR de Nivelles, où il semble avoir connu d'importants problèmes relationnels avec des militants locaux, qui le décrivent après coup comme « très instable et incohérent »[7]. Il décide, en février 2010, de quitter le Mouvement réformateur pour rejoindre le Parti populaire - créé trois mois auparavant - afin de s'engager selon ses dires dans « un vrai parti de droite »[6].

Quelques mois après son adhésion au Parti populaire, il obtient la tête de liste de ce mouvement dans la circonscription du Brabant Wallon, en vue des élections législatives de juin 2010 : c'est la première fois que ce militant de trente ans, alors totalement inconnu du public, se porte candidat à un scrutin[6]. Il n'obtient que 1 345 voix de préférence[8], mais il est cependant élu grâce au mécanisme de l'apparentement[9] au détriment du CDH, devenant ainsi le premier député du Parti populaire à la Chambre des représentants de Belgique[10].

Durant les premiers mois de son mandat, Laurent Louis se fait remarquer par quelques déclarations polémiques, notamment en réclamant un « permis à points » pour la nationalité belge ou en soutenant la légitimité de la peine de mort « dans certains cas »[11]. En août 2010, Il publie sur Facebook un message concernant les gens du voyage : « Ces gens occupent des terrains illégalement, ne travaillent pas, n’ont aucune ressource financière et on voudrait nous faire croire qu’ils vivent d’amour et d’eau fraîche. Il est évident qu’ils doivent voler ou faire du trafic pour subsister[12]. » Ses propos, qualifiés de racistes par la RTBF[13] et par le Centre pour l’Égalité des Chances[14], sont condamnés par le coprésident du Parti populaire Rudy Aernoudt : Laurent Louis garde encore, dans un premier temps, le soutien de l'autre coprésident Mischaël Modrikamen[12], qui lui retirera cependant sa confiance quelques mois plus tard. En janvier 2011, après une dégradation progressive des relations entre Laurent Louis et son parti[7], le bureau du PP exclut, à l'unanimité, son unique député[15], lui reprochant son « instabilité », ses prises de position non concertées avec le parti sur des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, mais aussi d'avoir fait subir un « harcèlement moral » à une attachée parlementaire[16]. Celle-ci déclare que le député la poursuivait de ses assiduités[7],[17],[18]. Laurent Louis a toujours affirmé qu'il n'était pas l'auteur des SMS « enflammés » que lui reprochait son ancienne collaboratrice. Par décision de l'Auditeur du travail de Bruxelles, la plainte de cette dernière sera finalement classée sans suite[19].

Lors de l'exclusion de Laurent Louis, le président du PP Mischaël Modrikamen qualifie ce dernier d'« erreur de casting » et présente aux électeurs ses excuses pour « avoir mis sur les listes une personne qui, si elle n'est pas méchante, n'a pas la carrure et est indigne d'être élue »[20]. En excluant son unique député, le Parti populaire perd sa dotation publique : le porte-parole du parti déclare à ce propos « On a préféré perdre notre dotation et garder notre dignité »[21].

Marginalisé au sein de la classe politique où ses « outrances verbales » suscitent souvent la perplexité, Laurent Louis demeure en grande partie ignoré des médias belges jusqu'en avril 2012, lorsqu'il exhibe, durant une conférence de presse censée dénoncer les « réseaux pédophiles » en Belgique, des photos tirées du rapport d'autopsie de deux des victimes de Marc Dutroux. Le député provoque alors un tollé général contre lui dans la classe politique et dans les médias[22],[23]. Il continue par la suite de multiplier les provocations, accusant notamment diverses personnalités publiques d'être des pédophiles ou des escrocs[5]. L'Avenir dénonce en 2012 « un député semeur de haine et de rumeurs »[24] et le président de la chambre, André Flahaut, le qualifie en 2013 d'« accident de la démocratie »[25]. Laurent Louis lui-même finit par revendiquer la qualité d'« accident », et déclare : « C’est le plus beau compliment, cela veut dire que je n’ai rien à voir avec ces gens-là »[26]. RTL commente en 2014 que le seul bilan de Laurent Louis, en tant que député, tient dans « le nombre d'incidents qu'il a créés depuis le début de la législature »[27].

En février 2011, Laurent Louis crée le Mouvement libéral démocrate, un parti qui ambitionne d'incarner l'« alternative à droite »[5], et dont il détient la présidence[28] ; quelques mois plus tard, il rebaptise son parti Mouvement pour la liberté et la démocratie. Laurent Louis et son parti sont par la suite classés à l'extrême droite[29],[30].

Candidat à Nivelles lors des élections communales et provinciales du 14 octobre 2012, il ne parvient pas à former une liste complète (il ne présente que 9 candidats sur 29) et obtient moins de 2 % des voix[31].

À la suite de son échec aux élections communales, Laurent dissout « son » parti, le MLD, le 11 janvier 2013 : il présente cette initiative comme un geste d'opposition à la « particratie »[32] et réclame à cette occasion la dissolution de « tous les partis politiques », responsables selon lui de la mauvaise gouvernance[33]. En septembre 2013, il devient brièvement membre du parti Islam, créé en 2012, et annonce qu'il sera à la fois porte-parole et tête de liste du parti à Bruxelles pour les élections fédérales de 2014[34]. Après avoir voulu s'autoproclamer président du parti[5], il en est évincé fin octobre[35].

Laurent Louis crée alors en novembre 2013 un nouveau parti, Debout les Belges, dont il annonce qu'il a « pour volonté d’œuvrer à la réconciliation et à l’unité nationale ». DLB prône entre autres la suppression des partis politiques, la lutte contre le « sionisme »[36], la création d'un « Parlement populaire » composé de citoyens volontaires tirés au sort, l'annulation de la dette publique, la lutte contre les délocalisations et le rétablissement de la « perpétuité réelle » pour les détenus[37]. Décrivant le premier meeting du parti de Laurent Louis, L'Avenir parle d'« un ramassis de poncifs d’extrême droite et de populisme de caniveau »[38],[39].

Lors des élections législatives fédérales de mai 2014, Debout les Belges obtient moins de 1 % des voix au niveau national[40], tout en atteignant 3,84 % dans le Hainaut où Laurent Louis se présente personnellement. Le parti n'obtient aucun siège, que ce soit au plan fédéral ou régional. Laurent Louis lui-même obtient 13 000 voix de préférence, ce qui le place en septième position dans le Hainaut. Aux élections européennes, qui se déroulent le même jour, Debout les Belges remporte 3% des voix au sein du collège électoral francophone. Après le scrutin, Laurent Louis annonce la dissolution de Debout les Belges et déclare vouloir quitter la scène politique pour s’engager « dans la voie de l’information et de l’éveil des citoyens »[41],[42],[43].

Positions et polémiques[modifier | modifier le code]

Affaire Dutroux et dénonciation des « réseaux pédophiles »[modifier | modifier le code]

Le 12 avril 2012, Laurent Louis publie sur son blog le texte d'un courriel anonyme présentant une liste de personnalités belges et leur attribuant des faits de pédophilie[44]. Le 19 avril, il tient une conférence de presse dans laquelle il dénonce l'existence en Belgique de réseaux pédophiles et « l'institutionnalisation de la pédophilie au sein de l’État ». Il brandit à cette occasion deux photos issues du rapport d'autopsie de Julie Lejeune et Mélissa Russo, deux des victimes de Marc Dutroux, et affirme que le rapport montre que les victimes ont subi des abus sexuels post-mortem ou peu de temps avant leur mort, alors que Dutroux était en prison et qu'officiellement elles sont mortes de faim pendant son absence[45]. Il publie en outre le texte du rapport d'autopsie sur son site internet, devenu depuis inaccessible. Son attitude provoque de nombreuses réactions au sein des groupes parlementaires : presque tous les députés quittent l'hémicycle lorsque Laurent Louis monte à la tribune pour une question parlementaire à la Ministre de la Justice[46], ce qui constitue une première dans l'histoire de la Chambre des Représentants de Belgique. Le Soir dénonce à cette occasion les « agissements nauséabonds » d'un élu qui a mis « la démocratie au bord du dégoût »[22]. Le Vif/L'Express parle d'un député « calomniateur » qui chercherait avant tout à faire parler de lui, poussant les provocations « jusqu'à en péter les plombs »[23]. Laurent Louis accuse également Jean-Denis Lejeune - père de Julie Lejeune - de s'être laissé acheter par la classe politique en échange de son silence sur certaines pratiques ; Jean-Denis Lejeune dépose alors plainte pour « diffamation et calomnie » et déclare que le député cherche, en prétendant lutter contre la pédophilie, à « se faire mousser, se faire de la publicité en se faisant passant pour un chevalier blanc »[47].

Une instruction est ouverte contre Laurent Louis pour « calomnie, diffamation et recel »[48]. Le 20 avril 2012, le député indique sur sa page Facebook que les éléments liés au dossier Dutroux lui auraient été confiés par Albert Mahieu, qui lui aurait « demandé de poursuivre le travail qu'il avait débuté pour que la vérité éclate enfin ». Albert Mahieu, député bruxellois décédé en 2011, s'était lui-même signalé par des accusations de pédophilie à l'égard de diverses personnalités. Il avait notamment dénoncé une affaire impliquant le bourgmestre de Bruxelles, mais avait été débouté et condamné à des dommages et intérêts en 2001[44],[49]. Laurent Louis indique également avoir publié la liste de pédophiles présumés sans savoir qui la lui avait adressée, et n'avoir appris que plus tard l'identité de son auteur ; il s'agissait d'une personne qui s'était déjà signalée, à l'époque de l'affaire Dutroux, par des allégations non prouvées[44].

En juillet 2012, Laurent Louis affirme avoir subi une agression à Liège et soutient que celle-ci serait liée à l'affaire des réseaux pédophiles : pour soutenir ses dires, il publie sur Facebook une photo de son visage supposément blessé[50],[51] et diffuse sur internet une vidéo tournée dans une cave et censée mettre en scène son agression par des militants du CDH, d'Ecolo, du MR et du PS. La vidéo, que 7sur7 qualifie de « grotesque », lui vaut d'être tourné en dérision dans les médias et sur les réseaux sociaux[5],[52],[53].

Laurent Louis participe en 2012 aux manifestations protestant contre la libération conditionnelle de Michelle Martin[54].

Le 21 janvier 2014, il est révélé que Marc Dutroux a fait parvenir à Jean-Denis Lejeune et Laurent Louis une lettre de 44 pages, ainsi que 74 pages annexes, affirmant l'existence d'un réseau autour de son affaire. Laurent Louis fait parvenir les documents aux journaux et soutient la thèse avancée par Dutroux[55]. Commentant cette affaire, La Libre Belgique décrit Laurent Louis comme l'« idiot utile » de Marc Dutroux, et ajoute que « Laurent Louis et Marc Dutroux se nourrissent sur le même tas de fumier »[56].

Accusations portées contre Elio Di Rupo[modifier | modifier le code]

Le 11 janvier 2012, Laurent Louis défraie la chronique en accusant sur son compte Twitter le Premier ministre Elio Di Rupo de mener une vie privée dissolue, et en faisant allusion à la pédophilie[57]. Selon la Libre Belgique, une fois interrogé par l'agence Belga Laurent Louis aurait toutefois été incapable de donner la moindre substance à ses accusations et se serait borné à évoquer des faits vagues ainsi que d'anciennes accusations à caractère diffamatoire portées à charge d'Elio di Rupo en 1996 et démontées par la justice belge[58]. Il réitèrera encore ces accusations à charge de Di Rupo et d’autres personnalités dans une vidéo postée sur YouTube en décembre 2012 où il évoque aussi un vaste réseau de pédophilie[59].

En novembre 2013, il relance ses accusations de pédophilie à l'encontre d'Elio Di Rupo lors d'une session du Parlement, tout en prétendant détenir des « preuves ». Une procédure pour outrage au Premier ministre est ouverte contre le député ; Elio Di Rupo ne se constitue cependant pas partie civile contre Laurent Louis, et ne figure dans le dossier que comme « partie préjudiciée »[60],[61].

Le 27 mars 2014, lors d'une séance de questions orales au Premier ministre, après avoir pris Elio Di Rupo à partie à propos du coût de la visite de Barack Obama qui avait eu lieu la veille, Laurent Louis termine son allocution par : « Merci, Monsieur le pédophile… oh, le Premier ministre, pardon ! ». Cette déclaration entraîne un tollé dans l'assistance : la majorité des députés quitte alors la salle et la session parlementaire est suspendue. Laurent Louis, s'étant vu retirer son droit de parole, quitte alors l'hémicycle et, lors de la reprise de la session, les députés soutiennent Elio Di Rupo par leurs applaudissements[62],[63].

Lors de la première audience de son procès le 8 avril 2014 pour outrage au Premier ministre, calomnie et recel de pièces du dossier Dutroux, il affirme que les « preuves » qu'il détient lui ont été transmises par Albert Mahieu[64],[44].

Idées sur la démocratie[modifier | modifier le code]

Laurent Louis préconise une démocratie où les partis seraient bannis et où les décisions seraient prises par des assemblées de citoyens tirés au sort[65].

En juin 2013, il propose au Parlement une résolution d’urgence relative à la révision du système électoral et à l’instauration du tirage au sort des membres du Parlement fédéral du royaume de Belgique[66]. Elle est rejetée à 149 voix contre une, la sienne.

Questions internationales[modifier | modifier le code]

Il est le seul député à s'opposer à la participation de la Belgique à l'intervention militaire de 2011 en Libye ; toutefois, il n'a fait que s'abstenir lors du vote[67]. En 2013, il est le seul député à voter contre le soutien de la Belgique à l'intervention de la France au Mali[68],[69]. Son mouvement Debout les Belges réclame la sortie de la Belgique de l'UE et de l'OTAN, ainsi que « la fin de l'ingérence belge » en République démocratique du Congo[37]. Laurent Louis bénéficie par ailleurs de soutiens au sein de la population belge d'origine congolaise, où sa dénonciation du régime de Joseph Kabila est appréciée par certains[23].

Antisionisme et accusations d'antisémitisme[modifier | modifier le code]

En 2013, Laurent Louis se déclare antisioniste et évolue vers un discours que Marcel Sel analyse, dans RésistanceS, comme antisémite et négationniste. Il écrit, sur son profil Facebook, que « les sionistes ont financé Hitler et créé la seconde guerre mondiale pour arriver à la réalisation de leur projet, la création de l'Etat d’Israël », et que « les sionistes sont les maîtres du monde »[70]. Il rencontre à plusieurs reprises l'humoriste français Dieudonné. Dans cette optique, il se rapproche du petit parti belge Islam. Il entre toutefois rapidement en conflit avec le bureau de cette formation : alors que Laurent Louis explique avoir été désigné président d'Islam, il en aurait en fait selon Sud presse, été exclu le 27 octobre 2013. Il s'ensuit une polémique entre les membres du parti et Laurent Louis concernant le logo du parti, dont le député dit être propriétaire. Pour sa part, Redouane Ahrouch, conseiller communal d'Islam à Anderlecht, déclare : « on nous avait prévenus que ce n’était pas une personne stable. Mais nous avions décidé de lui laisser une chance. Dimanche, il s’est présenté au conseil du parti et il a voulu s’autoproclamer président. Abdelhay Bakkali Tahiri, notre président, fait du très bon boulot et nous avons évidemment refusé »[71],[72].

En juin 2013, dans le contexte de la guerre civile syrienne, il participe à une manifestation de soutien à Bachar el-Assad et au Hezbollah devant l'ambassade d'Israël à Bruxelles, et piétine le drapeau israélien, ensuite mis à feu. Il déclare aux médias syriens que « l’Europe est utilisée dans le conflit [contre la Syrie] comme un outil dans les mains d’Israël, l’État voyou »[73].

Laurent Louis multiplie ensuite les allusions publiques à Dieudonné, dont il va se présenter comme « l'ambassadeur » en Belgique. Il reprend à plusieurs reprises le geste de la « quenelle » popularisée par l'humoriste français[26],[74] ; dans les meetings de sa nouvelle formation, Debout les Belges, il fait entonner par la salle, sur l'air du Chant des partisans, la chanson « Elio, Elio, la sens-tu qui se glisse dans ton cul, la Quenelle ? »[75], imitant l'une des provocations de Dieudonné à l'égard de François Hollande[76].

En janvier 2014, durant les questions d'actualité à la Chambre des représentants, il effectue une « quenelle » et évoque « cette Shoah mise en œuvre et financée, rappelons-le, par les pionniers du sionisme ». Le président de la Chambre condamne les propos et le geste « odieux » et « déplacés » du député[77] et la Ligue Belge contre l'Antisémitisme porte plainte contre Laurent Louis pour « antisémitisme et négationnisme »[25].

Au printemps 2014, Laurent Louis annonce qu'un « Congrès européen de la dissidence » se tiendra le 4 mai dans la région de Bruxelles-Capitale, avec la participation de diverses personnalités comme Dieudonné, Alain Soral, Kémi Seba et l'essayiste antisémite Hervé Ryssen. La manifestation — décrite dans la presse comme un « congrès antisémite » — est finalement interdite par les autorités belges. Le lieu de la réunion, tenu secret jusqu'au dernier moment, est annoncé à Anderlecht mais, le 4 mai, les quelques 500 personnes présentes sur place sont dispersées par les forces de l'ordre[78],[79],[80],[81],[82].

Fusillade au Musée juif de Belgique[modifier | modifier le code]

À la suite de la fusillade au Musée juif de Belgique du 24 mai 2014, Joël Rubinfeld de la Ligue belge contre l’antisémitisme décrit l'attentat comme le « résultat inévitable d'un climat qui distille la haine », citant Laurent Louis et Dieudonné parmi les responsables de ce climat. Il prône l'usage « de tous les moyens légaux pour faire taire les prêcheurs de haine qui ont une responsabilité dans la propagation du virus antisémite »[83].

Quelques heures après la fusillade, Laurent Louis écrit sur son compte Facebook que cet attentat pourrait être une opération « téléguidée » « false flag visant à réduire le succès de "Debout les Belges" [aux élections législatives, régionales et européennes, organisées le lendemain] »[84]. Il rejette avec véhémence les propos de Rubinfeld sur son rôle « dans cette affaire qui ne [le] concerne en rien », déclarant « Je suis antisioniste, pas antisémite ».

Procédures judiciaires[modifier | modifier le code]

  • En octobre 2011, le tribunal du Travail de Bruxelles classe sans suite la plainte pour « harcèlement moral et sexuel » de son ex-collaboratrice Sophie Colignon à son égard estimant que « Les infractions ne sont pas établies ». De son côté, Laurent Louis a porté plainte au pénal contre Sophie Colignon pour « atteintes répétées à sa réputation dans la presse et sur internet sur base de faits mensongers et non établis »[85],[11].
  • Le 9 novembre 2011, le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) porte plainte contre lui pour plusieurs prises de position susceptibles de constituer, dans leur ensemble, une incitation à la haine à l'égard de plusieurs communautés du pays[86]. Le député a rejeté ces accusations[87]. Déjà, en août 2011, le CECLR relevait « dans ces propos les amalgames et stéréotypes racistes « classiques » concernant les gens du voyage et les étrangers. Il estime qu'ils se situent aux limites de la légalité, en particulier de la notion d'incitation à la haine et à la discrimination telle que définie dans la législation antiracisme [sic]. »[14]
  • L'instruction ouverte pour calomnie, diffamation et recel à l'encontre de Laurent Louis provoque quatre perquisitions, le 25 avril 2012 en la présence légale du président de la Chambre des représentants André Flahaut, tant au domicile du député que dans son bureau de la Chambre et dans les bureaux de son parti[88],[89]. Le lendemain, le député demande la suspension des poursuites sur base de l'article 59 de la Constitution belge[90]. Le 7 juin 2012, Laurent Louis est inculpé pour recel et diffamation[91].
  • Le 29 novembre 2013, il comparaît devant la Commission des poursuites de la Chambre dans le cadre de la possible levée de son immunité parlementaire en raison de diverses plainte à son encontre. Son avocat explique que le député demandera lui-même la levée de son immunité au motif que son client a « toujours dénoncé les privilèges d’une caste et qu’il ne s’en servira donc pas pour se défendre »[92]. Son immunité est levée le 12 décembre 2013 par une décision prise à l'unanimité par la Chambre des députés[93]. En janvier 2014, Laurent Louis comparait devant la chambre du conseil qui doit décider de son renvoi en correctionnelle pour diverses affaires : la procédure concerne les délits d’outrage à l’encontre du Premier ministre (pour avoir qualifié à plusieurs reprises Elio Di Rupo de « pédophile »), de diffamation envers un journaliste du Soir, Marc Metdepenningen (que Laurent Louis accusait de protéger des pédophiles), et de recel de pièces dans le dossier Dutroux. Marc Metdepenningen, s'étant porté partie civile contre Laurent Louis, demande l'« internement » du député. La défense de Laurent Louis plaide qu'il s'agit d'un délit de presse et que le tribunal correctionnel est incompétent[3]. Le 17 juin 2014, le Tribunal correctionnel de Bruxelles condamne Laurent Louis à « huit mois de prison avec sursis et à 1 200 euros d'amende pour outrage au Premier ministre, injures à l'égard d'un journaliste du Soir et de quatre autres personnes mais aussi pour infraction à la loi concernant la communication de données à caractère personnel ». Le Tribunal l'acquitte toutefois de la prévention de recel de pièces du dossier Dutroux[94].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le député Laurent Louis a été exclu du PP », La Libre Belgique, 28 janvier 2011.
  2. Laurent Louis provoque l'écœurement des députés qui le boycottent, RTBF, 19 avril 2012
  3. a et b «Laurent Louis devrait être interné», Le Soir, 21 janvier 2014
  4. L’indignité de Laurent Louis ne peut rester impunie, Le Soir, 28 mars 2014
  5. a, b, c, d et e Les "coups d'éclat" de Laurent Louis, un député atypique et isolé, RTBF, 28 novembre 2013
  6. a, b et c Laurent Louis, un inconnu de droite devenu député, L'Avenir, 15 juin 2010
  7. a, b et c Le PP resserre les rangs, Le Soir, 25 janvier 2011
  8. Résultats des élections législatives de 2010
  9. CRISP - Centre de recherche et d'information socio-politiques - Vocabulaire politique Ce document explique comment fonctionne l'apparentement lors d'élections en Belgique. En bref, il permet (ou permettait, ce mécanisme ayant désormais un champ d'application limité à la Région wallonne) sous certaines conditions à une liste électorale de regrouper les votes obtenus sur plusieurs circonscriptions (appelées "arrondissements" en Belgique) différents
  10. « Le Parti Populaire décroche un siège »
  11. a et b Parti populaire: chronique d'une mort annoncée, 7 sur 7, 27 janvier 2011
  12. a et b « "Le" député PP fait des siennes », La Libre Belgique, 21 août 2010
  13. « Laurent Louis tient des propos racistes sur Facebook »
  14. a et b Réaction propos Laurent Louis, Centre fédéral pour l'égalité des chances, 23 août 2010
  15. Le PP exclut son unique député, Le Soir, 28 janvier 2011
  16. « Les SMS litigieux de Laurent Louis (PP) », dans Le Soir, 28 janvier 2011
  17. « Le contenu des sms enflammés de Laurent Louis », dans 7sur7.be, 28 janvier 2011
  18. « Harcelée par Laurent Louis: "Maintenant, c'est stop" », dans 7sur7.be, 26 janvier 2011
  19. Une plainte pour harcèlement visant le député Laurent Louis classée sans suite, RTBF, 24 octobre 2011
  20. Le député Laurent Louis a été exclu du PP, La Libre Belgique, 28 janvier 2011
  21. Le PP exclut Laurent Louis, perd son siège et sa dotation, L'Avenir, 28 janvier 2011
  22. a et b Béatrice Delvaux, « l.l. » : oubliez illico le nom sous ces initiales », Le Soir, 20 avril 2012.
  23. a, b et c Laurent Louis, le député calomniateur, Le Vif/L'Express en ligne, 19 avril 2012
  24. Laurent Louis : un député semeur de haine et de rumeurs, L'Avenir, 13 avril 2012
  25. a et b Première action : Laurent Louis, L'Avenir, 28 janvier 2014
  26. a et b Qui est ce député belge qui fait la quenelle au parlement ?, Rue89, 6 janvier 2014
  27. Scandale à la Chambre: Laurent Louis traite Elio Di Rupo de "pédophile", RTL Belgique, 28 mars 2014
  28. Le MLD dévoile les grandes lignes de son programme à Nivelles, 7 sur 7, 6 avril 2011
  29. Belgique: un député brandit des photos d'autopsie de victimes de Dutroux, LCI, 19 avril 2012
  30. Les politiques choqués par l'attitude “ignoble” de Laurent Louis, La Libre Belgique, 19 avril 2012
  31. Loïc Struys, « Nivelles: vers une bipartite, Laurent Louis va-t-il quitter la politique? », 7sur7.be, 14 octobre 2012.
  32. Cependant sa page Facebook continue à porter le nom « Laurent Louis (MLD) - page officielle ».
  33. Laurent Louis réclame la dissolution de "tous les partis politiques"..., Le Vif - L'Express, 11 janvier 2013
  34. « Laurent Louis sera tête de liste ISLAM à Bruxelles: "Je ne compte pas islamiser la Belgique" », La Capitale, 27 septembre 2013.
  35. « Remercié par le parti Islam, Laurent Louis persiste: "Je suis le président" », RTBF info, 29 octobre 2013.
  36. http://www.michelcollon.info/Laurent-Louis-est-il-vraiment-anti.html?lang=fr, 9 mai 2014.
  37. a et b Laurent Louis lance un nouveau mouvement politique, 7 sur 7, 13 novembre 2013
  38. « Laurent Louis, "le député fédéral qui n'existait pas" », RTL Info, 1er novembre 2013.
  39. Laurent Louis au sommet… de la vulgarité, L'Avenir, 10 décembre 2013
  40. Élections 2014 - Élections fédérales - Résultats par parti, La Libre Belgique, 26 mai 2014
  41. Elections : sans siège, Laurent Louis dissout son parti Debout les Belges, L'Avenir, 26 mai 2014
  42. Laurent Louis recueille 13.000 voix de préférence dans le Hainaut, Le Soir, 26 mai 2014
  43. Les grands battus des élections: Kompany, Trullemans, Laurent Louis... La Dernière Heure, 26 mai 2014
  44. a, b, c et d Le député Laurent Louis maintient ses allégations à l'égard du Premier ministre, La Libre Belgique, 8 avril 2014
  45. Laurent Louis : « Oui, j’ai montré les photos de l’autopsie de Julie et Mélissa », L'Avenir, 19 avril 2012
  46. Laurent Louis divulgue des photos d'autopsie du dossier Julie et Mélissa: les députés quittent l'assemblée, RTL, 19 avril 2012
  47. Jean-Denis Lejeune: «Que Laurent Louis utilise les photos des petites me choque» , L'Avenir, 18 avril 2012
  48. « Laurent Louis: une instruction va être ouverte pour calomnie, diffamation et recel »
  49. Justice Le député Mahieu condamné pour préjudice moral Thielemans pourfend la rumeur au tribunal, Le Soir, 11 octobre 2001
  50. Laurent Louis prétend avoir été agressé à Liège et publie la "preuve", La Meuse, 17 juillet 2012
  51. Laurent Louis le mythomane de l'extrême droite Belge, Debunersderhoax.com, 24 janvier 2014
  52. Laurent Louis: "J'ai été agressé en rentrant de Liège", 7 sur 7, 17 juillet 2012
  53. Laurent Louis plus ridicule que jamais, La Dernière heure, 17 juillet 2012
  54. « Laurent Louis manifeste à Malonne contre Michelle Martin » Le Soir, 5 août 2012.
  55. Laurent Louis, le confident de Marc Dutroux, 21-1-2014 7sur7
  56. La lettre de Dutroux, "comme si Hitler enquêtait sur le génocide des Juifs", La Libre Belgique, 21 janvier 2013
  57. Laurent Louis attaque di Rupo sous la ceinture, Le Soir en en ligne, 11 janvier 2011
  58. Laurent Louis, de l’odieux à l’ignoble, La Libre Belgique en ligne, 12 janvier 2011
  59. Laurent Louis, le délire continue, La Dernière Heure en en ligne, 22 décembre 2012
  60. Laurent Louis a accusé plusieurs fois le Premier de pédophilie: Elio Di Rupo réclame justice, Sud Info, 28 novembre 2013
  61. Affaire Laurent Louis: Elio Di Rupo partie préjudiciée, Le Soir, 28 novembre 2013
  62. Laurent Louis traite Di Rupo de pédophile, la session parlementaire est suspendue, Le vif L'Express, 27 mars 2014
  63. Un député belge traite le premier ministre de "pédophile", Vidéo Le Figaro, 27 mars 2014
  64. Laurent Louis maintient son injure à l'égard de Di Rupo, 7 sur 7, 8 avril 2014
  65. « Laurent Louis réclame la dissolution de "tous les partis politiques"... », Le Vif, 11 janvier 2013.
  66. Proposition de résolution, site de la Chambre des représentants, 5 juin 2013
  67. La Chambre approuve l’engagement belge en Libye par 125 voix sur 126, Le Soir, 21 mars 2011
  68. Les députés, inquiets, approuvent l’option militaire, Le Soir, 18 janvier 2013
  69. Entretien exclusif avec Laurent Louis, député belge, qui dénonce médias et politiques !, La Voix de la Russie, 15 février 2013
  70. Marcel Sel, Le député Laurent Louis nie la Shoah, RésistanceS, 8 septembre 2013
  71. « Remercié par le parti Islam, Laurent Louis persiste : "Je suis le président" » RTBF, 29 octobre 2013.
  72. Bruxelles : le parti Islam se sépare de Laurent Louis… un mois après son adhésion !, Simon Mallet, La Capitale.be, 29 octobre 2013.
  73. Belgian MP tramples Israeli flag at pro-Assad rally, Jerusalem Post, 5 juin 2013.
  74. Le dernier geste de Laurent Louis à ses ex-collègues députés belges? Une quenelle... , La Meuse, 16 décembre 2013
  75. Laurent Louis reçoit le soutien de Dieudonné, 7sur7.be, 9 décembre 2013
  76. Benoît Hopquin, Dieudonné : la posture de paria, un ascenseur pour son succès, Le Monde, 28 décembre 2013
  77. La Chambre condamne le comportement de Laurent Louis qui a tenu des propos négationnistes, RTL, 23 janvier 2014
  78. Le congrès antisémite de Laurent Louis aura bien lieu dimanche à Anderlecht, RTL Belgique, 3 mai 2014
  79. Un congrès antisémite, avec Dieudonné en guest star, tourne court à Bruxelles, Le Monde, 4 mai 2014
  80. Le congrès avec Dieudonné interdit à Anderlecht, Le Soir, 4 mai 2014
  81. Le congrès antisémite prévu avec Dieudonné interdit en Belgique, France 24, 5 mai 2014
  82. A Bruxelles, la galaxie Soral prend une douche, Streetpress, 9 mai 2014
  83. Fusillade au Musée Juif à Bruxelles: "Ce qui s'est passé était prévisible", Site RTL.be, 24 mai 2014
  84. Tuerie au Musée juif de Bruxelles : Laurent Louis « ne croit pas au hasard », Conspiracy Watch, 24 mai 2014
  85. Une plainte pour harcèlement visant le député Laurent Louis classée sans suite, La Dernière Heure, 24 octobre 2011)
  86. incitation à la haine à l'égard de plusieurs communautés du pays.
  87. Le député Laurent Louis réfute avoir incité à la haine, La Dernière Heure, 10 novembre 2011
  88. « Perquisition chez Laurent Louis », La Libre Belgique,‎ 25 mai 2012 (lire en ligne).
  89. « Journal télévisé de 19:30 » de la RTBF, 25 avril 2012 en ligne où Laurent Louis fait ses commentaires.
  90. « Laurent Louis demande la suspension des poursuites à son encontre », Le Soir,‎ 26 avril 2012 (lire en ligne).
  91. Martine Vandemeulebroucke, « Laurent Louis inculpé pour recel et calomnie », Le Soir,‎ 8 juin 2012 (lire en ligne).
  92. Laurent Louis exige la levée de son immunité, La Libre Belgique en ligne, 29 novembre 2013.
  93. La Chambre lève l'immunité de Laurent Louis, La Libre Belgique en ligne, 12 décembre 2013.
  94. Laurent Louis condamné à 8 mois de prison avec sursis, La libre Belgique, 17 juin 2014

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