Laurent Chappis

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Laurent Chappis, né le 8 mai 1915 à Aix-les-Bains (Savoie) et mort le 28 décembre 2013 à Chambéry (Savoie)[1], est un architecte et urbaniste français. Il est l'urbaniste en chef de la station de sports d'hiver Courchevel, créée en 1946[2], situé dans Les Trois Vallées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans un milieu petit-bourgeois, avec un père commerçant et une mère institutrice[3], il entame des études aux Beaux-Arts de Grenoble avant de se rendre à Paris où il poursuit ses études à l'atelier Pontremoli à l'Académie des beaux-arts et à l'institut d'urbanisme.

Sous-lieutenant durant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier en mai 1940. Il est envoyé en Allemagne, puis en Autriche au nord de Lintz. Malgré l'emprisonnement et des tentatives d'évasions, il poursuit des études d'architecture et prépare une thèse d'urbanisme.

Le projet de développer le site des Trois Vallées est lancé sous le régime de Vichy, qui souhaite concurrencer les stations de la Suisse voisine et de l'Autriche[4]. Le Conseil général de la Savoie demande la réactualisation du projet à l’Ingénieur des ponts et chaussées du département, Maurice Michaud. Celui-ci, compagnon de prison de Chappis, le contact pour faire un repérage du secteur des trois vallées et imaginer une station sur la commune de Saint-Bon-Tarentaise.

Il devient ainsi l'urbaniste en chef de la station départementale de Courchevel 1850 de 1946 à 1959. Il travaille ensuite sur d'autres projets de stations comme celle de Flaine l'architecte américain Marcel Breuer, et ses associés Gérard Chervaz, André Gaillard, Denys Pradelle[5] ; ou Roche-Béranger (Chamrousse)[6].

Ayant une conception différente du développement des stations, souhaitant un respect des sites et de leur milieu, il s'oppose à partir de 1963 à Maurice Michaud et aux stations intégrées prévues par le « plan neige ».

Par ailleurs, il est appelé à travailler en Italie (station de Pila en Val d'Aoste), en Suisse, en Autriche, en Europe de l'Est ainsi qu'en Argentine.

Concepts[modifier | modifier le code]

Il est considéré comme l'inventeur des stations nouvelles ainsi que des concepts de « grenouillère », c'est-à-dire le point de convergence des pistes, et de « front de neige ». La station se devant être accessible à ski depuis le domaine skiable. Cependant, sa vision du respect du milieu dans lequel doit évoluer la station de sports d'hiver en fait plutôt le père des stations dites de « quatrième génération ».

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès de Laurent Chappis : pionnier de l’aménagement en montagne », Le Dauphiné libéré,‎ 3 janvier 2014 (lire en ligne).
  2. Gildas Leprêtre, L'épopée de Courchevel : 1946-1996, La Fontaine de Siloé,‎ 1996 (ISBN 2-84206-024-5 et 9782842060244).
  3. Extrait de l'article de Philippe Révil, paru dans l'édition du Monde du 18 avril 2001, in Catherine Dreyfus-Signoles, L'espace touristique, Éditions Bréal,‎ 2002, 255 p. (ISBN 978-2-8429-1907-8), p. 41-42.
  4. Le projet a été commandé aux Ponts et Chaussées en 1942. in Catherine Dreyfus-Signoles, L'espace touristique, Éditions Bréal,‎ 2002, 255 p. (ISBN 978-2-8429-1907-8), p. 41-42.
  5. Eric Boissonnas, Flaine, la création, Editions du Linteau,‎ 1994 (ISBN 978-2-9103-4201-2), p. 26, 35.
  6. Philippe Révil, Raphaël Helle, Les pionniers de l'or blanc, Glénat,‎ 2004 (ISBN 978-2-7234-4566-5), p. 103.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]