Laurent Cerise

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Laurent Cerise

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Naissance 20 février 1807
Aoste
Décès 1869 (à 62 ans)
Paris
Profession
Médecin
Formation

Laurent Alexis Philibert Cerise, né le 20 février 1807 à Aoste et mort le 6 octobre 1869, médecin originaire du Val d'Aoste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Laurent Cerise est issu d'une famille noble; il est le fils d’Antoine-Sulpice Cerise, notaire et syndic d'Allein, et de Philiberte Martinet, de La Thuile. Il est le neveu du général Guillaume-Michel Cerise, baron d'Empire.

Statue de Laurent Cerise aux jardins publics à Aoste, autrefois au centre de place Émile Chanoux.

Il débute ses études au Collège Saint-Bénin d’Aoste. Il fréquente ensuite l’Université de Turin où, le 5 février 1828, il présente sa thèse de docteur en médecine, à l’âge de 21 ans. Il s’établit ensuite à Paris en 1831 où il est accueilli par Wilhelmine Senff de Pilsach, veuve de son oncle Guillaume-Michel Cerise, général et baron d'Empire et s'établit comme docteur en 1834.

Selon Laurent Cerise, la connaissance de la physiopathologie devait aller de pair avec la psychologie, ce qui remettait en question les fondements de la très renommée École médicale parisienne qui, à cette époque, était encore basée sur la médecine organiciste de Bichat.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Laurent Cerise

Laurent Cerise publie ses premiers articles dans la revue L’Européen. Ces premiers articles, à contenu philosophique et social, lui valent l’attention de la société savante parisienne.

En 1836, il publie "Le Médecin des salles d’asile"; il y révèle son côté humanitaire : les déshérités, l’enfance abandonnée, ne lui paraissaient pas avoir moins droit aux conseils du médecin éclairé que les riches et les puissants. La même année il publie aussi "L’Exposé et examen critique du système phrénologique de Gall" où il met en évidence les limites de la conception purement matérialiste de la médecine qui "nie l’unité et l’activité spirituelle de l’homme".

En 1840, il publie Des fonctions et des maladies nerveuses dans leur rapport avec l’éducation sociale et privée, morale et physique.

Laurent Cerise étudie également d’un point de vue scientifique, les rapports existant dans l’ancienne philosophie des Hindous et des Grecs, entre le monde et l’homme, entre la cosmologie et l’anthropologie.

En 1843, avec Jacques-Joseph Moreau (1804-1884), Jules Baillarger (1809-1890) et François Achille Longet (1811-1871), il fonde les Annales médico-psychologiques [1] (sous-titré «journal destiné à rechercher tous les documents relatifs à l'aliénation mentale, aux névroses et à la médecine légale des aliénés»), qui est un journal de psychiatrie encore publié de nos jours.

En 1846, il collabore à la fondation de l’Université Médicale. Il est élu membre de l'Académie de médecine en 1864.

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • Maître Pierre, ou le Savant de village [Entretiens sur la physiologie], F.-G. Levrault (Paris), 1835, In-18, VI-138 p.
  • Exposé et examen critique du système phrénologique, Trinquart (Paris), 1836, Texte intégral et Texte disponible en ligne .
  • Le Médecin des salles d'asile ou Manuel d'hygiène et d'éducation physique de l'enfance, Hachette (Paris), 1836, disponible sur Gallica.
  • Déterminer l'influence de l'éducation physique et morale sur la production de la sur-excitation du système nerveux et des maladies qui sont un effet consécutif de cette sur-excitation, [s.n.], [s.l.], 1840, Texte intégral.
  • Des fonctions et des maladies nerveuses dans leurs rapports avec l'éducation sociale et privée, morale et physique, Germer-Baillière (Paris), 1842,Texte intégral , Texte intégral , disponible sur Gallica.
  • Essai sur les principes et les limites de la science des rapports du physique et du moral pouvant servir d'introduction aux diverses éditions de l'ouvrage de Cabanis sur les Rapports du physique et du moral de l'homme, Fortin, Masson et cie (Paris), 1843, Texte disponible en ligne.

En collaboration:

  • Du sommeil, des rêves et du somnambulisme dans l'état de santé et de maladie, avec Maurice Martin Antonin Macario (1811-1898), Périsse frères (Lyon), 1857.
  • Étude médico-psychologique sur l'homme dit le sauvage du Var, avec Ernest Mesnet (1825-1898), J.B. Baillière (Paris) , 1865,1 vol. ,32 p.
  • Annales médico-psychologiques, 1863,

Publications posthumes:

  • Mélanges médico-psychologiques [précédés d'une notice sur sa vie par M. le Dr Foissac] , G. Masson (Paris), 1872, Texte intégral , disponible sur Gallica.
  • Oeuvres du docteur Cerise : membre de l'académie de médicine ; publieés par les soins de sa famille et de ses amis ; orneés d'un portrait de l'auteur ; et précédées d'une notice sur sa vie, G. Masson (Paris), 1872 :
  1. tome 1, disponible sur Gallica
  2. tome 2, disponible sur Gallica
  • De la Sensibilité cornéenne, G. Steinheil (Paris), 1908.

Il est l'éditeur, avec Auguste Ott, du Traité de politique et de science sociale[2] de Philippe Buchez en 1886, chez Amyot. Il a préfacé et annoté l'édition des Recherches physiologiques sur la vie et la mort[3] de Marie François Xavier Bichat, chez Charpentier, en 1856. Il collabore à une édition des Rapports du physique et du moral de l'homme de Pierre Jean Georges Cabanis, avec Antoine Louis Claude Destutt de Tracy et Pierre Sue, publié par Fortin, Masson et cie (Paris) en 1843, Texte intégral

Liens avec le Risorgimento[modifier | modifier le code]

Laurent Cerise fit connaissance et entretint des rapports étroits avec les principaux protagonistes voués à la cause du Risorgimento italien : Carlo Giuseppe Guglielmo Botta, Carlo Matteucci, Vincenzo Gioberti, Niccolò Tommaseo, Camillo Cavour, Giuseppe Mazzini, Costantino Nigra, Nino Bixio, Luigi Cibrario. Philanthrope reconnu pour les nombreux services qu’il sut rendre, il fut président de la Société Italienne de Bienfaisance.

Vallée d'Aoste et francophonie[modifier | modifier le code]

En 1862, Laurent Cerise témoigna de son attachement à sa Vallée d'Aoste natale. Il rédigea une lettre au ministre de l’Instruction publique, son ami Carlo Matteucci, en faveur de l’enseignement de la langue française en Vallée d’Aoste, abolie par un arrêté gouvernemental. La langue française eut de nouveau droit de citer officiellement dans la région valdôtaine.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Laurent Cerise fut élu à l’Académie des sciences de Turin en 1853, puis devint membre de l’Académie Saint-Anselme d’Aoste en 1856, et enfin membre de l’Académie de médecine de Paris en 1864.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix Voisin: Discours prononcés sur la tombe du Dr Cerise par MM. Félix Voisin, Maurel, Frédéric Thomas et Foissac, V. Masson (Paris), 1869, Texte intégral.
  • Charles Loiseau: Eloge de Cerise, [lu à la Société médico-psychologique dans la séance annuelle du 25 avril 1870], Paris, 1870, 19 p., Texte intégral .
  • Claude Etienne Bourdin: Cerise, sa vie, ses oeuvres, Imp. de Jousset, Clet et Cie (Paris), 1872, Texte intégral.
  • Philippe Kuypers: Un précurseur méconnu des conceptions médico-psychologiques modernes : Laurent Alexis Philibert Cerise (1807-1869), Thèse de médecine n° 290 (Paris), 49 p., 1968.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Nicolas (présentation) :Les Annales médico-psychologiques,Abrégé d'histoire sur la fondation de la première revue française de psychiatrie, dans le site medic@
  2. Philippe Buchez :Traité de politique et de science sociale, Paris (Amyot), 1866, 2 volumes, Tome 1 et Tome 2
  3. Marie François Xavier Bichat: Recherches physiologiques sur la vie et la mort Texte intégral et disponible sur Gallica

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]