Lat Dior

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Lat Dior Ngoné Latyr Diop (1842-1886) est considéré comme un héros par la nation sénégalaise[1]. au Sénégal. Ancien souverain (damel) du Cayor, d'abord thiédo, puis converti à l'islam sous l'influence de Maba Diakhou Bâ, selon l'histoire officielle, c'est l'une des grandes figures de la résistance à la pénétration coloniale française, au même titre que El Hadji Oumar Tall, Samory Touré, Mamadou Lamine Dramé, Maad a Sinig Coumba Ndoffène Famak Diouf (également connu comme Bour Sine Coumba Ndoffène Famak Diouf) et Alboury Ndiaye.Cependant, son épopée est marquée par diverses stratégies par rapport à d'autres résistants de son époque. En réalité, Lat Dior, apparenté à Maba Diakhou Bâ, n'est pas allé dans le Rip par hasard. Maba a étudié le Coran au village de Longhor Mbaye près de Thilmakha Mbackol, un des villages fondés par l'arrière grand-père de Lat Dior. Debo Souka, petite sœur de Ngoné Latyr, mère de Lat Dior, était la marraine du jeune talibé Maba Diakhou. Lat Dior est petit fils de Beurghet Sakhewar Fatma Thioub Diop, le premier de la famille des Diop à s'être converti à l'Islam. Sakhewar Fatma, abondonnant ses prérogatives de souverain du Gueth, province autonome du Cayor, s'était rendu à Coki pour être converti à l'Islam par Makhtar Ndoumbé Diop. Sakhewar Fatma est le père de Medoune Sokhna Niane, père de Sakhewar Sokhna Mbaye, père de Lat Dior. Les deux frères de Sakhewar Sokhna Mbaye se nomment Abdoulaye Sokhna Mbaye et Makhtar Ndoumbé Sokhna Mbaye. Abdoulaye Sokhna Mbaye Diop était maître coranique. Lat Dior, ainsi que son frère et bras droit Amadou Makhourédia sont bel et bien nés musulmans.

Fresque sur le mur d'une usine à Bel-Air (Dakar)

Conscient des enjeux pour le royaume du Cayor, Lat Dior s'est farouchement opposé à la mise en place d'une liaison ferroviaire entre Dakar et Saint-Louis et à l'implantation de l'arachide. Après une série d'affrontements sanglants avec les troupes de Faidherbe et de Pinet-Laprade, mais aussi quelques alliances ponctuelles, il a mené un dernier combat sans espoir à Dekhele[2] et y a laissé la vie le 27 octobre 1886.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Sakhéwer Sokhna Mbaye Diop et de la linguère Ngoné Latyr Fall, Lat Dior Ngoné Latyr Diop est né en 1842 à Keur Amadou Yalla, au nord-est du Cayor. Il appartenait à la noblesse de l'ethnie wolof, les garmi. Il descendait de la branche des nobles guedj, qui trouvent leur origine chez le Tiédos Get Ndiaye, l'ancêtre des Diop, lui-même descendant de Ndiadiane Ndiaye, fondateur de l'empire du Djolof. Selon une coutume sérère en usage à l'époque, pour identifier le lignage utérin, Lat Dior a hérité du prénom de sa mère, Ngoné[3].

Lat Dior commence à inquiéter les Européens lorsque ceux-ci veulent réaliser la jonction entre les villes de Saint-Louis et de Dakar. Mais pour y parvenir, il leur faut conquérir le royaume du Cayor. C'est ainsi que Lat Dior Ngoné Latyr Diop devient un adversaire des Européens.

Tout commence en 1856, alors que le Cayor a pour damel Birima Ngoné Latyr Fall, son demi-frère. Les Européens lui demandent la permission d'installer une ligne télégraphique entre Saint-Louis et Dakar. Il refuse d'abord, mais, compte tenu de la situation du Cayor en proie à la guerre civile, et de la sienne, menacée par les musulmans du Ndiambour exigeant son départ, il accepte finalement, croyant qu'ainsi les Européens l'aideront, lui et sa famille, à conserver le pouvoir. Birima meurt en 1859, avant la signature de l'accord.

Après la mort de Birima, un nouveau damel est élu par le conseil des grands électeurs, Macodou Coumba Yandé Mbarrou. Macodou ayant refusé l'offre que les Européens avaient faite au damel précédent, Louis Faidherbe décide de chasser le damel Macodou, qui était contre ses intérêts. Les Tiédos de Macodou et l'armée de Faidherbe s'affrontent lors de la bataille de Gatty. Faidherbe perd la bataille, mais il revient à la charge un mois plus tard et cette fois le damel Macodou est vaincu à la bataille de Kouré. Guelwar par sa mère, privé du soutien des siens, Macodou s'enfuit au Saloum, gouverné par un membre de sa famille. Faidherbe exécute l'accord et la jonction entre Saint-Louis et Dakar est réalisée. Il en profite également pour annexer quelques provinces.

Madiodio Déguène Codou, soutenu par Faidherbe, est élu par les grands notables du Cayor. Faidherbe et sa suite assistent même à son intronisation, dans la capitale du Cayor, à Mboul. Lat Dior, qui briguait aussi le titre de damel, est très déçu par le choix des électeurs, car Madiodio est très favorable aux Français. C'est pour ces raisons que Lat Dior décide de commencer la lutte pour se rendre maître du Cayor et renvoyer définitivement les colons français. Lat Dior et ses partisans, écrasent Madiodio et les Français à la bataille de Coki en 1861. Cependant Madiodio est aussitôt soutenu par le gouverneur Jauréguiberry qui tente de le remettre au pouvoir, mais Madiodio ayant perdu en crédibilité auprès du peuple, Lat Dior en profite pour le chasser définitivement du Cayor.

À partir de là, Lat Dior commence à envoyer des émissaires aux royaumes voisins jusqu'au royaume du Trarza en Mauritanie et les invite à lutter contre la pénétration française. Comme Lat Dior a réussi à établir de bonnes relations avec les royaumes voisins, les colons décident de ne pas trop intervenir, car ils craignent un soulèvement général.

Après s'être absenté, Faidherbe revient au Sénégal et décide de chasser Lat Dior et de rétablir Madiodio. Madiodio est rétabli sur le trône et cède à la France les provinces du grand Ndiambour, le Saniokhor et le Mbawar. Lat Dior, ses tiédos et ses partisans, unissent leurs forces en vue d'une guérilla. Le sachant, Madiodio demande l'aide des Français. Le 29 décembre 1863, une expédition composée de 140 soldats français appuyés par plusieurs centaines de partisans de Madiodio, commandée par Madiodio et le capitaine du génie Lorens marche contre Lat Dior. Prévenu, celui-ci lui tend une embuscade à Ngogol et l'anéantit : c'est sa première grande victoire.

Lat Dior tente de nouveau de rallier les royaumes voisins à sa cause en les informant de sa victoire sur les Français à Ngolgol. Faidherbe charge Pinet-Laprade de rétablir la situation en faveur des Français. Lat Dior se rend dans le nord du Cayor, au Ndiambour, pour inciter au combat les musulmans ainsi que les souverains du Trarza en Mauritanie. Pinet-Laprade ruine ses projets d'alliance. Lat Dior envoie sa famille et ses biens au Baol. Pinet-Laprade razzie les villages partisans de Lat Dior.

Les tiédos de Lat Dior et les spahis de Pinet-Laprade se rencontrent à Loro : c'est la bataille de Loro. Mais devant la supériorité numérique et des armes, Lat Dior bat en retraite. C'était le 16 janvier 1864.

Après cette victoire française, Madiodio Déguène Codou est remis au pouvoir. Avec lui, les Français annexent le Cayor en 1865. Mais tant que Lat Dior est encore en vie, les Français ne se sentent pas en sécurité au Cayor.

Lat Dior s'exile au Sine où il demande l'asile politique au roi sérère animiste, Maad a Sinig Coumba Ndoffène Famak Diouf (également connu comme Bour Sine Coumba Ndofféne Famak Diouf), qui accepte de l'aider, mais lui impose de rudes conditions. [réf. nécessaire]

Lat Dior va donc au Saloum, où règne avec le titre d'almamy le marabout Maba Diakhou Bâ, disciple de El Hadji Omar Tall. Celui-ci accepte d'aider Lat Dior dans sa lutte à condition qu'il se convertisse à l'islam. Lat-dior, qui était de religion tieddo ou ceddo, se convertit donc à l'islam sous le nom de Silmakha Diop, mais se met alors à dos une bonne partie de ses tiédos, très attachés à l'animisme. Demba War Sall, le farba kaba, chef des tiédos de Lat Dior, se retourne contre lui pour toujours et participera à sa chute. Lat-dior rencontrera le fondateur de la confrérie musulmane soufi venu du Baol, Cheikh Amadou Bamba.

Maba Diakhou Bâ fera de Lat Dior le général de son armée, et Lat Dior l'aidera dans ses combats. Ensemble ils marcheront sur le Sine, le Baol et le Djolof. Pinet-Laprade et ses spahis se rendent au Saloum pour rencontrer Maba et Lat Dior : c'est la bataille du Rip, le 30 novembre 1865. Pinet-Laprade perd énormément d'effectifs, mais réussit à les dissuader. Maba Diakhou Bâ est tué (à la bataille de Fandane-Thiouthioune, également connu sous le nom de la bataille de Somb) peu de temps après, en 1867, en allant combattre le Maad a Sinig Coumba Ndoffène Famak Diouf.

Après la mort de Maba, Lat Dior revient au Cayor, où il trouve les maladies, les invasions de sauterelles, la guerre civile, la famine. Lat Dior en rejette la responsabilité sur les colons et la population voit en Lat Dior un espoir, alors que les colons commencent à être de plus en plus mal vus. Pinet-Laprade cède quelques territoires à Lat Dior pour apaiser la situation, mais celui-ci refuse, car il souhaite récupérer le Cayor tout entier.

Lat Dior, musulman, s'allie avec l'almamy du Fouta-Toro, Cheikhou Amadou, qui est également l'ennemi des Français et qui le rejoint avec son armée à Mekhe, au Cayor : c'est la bataille de Mekhé. Les Français sont battus le 3 juillet 1869. Pinet-Laprade meurt du choléra le mois d'août suivant. Lat Dior, commençant à prendre de la hauteur ?, razzie les provinces qui lui sont hostiles, le Saniokhor et le Diander. Avec son armée il se rend à Louga où il rencontre les troupes françaises. Un combat sanglant a lieu et Lat Dior se retire. Les pertes sont nombreuses, malgré cela il réussit à dissuader les colons.

Le 12 janvier 1871 Lat Dior Ngoné Latyr Diop est reconnu par tous comme le damel du Cayor. La France est affaiblie par la guerre avec l'Allemagne et Lat Dior en profite pour annexer le Baol et cumuler les titres de damel et de teigne. En 1874, le Toucouleur Cheikhou Amadou attaque le Djolof et prend le titre de bourba. Il attaque le Cayor, mais Lat Dior entretient désormais de bonnes relations avec la France, en particulier avec le colonel Brière de l'Isle. En janvier 1875, il combattent ensemble Cheikhou Amadou et l'écrasent. Lat Dior et les tiédos entretiennent des hostilités. Ceux-ci refusent que le damel Lat Dior transfère la capitale à Keur Amadou Yalla. Finalement, avec la médiation du colonel, la capitale reste a Mboul.

Ligne ferroviaire Dakar-Saint-Louis sur une carte de 1901

En 1879 Lat Dior signe un contrat avec les Français pour la construction d'une ligne de chemin de fer Dakar-Saint-Louis, mais en 1880 Lat Dior se rend compte que ceci pourrait affaiblir son autorité. Il déclarera la guerre aux Français si la construction du chemin de fer est maintenue. Il refuse également l'implantation de la culture de l'arachide, car il estime que cela donnerait aux Français de nouvelles chances d'imposer leur domination et de rester au Sénégal. En 1882, Lat Dior, toujours damel du Cayor indépendant, est soutenu par un membre de la famille royale, Samba Laobé Fall. Ensemble ils déplacent les populations des zones où le tracé de la voie a été effectué. Lat Dior recherche à nouveau l'aide du Djolof, du Fouta et du Trarza, mais le général Serviatus envoie une colonne contre lui. Lat Dior se réfugie au Baol.

Au Cayor un nouveau damel, Samba Yaya Fall, est intronisé avec le soutien de la France sous le nom de Amaryi Ngoné Fall II. Favorable aux colons, ce damel signera pour la ligne de chemin de fer. Lat Dior et son neveu Samba Laobé Fall entreprennent la guérilla au Cayor, mais sont vaincus par le général Dodds en mai 1883. Le damel Samba Yaya Fall (Amary Ngoné Fall II) est déchu du pouvoir et il est remplacé par Samba Laobé Fall. La ligne ferroviaire est inaugurée en juillet 1885.

Au Djolof Alboury Ndiaye est roi. Il soutient Lat Dior qui est de la même famille que lui et lui donne l'asile. Alboury lutte également contre la pénétration française. Il entre en conflit avec Samba Laobé Fall, damel du Cayor. La France aide le damel et les deux parties se rencontrent. Samba Laobé Fall est battu le 6 juin 1886. Alboury tente d'envahir le Cayor, mais finalement Samba Laobé Fall propose à Alboury une importante somme d'argent pour les dommages de guerre. Samba Laobé Fall part à Tivaouane, où il demande aux riches commerçants français une aide financière, mais les esprits s'échauffent et Samba Laobé Fall est tué le 6 octobre 1886. Comme il n'y a plus de damel au Cayor, la France impose donc son protectorat. Le Cayor est divisé en six provinces, et Demba War Sall est appelé à la présidence des provinces, ainsi que ses frères.

Lat Dior Ngoné Latyr Diop et son armée se rendent à Dékhélé pour combattre les colons français et son ancien fidèle compagnon le farba kaba, chef des tiédos, Demba War Sall et son armée. Ce fut le 27 octobre 1886. Quoique brève, la bataille est sanglante et très impressionnante, également tragique, d'une rare violence d'après les récits des colons. Lat Dior est tué vers 11 heures, avec deux de ses fils et bon nombre de ses partisans[4].

Genealogie de Lat Dior[modifier | modifier le code]

Modèle:Ahnentafel4

Postérité[modifier | modifier le code]

Émis en 1981 et en 1986 (à l'occasion du centenaire de sa mort), deux timbres sénégalais célèbrent la mémoire de Lat Dior.

En 1982, l'artiste fondeur Issa Diop[5] a réalisé une statue en bronze de Lat Dior monté sur son cheval Malaw. D'une hauteur de 3,5 mètres, elle a été érigée à Dakar, à l'entrée principale du CICES (Centre international du commerce extérieur du Sénégal).

Le stade Lat Dior porte son nom à Thiès, ainsi que le nouveau Palais de Justice de Dakar. Lat Dior est né à Thilmakha Ngol et non à Keur Amadou Yalla dans la communauté rurale de Loro arrondissement Sagatta département Kébémer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1981, les Postes sénégalaises ont émis un timbre Lat Dior, héros national du Sénégal.
  2. En 1986, un autre timbre sénégalais commémore La bataille de Dekhele.
  3. Michel Malherbe, Cheikh Sall, Parlons wolof: langue et culture, L'Harmattan,‎ 2007, 181 p. (ISBN 2738403832, lire en ligne), p. 87
  4. Rapport du capitaine Valois au gouverneur (Archives nationales du Sénégal, Fonds AOF ID-48), cité notamment par Tidiane N'Diaye, La longue marche des peuples noirs, Publibook, Paris, 2006, p. 144 (ISBN 2-7483-0021-1)
  5. Photographie sur le site d'Issa Diop [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • (en) Donal B. Cruise O'Brien, « Warlord, saint and knight », dans Saints and politicians: Essays in the organisation of a Senegalese peasant society, Cambridge University Press, Londres, 1975, 213 p. (ISBN 0521205727) (la première partie de l'essai « Warlord, saint and knight » est consacrée à Lat Dior)
  • Marie Casanova, Lat Dior : le dernier souverain du Cayor, ABC : Nouvelles éditions africaines, 1976 ?
  • Amadou-Bamba Diop, « Lat Dyor et le problème musulman », dans Bulletin de l'IFAN, série B, tome XXVIII, n° 1-2, janvier-avril 1966, p. 493-539
  • Bamba M’Bakhane Diop, Lat-Dior et l’islam ; suivi de la Doctrine sociale de Mouhamadou Bamba, Les Arts graphiques, Bruxelles, vers 1972, 111 p.
  • Denys Ferrando-Durfort, Lat Dior : le résistant, Chiron, Paris, 1989, 45 p. (ISBN 2-7027-0403-4)
  • G. Ganier, « Lat Dyor et le chemin de fer de l'arachide, 1876-1886 », dans Bulletin de l'IFAN, série B, tome XXVII, n° 1-2, janvier-avril 1965, p. 223-281 (avec une carte)
  • Vincent Monteil, « Lat-Dior, damel du Kayor (1842-1886) et l'islamisation des Wolofs », in Esquisses sénégalaises (Wâlo, Kayor, Dyolof, Mourides, un visionnaire), Dakar, IFAN, 1966, 244 p.
  • Mamadou Seyni M'bengue, Le procès de Lat Dior, D.A.E.C., 1970
  • Tidiane N'Diaye, Mémoire d'errance, Editions A3, Paris, 1998, p. ?[réf. nécessaire] (ISBN 2-84436-000-9)
  • Cheikh Tidiane Sy, « Lat Dior et l’islam », dans La confrérie sénégalaise des mourides : un essai sur l'Islam au Sénégal, Présence Africaine, Paris, 1969, p. 92 et suiv.
  • Birahim Thiam, Jakaarloo : bataille de résistance et stratégie militaire de Lat Dior Ngoné Latir Diop, éditeur ?, Dakar, 2009, 120 p.
  • Guy Thilmans, « Lat Dior, Cheikh Saad Bou et le chemin de fer », Saint-Louis-Lille-Liège, n° 1, 1992

Fiction[modifier | modifier le code]

  • Thierno Bâ, Lat-Dior - Le chemin de l'honneur, drame historique en huit tableaux, Dakar, Impr. Diop, 1970, 100 p.
  • Amadou Cissé Dia, Les Derniers jours de Lat Dior suivi de La mort du Damel, Présence Africaine, Paris, 1965?, 92 p. (ISBN 2708703617)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]